14-18Hebdo

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66e semaine de guerre - Lundi 1er novembre au dimanche 7 novembre 1915

 

LUNDI 1ER NOVEMBRE 1915 - TOUSSAINT - 456e jour de la guerre

MARDI 2 NOVEMBRE 1915 - COMMEMORATION DES FIDELES DEFUNTS - 457e jour de la guerre

MERCREDI 3 NOVEMBRE 1915 - SAINT HUBERT - 458e jour de la guerre

JEUDI 4 NOVEMBRE 1915 - SAINT CHARLES BORROMEE - 459e jour de la guerre

VENDREDI 5 NOVEMBRE 1915 - SAINT THEOTIME - 460e jour de la guerre

SAMEDI 6 NOVEMBRE 1915 - SAINT LEONARD - 461e jour de la guerre

DIMANCHE 7 NOVEMBRE 1915 - SAINT ERNEST - 462e jour de la guerre

 

Revue de presse

-       Sur le front monténégrin - Les Autrichiens prennent la Drina

-       L'offensive italienne réalise de nouveaux progrès

-       Sur le front anglais - Au combat de Loos sept bataillons allemands ont perdu 80% de leurs effectifs

-       La santé du roi George

-       A la Chambre - Les débuts du ministère Briand

-       M. Venizélos renverse le ministère Zaïmis

-       Les Bulgares approchent de Nich

-       La lutte sur le front de L'Isonzo et sur les hauteurs de Goritz

-       L'étau des armées ennemies se resserre autour des Serbes

-       L'Allemagne veut la paix - Pour l'obtenir, le prince de Bülow songerait à constituer une ligue des neutres

-       Funérailles solennelles de Pie X

-       Les Italiens repoussent des attaques ennemies

-       Les Monténégrins reprennent Troglav

-       Lord Kitchener a quitté Londres et se rend en Orient

 

Morceaux choisis de la correspondance

1er novembre - ELLE.- J’ai reçu ce matin ta lettre du 29 oct. et je suis heureuse de voir que tu songes à moi comme je pense à toi si souvent avec amour et regret de te sentir si loin. Nous avons eu une journée de Toussaint très pluvieuse et froide. Nous avons eu Thérèse et ses enfants. Lili devient énorme, il parle très bien et est délicieux. Françoise devient grognon depuis un mois et est beaucoup moins obéissante. Thérèse a reçu une lettre de Maurice qui s’embarquait samedi mais il ne savait encore vers quelle destination, je pense que demain ou après nous serons fixés.

 

Thérèse avait aussi reçu une lettre anonyme qui l’ennuyait. C’était une lettre de menaces parce qu’elle faisait partir le parc et vouait ainsi soi-disant à la misère tous les gens qui louaient des chambres aux soldats. On lui disait que, si elle ne s’employait pas à faire rester les autos, qu’on lui jetterait des bombes sur son château et qu’elle ferait mieux de penser aux pauvres gens plutôt que d’aller à la messe et qu’elle pourrait entendre dans les cafés le mal qu’on dit des Boucher. La pauvre Thérèse en était tout ennuyée. Ce sont certainement les cafetiers etc. qui perdront au départ du parc et qui sont furieux contre nous. C’est malheureux que ces autos soient restés si longtemps, il y aurait eu un an le 12 décembre, les gens se sont habitués à gagner facilement surtout que cela ne leur donne aucun ennui, les hommes qui ne paient pas cantonnant à l’usine. Aussi il faut voir le piètre accueil qu’ils font maintenant aux troupes qu’il faut loger dans les greniers à foin et les chevaux qu’il faut rentrer dans les granges. C’est malheureux que plus la guerre dure, plus les gens sont difficiles.

 

Quant à Henry, je lui adresse mes lettres à Sfax d’où on les lui fait suivre, car je ne suis jamais sûre de son adresse militaire. Quand il m’a répondu, l’enveloppe était timbrée de Sousse, 15e bataillon de zouaves. Il est caporal, mais je crois que tu feras mieux de lui écrire à Sfax.

 

Demain c’est le service des morts, j’irai communier pour Mère et lui demanderai encore de te protéger.

 

La guerre va peut-être durer longtemps, je ne crois cependant pas qu’elle durera trois ans comme le dit Paul, mais pour moi il est évident que c’est celui qui tiendra le plus qui remportera la victoire mais, ne nous faisons pas d’illusions, une victoire modeste et qui n’abattra pas l’Allemagne complètement.

2 novembre - LUI.- Je reçois ta bonne lettre de samedi dernier. Continue, ma Mi, à te reposer et puis surtout ne te fais pas de bile au sujet de la guerre. Tu n’y changeras rien, mais ne va pas jusqu’à dire que notre cher coin des Vosges devienne allemand. La guerre va peut-être durer longtemps, je ne crois cependant pas qu’elle durera trois ans comme le dit Paul, mais pour moi il est évident que c’est celui qui tiendra le plus qui remportera la victoire mais, ne nous faisons pas d’illusions, une victoire modeste et qui n’abattra pas l’Allemagne complètement.

