14-18Hebdo

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Carnets de guerre (Anna Vautrin) – N° 31 - 10 au 16 mai 1915

On apprend par le journal que le plus grand bateau anglais venant d’Amérique vient d’être coulé près de l’Irlande par un sous-marin allemand qui a lancé deux torpilles. Il y avait 1 900 personnes et il y aurait eu 1 400 morts…

Document transmis par Renaud Seynave, son arrière-petit-fils - 04/05/2015

 

Alexis Vautrin Image1.jpgAlexis Vautrin

Lundi 10 mai 1915

On apprend par le journal que le plus grand bateau anglais venant d’Amérique vient d’être coulé près de l’Irlande par un sous-marin allemand qui a lancé deux torpilles. Il y avait 1 900 personnes et il y aurait eu 1 400 morts. Le bateau a coulé en 20 minutes. Le Lusitania était l’un des plus grands paquebots du monde. Il avait coûté 30 millions. Il aurait pu en temps de guerre transporter 20 000 hommes.

 

Notes sur le naufrage du Lusitania. (Sources : Wikipédia)

Le RMS Lusitania fut coulé le 7 mai 1915 à 14 h 25 près du Fastnet, à environ à 12 milles marins de la côte, au large de la pointe Sud de l’Irlande (Old Head of Kinsale), par un sous-marin allemand, le U-20. Le Lusitania était commandé par le capitaine William « Bowler Bill » Turner, âgé de 58 ans, officier expérimenté qui effectuait là son 102e voyage. Parti de New York le 1er mai 1915 à destination de Liverpool, après une escale d'une semaine (il était arrivé à New York le 24 avril 1915). Il aurait dû être protégé par un croiseur britannique, le Juno, qui semble avoir été retiré de cette zone deux jours plus tôt, par l'amiral Fisher et Winston Churchill lui-même, alors Premier lord de l'Amirauté.

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Le Lusitania fut touché par tribord alors qu'il naviguait à 18 nœuds, une vitesse relativement réduite, vers le port de Queenstown (actuel Cobh), à 40 km de là sur la côte sud de l'Irlande. Cette zone venait d’être déclarée « zone de guerre » par les Allemands, et le capitaine avait été informé de la présence d'un sous-marin allemand par les autorités britanniques.

Le Lusitania fut touché par tribord alors qu'il naviguait à 18 nœuds, une vitesse relativement réduite, vers le port de Queenstown (actuel Cobh), à 40 km de là sur la côte Sud de l'Irlande. Cette zone venait d’être déclarée « zone de guerre » par les Allemands, et le capitaine avait été informé de la présence d'un sous-marin allemand par les autorités britanniques.

Selon les témoignages de survivants (dont Joseph Marichal, qui intenta un procès à la Cunard), le bruit de l'explosion à l'impact de la torpille fut suivi d'une seconde explosion beaucoup plus violente, et anormale. Elle fut officiellement attribuée à l'explosion d'une chaudière, mais suscita rapidement de nombreuses interrogations. Ce navire solide, ultramoderne pour l'époque, coula anormalement vite et par la proue, alors qu'il disposait de compartiments étanches que le capitaine avait fait fermer par des portes étanches après avoir reçu un avis de la Royale annonçant qu'un sous-marin allemand croisait dans les parages (il avait aussi fait préparer les canots de sauvetage). Le paquebot sombra en 15 à 18 minutes, ne permettant qu'à 6 canots sur 22 d'être mis à l'eau. Sa coque repose toujours par 93 mètres de profondeur dans une zone brassée par de forts courants.

Les notes du capitaine du sous-marin allemand, le Kapitanleutnant Walther Schwieger, qui venait la veille et l'avant-veille de couler trois cargos dans ce secteur, nous apprennent qu'il tira sa torpille à 460 mètres (500 yards) de distance à 14h10 et que l'impact fut suivi d'une « détonation exceptionnellement importante », avec un grand nuage de fumée et « des débris projetés jusqu'au-dessus des cheminées ». Une deuxième explosion fut entendue (« chaudière, charbon ou poudre ? » s'interrogea-t-il). Des notes plus tardives de ce capitaine disent que le sous-marin avait déjà tiré ses meilleures torpilles et qu'il ne lui restait que deux (ou trois ?) torpilles de bronze, moins puissantes.

