14-18Hebdo

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40e semaine de guerre - Lundi 3 mai au dimanche 9 mai 1915

LUNDI 3 MAI 1915 - INVENTION DE LA SAINTE CROIX - 274e jour de la guerre

MARDI 4 MAI 1915 - SAINTE MONIQUE - 275e jour de la guerre

MERCREDI 5 MAI 1915 - SAINT PIE V - 276e jour de la guerre

JEUDI 6 MAI 1915 - SAINT JEAN PORTE LATINE. - 277e jour de la guerre

VENDREDI 7 MAI 1915 - SAINT STANISLAS - 278e jour de la guerre

SAMEDI 8 MAI 1915 - SAINT DESIRE - 279e jour de la guerre

DIMANCHE 9 MAI 1915 - SAINT GREGOIRE - 280e jour de la guerre

Revue de presse

-       Combat naval entre torpilleurs et contre-torpilleurs à l'embouchure de la Tamise

-       Dans les Dardanelles reprise du bombardement

-       Le torpillage du "Gulflight" - Le président Wilson demande une enquête - Les Américains sont exaspérés

-       La manifestation de Quarto - Une fête grandiose - L'enthousiasme populaire - M. Gabriele D'Annunzio porté en triomphe - Le patriotisme italien

-       L'échec des offensives allemandes en Belgique, sur les Hauts de Meuse et en Woëvre, dans les Vosges

-       La tension entre la Chine et le Japon

-       Le "Lusitania" coulé - Le grand transatlantique torpillé par un sous-marin allemand sans avertissement - On redoute la perte de 1,000 victimes parmi lesquelles nombre de citoyens américains

Morceaux choisis de la correspondance

On arrive à douter de cette offensive de laquelle on parle depuis des mois et qui jamais n’arrive.

3 mai - Mme Gaillemin (Cornimont), femme du médecin de Cornimont, à Mimi Cuny.- Je compte Madame votre belle-mère parmi les victimes de la guerre. Quand on est souffrante et déjà d’un certain âge, toutes les émotions et soucis, dont sont abreuvées toutes les femmes et les mères depuis ces 9 mois de guerre, affaiblissent le physique et dépriment le moral. Mon père est toujours dans le Pas de Calais. Il m’annonce, pour ces jours prochains, des événements assez importants. Auront-ils lieu ? On arrive à douter de cette offensive de laquelle on parle depuis des mois et qui jamais n’arrive. Un de nos cousins capitaine d’infanterie de l’active est mort en captivité le 12 décembre. Il était blessé depuis le 28 août à Guise. C’est ce qu’il y a de plus pénible : être mal soigné peut-être, ne pouvoir correspondre que très rarement et mourir des suites de l’amputation d’une jambe. La vallée de la Vologne est aussi et plus encore dépourvue de médecins que celle de la Moselotte. Ici un major assure autant qu’il le peut le service des civils.

 

3 mai - Alexis Vautrin (Nancy) à Georges Cuny, son neveu.- Vous savez combien la mort tragique de ma mère m’a récemment impressionné. Je vois la même douleur vous étreindre, hanter vos jours et vos nuits, car rien n’est pénible comme de savoir que la personne qui au monde vous a le plus aimé a succombé sans vous revoir, en prononçant inutilement votre nom ! Ce triste événement ne vous enlèvera pas le courage de continuer votre tâche jusqu’au bout de cette guerre si longue et si meurtrière. Après on fera le décompte des peines, des deuils et des fatigues subies ! Espérons que le gain compensera largement, et que nos enfants seront débarrassés du cauchemar terrible de la guerre. Bonnes nouvelles de nos gendres. Paul Boucher profite toujours d’une chance providentielle, se bat tous les jours et reste bien portant. Je vois arriver avec plaisir les temps meilleurs qui vont rendre la vie de tranchées plus supportables pour lui.

 

4 mai - Jules Garnier (Nancy) à Georges Cuny, son neveu.- Chez moi, on a été tellement accablé avant la guerre que nous avons une philosophique résignation, laquelle n’exclut pas un grand espoir. Nous « tenons » et nous souhaitons que les autres civils « tiennent » aussi, ne se laissent pas démoraliser par les actes allemands qui me paraissent insensés, amoraux, actes, semble-t-il, de gens qui n’ont plus confiance que dans des expédients bizarres.

 

5 mai - ELLE.- Je me demande si tu auras reçu la lettre que je t’avais adressée lundi soir avant de quitter Lausanne. J’ai eu le tort de la jeter dans la boîte du train que je prenais mais j’ai pensé depuis que je n’avais pas mis de timbre, projetant de ne la mettre à la poste qu’en France.

