14-18Hebdo

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212e semaine de guerre - Lundi 19 août au dimanche 25 août 1918

LUNDI 19 AOUT 1918 - SAINT DONAT - 1478e jour de la guerre

MARDI 20 AOUT 1918 - SAINT BERNARD - 1479e jour de la guerre

MERCREDI 21 AOUT 1918 - SAINTE JEANNE-FRANÇOISE DE CHANTAL - 1480e jour de la guerre

JEUDI 22 AOUT 1918 - SAINT SYMPHORIEN - 1481e jour de la guerre

VENDREDI 23 AOUT 1918 - SAINT PHILIPPE BENITI - 1482e jour de la guerre

SAMEDI 24 AOUT 1918 - SAINT BARTHELEMY - 1483e jour de la guerre

DIMANCHE 25 AOUT 1918 - SAINT LOUIS, ROI DE FRANCE - 1484e jour de la guerre

Revue de presse

  • Les Japonais en Mandchourie - Ils envoient de nouvelles forces
  • Les trois "derniers" de Fonck - Il en est à sa 60e victoire
  • L'anarchie russe - L'écroulement des bolcheviks est une question de jours
  • Pour son anniversaire l’empereur Charles reçoit son bâton de maréchal
  • Les Tchéco-Slovaques prennent Irkoutsk
  • Nous atteignons les abords de Lassigny et nous avançons sur 15 kilomètres entre Carlepont et Soissons
  • Les Lithuaniens ne veulent pas d'un roi nommé par l'Allemagne
  • Sur 25 kilomètres entre Oise et Aisne l’armée Mangin avance régulièrement
  • Les gothas sur Nancy - 6 tués, nombreux blessés
  • Une émeute à Petrograd - "A bas les Allemands !"
  • Lassigny est tombé - Nous avons enlevé le bois d'Orval et pris pied au Plémont
  • Le contact est partout maintenu avec l'ennemi en retraite
  • Tentative de raid sur Paris en plein jour
  • Nos troupes ont franchi la Divette - Nouveaux progrès entre l'Ailette et l'Aisne
  • La consécration de la victoire - Remise du bâton au maréchal Foch
  • Les Britanniques ont pris Bray-sur-Somme et Thiepval - Ils sont aux portes de Bapaume
  • Un canon boche de 280 exposé au Champ de Mars
  • La retraite allemande sur la ligne Hindenburg ?
  • Ils se demandent ce que veut Foch

 

Morceaux choisis de la correspondance

La correspondance de Georges et Marie Cuny s’arrête le 29 juin 1918 (aucune lettre n’a été retrouvée après cette date, à part quelques cartes adressées à leur fille Noëlle). Pour couvrir cette période du second semestre 1918, j’ai utilisé l’historique des faits dans le Journal des Marches et Opérations en 1918 du 260e Régiment d’Artillerie de Campagne et dans celui du 2e Groupe du même RAC (groupe dont Georges Cuny était le commandant). Ces documents nous permettent de continuer l’histoire (en tout cas militaire) d’un des protagonistes de la correspondance. Ces JMO sont disponibles sur Internet – Site « Mémoire des Hommes ».

 

 

Journal des Marches et Opérations - 260e RAC

 

 

19   au 22 août

 

 

Le régiment fait mouvement.

 

 

23   août au 8 sept.

 

 

Repos. Instruction du personnel. Le Lt Cassan est promu Capitaine à T.T.

 

 

 

 

Gravures du Petit Journal - Supplément illustré - 25/08/1918 (N° 1444)

 

LPJ Illustre 1918-08-25 A.jpg

Le maréchal Foch

Le décret par lequel le général Foch vient d’être nommé maréchal de France était précédé du rapport suivant adressé par M. Clemenceau, président du Conseil et ministre de la Guerre, au Président de la République :

 

« Monsieur le Président,

 

Le décret du 24 décembre 1916 a fait revivre une première fois la dignité de maréchal de France. J’ai l’honneur de soumettre à votre signature au nom du gouvernement et, je peux l’affirmer, au nom de la France entière, un décret conférant au général Foch cette haute récompense nationale.