L'emplacement précis de l'épave ( 51° 25′ N 8° 33′ O / 51.417, -8.55) semble être resté inconnu ou oublié durant 20 ans, jusqu'en 1935, lorsqu'un officier survivant du Lusitania, Albert Bestic, rapporta au capitaine Turner, qui finissait ses jours à Crosby, près de Liverpool, un papier presque illisible sur lequel il avait griffonné la position au moment du torpillage. La même année, une équipe emmenée par l'Anglais James Jarrat localise l’épave avec l'aide d'un navire équipé de l'ASDIC. Jarrat et son équipe sont les premiers à visiter l'épave du paquebot.

 

Parmi les naufragés se trouve Vanderbilt le grand millionnaire de New-York. Les Américains sont absolument révoltés de ces procédés de l’Allemagne. Il y avait 188 Américains à bord, 40 enfants de moins d’un an. C’est une infamie. Tous les journaux de toutes les puissances d’Europe ont désavoué ce crime. Monsieur Vanderbilt s’est dévoué en donnant sa ceinture de sauvetage à une passagère alors qu’il ne savait pas nager. Il est mort noyé.

Mardi 11 mai 1915

Colette a aujourd’hui 9 mois mais pas encore de dents. Elle est fraîche et rose et se porte à merveille. Nous avons nos trois petits-enfants en ce moment. Annette a 4 ans et apprend ses lettres. Elle fait même des bâtons. Quant à Jean qui a eu 17 mois le 5 mai, il commence à marcher mais il n’ose pas encore se lâcher tout seul. Ces petits enfants sont la consolation des temps tristes que nous traversons.

Mercredi 12 mai 1915

Je rencontre Madame Simonet qui me dit que son frère a été tué dans la bataille de la Marne. Ils étaient 130 hommes et le soir seulement 20 sont rentrés. Le commandant leur avait dit de tenir jusqu’au bout. Son autre frère est interprète dans les Dardanelles. Le frère de sa mère a été tué près de Sedan à la fin d’août. C’est un père de 6 enfants. Elle me dit que son petit garçon a eu un éclat d’obus dans sa chambre venant de la bombe du zeppelin qui était à Nancy au mois de décembre. L’éclat est passé au dessus de la tête de l’enfant et est allé se loger dans un cadre où il est resté. L’enfant n’a rien eu. Il était couché. Toutes les vitres de la fenêtre ont volé en éclats.

J’apprends que le fils de Monsieur François pharmacien vient d’être tué près d’Arras. Il parait qu’on se bat furieusement. C’est une véritable boucherie. En deux jours, nous avons eu 20 000 hommes tués lors des combats. Les communiqués des journaux en parlent beaucoup. Il y a quelques jours, nous avons fait 3 000 prisonniers allemands, 40 officiers dont un colonel. On a pris plusieurs mitrailleuses et 10 canons.

Pont-à-Mousson a encore été bombardé hier. Un obus a tué un homme et blessé grièvement sa femme et ses deux filles.

St Dié a aussi été bombardé.

Jeudi 13 mai 1915

On attend de jour en jour la déclaration de guerre de l’Italie à l’Autriche ou à la Turquie. L’Italie va avoir toutes ses troupes mobilisées. Les gares sont gardées militairement. L’ambassadeur d’Allemagne à Rome vient de partir. Les Italiens qui étaient en Suisse ont reçu l’ordre de rejoindre leurs régiments. On dit que l’Italie va marcher vers le 20 mai. Après elle suivrait la Roumanie, la Bulgarie et la Grèce probablement.

Dunkerque a encore reçu 2 énormes obus du plus grand canon d’une portée de 30 km.

Vendredi 14 mai 1915

Suzanne reçoit une lettre de Gérardmer qui lui dit qu’un taube a encore lancé mardi dernier 6 bombes. Il n’y avait pas eu de taube depuis 15 jours.

Une bombe est tombée devant les casernes et a tué un alpin qui passait, blessé très grièvement la bonne du boucher et blessé Mme Schupp.

Une autre bombe est tombée près de la poste, deux bombes aux Xettes et deux autres dans les environs. Il y a encore certainement des espions car il y avait dix minutes que l’artillerie était passée par ces endroits.

Samedi 15 mai 1915

Rien de nouveau. On se bat encore près d’Arras où Edouard est depuis quelques jours.

Dimanche 16 mai 1915

Le ministre Italien a démissionné. On se demande si l’Italie va marcher, cependant elle fait de grands préparatifs aux frontières. Les Allemands se sont encore servis de gaz asphyxiants.

Les habitants d’Elverdinghe, village situé près d’Ypres, souffrent d’hémorragies des poumons par les gaz employés pendant la bataille et qui sont arrivés à 4 km du champ de bataille. On se bat beaucoup au bois d’Ailly près de St Mihiel.

Aux Dardanelles, les alliés bombardent toujours les forts.

A suivre…



08/05/2015
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