 

Mon voyage s’est bien passé malgré les petits ennuis causés par tous les visas de laissez-passer et les longues stations debout dans les salles d’attente de ce fait. Enfin c’est encore bien heureux qu’on laisse ainsi circuler en temps de guerre.

 

J’étais bien triste en quittant Lausanne de laisser ainsi notre pauvre Mère si loin de nous et Marie Molard, qui est si désemparée.

 

Mais ce qu’il y a eu de mieux c’est quand Marie m’a dit que Madame Lanique avait tant le mal du pays, qu’elle faisait un sacrifice énorme en restant en Suisse. Enfin elle a avoué la vraie raison, c’est qu’on a peur que Pierre ne s’engage, qu’à Nancy il subirait l’influence de l’ambiance et qu’on veut l’empêcher par ce moyen de signer son engagement (sous le prétexte qu’il n’est pas assez fort, un beau grand garçon comme celui-là, elle devrait trouver un autre prétexte). Cela me faisait vraiment peine d’entendre ces propos. Heureusement que tous les Français ne sont pas de cet acabit, car la France serait irrémédiablement perdue.

 

Je me sentais complètement désorientée dans ce milieu, et n’ai retrouvé ma quiétude qu’en rentrant dans nos contrées, en voyant un train sanitaire rempli de blessés à Epinal, gais et confiants malgré leurs souffrances, les braves gens, et je me suis dit que nous ne devions pas nous abandonner à la désespérance en voyant tant de courage, de bravoure et de sacrifices de soi-même, que ceux-là au moins rachetaient la lâcheté de combien d’autres.

 

Mais je te fais des discours bien peu palpitants et voilà que je ne t’ai pas dit avec quelle émotion j’ai reçu ta lettre où tu me racontais la remise de ta croix par le Président. Tu devines, mon aimé, quelle douce fierté j’ai éprouvée, quelle joie au cœur j’ai ressentie, et que de larmes j’ai versées en te lisant ; combien j’aurais voulu être avec toi pour jouir de ton triomphe et je n’ai eu qu’un regret, c’est que notre bonne Mère n’ait pas reçu ta lettre la mettant au courant de cette cérémonie et des impressions ressenties par son cher Georges, elle eut été si heureuse, si fière. Hélas ! En ce jour qui marque une date inoubliable dans ta vie, au moment où nous aurions dû tous être joyeux, c’était un jour bien triste puisque nous menions notre pauvre Mère dans sa dernière demeure. Elle te bénit du haut du ciel, mon aimé, et te remercie de lui avoir donné cette joie suprême. Maintenant qu’elle est près de Dieu, elle ne voudra pas qu’il t’arrive malheur et tu me seras rendu ainsi qu’à nos chéris qui ont tant besoin de leur papa. J’ai hâte de te revoir, mon Geogi, je t’aime tant. J’attends de tes nouvelles avec impatience. J’ai peur que tu ne sois trop triste pensant à la chère disparue. Rappelle-toi que je t’aime mon chéri et que je ne vis que pour toi. Ta Mi.

 

Dis donc, chéri, je crois que nos amis les Russes sont en train de se faire donner la vaste pile, pour parler comme les collégiens.

6 mai - ELLE.- J’ai eu ce matin la visite de Paul. Il rentrait de Paris où il avait de nouveau été obligé de se rendre à cause de sa prolongation de sursis. Il l’a de nouveau obtenu jusqu’au 8 août. Mais il était temps, son capitaine croyant qu’il rentrait au corps, voulait le nommer sous-lieutenant, et comme on lui en demandait pour le front, il l’avait désigné pour partir le 15 mai. Il était donc temps que Paul se débrouille. Le voilà maintenant tranquille pour un bon moment. Il avait appris que le maire de Gérardmer veut réquisitionner la Chanonyère[1] pour y installer un état-major ; comme il est encore sous l’autorité militaire, il venait me demander si cela ne me ferait rien de signer une lettre qu’il me dicterait comme quoi nous nous y opposons. Et, dans le cas où on ne tiendrait pas compte de notre désir, dire que nous rendrons la commune responsable de tous les dégâts commis dans la maison qui est inhabitée mais meublée soigneusement et qui sera très mal soignée par les soldats qui s’y installeront. Je ne sais si sa lettre aura du succès. Il m’apportera le brouillon jeudi. Moi cela m’est égal de la signer, je ne connais pas le maire de Gérardmer et, comme je n’y habiterai jamais, je n’ai pas à garder de formes pour lui.

