14-18Hebdo

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Carnets de guerre (Anna Vautrin) – N° 8 - 16 au 30 nov. 1914

 

Anna Vautrin, 48 ans en 1914, née Perrin, a épousé Alexis Vautrin professeur à la Faculté de médecine de Nancy. Anna est la plus jeune des enfants de Constant et Marie-Virginie Perrin. Elle a un frère Paul et quatre sœurs : Clémentine Cuny, Mathilde Perrin de Thiéfosse, Caroline Garnier et Célina Boucher. Alexis et Anna Vautrin ont quatre filles : Suzanne épouse de Paul Boucher, Madeleine épouse d’Edouard Michaut, Marguerite et Yvonne. Ils habitent à Nancy, cours Léopold, et ont une maison au bord du lac de Gérardmer, « les Roseaux ».

Document transmis par Renaud Seynave, son arrière-petit-fils  24/11/2014

 

 1914 Famille Vautrin.jpgFamille d’ Alexis et Anna Vautrin en 1913.

Premier plan : Alexis et Anna Vautrin avec leur petite fille Annette Boucher

Second plan, de gauche à droite : Yvonne, Madeleine et Edouard Michaut, Suzanne et Paul Boucher, Marguerite.

 

Lundi 16 novembre 1914

Je suis allée à la clinique avec Annette. Nous avons vu à l’ambulance des Beaux-arts les sœurs Désirée et Jeanne-Marie. Alexis est le médecin chef. Il a veillé jusqu’à une heure du matin. 26 blessés sont arrivés dont 6 très graves. A l’hôpital de Commercy, on ne peut plus en prendre. L’hôpital est rempli de typhiques. Il y a tant de morts qu’on ne trouve plus de bois pour faire des cercueils. Il faut enterrer les pauvres soldats dans les fosses.

On nous dit qu’à Gerbéviller Madame de Lambertye a été emmené en otage avec sa fille. En montant en voiture, elle a voulu donner quelque chose à l’Allemand qui l’aidait. Il arrache aussitôt le porte-monnaie. Heureusement qu’il lui restait 300 francs dans son sac.

Il ne reste que des ruines dans Gerbéviller aussi l’appelle-t-on Gerbéviller La Martyre. La chapelle qui était une merveille d’art est détruite. Il parait que les Allemands mettaient du porc dans le ciboire et ensuite du vin qu’ils buvaient.

Mardi 17 novembre 1914

Edouard nous dit que dans le nord, la situation reste la même. Paul écrit aussi qu’il est toujours dans les tranchées près de St Dié. Un commandant d’Epinal qui allait voir les troupes en passant sur un pont a été atteint par la balle d’une sentinelle parce que le chauffeur n’a pas immédiatement répondu au qui-vive de la sentinelle. Le commandant a dit en mourant : « C’est vraiment pitoyable de mourir en ce moment d’une balle française ».

Je vois sur le journal que maintenant à l’entrée des passagers en Angleterre, on regarde tous les bagages et on fouille les voyageurs. Heureusement que je suis allée chercher Gogo plus tôt.

Mercredi 18 novembre 1914

Je pars à 8h pour Gérardmer avec Annette que je reconduis chez elle. Le train va très lentement surtout en passant sur le pont en bois provisoire à Blainville car les Français ont fait sauter le grand pont de pierre à l’arrivée des Allemands. Entre Thaon et Epinal, nous nous sommes arrêtés 4 fois. On reconstruit des tranchées le long de la voie près d’Epinal. Au buffet d’Epinal, il y a tant d’officiers qu’il faut que nous attendions notre tour pour déjeuner. Annette est ravie car c’est la première fois qu’elle mange dans un buffet. Elle regarde tous les officiers. On part d’Epinal à 2h et on arrive à Laveline à 3h. Là, on doit attendre 2h dans la salle d’attente sans avoir le droit de sortir pour reprendre le train mais Monsieur Boucher vient avec Suzanne nous chercher en automobile et nous arrivons à Gérardmer à 5h.

Jeudi 19 novembre 1914 à Gérardmer

Il faut avoir un laissez-passer délivré par le maire de Gérardmer pour pouvoir aller de chez Suzanne dans les magasins de Gérardmer, car il y a une sentinelle près du chalet des Mousses qui arrête les piétons et les voitures. Les bonnes de Suzanne doivent avoir aussi un laissez-passer.

