14-18Hebdo

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Docelles – 1914-1918 – 5. Aux morts de la Grande Guerre

Christian Tarantola - Novembre 2004

      

ALEXANDRE Emile Aimé

Médaille militaire

 

Habitant les cités du Grand Meix, né le 8 avril 1915, il part à la guerre dans les rangs du 121e BCP. Après avoir combattu dans les Vosges, il participe à la grande offensive de l'automne 1915, destinée à percer les lignes allemandes en Champagne. Il est tué à l'Epine de Vadegrange par suite d'éclats d'obus et inhumé au Bois 150 dans la Marne.

 

Son décès a été attesté par le chasseur Chassery et le soldat de 2e classe Knapp.

 

ANDRE Jean

Brigadier, médaille militaire

 

Né le 25 juin 1894.

 

Il habitait aux cités Boucher et fut l'un des premiers à posséder un vélo jantes en bois, de couleur jaune. Son apparence avait frappé les jeunes de ces années ayant revêtu la tenue, grande cape et les pantalons bouffants des Spahis.

 

Affecté au 8e hussard, il continue la guerre dans les rangs des Spahis marocains, en ces coins reculés d'Albanie. Il avait été dans les premières classes à partir.

 

C'est à travers les journaux que cette guerre lointaine était suivie. Le général Sarrail visait l'Albanie où les Austro-hongrois n'avaient pas établi de fortes positions. L'attaque avait été menée par une division mixte française commandée par le général Jacquemot. Les spahis marocains enlèvent Pogradec. L'offensive repart le 21 octobre, poussée jusqu'a Lin et Galik, au nord de la rive occidentale du lac d'Ochnide. C'est ce jour-là que le brigadier André est mortellement blessé. Il décède le 24 octobre à l'ambulance alpine de Trébinja. Un jugement du tribunal d'Epinal est nécessaire pour constater la mort.

 

On peut imaginer, une fois encore la détresse des familles.

 

COLIN Henri

Médaille militaire, croix de guerre, 2 citations

 

Il était le fils du perleur Charles Jules Colin.

 

Sergent à la 1r° Cie du 10e BCP, PC à Saint-Dié.

 

Le 10e BCP participe très activement à la bataille de la Chipotte. Raon-l'Etape brûle. Les troupes sont sur la ligne Ste Barbe. Lourds combats d'infanterie et d'artillerie, les troupes allemandes incendient le village d'où on leur avait tiré dessus. Le 25 août, l'infanterie -149e et 158e RI- mélangée aux restes des 38e et 86e Ri, soutenue par le 31e BCP livre une lutte acharnée. Au dépôt de Merrain, le 10e BCP et une compagnie du 3e BCP, soutenue par la 1re Cie du 149e RI, livrent une lutte inhumaine. L'historique du bataillon indique « qu'il fait l'impossible pour apporter un barrage au débouché du bois, que les pertes sont cruelles ». Le sergent Colin tombe à 10 heures du matin sur le champ de bataille. Il a 26 ans. Sa mort est attestée, selon les principes alors en vigueur de la loi, par un acte dressé par Charles Marie COTTIN, sous lieutenant, officier d'état-civil sur la déclaration de Eugène Malaussina, sergent major de la 1re Cie du 10e BCP et de Michaud Auguste, cycliste, chasseur de 1re classe.

 

Un article de presse lui est consacré dans l’Union républicaine.

 

Docelles Image18 Annonce mort Henri Colin.jpg

 

COLIN René Charles

(En mémoire de Mme Halbout, née Ongania qui m'a fort obligeamment aidé.)

 

Né le 30 octobre 1897, le soldat de 2e classe Colin est incorporé au 31e BCP 2e Cie. Il est ce que l'on appelle alors un « Bleuet ».

 

Il est le fils de Pierre Jean Baptiste COLIN et de Marie-Reine Lecoanet. Le 31e BCP attaque le 24 octobre 1917. Laon toute proche se dresse sur sa montagne. La relève attendue n'arrive pas et le bataillon reste en ligne poursuivant son avancée vers Chavignon. Les chasseurs avancent au milieu des arbres abattus, des voitures et canons brisés, des cadavres de chevaux gonflés et noirs. C'est en allant porter à boire à ses copains, qu'il chute dans un trou d'obus rempli de gaz. Ramassé par les brancardiers il est transporté à l'hôpital de Coulommiers où il mourra le 12 décembre 1917. Il a 20 ans. Sa mort est attestée par Charles Rocchi, officier d'administration de 2e classe, gestionnaire de l'hôpital complémentaire N°81.