 

Dis donc, chéri, je crois que nos amis les Russes sont en train de se faire donner la vaste pile, pour parler comme les collégiens, Paul avait bien prévu qu’ils ne sortiraient pas de chez eux. Cela va sans doute encore retarder les beaux projets de l’Italie, et pourtant je voudrais tant qu’elle se dépêche. Son entrée en lice avancerait peut-être ton retour de quelques jours. Tu as beau me dire que tu reviendras en août, je n’y compte pas et ne t’attends pas avant novembre.

 

Figure-toi qu’il y a eu de graves histoires entre l’oncle Paul et tante Alice. Ils voulaient divorcer, faut-il être bête à leur âge. Il paraît que c’est toujours l’institutrice qui pousse tante Alice, les domestiques eux-mêmes s’en rendent compte. Il a fallu que l’oncle Vautrin intervienne. Il a obtenu que l’oncle Paul laisserait sa femme aller autant qu’elle veut à Gérardmer, où la fameuse institutrice est infirmière, enfin des discussions bien pénibles. Heureusement que ta mère n’en a rien su car elle s’en serait fait beaucoup de chagrin.

 

Si on veut achever la guerre en vainqueur, il faudra bien une fois qu’on avance.

7 mai - ELLE.- Je t’écris de ma chaise longue où je passe la plus grande partie de mes journées, étant revenue très fatiguée de mon voyage, de toutes les pénibles émotions ressenties et des veilles. C’est vraiment malheureux d’être aussi peu forte et de ne pas être capable d’un effort sans en subir ensuite les conséquences. Je me soigne autant que je peux pour que tu me retrouves un peu plus forte, tu m’annonces si bien ton retour pour le mois d’août. Quoique je ne vois pas qui te donne cet espoir, je veux y croire et attends avec impatience cette heureuse date. Tu as peut-être des renseignements meilleurs que ceux que nous recevons ici, les nouvelles qu’on nous donne sont invariablement les mêmes depuis six mois et, si on veut achever la guerre en vainqueur, il faudra bien une fois qu’on avance. Je n’ose plus penser à l’avenir car je le vois très sombre à tous points de vue, aussi je ne vis plus qu’au jour le jour me réjouissant quand j’ai une bonne lettre de toi.

 

Je suis très triste seulement de ne pas être arrivée à temps pour que Mère puisse me causer, surtout qu’elle m’a beaucoup réclamée, paraît-il. Elle a dit à Marie Molard de bien m’embrasser et de me dire qu’elle m’aimait bien. Mais cela ne me console pas de ne pas l’avoir revue. J’ai peur qu’elle ait cru à de l’indifférence de ma part et tu sais, toi mon chéri, qu’il n’en était rien, mais je m’illusionnais véritablement sur son état, me disant tout de même qu’elle ne se remettrait peut-être pas, mais ne croyant pas le terme si proche. Enfin il n’y a pas à y revenir, j’aurais dû me hâter un peu plus et voilà tout. Paul d’ailleurs était comme moi, il est venu déjeuner ici le dimanche et a été stupéfait aussi d’apprendre que j’étais partie, les nouvelles étant plus alarmantes. C’est ce qui arrive quand on n’est pas près d’une malade, un jour on vous écrit qu’il y a du mieux, une autre fois que cela va moins bien, mais on ne voit pas les progrès du mal et surtout quand c’est une personne chère on ne veut pas croire au malheur.

 

J’écrirai un de ces jours à ton commandant pour le remercier de t’avoir accompagné le jour de la revue. J’aurais tant voulu être là et jouir avec toi, être fière de mon Geogi décoré et félicité. J’y repense sans cesse et me grave ta vision dans mon cœur.

 

Noëlle est près de moi, je l’ai punie car elle a fait très mal ses devoirs cet après-midi, elle est condamnée à tricoter jusqu’à sa leçon de piano.

 

Paul L.J. continue à installer de nouveau matériel et à faire fabriquer le maximum à celui qui est déjà installé. C’est fort intéressant et il se demande s’il ne rêve pas. Adrien annonce qu’ils vont distribuer 5% de dividende pour le Tissage de Roville.