L’état-major est chez Mr Marquereau. C’est le général Putz, et Mr de Gonneville est son officier d’ordonnance. Hier soir au moment de me coucher, j’ai entendu des cris et des appels. C’était la sentinelle qui est de chez Mr Marquereau qui criait « Qui vive ». Et comme l’officier qui rentrait ne répondait pas immédiatement, la sentinelle criait « le mot ou je tire ». La sentinelle qui est près du chalet des Mousses demande à chaque officier qui passe le mot de passe qui change tous les jours, presque toujours le nom d’un Général ou d’une ville.

Vendredi 20 novembre 1914 à Gérardmer

Edouard écrit presque tous les jours. Il lui dit aujourd’hui qu’ils sont toujours en Belgique, au nord ouest d’Ypres. Ils sont pendant deux jours en batterie puis on va à l’arrière pendant deux jours se reposer. Il neige et la plaine est toute blanche.

Le général Joffre est arrivé à Epinal. De là, il est allé à St Dié et il est venu en auto à Gérardmer. En passant au Plafond, il a passé en revue des Alpins qui sont arrivés à Gérardmer ces jours derniers au nombre de 1 700. Les rues étaient remplies de bérets et le général Joffre s’est arrêté 10 minutes à l’état-major chez Mr Marquereau puis il est parti pour l’Alsace avec son état-major en traversant Gérardmer. Il y avait 10 automobiles.

A Thann, le général Joffre a dit aux Alsaciens « Le drapeau Allemand ne flottera plus chez vous, vous êtes Français pour toujours ». Il visite toutes les frontières, de Thann il est revenu par Bussang et Belfort. Le général Joffre a dit aux Alpins au Plafond « Beau bataillon ».

Dans la nuit, les canons qui étaient en réserve près de l’église sont partis pour la Schlucht. On nous apprend que Val-et-Châtillon est évacué. Je vais voir à la gare de Gérardmer Mr Lepage, employé de gare qui est de Gercourt. Sa mère est partie pour Béziers et il me dit que Gercourt et Montfaucon sont détruits.

Samedi 21 novembre 1914 à Gérardmer

Edouard écrit à Madeleine que l’hôtel de ville et la cathédrale d’Ypres ont brûlé toute la nuit. C’étaient des merveilles d’art.

Mr Doron de Gérardmer me parle des ruines de Nomeny qui est son pays. Il me dit avoir voyagé avec ma cousine Léontine Phulpin de St Dié (Léontine Phulpin née Caimant est la fille de Marie Legay, cousine germaine d’Anna Vautrin). Sa maison a été complètement pillée et on s’est battu dans son jardin. Des Allemands sont enterrés dans sa propriété. Les Allemands forçaient ma cousine à boire le champagne avec eux et à trinquer. On ne leur avait laissé que deux chambres. On nous dit que le chauffeur Alvirck qui était chez Alice Kempf (fille de Camille Humbert, cousin germain d’Anna Vautrin) vient d’être arrêté dans le nord comme espion. Monsieur et Madame de Faultrière ont été emmenés en otage et ont eu leur château complètement brûlé et pillé.

Dimanche 22 novembre 1914 à Gérardmer

Nous allons à deux heures devant l’hôtel de la Poste à Gérardmer car les Alpins font de la musique sur la place. Le général Didiot est là avec Hansi qui est à Epinal comme interprète. Le général Joffre aurait dit que la guerre finirait dans un mois s’il sacrifiait 100 000 hommes, ce qu’il ne fera pas.

Lundi 23 novembre 1914 à Gérardmer

Edouard écrit à Madeleine du nord. L’artillerie est à Poperinghe près d’Ypres. La ville est animée et on est étonné de voir cette tranquillité quand on vient des premières lignes où on tend le dos à chaque obus. Mr Veuillon, industriel à Val-et-Châtillon, est prisonnier à Saverne. Mr le docteur Aubertin de Sedan est emmené en otage.

