14-18Hebdo

14-18Hebdo

27e semaine de guerre - Lundi 1er février au dimanche 7 février 1915

 

LUNDI 1ER FEVRIER 1915 - SAINT IGNACE - 183e jour de la guerre

MARDI 2 FEVRIER 1915 – PURIFICATION - 184e jour de la guerre

MERCREDI 3 FEVRIER 1915 - SAINT BLAISE - 185e jour de la guerre

JEUDI 4 FEVRIER 1915 - SAINT GILBERT - 186e jour de la guerre

VENDREDI 5 FEVRIER 1915 - SAINTE AGATHE - 187e jour de la guerre

SAMEDI 6 FEVRIER 1915 - SAINTE DOROTHEE - 188e jour de la guerre

DIMANCHE 7 FEVRIER 1915 – SEXAGESIME - 189e jour de la guerre

Revue de presse

-       Au Caucase, les Russes entrent à Tauris

-       La marine allemande se met au ban de l’humanité en torpillant des vaisseaux marchands

-       Une révolte d'indigènes dans l'Afrique Centrale anglaise

-       Le prix des allumettes est quadruplé en Allemagne

-       Au Mexique l'assassinat du général Villa

-       Un taube sur Remiremont

-       La famine menace l'Autriche-Hongrie

-       L'Autriche ne veut pas céder le Trentin à l'Italie

-       Les socialistes allemands désavouent Liebknecht

-       Les Russes entrent à Volaszydlowska

-       Les Autrichiens ont repris les hostilités contre la Serbie

-       Exécution de trois des condamnés à mort de Sarajevo

-       Le rationnement à Berlin

-       L'effectif de l'armée anglaise sera porté à 3 millions d'hommes

-       Carnages d'Allemands en Pologne

Morceaux choisis de la correspondance

Quant à la marche de l’usine, vous pouvez vous tranquilliser, il n’est rien arrivé de fâcheux, tout va bien, si ce n’est qu’il faut souvent faire des remplacements d’ouvriers dans quelques postes par suite de départ.

2 février - Ed. Germain (Cornimont - HGP) à Georges Cuny.- Nous sommes relativement tranquilles ici jusqu’alors, sauf des passages de troupes très souvent. Je loge surtout des chevaux ou mulets au magasin de coton, et des hommes à la salle de musique et dans les logements vides. Nous faisons notre possible pour bien les recevoir et toujours les pauvres soldats nous quittent avec regrets en emportant un bon souvenir de Cornimont. Quant à la marche de l’usine, vous pouvez vous tranquilliser, il n’est rien arrivé de fâcheux, tout va bien, si ce n’est qu’il faut souvent faire des remplacements d’ouvriers dans quelques postes par suite de départ. Il marche en ce moment 7 continus Howard, 2 continus Brooks, la chaîne au complet et 14 self-actings. Nous avons malheureusement comme déclaré tués : Geiger l’employé et Mario rattacheur. Au bureau j’ai toujours Grandemange comme employé, j’en suis très content, il me fait un bon service, il est sérieux et exact au travail. J’ai eu peur un moment de le perdre faisant partie de la classe 16, il a été ajourné.

 

La chose très difficile, c’est le recrutement des ouvriers.

5 février - Maguy Laroche-Joubert (Angoulême) à Georges Cuny, son beau-frère.- Mon Paul est en effet depuis 4 jours à Angoulême, en train de remettre en route son usine de coton poudre. Je suis contente car finalement il ne fera que la trituration mécanique de cette matière et pas la préparation chimique qui occasionne fréquemment des accidents aux ouvriers. La chose très difficile, c’est le recrutement des ouvriers, il n’arrive pas à en trouver et est obligé de prendre des poudriers qui ont un esprit plus que détestable et des habitudes de fainéantises qui le font bien enrager. La batterie et son projecteur de la Coubre sont maintenant installés, il était bien content d’avoir fini ce travail avant de partir à Angoulême. Il a beaucoup à faire là-bas, car tu comprends bien qu’en dehors des 16 heures de présence à Basseau (il n’a ni directeur, ni contremaître), il cherche à revoir beaucoup de questions pour l’usine, j’ai un peu peur qu’il n’en fasse trop mais il m’envoie promener en me disant que s’il était sur le front il en ferait bien d’autre.