 

Souvenirs de Mme Halbout : « René travaillait chez Boucher avant la guerre. Quand il est parti à la guerre, nous nous réunissions tous les soirs, mettant deux bougies devant le Christ, pour prier pour les soldats. Un soir, Mr Parisse, avec sa grande barbe, est arrivé. Il ne savait que dire sauf que René était blessé à Coulommiers, qu'il fallait aller le voir. Maman et Grand'mére sont allées à l'hôpital. Il avait été gazé. L'infirmière, une sœur, disait qu'il avait été très courageux quand sa mère était là, mais qu'autrement il souffrait terriblement. Il a été ramené à Docelles après la guerre. »

 

La lettre jointe est poignante dans sa signature : « votre fils pour la vie ».

 

CERF Alphonse

Né le 2 février 1888, fils de Louis Constant CERF, papetier sis à Vraichamps décédé le 26 mars 1915 et de Adèle Julie BONNANFANT. Alphonse Cerf est décédé à l'hôpital mixte de Bruyères le 16 mai 1915, suite à un accident, dans le cadre du service aux Chemins de Fer.

 

(Un article des Nouvelles lui fut consacré)

 

CUENAT Alphonse

Médaille militaire, croix de guerre, 2 citations, étoile de bronze

 

De nationalité suisse, il était né le 16 janvier 1899 à Montfaucon. Le père était commis chez Michel et le fils travaillait à Cheniménil sur des chantiers. Il s'engage à 18 ans pour la durée de la guerre dans les rangs du prestigieux 1er régiment de marche de la Légion étrangère, Etranger (régiment aux 10 citations). Il meurt de blessures de guerre le 9 avril 1918 à Couty Somme, à 2h10. Il fait partie de ces victimes de la grande et ultime offensive que lancent les Allemands voulant à tout pris percer le front, entre les Anglais et les Français... l'acte de décès est dressé par Emile Bruzat, officier de 2e classe, gestionnaire de l’ambulance 16/21 sur déclaration de Jean-Baptiste DELASVERGNAS, sergent, 37 ans et de Justinien Roux, infirmier, 42 ans.

 

CUENAT Edmond

Médaille militaire, croix de guerre

 

Le frère du précédent, né le 20 décembre 1897. Engagé volontaire en 1917 pour la durée de la guerre au 1er régiment de marche de la Légion étrangère.

 

Les circonstances de cette mort : Face à l'offensive allemande du 21 mars 1918, le régiment de marche est porté en arrière pour soutien du front britannique qui risque de se rompre. Le 26 avril, côte à côte avec les Australiens, les légionnaires reprennent l'initiative au bois du Hangard qu'ils conquièrent de haute lutte, malgré le plan de feu croisé des mitrailleuses ennemies. L'ennemi est arrêté sur sa marche vers Amiens. Il aura fallu moins de 2 heures pour que le bataillon soit détruit en enlevant le bois (Ordre N°69 de la 1re Armée du 14 juillet 1918).

 

La relation de Deberry mérite d'être retranscrite, ne serait ce qu'en mémoire de ces deux Suisses : « Le 26 avril 1918, sous le commandement du Lt Colonel ROLLET, animé d’une indomptable énergie et du plus bel esprit de sacrifice, s’est magnifiquement lancé à l'attaque du bois du Hangard et du plateau au sud de Villers-Bretonneux remplissant sa mission malgré une résistance opiniâtre de l’ennemi. S’est cramponné ensuite au terrain conquis, résistant successivement à 5 contre attaques, maintenant intégralement le gain de la journée et contribuant par son héroïsme à briser la ruée de l'ennemi. »

 

Décès constaté par jugement du tribunal d'Epinal le 21 décembre 1921.

 

DEFRANOUX Pierre

Médaille militaire, croix de guerre

 

Né en juin 1893, incorporé au 48e BCP. Le bataillon est alors en première ligne, entre Barleux et Berry-en-Santerre. La bataille de la Somme est dans toute sa violence. Le bombardement des 2 artilleries est devenu formidable. Pendant 5 jours les Chasseurs eurent à repousser plusieurs attaques « et supporter un bombardement dune rare violence, et cela dans des tranchées à peine ébauchées, sans cesse nivelées, dépourvues d'abris et de moyens de communications » (historique du bataillon).