A Rambervillers, chez André Boucher, leur maison a été complètement pillée. Les obus sont tombés dans le jardin et sur la maison. Un régiment du midi était à Rambervillers. Un soldat est venu chez André demander au jardinier d’ouvrir la cave. Il mettait le révolver près de la tête. Tout a été cassé dans la maison. Ils ont tout pris. On a retrouvés dans le salon des parties de corps de soldats allemands tués par des obus. Un officier racontait à Suzanne que, dans un petit village, les officiers s’apercevaient qu’une femme allait très souvent dans les cabinets tout près de la maison. On s’est aperçu que c’était une espionne et qu’il y avait un télégraphe sans fil construit dedans.

Le Prince de Galles est parti pour la Belgique sur le front en guerre. Mme de Gonneville, qui est à Gérardmer, nous disait que ses beaux-parents qui habitent Blâmont ont été emmenés en otage. Il y a des meubles superbes chez eux. Le château d’Hausen à 3kmde Blâmont a été brûlé par les Français. Une dépêche du général Joffre vient d’interdire les télégrammes entre Nancy et les Vosges.

Mardi 24 novembre 1914 à Gérardmer

Edouard vient d’écrire du Nord à Madeleine « Les taubes viennent nous ennuyer, il faut se cacher dés qu’on en voit un. On parle de relever le 20ème corps en Belgique par des Anglais dés qu’ils seront près d’ici ».

On apprend que Mr de Lobstein qui était dans son château près de Val-et-Chatillon a été tué par une balle allemande. Il était sur son balcon quand un soldat allemand passe et lui tire. La balle le frappe en plein front. Mme Bodenreider, qui est à la Bresse, écrit que ses parents qui sont à Obernai sont sous le régime de la terreur. On doit parler en allemand. On exige que sa mère lui écrive en allemand.

On apprend à Gérardmer que le colonel Von Reuter qui avait fait parler de lui dans les affaires de Saverne fin 1913 vient d’être tué. Il est mort en brave près d’Orbey d’une baïonnette française.

Nous apprenons que notre cousin Paul Gounant de Plombières vient d’être décoré de la légion d’Honneur pour sa belle conduite. Sorti récemment de St Cyr, il fait office de commandant dans le Nord. Il remplace les chefs tués dans son régiment.

Nous apprenons que mon neveu Camille Biesse vient aussi d’être décoré de la légion d’Honneur. Il fait partie de l’état-major du général Bataille, il est aussi dans le Nord.

Je vois aujourd’hui à Gérardmer la personne qui tient l’hôtel de Paris et qui est de Montfaucon, Meuse. Son père a été fait prisonnier, il est en Bavière avec son frère. Ils sont partis de Montfaucon pour Ste Menehould et ils ont voulu rentrer chez eux. A Nantillois, les Allemands les ont faits prisonniers. Il parait que Montfaucon est brûlé.

 

Voici où sont nos neveux en ce moment.

Maurice Boucher de Cheniménil est près de Baccarat.

Victor Perrin de Thiéfosse est près d’Epinal.

Jean Boucher de Sfax est dans le Sud de la Tunisie pour surveiller des prisonniers allemands.

Alfred Grandjean est toujours à Briey qui est sous occupation allemande.

Camille Biesse est à l’état-major en Belgique

Paul Cuny est au fort près de Versailles.

Georges Cuny est près de Vailly après être resté trois mois près de Besançon.

Adrien Molard est au bureau de l’intendance à Nancy.

Henri Cuny est à Sfax en Tunisie.

Henri de Reure est toujours à La Rochelle.

Georges Garnier s’occupe beaucoup des réfugiés à Nancy qui viennent de tous les villages.

Georges Boucher a été assez longtemps aux environs de Rambervillers et maintenant combat dans le Nord.

Paul Laroche Joubert est à Royan où il doit s’occuper d’un phare.

Paul Boucher est toujours près de St Dié dans les tranchées. Au début de la guerre, il était à la Schlucht puis le 152e a été envoyé près de St Dié. Son frère François est avec lui.

Edouard Michaut est en Belgique avec ses batteries car il fait partie du 39e RI.

André Boucher est toujours au fort d’Epinal comme artilleur.

Albert Vautrin, mon beau-frère, est dans l’Argonne près de Varennes où il y a de forts combats.