 

Bonnes nouvelles de notre cher prisonnier bien content car il a reçu mes 1ers envois de vivres et de cigarettes.

 

Rien de Maurice depuis plusieurs jours. Nous espérons bien l’avoir avec nous d’ici quelques jours. Il me disait que les docteurs pensaient qu’il ne pourrait recommencer la vie de guerre aussi dure que la mène l’infanterie. Je crois que ce qui lui plairait serait les services d’autos, mais c’est maintenant, d’après ce que j’ai vu autour de moi, très difficile à obtenir.

 

6 février - Louis-Emile Jacquot (Armées), frère de Sébastienne, à Mimi Cuny.- Merci encore Madame pour le soin que vous prenez au sujet de mon linge. Je pense en avoir assez pour terminer la campagne, je m’en suis abondamment muni et j’en ai encore de rechange. Seules mes chaussettes commencent à s’en aller, c’est d’ailleurs la partie de l’habillement la plus exposée à l’usure. Je pense rester à Epinal cinq ou six jours encore car on nous vaccine en ce moment contre la typhoïde : je crois que la précaution est bonne.

 

Gravures du Petit Journal - Supplément illustré - 07/02/1915 (N° 1259)

 

LPJ Illustre 1915-02-07 A.jpg

Un quartier général allemand bombardé - Von Kluck se sauve devant les obus français

Le professeur Wagener, correspondant de la ‘Gazette de Cologne’, qui se trouvait au quartier général du général von Kluck, raconte les faits suivants : « Un bel après-midi, nous prenions confortablement notre café après déjeuner, le général, son état-major et moi. Tout à coup, on entend : sssss… boum ! C’est un obus qui est tombé dans la ville, à quelques centaines de mètres seulement de nous, semble-t-il. Nous écoutons avec stupeur et nous nous regardons les uns les autres. Quelques minutes passent et on entend de nouveau : sssss… boum ! Cette fois, c’est beaucoup plus près. Les fenêtres tremblent. Dans la rue les gens se sauvent en courant… » Et ce que le journaliste allemand n’ajoute pas, c’est que le général et son état-major firent de même et qu’ils se sauvèrent eux aussi, en courant.

 

 

LPJ Illustre 1915-02-07 B.jpg

Hommage au lieutenant mort

Extrait d’une lettre d’un officier de chasseurs à pied à son père : « … Pendant ce temps, la 6e compagnie subissait des pertes considérables (95 hommes hors de combat). Aux premières rafales, le lieutenant… avait été tué, une balle dans la tête et un éclat d’obus en pleine poitrine. Lorsque tout le bataillon eut échappé à l’étreinte, la section de mitrailleuses d’abord, et ensuite la 3e compagnie recevaient l’ordre de battre en retraite. Le lieutenant de … avait été placé assis contre une gerbe de blé, face à l’ennemi. Ses papiers, tout ce qu’il avait sur lui avait été recueilli avant de le laisser mort aux mains des Allemands. Le capitaine … vint vers lui et l’embrassa au front… Déjà les Prussiens montaient vers la 6e … malgré cela, on vit les chasseurs de la première section de la 6e compagnie passer un par un devant le corps du lieutenant tué, et lui embrasser la main. Voilà, je crois, un bel exemple de l’attachement de nos hommes à leurs chefs ! »

 

Thèmes qui pourraient être développés

  • Marine - Les Allemands torpillent les vaisseaux marchands
  • L’Afrique Centrale anglaise
  • Mexique - L’assassinat du général Villa
  • Aviation - Un taube sur Remiremont
  • Allemagne - Les socialistes allemands désavouent Liebknecht
  • Sarajevo - L’exécution des trois condamnés à mort de Sarajevo
  • Allemagne - Le rationnement à Berlin
  • Classe - Il faisait partie de la classe 16 mais il a été ajourné
  • Décoration - La croix de guerre
  • Les poilus
  • Les Boches
  • Poudrerie - Le coton poudre
  • Allemagne - Le général von Kluck se sauve devant les obus français (LPJ Sup)
  • Nos officiers et les leurs (LPJ Sup)
  • Conseils pratiques - Se distraire tout de même (LPJ Sup)
  • Religion - Fête religieuse - La Purification - 2 février
  • Religion - Fête religieuse - Sexagésime


30/01/2015
0 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 327 autres membres