 

C'est dans ces conditions qu’il est tué à son poste de combat le 13 septembre 1916. Il a 23ans.

 

DEMANGEON Auguste

Médaille militaire, croix de guerre 1 citation

 

Né le 13 juin 1896, il s'engage en 1914 au 5e BCP, grand régiment vosgien, PC à Remiremont. Il trouve la mort le 13 mars 1915. Il n'a pas 19 ans.

 

(La fiche a été corrigée : tué au Sattel, au lieu de Reichacherkopf).

 

Frère de « Nana » Demangeon, il s'engage en même temps que Masson et Cuenat, les plâtriers de la caserne. Il habitait alors dans la petite maison Villemin.

 

« Disparu », lors de ces terribles combats, un jugement de tribunal du 23 février 1921 l'a reconnu Mort pour la France.

 

Docelles Image19 Carte Hohneck.jpg

 

DEMANGEON Henri

Médaille militaire, croix de guerre, 1 citation

 

Incorporé dans les rangs du 158e RI.

 

Mort de ses blessures à Zeitenlick quelques jours après l'armistice le 14 novembre 1918. Il est le frère du précédent.

 

(photo jointe avec mes remerciements à Annie Remy)

 

Docelles Image20 Henri Demangeon.jpg

 

DEYNOUX Pierre

Né le 3 février 1878, en Corrèze, il était cordonnier à Docelles dans une petite maison qui n'existe plus, face à l'église.

 

A son incorporation dans les rangs du 48e BCP, père de 3 enfants, sa femme va courageusement reprendre les outils.

 

Il est tué à l'ennemi le 13 septembre 1916 à Berry-en-Santerre dans la Somme. Son bataillon progressait alors avec les coloniaux et s'était installé dans des tranchées conquises.

 

Dans une carte écrite aux sœurs Tarantola, qui aidaient à la cordonnerie en gardant les enfants, il mentionne, les conditions difficiles du front et l'espoir de revenir. Il est tué le même jour que Pierre Defranoux.

 

Docelles Image21 Carte Deynoux.jpg

Carte de Deynoux « la fin de ce fléau ne finit pas… » 

 

GALMARD Paul René

Légion d'honneur, croix de guerre, 5 citations

 

Né le 7 septembre 1889. Son père, papetier à Docelles, vivait dans les cités de Lana.

 

Lieutenant au 170e RI d'Epinal.

 

Le 4 mai 1917, « les Hirondelles de la Mort » attaquent au nord-ouest de Berméricourt, dans le secteur du champ des Seigneurs, tranchée de Pola. Les vagues d'assaut progressent, mais les pertes sont sérieuses. Il n'y a plus de compagnie mais seulement des hommes qui vont vers l'avant.

 

C'est ce jour là que meurt notre lieutenant. Il a 28 ans.

 

GASQUET Ernest Sylvain

Médaille militaire, croix de guerre, 2 citations.

 

Né le 2 novembre 1884 à Pouxeux, il habitait au Montcey. Sa femme a tenu un petit débit de boisson durant la guerre. Il fait la guerre dans les rangs du 17e RI qui se trouve alors sur ce terrible charnier qu'est Notre-Dame-de-Lorette, éperon si souvent attaqué, pris et perdu. En mai le régiment avait perdu 232 tués, 677 blessés et 205 disparus. Les opérations se poursuivent en juin, afin de crever les lignes ennemies. C'est le 22 juin à 19 heures que le 2e classe Gasquet est tué, et reste sur le terrain comme en témoigne l'acte de décès :

 

« Nous n'avons pu répondre à l’obligation dictée, n'ayant pu nous approcher du corps du soldat Gasquet. » Signé Lt Abel Dubourquez, sur la déclaration de Alexandre Gury, soldat de 2e classe au 17e RI, âgé de 21 ans, de Girancourt, et de Louis Paul Perrin, soldat de 2e classe, âgé de 34 ans de La Bresse.

 

Le nom de cette victime figure page 46 de l’historique régimentaire.

 

GRANDJEAN Louis Marie

En mémoire de mon vieil ami Fernand Grandjean, qui m’a tant guidé dans le vieux Docelles.