Mercredi 25 novembre 1914 à Gérardmer

Edouard écrit à Madeleine du Nord : « Nous avons repris nos positions de batterie en avant d’Ypres près de Langemark. La canonnade ennemie a l’air de s’être un peu ralentie. J’admire les fantassins qui reviennent des tranchées ayant eu de la pluie plusieurs jours sans arrêt sans pouvoir faire un mouvement dans les tranchées et les pieds dans l’eau. Malgré cela, les officiers d’infanterie qui reviennent des tranchées sont gais et plein d’entrain ».

Nous entendons de Gérardmer le canon. C’est près de St Dié.

Jeudi 26 novembre 1914

Je pars de Gérardmer pour Docelles avec Suzanne. Nous prenons le tramway de Remiremont à 6h du matin qui nous amène au Tholy à 8h. Là se trouve l’automobile de Célina avec un sauf-conduit. Nous arrivons à Docelles à 8h30. Je trouve ma pauvre sœur bien triste car on est sans nouvelles de Georges Boucher. Depuis un mois, ma sœur a écrit partout. Elle est même allée à Amiens. On lui a dit que Georges avait été blessé mais elle ne sait pas où il est. Elle a peur qu’il n’ait pas survécu à ses blessures. Quelles inquiétudes ! Je tâche de la rassurer et je suis contente d’être auprès d’elle.

Suzanne repart en auto avec son beau-père le soir et je couche à Docelles pour rester plus longtemps près de Célina. Mimi est là avec ses enfants et Thérèse aussi.

Vendredi 27 novembre 1914 à Docelles

Bonne nouvelle ! On reçoit à Docelles une lettre de Georges Boucher de Schwerin dans le duché de Mecklembourg en Allemagne. Il dit qu’il a été fait prisonnier à Béthune avec son ambulance car il était blessé trop grièvement pour être évacué. Célina est heureuse en apprenant qu’il est vivant. On boit à sa santé.

On avait suivi une fausse piste. C’était un autre soldat qui s’appelait Boucher également et c’était toujours de celui là qu’on donnait des nouvelles à ma sœur. Nous parlons beaucoup de Georges et Célina me raconte qu’à la fin d’août alors que Georges se trouvait à Raon-l’Etape, il voit sur la place un cheval seul. Il veut le prendre quand un officier allemand arrive. Il tue l’officier, emmène le cheval. Ils sont 6 et sont cernés. Ils se cachent dans les bois pendant toute la nuit. Ils se tiennent tous par la ceinture pour ne pas se perdre. Ils sont obligés d’abandonner leurs chevaux. Le beau cheval qui appartenait à Georges et qu’il avait emmené de Docelles est abandonné aussi dans la forêt. Il y avait avec Georges, Mr Carrelet, le gendre de Mr Georges Perrigot. Georges est très fatigué et Mr Carrelet le soutient. Tout à coup, ils entendent la sentinelle allemande crier. Ils se couchent par terre et ne bougent plus. Puis ils se trainent par terre pendant toute la nuit. Au jour, ils ne sont plus que quatre. Où sont les deux autres ? Georges arrive à Rambervillers chez Mr Maurice Velin.

Il y trouve la gardienne et lui dit : « je suis le fils de Mr Louis Boucher de Docelles. Je n’en puis plus ». Les habits sont pleins de boue, il a le visage harassé. La gardienne lui donne à manger et veut lui préparer un lit mais Georges a trop peur de l’arrivée des Allemands à Rambervillers. Il repart de suite.

Note de Renaud Seynave : Mr Perrigot est le Patron des Papeteries d’Arches

Mimie nous raconte aussi que lorsqu’elle est allée, il y a quelques jours, de Docelles à Cornimont, en auto avec un jeune chauffeur, on l’a arrêtée entre Remiremont et St Amé. On la fait descendre et on lui demande d’aller au poste le plus proche. Aussitôt descendue, un soldat crève un pneu de son auto avec sa baïonnette. Mimie entend les soldats dire : « ce ne doit pas être elle car celle-ci n’a pas 1.65m et ce n’est pas son signalement ». Elle demande des explications et on lui dit qu’ils ont reçu ordre d’arrêter une petite auto dans laquelle se trouve une femme avec un jeune chauffeur. La femme parait il est un uhlan déguisé.