 

A l’heure où l’ennemi, par une offensive formidable, sur un front de 100 kilomètres, comptait arracher la décision et nous imposer cette paix allemande qui marquerait l’asservissement du monde, le général Foch et ses admirables troupes l’ont vaincu.

 

Paris dégagé, Soissons et Château-Thierry reconquis de haute lutte, plus de deux cents villages délivrés, 35 000 prisonniers, 700 canons capturés, les espoirs hautement proclamés par l’ennemi avant son attaque écroulés, les glorieuses armées allemandes jetées d’un seul élan victorieux des bords de la Marne aux rives de l’Aisne, tels sont les résultats d’une manœuvre aussi admirablement conçue par le haut commandement que superbement exécutée par des chefs incomparables.

 

La confiance placée par la République et par tous ses alliés dans le vainqueur des marais de Saint-Gond, dans le chef illustre de l’Yser, a été pleinement justifiée.

 

La dignité de maréchal de France conférée au général Foch ne sera d’ailleurs pas seulement une récompense pour les services passés, elle consacrera mieux encore dans l’avenir l’autorité du grand homme de guerre appelé à conduire les armées de l’Entente à la victoire définitive. »

 

On ne pouvait, en moins de lignes, traduire plus éloquemment les sentiments du pays et résumer mieux les admirables services rendus par le grand soldat qui vient de remporter sur les Allemands la seconde victoire de la Marne.

 

****

 

Né à Tarbes en 1851, Ferdinand Foch, après avoir passé par Polytechnique, entra à l’Ecole de guerre en 1884. Il y devait revenir 12 ans plus tard comme professeur adjoint au cours de stratégie et de tactique générale. En 1901, il est envoyé comme lieutenant-colonel à Laon, puis, en 1903, il est nommé colonel au 35e à Vannes. En 1907, enfin, il passe général de brigade. Et après avoir commandé pendant quelques mois l’artillerie du 5e corps à Orléans, il se voit appelé au poste pour lequel il était si admirablement préparé : le commandement de l’Ecole de guerre.

 

On a raconté à ce sujet une anecdote qui caractérise à merveille les deux hommes aux mains desquels la France a remis ses destinées, et qui ne fait pas moins d’honneur à l’un qu’à l’autre. A cette époque, M. Clemenceau était, comme aujourd’hui, président du Conseil. Il connaissait Foch et appréciait plus que quiconque ses qualités d’historien militaire, de tacticien et de soldat. Il le fit appeler : « Je vous nomme, lui dit-il, directeur de l’Ecole de guerre. » Or, Foch, quelques années auparavant, à une époque où les opinions politiques et les questions confessionnelles influaient singulièrement sur l’avenir des officiers, avait eu à subir de ce fait une petite disgrâce. « Merci, monsieur le président, répondit-il, mais peut-être ignorez-vous qu’un de mes frères est jésuite. -- Non, je ne l’ignore pas, répondit le président, mais je m’en f… Je ne me préoccupe que d’une chose, c’est d’avoir de bons officiers. » Et Foch était l’homme qui pouvait en faire, et des meilleurs. Clemenceau, président du Conseil en 1918, peut féliciter Clemenceau, président du Conseil en 1907, d’avoir eu l’esprit large et la main heureuse.

 

Nommé général de division en 1911, le général Foch commandait le 20e corps d’armée lorsqu’éclata la guerre. Appelé par le général Joffre au commandement d’une armée, c’est lui qui tint le centre de la bataille de la Marne et subit le choc de l’armée von Bülow et de la garde prussienne. On sait comment, après une résistance acharnée, il saisit l’occasion d’une faute de l’ennemi pour prendre une offensive vigoureuse et le rejeter en déroute dans les marais de Saint-Gond.