 

Je suis content qu’Adrien soit nommé à Paris, mais voilà je me demande si tous ces braves gens qui vont prendre l’habitude d’habiter Paris reviendront facilement après la guerre dans nos petits trous des Vosges.

 

J’ai été aujourd’hui à Soissons avec quelques-uns de mes sous-officiers et de mes hommes sur la tombe de nos camarades que nous avons perdus pendant les journées de Soissons. Les Allemands n’ont pas du tout bombardé aujourd’hui. Nous avons revu l’Arsenal où nous habitions, notre poudrière où nous couchions, tout cela est fort abîmé par les obus. Ce matin, j’avais fait dire une messe à la ferme et le prêtre a dit l’absoute devant les tombes de pauvres artilleurs qui ont été tués ici en septembre lors de la retraite des Allemands.

 

Espérons toujours que ce ministère-ci prendra le taureau par les cornes et nous donnera des canons et des munitions.

5 novembre - LUI.- Je n’ai pas reçu ta chère lettre aujourd’hui, j’en recevrai une demain et encore une après-demain.

 

Tu as vu que le brave père Méline était de nouveau ministre, qui eut dit cela il y a deux ans. Espérons toujours que ce ministère-ci prendra le taureau par les cornes et nous donnera des canons et des munitions.

 

On est allé à Villers-Cotterêts et on nous rapporte l’Illustration de la semaine dernière. Tu verras St Jean des Vignes. Quand nous étions à Soissons, mes hommes couchaient dans une crypte qui est en dessous des bois, tu verras la Cathédrale et la Distillerie de Vauxrot. Un de mes lieutenants avait pendant l’affaire de Soissons son observatoire dans cette Distillerie. Elle était cependant moins abîmée que maintenant.

 

T’ai-je dit que j’avais reçu une lettre de Maurice, qui espère avoir une permission vers le milieu de janvier et qui voudrait bien que j’en ai une moi aussi à ce moment. Je serais ravi de le revoir ce brave Maurice mais, si on m’en offre une avant cette époque, je serai ravi de te revoir le plus tôt possible et je crois réellement qu’on recommencera le tour avant janvier. Si cela continue tous les cinq mois, on ne pourra pas trop se plaindre, mais enfin qu’en dis-tu ma Mi, on aimerait encore mieux reprendre la bonne vie d’autrefois.

 

J’espère que vous allez tous bien et que nos enfants sont sages et travaillent bien. Il faut qu’on ait de beaux cahiers à me montrer lorsque je reviendrai.

 

Je ne crois pas que les Allemands soient vainqueurs à la fin. Sans doute ils sont encore très forts, sans doute je comprends qu’après quinze mois de guerre au bout desquels nous n’avons en somme pas fait un pas, on désespère un peu de la victoire. Nous pouvons tenir et nous nous lasserons peut-être moins vite que les Allemands.

6 novembre - LUI.- Je suis véritablement comblé, hier deux bonnes grandes lettres, aujourd’hui encore une autre lettre avec celle des enfants. Je leur écris à tous les trois par ce même courrier. Ce soir j’ai le temps de penser à vous tous, Zemb est de garde à la Montagne de Paris et le Lt Bonnier est parti ce matin en permission, très heureux comme tu le penses de s’esquiver pendant quelques jours.

 

Tes lettres me montrent ma Mi que tu es toujours un peu pessimiste, mais je t’assure que tu exagères en prétendant que, si les Allemands sont vainqueurs, ils vont tout nous prendre sans rien nous payer. D’abord malgré tout je ne crois pas qu’ils soient vainqueurs à la fin. Sans doute ils sont encore très forts, sans doute je comprends qu’après quinze mois de guerre au bout desquels nous n’avons en somme pas fait un pas, on désespère un peu de la victoire. Mais d’un autre côté, remarque que premièrement les ouvriers démobilisés, qui forment une grande partie de la population influente, sont tous très heureux, remarque aussi que beaucoup de gens profitent de la guerre, remarque enfin que même les mobilisés en somme ne sont pas malheureux et que beaucoup de leur femme sont moins à plaindre et vivent peut-être plus facilement que quand leur mari était à la maison. En somme je ne plains que ceux qui ont perdu des êtres chers et ceux-là sont encore heureusement la toute petite minorité. Donc je suis d’avis que nous pouvons tenir et que nous nous lasserons peut-être moins vite que les Allemands.

 

Je suis très navré pour cette pauvre Thérèse avec cette lettre anonyme de menaces, mais qu’elle ne se frappe pas outre mesure. Il suffit d’un vilain moineau dans un village, et il en existe dans tous au moins un, pour écrire une lettre pareille.

 

Je suis content que Mme Déon t’ait envoyé les photos. J’ai invité son mari pour lundi à midi, nous devons aller ensemble à un observatoire des environs dans l’après-midi.

 

Malgré tout ce que tu dis, j’envie le rayon de soleil et je te serre de toutes mes forces comme je t’aime.

