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Cornimont, village frontière, dans la Grande Guerre - 4 - Les réquisitions

Danièle Grandemange – 19-12-2017

 

Elles sont de plusieurs sortes.

 

Mais les plus douloureuses pour la population civile sont celles qui concernent l’alimentation.

 

Cela commence par les réquisitions de 200 vaches laitières dès l’été 1914. On peut considérer que chaque famille paysanne a dû se séparer de la moitié de son troupeau, sa principale richesse. Il faut nourrir les militaires et les civils.

 

A une demande de l’armée de réquisition de porc, le Maire répond que l’on n’élève pas de porc à Cornimont, toute la viande de porc consommée dans le village est importée. A chaque demande, le Maire essaie de défendre ses administrés.

 

Dès l’automne 1914 la farine commence à manquer. La commune de Cornimont s’adresse à d’autres villes pour s’en procurer, la plupart refusent, par exemple Marseille et Troyes.

 

Les employés municipaux vont chercher de la farine à Port-sur-Saône.

 

En mai 1915, la situation est très difficile. La mairie calcule qu’il faudrait 1600 sacs de farine pour aller jusqu’au 15 août. Or, à cette date, la provision est de 100 sacs. Finalement, on finira par obtenir une livraison depuis la Seine-et-Marne (Nemours) de 20O quintaux de farine.

 

En mai 1918, la pénurie de farine se fait de nouveau sentir. Il faut des tickets de rationnement pour obtenir du pain. Le Préfet donne instruction au maire de faire ajouter 20% de pommes de terre dans le pain.

 

Même pénurie et même restriction pour le sucre, le pétrole, le tabac… Un rationnement est organisé à plusieurs reprises. Pour ce faire, le maire s’appuie sur les industriels à qui il demande des listes d’ouvriers avec familles. Ceux-ci doivent également attester que certains employés ont un travail pénible qui nécessite une plus grosse ration de pain.

 

Dès le début de la guerre il y a eu une pénurie de monnaie et la commune, ainsi que certains industriels, ont émis des billets de nécessité.

 

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Doc 17 - Billets de nécessité émis par la commune de Cornimont

 

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Doc 18 – Emissions privées des établissements industriels HERITIERS GEORGES PERRIN

 

        

L’armée a de gros besoins en bois et la forêt vosgienne a été très sollicitée dans cette guerre. Dans chaque commune le maire doit veiller à ce qu’il n’y ait pas d’abus et leur fixer des limites. C’est l’avenir des ressources communales qu’il faut préserver.

 

Il y a d’autres réquisitions, parfois anecdotiques, parfois étonnantes. Ainsi cette demande de skis pour un bataillon de Chasseurs alpins, de passage à Cornimont. Faute de temps pour les faire confectionner chez un artisan, le maire s’est résolu à imposer aux habitants la réquisition de leurs skis. A cette époque une vingtaine de familles possédaient des skis.

 

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Doc 19 : Réquisition de skis

 

Le maire a fort à faire avec les demandes de l’armée. Il doit par exemple trouver des tenues bleues, style combinaison de mécaniciens. Une autre fois il doit trouver des pantalons blancs et pour cela il va faire appel à de nombreux commerçants de la ville.

 

Les lettres échangées entre le maire de Cornimont et le Commandant de la Place sont nombreuses dans les Archives. Elles touchent tous les sujets de la vie quotidienne. On y trouve aussi bien des remarques du Commandant sur les écoliers qui n’empruntent pas les trottoirs pour se rendre à l’école, sur les Counehets qui vident leur seau hygiénique dans la rivière, que sur les femmes de la commune qui contaminent les soldats. Chaque fois, le maire doit rappeler ses administrés à l’ordre.

A suivre…



12/01/2018
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