Mimie a trouvé à Cornimont dans son fumoir sur la cheminée une photographie d’officiers français qui ont séjourné plusieurs jours chez elle. La photographie a été prise dans le fumoir et ils ont écrit un mot avec la date : « En reconnaissance pour la maison qui les a si bien reçus ».

Thérèse nous raconte combien ses parents Mr et Mme Schwindenhammer à Raon-l’Etape ont eu à souffrir des Allemands. Les Allemands avaient pris l’auto de Mr Schwindenhammer. Heureusement, on avait défait une vis de sorte que l’auto s’est arrêtée au bout d’un kilomètre. Les Allemands ont commencé à brûler Raon-l’Etape avec des torches. Le docteur Wendling est allé trouver le Général allemand et lui a dit : « Je soigne vos blessés et vous brûlez nos maisons ». Aussitôt, le Général a donné ordre de ne pas brûler sa maison.

Les Allemands ont tout pillé à Raon. Ils ont même emporté des toilettes de dames et le trousseau complet d’une jeune fille qui allait se marier. On n’a laissé dans leur grande maison qu’une seule chambre pour Mr Schwindenhammer. Ils ont brûlé la maison de Mme Mettenet (La mère de Mme Schwindenhammer) avec tout ce qu’il y avait dedans. La maison du fils de Mr Schwindenhammer a été complètement pillée. Comme Mme Schwindenhammer n’était pas là, sa grand-mère est allée chez elle et remportait le plus de choses possibles.

Un officier allemand s’est approché d’elle et lui a dit : « Nous ne sommes pas des voleurs ». « Comment » a-t-elle répondu ! « Vous brûlez ma maison, vous pillez tout dans la maison de mon petit-fils ». Mme Schwindenhammer est restée de 2h du matin jusqu’au soir sous la machine à vapeur de leur usine. On se battait dans leur jardin et sa maison était pleine de blessés allemands qu’elle soignait. Il parait qu’un officier allemand qu’elle logeait chez elle avait fait monter dans sa chambre à coucher un tonneau de vin sur une chaise et, ayant adapté sur le tonneau un tuyau en caoutchouc, il buvait le vin dans son lit.

Je pars de Docelles aujourd’hui à 4h en auto pour reprendre le tramway au Tholy qui m’amène à Gérardmer à 7h du soir.

Samedi 28 novembre 1914 à Gérardmer

Il faut toujours un laissez-passer pour aller dans Gérardmer. Une sentinelle se trouve près du pont du lac et l’autre près de chez Suzanne vis-à-vis du chalet des Mousses. On ne peut pas faire le tour du lac sans laissez-passer. On n’a pas le droit de circuler après 6h du soir.

Lorsque Georges Boucher est parti de Béthune où il a été fait prisonnier, il a vu le duc de Bade qui lui a parlé de Baccarat et de la bonne réception qu’il avait reçue chez Mr Adrien Michaut. Il s’est offert d’écrire à Célina pour lui donner des nouvelles de Georges. Célina a reçu à Docelles une lettre en allemand signée « Un officier allemand ». C’était le duc de Bade.

Maurice écrit qu’il est à Pexonne et qu’il loge près de la maison de Mr Perral.

Dimanche 29 novembre 1914 à Gérardmer

Nous avons de bonnes nouvelles de Paul qui est toujours dans les tranchées près de St Dié. Edouard écrit à Madeleine : « Mon groupe a démoli hier 2 batteries allemandes qu’ils ont découvertes et ont fait sauter deux caissons. Camille Biesse écrit du Nord que notre cousin Gounant qui vient d’être décoré a diné avec lui à l’état-major avec Mr André Sérot qui lui a prêté une capote car la sienne était déchirée.

A Crévic près de Nancy lorsque les Allemands sont venus, ils ont brûlé le château du général Lyautey. Ils cherchaient Mme et Melle Lyautey pour leur couper le cou nous disaient-ils.

Lundi 30 novembre 1914 à Gérardmer

Rien de nouveau pour Paul ni pour Edouard.

A suivre…



28/11/2014
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