 

Mais le drame change de site : l’action se transporte en Flandre. Les Allemands ont entrepris la course à la mer. C’est encore Foch qui les arrêtera. Les écrivains militaires, en général, estiment que ce qu’il fit là fut simplement prodigieux. « Là, dit l’un d’eux, il avait trouvé une situation presque désespérée. L’armée belge allait se replier sur Dunkerque et l’armée anglaise sur Calais. Il fallait, pour étayer notre bataille chancelante, mieux qu’une intelligence lumineuse, un caractère de très grand chef et l’âme indomptable d’un soldat qui ne veut pas désespérer… » Foch fut ce soldat. Il organisa la résistance, coordonna les efforts des trois armées, eut l’idée géniale de tendre les inondations de la plaine de Flandre où vint s’enliser l’artillerie allemande, et ce fut la victoire de l’Yser non moins féconde que celle de la Marne.

 

On sait quelle fut son œuvre depuis. Maintenu en activité, en raison des éminents services rendus, il fut nommé, le 16 mai 1917, chef d’état-major général, en remplacement du général Pétain. Le 31 mars dernier, quand on se décida enfin, en face de l’offensive allemande, à créer l’unité de commandement, c’est le général Foch que, d’un commun accord, les gouvernements français et anglais chargèrent de « coordonner l’action des troupes alliées sur le front ouest. » Le résultat de la seconde bataille de la Marne n’a pas tardé à montrer comment le général Foch sut remplir la mission difficile et glorieuse qu’on lui avait confiée.

 

L’un de nos excellents confrères, qui a suivi les admirables leçons du général Foch, M. René Puaux, écrivait naguère : « Nombreux sont les élèves qu’il a formés lorsqu’il était professeur de tactique à l’Ecole supérieure de guerre, plus nombreux encore sont les lecteurs de ses deux gros ouvrages : ‘Les Principes de la guerre’ et ‘De la condition de la guerre’ : la manœuvre pour la bataille. Ces ouvrages, qui semblent a priori d’accès difficile, sont au contraire d’un lumineux attrait. L’œuvre est l’expression vivante de l’homme. Clarté, volonté, élévation morale sont les caractéristiques de son esprit ; ingéniosité, précision, science étendue, celles de son talent. Il n’a pas choisi sans raison pour son épigraphe au chapitre inaugural du premier de ses précis cette parole de Napoléon 1er : « Ce n’est pas un génie qui me révèle tout à coup, en secret, ce que j’ai à dire ou à faire dans une circonstance inattendue pour les autres, c’est la réflexion, la méditation. »

 

Les jeunes officiers brevetés se rappellent leur maître déclarant avec cette voix grave, sonore, un peu traînante, mais d’un accent énergique et prenant : « On vous demandera plus tard d’être le cerveau d’une armée ; je vous dis aujourd’hui : apprenez à penser. » C’est le même général Foch, répondant du tac au tac avec véhémence à un commandant de corps d’armée qui arguait dans une conversation de table que la réussite de tel ou tel effort était « un problème difficile ». --« Ne me dites pas que ce problème est difficile ; s’il n’était pas difficile ce ne serait pas un problème ! Nous avons des cerveaux, c’est pour les faire travailler. Sans cela, à quoi servons-nous ? »

 

Le général Foch, ajoute M. Puaux, est un adepte fervent des doctrines napoléoniennes, non pas telles que l’état-major allemand les a servilement adoptées, comme les Allemands savent invariablement prendre aux autres, mais telles que le progrès des armements les a fait évoluer. Le grand homme de guerre eût été fier de son disciple. Comme lui il ne prête d’attention qu’aux masses, comme lui il pratique l’économie des forces, l’exploitation à l’extrême du résultat comme le souci de la supériorité morale. On a souvent cité cet axiome du général Foch :

 

« Une bataille gagnée, c’est une bataille dans laquelle on ne veut pas s’avouer vaincu. »

 

L’accent napoléonien ne se trouve-t-il pas dans d’autres comme ceux-ci :

 

« L’art de commander n’est pas celui de penser et de décider au lieu et place de tous les subordonnés. »

 

« Commander n’a jamais voulu dire être mystérieux, mais bien communiquer la pensée qui anime la direction. »

 

« La victoire va toujours à ceux qui la méritent par la plus grande force de volonté et d’intelligence. »

 

« Plus on est faible, plus on attaque. »

 

« Il ne suffit pas pour commander des armées d’avoir des idées et de faire des plans. »

 

« Pour si haut qu’on place le commandement, sa tâche première reste toujours de donner des ordres ; mais la seconde, tout aussi importante, est d’en assurer l’exécution. C’est sur le champ de bataille que se mène la bataille. »

 

Oui, notre confrère a raison, c’est en vérité l’accent napoléonien qui revit dans toutes ces paroles d’une éloquence si sobre et qui semblent frappées comme des médailles.