 

Né le 9 septembre 1897 à Anould, lui aussi un « Bleuet », fera la guerre clans les rangs du 21e BCP. L'hiver passé dans la région de Belfort, le bataillon part dans l'Aisne. Le 23 octobre, après un bombardement terrible de 3 jours, la 13e division monte à l'assaut.

 

Après quelques succès, mais aussi beaucoup de casse, le 21e s'installe sur les positions conquises, puis se porte à l'assaut et poursuit l'ennemi. C'est après avoir connu toutes ces terribles journées que Louis trouve la mort, un obus au repos, un seul éclat d'un seul obus l'a tué. Nénesse TASSIN, autre Docellois l'a vu tomber. D'ailleurs la déclaration de mort est faite sur les témoignages de Emile JUNINO, 29 ans, caporal et de Ernest Tassin, 21 ans, à Nanteuil-Saâcy (Chemin des Dames).

 

Quand le corps a été exhumé, Mr Grandjean Père, est allé le reconnaître. Il avait apporté une couronne, offerte par la papeterie Boucher, qu'il fit mettre dans le cercueil, avant qu'il ne fût fermé. Il avait aussi remarqué les dents qui manquaient à son fils. S'il était alors possible de rapatrier les corps, les rumeurs, pas toujours fausses, courraient que parfois le corps était celui d'un autre. Les précautions prises n'étaient donc pas superflues. Quand le gros cercueil carré en pin arriva par le train en gare de Docelles, il exigea de nouveau qu'il fut ouvert, en présence du Maire et du garde champêtre. C'était bien son fils.

 

Aujourd'hui, une photo sur une tombe dans notre cimetière rappelle son souvenir.

 

GUYOT Edmond Ernest Auguste

Fait malheureusement partie de ceux pour qui nous n'avons pas pu trouver de renseignements locaux. Il est mort de maladie contractée en service, dans les rangs du 57e d'artillerie, comme 2e canonnier servant. Le 1er mars 1919, il meurt à l'hôpital d'évacuation de Saint-Dizier.

 

GUYOT Léon

Médaille militaire, croix de guerre, 1 citation

 

Nous savons simplement qu'il est mort de ses blessures reçues en mission périlleuse le 17 avril 1918. A ce moment-là le 53e BCP est du côté de Poperhingue en Belgique.

 

HAUMONTE Henri Charles

Médaille militaire, croix de guerre, 1 citation

 

Né le 23 janvier 1895 à Bruyères, il meurt des suites de ses blessures reçues dans les rangs du 60e RI, à l'ambulance 617 de Trigny-sur-Marne, le 16 avril 1917. En avril 1917, le régiment participe aux offensives de l'Aisne notamment sur le secteur de Loivre et l'écluse du Godat.

 

HOLLARD Marie Edmond

Né le 20 novembre 1884 à Lépanges, incorporé dans les rangs, en tant que 2e canonnier du 212e régiment d'artillerie de campagne. Son père tenait la scierie à la Patience et ses sœurs, les Demoiselles Hollard étaient bien connues dans notre village. Il meurt des suites de ses blessures le 10 août 1918 à l'ambulance 13/20 de la Veuve dans la Marne.

 

HUGUENIN Georges

Habitait à l'ancienne pharmacie, le père était agent d'assurances.

 

Soldat au 210e RI qui fait campagne en Albanie. Il meurt le 2 septembre 1918 de maladie contractée lors de la campagne.

 

L'armée d'orient avait connu un hiver 1917-1918 très long, monotone et terrible. Les bourrasques de neige alternaient avec un vent glacial soufflant en rafales du nord, arrachant les piquets de tentes. La viande congelée était bien souvent pourrie, pas de légumes bien entendu, sauf des haricots bulgares.

 

A Tenedes se succédaient les rafiots, chargés d'évacuer plus pour raisons sanitaires que de blessures… : ictériques ou dysentériques graves, cruelles et mystérieuses infections que ne connaissaient pas les Occidentaux. Sur le Vardar, les Poilus menaient une lutte incessante contre les moustiques et le paludisme.

 

C'était une atteinte supplémentaire au moral des soldats qui se voyaient un peu oubliés de la métropole, et pourtant que de souffrances ils subirent.

 

JANIN Paul-Louis

Médaille militaire et croix de guerre, 1 citation.

 

Né le 29 avril 1890.