 

7 mai - Marthe Boucher (Gérardmer) à Mimi Cuny, sa nièce.- A Paris, Pierre Geny est à part dans une chambre bien aérée, très propre. Cet hôpital est tout neuf. Pierre est encore fiévreux, un nouvel abcès se formant dans sa plaie. Ce sera très long mais il est bien soigné. Mon mari a vu hier Paul et nous voici plus tranquilles. Le pauvre régiment a perdu tant de monde encore une fois et Paul a eu de la chance de ne pas être fait prisonnier. 14 officiers le sont et beaucoup d’hommes. Enfin ce vieil Armand nous coûte cher. De nos côtés on avance… lentement. Il y a beaucoup de troupes, de gros canons montés là-haut. Tout le monde à Paris a bon espoir, mais quand la fin viendra-t-elle ? Que de tristesses pour tous amenées par cette affreuse guerre.

 

Pour moi je sens de plus en plus les vides autour de moi. Je désirais revoir à Paris les affaires de François mais cela m’a été cruel. Et combien j’ai pleuré dans cette chambre où il a tout laissé et rangé en juillet. Ses outils, son établi, son harmonium fermé sont là… et lui n’y viendra plus. Tout l’attend et l’attendra toujours. Que c’est cruel de penser cela ! Je le revoyais là à son bureau, lisant, étudiant, ou à son harmonium, à son établi. Que de bons moments nous avons passés ensemble dans cette chambre ! Tout est fini et je ne puis le croire encore. Par moments mon courage s’en va. Le souci de Paul m’empêche encore de trop penser à autre chose. Que mon François le protège et ses frères aînés. Pense à lui et à moi le 11. Il aurait 27 ans ce jour-là.

 

9 mai - ELLE.- Quant à moi, il faut me soigner, car je ne pouvais rester ainsi à me fatiguer pour rien et, aussitôt fatiguée, à ressentir de fortes douleurs d’estomac et de ventre. Les docteurs consultés, l’oncle Vautrin, Haushalter et suisse ont tous été d’accord pour dire qu’il n’y a rien de grave et qu’avec du repos et un régime pendant quelques semaines je me remettrais.

 

J’espère que je vais reprendre des joues un peu rebondies et remplir mes salières pour que mon chéri retrouve une belle petite femme à son retour, qu’il l’aime encore et qu’elle puisse remplir son rôle de femme et de mère et de maîtresse de maison.

 

C’est dimanche aujourd’hui, je ne suis pas allée à la messe. Thérèse, pendant mon absence, a pris ma place au catéchisme des petits enfants que j’avais commencé au départ de notre curé, je le lui laisse pendant quelque temps.

 

Je t’envoie un petit paquet contenant une croquante. Malheureusement ce n’est pas moi qui l’ai faite pour toi. C’est une vieille demoiselle d’ici qui en a envoyé une énorme à Maman en remerciement d’un petit service et, l’ayant trouvée si bonne, nous t’en envoyons le dessus.

 

9 mai - Mme Hélène Bodenreider (La Bresse), à Mimi Cuny, son amie.- Je ne sais ce que signifie la violente canonnade que nous entendons tout à coup ce soir après une période de calme, c’est très lugubre accompagné des grondements du tonnerre et à la lueur des éclairs.

 

9 mai - Madame Blanrue, une relation (Nancy) à Mimi Cuny.- Ici nous nous trouvons aussi bien privilégiés de n’avoir pas connu l’horreur de l’invasion et en général on accepte assez courageusement cette continuelle menace de zeppelins et de taube. Parmi les victimes du taube du 27 avril, Mr André qui laisse 2 jeunes enfants. A quand la fin de cette terrible épreuve ? Souhaitons que ce soit bientôt et que Jeanne d’Arc exauce les prières que la France entière lui adresse en ce moment.

 

Gravures du Petit Journal - Supplément illustré - 09/05/1915 (N° 1272)

 

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La croix de guerre

La croix de guerre est créée ; il ne s’agit plus que d’exécuter le modèle officiel. On assure que les premières croix de guerre seront distribuées à la fin du mois prochain. Sur le ruban vert et rouge (ancien ruban de la médaille de Sainte-Hélène), les citations à l’ordre se distingueront de la manière suivante. Armée : palme en bronze en forme de branche de laurier ; corps d’armée : étoile en vermeil ; division : étoile en argent ; brigade ou régiment : étoile en bronze. La croix de guerre honorera les morts aussi bien que les vivants. En cas de décès de l’ayant-droit, elle sera remise aux parents du défunt ; et elle sera pour eux le plus glorieux et le plus cher souvenir du disparu.

 

 

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Debout, les morts !

