14-18Hebdo

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Docelles – 1914-1918 – 8. Le Monument aux morts

Christian Tarantola - Novembre 2004

 

Dès la fin de la guerre se posent plusieurs problèmes : il faut retrouver et exhumer des corps éparpillés un peu partout sur les divers champs de bataille Nous avons vu les précautions qui furent prises, notamment pour le chasseur Grandjean.

 

Contexte

Ensuite, qu'allait-on faire de cette guerre et de ses victimes ? L'idée de procéder partout à l'édification d'un monument a rapidement germé. Il fallait qu'il soit le reflet d'une idéologie générale, laïque et républicaine, construit sur un terrain communal facilement accessible.

 

L'architecture, dépendant d'un problème de coût, était étroitement surveillée par l'architecte départemental. Les formes pouvaient être neutres, issues des architectures grecques ou égyptiennes (Docelles), ou prendre l'aspect de stèles, de plaques, utilisant des symboles patriotiques, cocardes palmes, coq, croix de guerre (Docelles a choisi ces 3 derniers.)

 

Une inscription assez neutre elle aussi : « à nos enfants », « à nos enfants morts à la guerre », « la commune reconnaissante »… « à nos enfants morts pour la France » (Docelles), les noms généralement par lettres alphabétiques ou par années de morts.

 

Le choix

Le Comité eut à choisir entre 48 projets de stèles. A noter que les projets sont numérotés jusque 363, ce qui donne une idée de la palette réelle proposée.

 

Le Comité est formé de 18 personnes sous la présidence de Mr Bertin, Mr Meuriot étant trésorier, ce dernier très actif ne se contenta pas de lancer la souscription, mais écrivit à tous ses fournisseurs ne craignant pas de les relancer. Comme partout et toujours, il y eut des dissensions, des discussions âpres, des démissions. « Il est évident que cette réalisation… de questions personnelles regrettables ».

 

Avant que de se décider pour un monument, il fut longtemps question d'une plaque, soit apposée sur la mairie afin « qu’elle soit bien en vue quoique un peu en retrait et qu’elle soit constamment aux yeux tant des enfants (pour qui elle doit être une leçon) que des citoyens qui se rendent à la mairie et qui ne doivent pas non plus oublier qu’il y a eu une guerre » in lettre de A. Bertin à J. Lecoanet, maire, du 15 octobre 1920.

 

Il fut ensuite question de la mettre prés de l'église.

 

Le choix de la stèle et du monument fut réalisé en 1920.

 

D'autres discussions eurent lieu autour des noms à mettre suivant leur lieu de naissance et leur état de service…

 

Financement

La souscription lancée, tant auprès des habitants que des fournisseurs et hommes politiques rapporta :

 

Pour Docelles : 6 173,60 francs

Pour Xamontarupt : 800,00 francs.

 

Un cahier à la couverture patriotique donne le détail des noms et des sommes versées, soit 294 donateurs, certains apparaissant plusieurs fois. En face d'autres noms, la mention refus est indiquée (dans plusieurs cas il s’agit de personnes ayant eu une attitude « non conforme » durant la guerre et rejetées par le comité !)

 

Les conseils municipaux votèrent pour Docelles 3 000 francs, Xamontarupt 1 000 francs.

Les pièces de théâtre rapportèrent : 2 254,45 francs

Les recettes totales s'élevèrent à 17 213,20 francs

 

Les coûts

Le monument fourni par Perrin de Pouxeux, d'un coût de 14 000 francs comporte les assises en grès blanc des Vosges « taillé finement », la partie supérieure en granit gris noir des Vosges, entièrement polie toutes faces vues, le Coq Gaulois en fonte de fer bronzée, les Palmes, ainsi que la croix de guerre, en bronze d'Art.

 

Le socle (Boudol) 1 413,70

La grille (Hanus) 897,50

Le reste est en divers, installation et transport

Le tout fait un montant de 17 213,20 francs

 

Les obus de 370, liquidation des stocks, sont attribués gratuitement à titre de trophée de guerre. (afin d'atténuer le côté très guerrier de leur présence, ils ont été retirés).

 

Le monument fut inauguré le 11 novembre 1921, en présence d'une foule importante. Mr Bertin étant revenu pour l'occasion, les enfants des écoles, les familles ayant des places retenues. N'ayant pas retrouvé trace des discours prononcés on ne peut que supputer leur teneur toute patriotique et optimiste pour l'avenir.

 

Plaques

Une plaque commémorative pour la mort des 2 instituteurs fut posée à l'école début 1920, fournie par Leroy de Remiremont après moult péripéties. Une autre plaque figure dans l'église, au titre de la paroisse, elle comporte tous les noms de ceux de Docelles, Xamontarupt, Le Boulay.

 

Docelles Image46 Monument aux morts.jpg

 

Conclusions

En septembre 1939, les survivants qui avaient juré « plus jamais ça » entendirent de nouveau le glas sinistre qui les engloutissait dans 5 années de guerre avec le même ennemi. Des noms allaient encore s'inscrire au fil du temps.

 

Quand vous passez devant ce monument, ayez une pensée pour ces hommes jeunes. Quelque part si nous sommes en paix aujourd'hui, ils ont œuvré pour celle ci.

 

 

 

A Docelles : année 2004

C. Tarantola

 

Avec tous mes remerciements aux personnes citées et à celles qui m'ont aidé dans cette quête du temps perdu.

FIN


02/11/2018
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