 

Soldat engagé au 3e régiment de zouaves, sous le matricule 10510, fils de Paul-Antoine JANIN, ouvrier sur les voies ferrées, et de Marie-Angèle Mougel garde barrière à Docelles. Il trouve la mort dans les rangs de ce régiment, haut en couleur, lors de la poursuite, après la victoire de la Marne, des troupes allemandes, à Tracy-le-Val dans la Somme.

 

Cependant il est porté disparu. Du régiment arrive cette directive : « Attendu qu'aucun acte de décès régulier n'ayant été dressé en raisons des opérations de guerre, il y a lieu d'y suppléer par jugement. » Celui ci prononcé le 15 avril 1917 tient en 3 pages.

 

JOUANY Victor

Né le 2 juillet 1881.

 

Il travaillait comme gazier à l'usine à gaz, prés de la gare. Incorporé dans les rangs de la 24e section d'infirmiers, il est mort pour la France le 26 novembre 1918 à l'hôpital militaire de Golbey des suites de maladie contractées en service commandé.

 

KOMMER Maurice

Médaille militaire, croix de guerre 1 citation.

 

Né le 20 juillet 1895 à Arches.

 

La famille habitait à l'ancienne maison prés de la papeterie.

 

C'est dans les rangs du 170e RI, qu'il trouve la mort en octobre 1915, vraisemblablement pendant la préparation de la grande offensive qui devait percer les lignes. Il meurt le 7 octobre 1915 à l'ambulance 11/5 de Suippes de la suite de blessures de guerre. Il avait 20 ans.

 

LALLEMENT Joseph

(A la mémoire de L. Chaircuite)

 

Médaille militaire, croix de guerre

 

Nous avons déjà évoqué la mort de ce caporal du 24e RI suite à ses blessures le 22 août 1914.

 

Sa citation : « Caporal énergique et brave, ayant toujours donné l'exemple du devoir. Tombé au Champ d'honneur le 22 août 1914 à Anderles. »

 

LECOANET Jean-Baptiste, Lucien, Paul.

Médaille militaire et croix de guerre.

 

Né le 29 août 1886 à Docelles, fils de Lucien Jean-Baptiste Lecoanet et de Marie-Victoire Oudot.

 

Soldat réserviste à la 11e compagnie du 158, il participe à cette terrible guerre d'Artois. L'Etat major voulait « les » grignoter, mais qui ? Il tomba à l'éperon de Lorette le 15 mars 1915 à 15h30. Acte dressé par le lieutenant Seiler, officier payeur et officier d'état civil, sur les déclarations de Laurent Bardétis, adjudant et de Jules Cimetiére, sergent fourrier.

 

Il avait vu son frère pour lui annoncer qu'il allait remonter à l'attaque sans aucun chargement et que ce serait très dur. Quand il a été tué, son frère est devenu comme fou, courant comme un dément dans les tranchées.

 

Docelles Image22 JB Lecoanet.jpg

 

LEONARD Henri

Médaille militaire et croix de guerre

 

Soldat au 149e RI, mort à Falaise Calvados de ses blessures.

 

Habitait la maison Punejoul.

 

MANGEL Jules Maurice

Médaille militaire, croix de guerre, 3 citations

 

Il était né à Docelles le 11 avril 1893 et vivait à Londres. Il a rejoint dès le début de la guerre le 110e RI de Dunkerque.

 

L'offensive malheureuse du Chemin des Dames se prononce. Le 1er bataillon monte au front vers Couceureux et Mérival. Les 1er 2e et 3e Cies s'avancent à 6 heures du matin sous le commandement du Cdt Perrot. Sur la plaine, les compagnies se fractionnent en lignes d'escouades par un. Arrivées devant les fils de fer protégeant les tranchées de la Plaine et de l'Enclume, elles sont fauchées par des mitrailleuses qui n’ont pas été réduites au silence malgré un bombardement intense, l'aviation les arrose. Le 110 est cloué sur place, face à ces fils de fer barbelés. Les hommes sont éparpillés dans de nombreux trous. C'est dans ce mouvement qu'est tué à l'ennemi le 2e classe Mangel, plus exactement en ce lieu qui allait ensuite devenir célèbre par la chanson qui lui a été dédiée : CRAONNE... L'acte est dressé par Paul Emile Harmand MACHY, lieutenant au 110e, sur les déclarations de Edouard Brioul, 2e classe, 28 ans, et Albert VANHOCKE, caporal, 27 ans.

 

Il laisse une sœur, Marguerite, qui habitait à la rue (rue des Costelles).