Nous étions, raconte un lieutenant blessé, en train d’aménager une tranchée conquise. Soudain, une avalanche de bombes se précipite sur nos têtes. Avant que nos hommes puissent se ressaisir, dix sont couchés à terre, morts et blessés ; un caillou du parapet, déchaussé par un projectile, me frappe à la tête. Je tombe sans connaissance. Mon étourdissement ne dure qu’une seconde. Un éclat de bombe me déchire la main gauche et la douleur me réveille. Comme j’ouvre les yeux, affaibli encore, je vois les Boches envahir la tranchée. Ils sont une vingtaine. Ils n’ont pas de fusils, mais ils portent par devant une sorte de panier d’osier, rempli de bombes. Tous les nôtres sont partis, la tranchée est vide. Et les Boches avancent ; quelques pas encore, et ils sont sur moi. A ce moment, un de mes hommes, étendu, une blessure au front, une blessure au menton et dont tout le visage est un ruissellement de sang, se met sur son séant, empoigne un sac de grenades placé près de lui et s’écrie : « Debout les morts ! » Il s’agenouille et, puisant dans le sac, il lance ses grenades dans le tas des assaillants. A son appel, trois autres blessés se redressent. Deux qui ont la jambe brisée prennent un fusil et commencent un feu rapide dont chaque coup porte. Le troisième, dont le bras gauche pend, inerte, arrache de sa main droite une baïonnette. Quand je me relève, revenu à moi tout à fait, du groupe ennemi, la moitié environ est abattue, l’autre moitié s’est repliée. Il ne reste plus, adossé au barrage et protégé par un bouclier de fer, qu’un sous-officier qui, fort bravement, ma foi, tire dans notre direction des coups de revolver. L’homme qui, le premier, a organisé la défense, le héros du « Debout les morts ! », reçoit un coup en pleine mâchoire. Tout à coup, celui qui tient la baïonnette et qui, depuis quelques instants, rampait de cadavre en cadavre, se dresse à quatre pas du barrage, essuie deux balles qui ne l’atteignent pas, et plonge son arme dans la gorge de l’Allemand. La position était sauvée. Le mot sublime avait ressuscité les morts.

 

 

Les instantanés de la guerre (photos)

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Installation de poilus sur les rives de l'Aisne

La toilette des poilus sur le front

Premiers soins aux blessés trouvés sous les ruines de leur habitation

Au château de Versailles, dans la galerie des Batailles, un concert a été donné au profit de l'œuvre des amputés de guerre - La galerie pendant le concert

Un groupe d'amputés assistant au concert donné dans la galerie des Batailles du château de Versailles

Lance-mines pris aux Allemands à Beauséjour

Le ravin de Beauséjour

Tranchées dans le ravin de Beauséjour

Une tranchée de Beauséjour

Le ravin de Beauséjour

 

Les instantanés de la guerre (photos)

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La dernière revue du Kaiser - Le défilé au pas de parade

La dernière revue du Kaiser - Guillaume II s'entretenant avec un général de sa garde

Abris construits par des cavaliers allemands pour rendre invisibles leurs montures

Le général d'Amade et les officiers de son état-major

Dans les Carpathes - Soldats du génie autrichien construisant une voie ferrée

Aux Dardanelles - Chanak-Kaleh bombardé par le cuirassé "Queen Elisabeth"

Constantinople - La mosquée du sultan Ahmed et les vieilles murailles, vues de la mer de Marmara

La revue des territoriaux passée par les généraux Galopin et Schmidt aux Invalides

Départ de troupes italiennes pour la frontière

L'aviateur Garros

 

  

Thèmes qui pourraient être développés

  • Le patriotisme italien - Gabriele d'Annunzio
  • La tension entre la Chine et le Japon
  • Le Lusitania coulé (après le torpillage du Gulflight)
  • Prisonnier - Mort en captivité
  • Suisse - Le voyage en Suisse
  • La croix de la Légion d'honneur remise par le Président
  • La durée de la guerre - Fin de la guerre en août ou en novembre - Retour chez soi
  • Le divorce
  • Les armements autrichiens contre l'Italie
  • Le deuil d'une mère pour son fils (Marthe)
  • La souscription en faveur des invalides de guerre
  • La croix de guerre et les décorations militaires (LPJ Sup)
  • Les instantanés de la guerre (Photos dans LPJ Sup)
  • Religion - Fête religieuse - L’Invention de la Sainte Croix - 3 mai
  • Religion - Fête religieuse - Saint Jean Porte Latine - 6 mai


[1] La Chanonyère : maison de vacances de Clémentine Cuny à Gérardmer



01/05/2015
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