 

« Ce serait, dit-il encore, tracer du général Foch une esquisse bien incomplète que de limiter ses dons intellectuels à la stratégie et à la tactique. Ses préoccupations analytiques ont de plus larges horizons. Les problèmes politiques, diplomatiques, économiques, ont sur son esprit le même attrait. Il est avide de savoir. Il a vite fait de transformer l’interviewer en interviewé, de dérouter l’insuffisant spécialiste par la précision de ses questions. Sa conversation est brillante, alerte, quand l’interlocuteur en vaut la peine. Que de mots de lui, que de pensées l’on voudrait pouvoir citer. Mais l’on ne peut s’empêcher de songer à l’opportunité de l’adjonction d’un homme comme le général Foch au plénipotentiaire du futur congrès quand on se souvient de Blücher au congrès de Vienne et de Moltke en 71. « Aux invites larmoyantes et sournoises de la diplomatie allemande, il saurait opposer l’implacable réquisitoire dont sa mémoire a classé toutes les pièces. Il ne sait pas oublier… »

 

Tel est le chef entre les mains duquel l’Entente a mis sa confiance et ses espérances. Quel autre en pourrait être plus digne ?

 

 

Les Américains au front (photos)

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Les Américains au front

Un soldat du Signal Corps en fonction

Soldats américains préparant le départ d'un pigeon et d'une estafette

Un sammy du Signal Corps et son équipement

Soldats américains du corps de téléphonistes dans un abri. Un officier attend la communication avec le quartier général

Officier américain dans un abri couvert en tôle de fer

Un photographe américain qui n'a pas peur de se mouiller les pieds

Soldat américain sonnant pour avertir de l'approche des gaz

 

 

Thèmes qui pourraient être développés

  • Les Japonais en Mandchourie - Ils envoient de nouvelles forces
  • Aviation - Les trois "derniers" de Fonck - Il en est à sa 60e victoire
  • L'anarchie russe - L'écroulement des bolcheviks est une question de jours - Les Tchéco-Slovaques prennent Irkoutsk
  • Autriche - Pour son anniversaire l’empereur Charles reçoit son bâton de maréchal
  • Front - Nous atteignons les abords de Lassigny et nous avançons sur 15 kilomètres entre Carlepont et Soissons / Sur 25 kilomètres entre Oise et Aisne l’armée Mangin avance régulièrement / Lassigny est tombé - Nous avons enlevé le bois d'Orval et pris pied au Plémont / Le contact est partout maintenu avec l'ennemi en retraite / Nos troupes ont franchi la Divette - Nouveaux progrès entre l'Ailette et l'Aisne / Les Britanniques ont pris Bray-sur-Somme et Thiepval - Ils sont aux portes de Bapaume
  • Les Lithuaniens ne veulent pas d'un roi nommé par l'Allemagne
  • Nancy - Les gothas sur Nancy - 6 tués, nombreux blessés
  • Russie - Une émeute à Petrograd - "A bas les Allemands !"
  • Paris - Tentative de raid sur Paris en plein jour
  • La consécration de la victoire - Remise du bâton au maréchal Foch
  • Artillerie - Un canon boche de 280 exposé au Champ de Mars
  • Le maréchal Foch (Portrait dans LPJ Sup)
  • Découverte de l'emplacement d'une "Bertha" par nos troupes (Photo dans LPJ Sup)
  • Conseils pratiques - Le malheur des mutilés (LPJ Sup)


17/08/2018
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