 

MAROTEL Aimé

Médaille militaire, croix de guerre, 1 citation.

 

Né le 7 juin 1894, il sert dans les rangs du 158e RI. C'est dans ce VERDUN de sinistre mémoire que la mort le cueille. Les Allemands ont lancé leur attaque le 21 février. Sur la rive droite, en ce mois de mars on se bat notamment autour de Vaux. Dire que les combats sont acharnés est loin de la réalité… Ils ont absorbé les trois-quarts des effectifs de la 43e division d'infanterie, à laquelle appartient le 158e RI.

 

Le 11 mars, Aimé Marotel tombe dans les combats de Vaux devant Damloup, aujourd'hui village détruit. Il a à peine 22 ans.

 

MICHEL Léon Lucien

Médaille militaire, croix de guerre, 1 citation

 

Né à Le Boulay le 12juin 1892, il entre dans les rangs du 152e RI, régiment des Diables Rouges, dont la garnison est Gérardmer, avec une compagnie à Bruyères. Il est de tous les coups du début de la guerre, aussi est ce sans surprise qu'il se voit demander de prendre ce petit monticule le Spitzenberg, poste d'observation sur la vallée de la Fave. Depuis le 17 septembre les vagues d'assaut se succèdent, clouées par les mitrailleuses. Les blessés abandonnés agonisent sur le champ de bataille. Le 20 septembre, sans préparation d'artillerie les 1er et 3e bataillons attaquent par surprise. Après de farouches corps à corps, l'ennemi est enfin repoussé. Pour se venger, il pilonne le terrain de toutes ses batteries. Vers 17 heures le bombardement devient effroyable. Des grappes humaines gisent, écrasées.

 

Le soldat Michel meurt dans cet enfer qu'il a connu à 22 ans.

 

Le décès est retranscrit par Jules Marie Elisée Blondel, lieutenant, sur les déclarations de Louis Roux, soldat de 2e classe et de Joseph Raverel, caporal fourrier.

 

MOULIN Paul

Médaille militaire, croix de guerre, 1 citation.

 

Restait dans les cités Lana, celle dite du lavoir, la seconde en partant du Barba. Né à Cheniménil le 10 avril 1881, il prend part à la guerre dans les rangs du fameux 149e RI, de la division des Vosges, la 43e. Après avoir connu les durs combats du début de la guerre, Sainte-Marie-aux-Mines, Schirmeck, la Chipotte, le régiment prend la direction de la Champagne, butte de Souain.

 

Le 149 est cité à l'ordre de l'armée. Notre soldat, blessé mortellement, meurt de ses blessures le 16 septembre 1914 à l'ambulance St Maur de Châlons-sur-Marne. Il laisse une femme Adeline.

 

Sa mère, qui habitait à la Beunotte, ne se remettra jamais de la mort de son fils, sombrant dans une douce et gentille folie.

 

PARIZOT Marcel

Médaille militaire, croix de guerre, 1 citation

 

(In memoriam Blanche Bietrix et remerciements à Claudine Laurent de m’avoir obligeamment confié des documents personnels)

 

Fils de Joseph Auguste Parisot et de Marie-Eugénie Mougenel, habitants à Docelles. Le papa, qui tenait une épicerie, véritable petit mammouth selon les témoins de l'époque, était connu pour ses réparties. Sur le comptoir du magasin trônait un gros moulin à café : moulu pas moulu ?

 

Leur fils unique se destinait à devenir ingénieur dans le textile (son nom est d'ailleurs gravé sur une plaque à l'Ecole de Filature).

 

La guerre le prend dans les rangs du 1er génie. Après quelques mois de combat il se trouve à l'ouest de Verdun, face à la fameuse Butte de Vauquois, tristement connue pour la guerre des mines, qui élimina totalement le village qui se trouvait dessus.

 

En ligne, le jeune soldat va faire preuve de grande bravoure. La préparation de la première grande attaque de la butte se précise. Alors qu'il est à l'instruction des pionniers, à l'arrière, il se propose comme volontaire pour accompagner l'infanterie dans son assaut. Il voulait, suivant les écrits de deux témoins qui écrivirent plus tard à sa famille, « venger son pays ».

 

Hélas, une balle l’a touché en plein front lui « faisant une affreuse blessure ».

 

Le corps du malheureux va rester plusieurs jours sur place, les consignes étant de ne pas bouger.