 

Pour ton argent, tu as raison, pourquoi pas des valeurs américaines, mais je serais à ta place, si la rente française tombait en dessous de 65, j’en achèterais un peu. Quant aux oliviers, il est bien regrettable qu’on ne les soigne plus. Je ne dis pas que j’avais la même confiance que ma pauvre Maman, mais enfin cela ne nous gênait pas beaucoup ni l’un ni l’autre et nous pouvions nous permettre cette petite folie, si c’en est une.

 

Gravures du Petit Journal - Supplément illustré - 07/11/1915 (N° 1298)

LPJ Illustre 1915-11-07 A.jpg

Un peuple de héros - En Serbie, femmes, enfants, vieillards luttent contre l’envahisseur

On mande de Nich que les troupes bulgares qui ont envahi la Serbie massacrent systématiquement toute la population civile et incendient les villes et villages. Des atrocités sans nom sont commises par les envahisseurs. Les soldats serbes se battent surexcités par ces cruautés, avec une implacable fureur. Et ce ne sont pas seulement les soldats dont le courage et l‘esprit de sacrifice sont exaltés par ces atrocités sans nom. Toute la population civile s’est levée pour barrer la route à l’ennemi. Femmes, enfants, vieillards, armés de fusils, défendent leurs villages. C’est la lutte suprême, la lutte pour le foyer et pour la vie nationale. Un peuple héroïque à ce point est digne de vivre dans l’admiration du monde entier.

 

    

 

LPJ Illustre 1915-11-07 B.jpg

Un crime allemand qui a soulevé la conscience humaine - L’assassinat de Miss Edith Cavell

Nos lecteurs trouveront dans notre « Variété » à la suite de la revue tragique des crimes allemands contre les femmes et les enfants, le récit de cet abominable forfait. Ils verront comment les Boches, après un odieux simulacre de justice, assassinèrent cette jeune fille, coupable seulement d’avoir eu pitié des malheureux. Ils frémiront d’horreur devant l’acte de cet officier allemand qui froidement tire son revolver et tue cette femme à terre. Un long cri de pitié pour la victime, d’indignation contre les bourreaux a retenti d’un bout du monde à l’autre. Les Boches se sont aliéné les dernières sympathies des peuples. Ainsi que l’a dit justement un grand journal américain, l’exécution de miss Cavell est plus qu’un assassinat, c’est une faute politique.

    

 

Les instantanés de la guerre (photos)

LPJ Illustre 1915-11-07 C.jpg

Colonne d'infanterie bulgare à la frontière serbe

Infanterie bulgare dans la tranchée

Moulin du Mont-des-Cats au pied duquel a été tué le prince de Hesse

Moulin de Papegay près de Donlieu (Nord) après avoir reçu un obus de 75

Canon allemand contre aéros

Bateau blindé serbe

En Serbie - Officiers français et serbes fraternisant en gare de Palonka

Infirmerie vétérinaire

Dans les tranchées devant Ransart

Armée australienne en Egypte. Le kanguroo mascotte du régiment

 

   

Les instantanés de la guerre (photos)

LPJ Illustre 1915-11-07 D.jpg

Tente d'officier anglais dans le Nord

Fraternité des armes - Officiers anglais offrant le thé à des officiers français

L'arrivée dans un cantonnement

Chez les soldats de l'Inde - Le sacrifice des chèvres et des moutons

Laboratoire de bactériologie installé dans un couvent

Un avant-poste d'officiers serbes sur les bords de la Save

Nouveaux engins de tranchées. L'arbalète lance-grenade dite "Sauterelle"

Le service postal sur le front

Le recrutement à Londres. "Si vous ne vous engagez pas vous n'êtes que des femmelettes"

Hussards français à Poperinghe (Belgique)

 

Thèmes qui pourraient être développés

  • Angleterre - La santé du roi George
  • Pape - Funérailles solennelles de Pie X
  • Les écrivains morts au champ d'honneur
  • Commémoration - Mémoire de nos camarades morts à Soissons
  • Les prisonniers qui s'évadent
  • Généraux - Le général Maunoury, vainqueur de l'Ourcq, gouverneur militaire de Paris
  • Prisonnier - Comment les œuvres de prisonniers se trouvent ravitailler l'Allemagne
  • Grèce - Venizélos renverse le ministère Zaïmis
  • Décoration - Croix de guerre - Son attribution aux civils
  • Permissions - Si on continue tous les 5 mois, on ne peut pas trop se plaindre
  • Etats-Unis - L'exposition de San Francisco
  • La Serbie - Un peuple de héros (LPJ Sup)
  • Allemagne - Tueur de femmes et d'enfants (LPJ Sup)
  • Belgique - Assassinat de Miss Cavell (LPJ Sup)
  • Les instantanés de la guerre (Photos dans LPJ Sup)
  • Religion - Fête religieuse - La Toussaint - 1er novembre
  • Religion - Fête religieuse - Commémoration des Fidèles Défunts - 2 novembre


30/10/2015
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