 

Mais l'endroit où il est tombé est parfaitement repéré, et ses deux camarades d'écrire : « nous ferons tout pour le ramener et ainsi mettre une couronne sur sa tombe », suivant le vœu des parents, qui auraient voulu pouvoir se rendre sur ce terrain de morts, interdit aux civils. Ces pauvres gens vont connaître ainsi les affres de cette guerre.

 

Une citation est attribuée au sapeur mineur Parizot :

« Parizot Marcel, sapeur mineur. A demandé à faire partie du détachement de sapeurs accompagnant une colonne d’assaut. A été tué au moment où il contribuait à la capture de plusieurs prisonniers. »

 

A Docelles, Mr Lecoanet, exerçant la fonction de maire par intérim, va recevoir le triste message et sera chargé d'en avertir la famille.

 

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REMY Paul Joseph

Médaille militaire, croix de guerre, médaille du Maroc

 

Né le 1er janvier 1883, à Docelles de Nicolas Joseph Remy et de Marie-Marguerite MANGIN.

 

Dans les rangs du 3e BCP, le chasseur de 2° classe Remy connaît tous les premiers combats dans les Vosges de ce début de guerre : Col de Saales alors frontière, prise de Saint-Blaise, Thiaville, La Chipotte.

 

Le bataillon est appelé ensuite en Artois, où il livre quotidiennement de très violents combats, lui permettant de s'infiltrer jusqu'au chemin Carency, Neuville-Saint-Vaast. C'est à Carency, qu'il est tué d'une balle, à 17 heures le 6 octobre 1914.

 

L'acte est dressé par Louis Grenet, lieutenant trésorier sur les déclarations de Edmond Valentin, 23 ans, et de Raymond Courtois, caporal.

 

REMY Paul Gustave

Médaille militaire, croix de guerre, 2 citations.

 

Tombé « glorieusement pour la France » suivant l'avis mortuaire joint, dans les rangs du 149e RI à Verdun, plus exactement à Souville, le 7 mars 1916, au début de la ruée allemande accompagnée d'un extraordinaire bombardement. Il gèle. Le 149e est sur et dans l'ouvrage de Souville. A 11 heures, de gros lourds (305-380) tombent sur cet ouvrage. L'acte dressé à Haudinville précise qu'il est décédé par suite de coup de feu au combat et inhumé par les soins des brancardiers de la 13e division. La constatation du décès n'a pu être faite par l'officier d'état civil, en raison de son éloignement du champ de bataille. Dressé par Auguste Fourneret, officier d'état civil, sur déclarations de Pierre Bielay, 30 ans, soldat de 2° classe, et de Armand Bèche, 22 ans.

 

Une de mes tantes donnait la main le jour où le mortuaire est arrivé. Cris et larmes fusèrent. La mère ne voulait pas aller rechercher le corps.

 

Aujourd'hui une plaque sur une tombe du cimetière rappelle le visage de ce jeune homme tombé dans ce bourbier de Verdun. Malheureusement le temps altère peu à peu les traits du visage, comme si l'oubli total venait le prendre définitivement. Il restera au moins dans ces quelques lignes.

 

Il figure dans l'historique du 149e, dans les pages des morts du régiment, et ils sont nombreux.

 

Docelles Image27 Image mortuaire Paul-Gustave Remy.jpg

 

THIEBAUT Jean Charles Joseph

Médaille militaire, croix de guerre, 1 citation.

 

Né à Docelles le 2 février 1894, de Pierre Eugène Thiébaut et de Marie-Lucie Labauvoye. Il participe dans les rangs de la 12e Cie du 149e RI aux terribles combats de Aix-les-Noulettes, en Artois. L'historique du régiment rappelle la longueur des combats : 13 mois pour des centaines de victimes, de disparus et blessés. Ce sont dans ces conditions extrêmes que le 2e classe Thiébaut trouve la mort le 3 mai 1915 à 9 heures. La constatation n'a pu être faite, l'acte est dressé par Paul Toussaint sur les déclarations de Maximin Foltête, 25 ans, et Albert Chartier.

 

Son nom figure dans l'historique régimentaire.

 

THIEBAUT Henri Pierre

Médaille militaire, croix de guerre, 1 citation

 

Sergent au 153e Ri, il est tué le 16 avril 1917 à 7 heures du matin dans cette triste affaire du Chemin des Dames. Il a 25 ans.

 

Papetier, il habitait aux cités Boucher.

 

L'acte fut dressé par Marcel Pierre Tournier, sur déclarations de Joseph Delétang, sergent, et de Jean Mosard, caporal.

 

CEUX de XAMONTARUPT

CLAUDON Louis André

Né le 2 décembre 1881 à Xamontarupt, fils de Victor, décédé, et de Marie-Léonie Hollard.

 

Soldat de 1re classe à la 11e Cie du 158e RI, il est tué devant l’ennemi le 21 août 1916 devant Soyécourt, lors des offensives de la Somme. La loi n'a pu être appliquée « en raisons des circonstances de guerre, la constatation de la réalité du décès n'a pu être faite par les soins de l'Officier d'état-civil ». Déclarations de Emile Morlon, sergent fourrier, et Casimir Simiand. Une déclaration du ministère a été nécessaire.

 

Il laisse une veuve Marie Léontine Joséphine François.

 

DAMIERE Xavier

Né le 27 novembre 1874 de Hippolyte et de Marie-Louise Lemarquis. Auxiliaire de 2e classe au 11e génie, mort de maladie le 16 août 1917 à 11 heures, à l'hôpital, 7 rue Félix Jacquier à Lyon. La déclaration est faite par Auguste Vial, employé de bureau, et René Mercier, idem. Signature de Julien Barbero, adjoint au maire de Lyon.

 

DEFRANOUX Jean-Baptiste,

Né le 16 janvier 1867 à Xamontarupt, de Jean-Dominique et de Marie-Jeanne Lassauce.

 

Soldat au 43e RIT, tué en gare de Laval le 18 décembre 1914, par accident de chemin de fer, laisse une veuve, Marie-Léontine Guyot. Il a 47 ans. L'acte de décès n’est transcrit que le 14 août 1918 par Mr Emile Bexon, maire de la commune. C'est par voie du tribunal qu'est enfin constatée la mort de Mr Defranoux, qui n'a pu l'être en temps et en heure, « attendu qu’aucun acte de décès régulier n’ayant été dressé en raison des opérations de…, il y a lieu d'y suppléer par un jugement » (3 pages au registre).

 

JACOUEMIN Camille Léon

Médaille militaire, croix de guerre

 

Fils de Jean-Baptiste Camille et de Marie-Louise Florentine Hatton.

 

Caporal à la 10e Cie du 65e BCP, il est mort pour la France le 21 mal 1916 par suite de blessures reçues sur le champ de bataille au bois d'Haudremont, au nord de Verdun, à 15 heures. « Transporté à Verdun le 13 mai 1916, les chasseurs défendent le bois d'Haudremont, de trois côtés l'ennemi les entourent et les dominent. Malgré les fluctuations des troupes voisines, sous les bombardements les plus violents, et aux prix de pertes sanglantes, ils conservent intégralement le terrain confié à leur garde « historique 65e BCP ». Compte tenu des conditions il est impossible de vérifier le décès déclaré par Gustave Goblet et Armand Millet.

 

PIERRAT Charles Louis (dit Leroy)

Né le 21 novembre 1893, de Benoît Joseph et de Marie-Louise JOLY.

 

Soldat de 2e classe, à la 10e Cie du 174e RI (qui marche avec le 170), tué à l'ennemi à Notre-Dame-de-Lorette le 22 mai 1915 à 4 heures d'une balle dans la tête.

 

L'acte est dressé par Jacques André Arrighi, sous lieutenant, officier d'état-civil, sur déclaration de Maximin Dumoulin, 23 ans, sergent fourrier, et Boissinot, 22 ans, caporal.

 

*********************

 

Pendant quelques minutes ou quelques heures, nous avons ensemble évoqué les noms de ces hommes qui, durant la Grande Guerre, quittèrent tout : travail, famille, amis, pour aller périr sur tous les coins des champs de bataille. Les Vosges, la Somme, Verdun, l'Artois, la Champagne, L'Argonne, et les lointains théâtres de la guerre : Albanie.

 

Ces hommes jeunes pour la plupart ont ainsi été lancés dans une fournaise allumée sans qu'ils y soient pour quelque chose.

 

Gardons-les en notre mémoire, afin que un jour peut-être le lourd message envoyé au-delà des années puisse se réaliser :

 

PLUS JAMAIS CELA

 

Prochain article : Docelles - 1914-1918 – 6. Des Blessés


12/10/2018
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