14-18Hebdo

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204e semaine de guerre - Lundi 24 juin au dimanche 30 juin 1918

LUNDI 24 JUIN 1918 - SAINT JEAN-BAPTISTE - 1422e jour de la guerre

MARDI 25 JUIN 1918 - SAINT GUILLAUME - 1423e jour de la guerre

MERCREDI 26 JUIN 1918 - SAINTS JEAN ET PAUL - 1424e jour de la guerre

JEUDI 27 JUIN 1918 - NOTRE-DAME DU PERPETUEL SECOURS - 1425e jour de la guerre

VENDREDI 28 JUIN 1918 - SAINT BENIGNE - 1426e jour de la guerre

SAMEDI 29 JUIN 1918 - SAINTS PIERRE ET PAUL - 1427e jour de la guerre

DIMANCHE 30 JUIN 1918 - SAINT MARTIAL - 1428e jour de la guerre

Revue de presse

  • Victoire italienne - Les Autrichiens en déroute repassent le Piave talonnés par les Italiens
  • Les Tchéco-Slovaques avancent en Sibérie
  • L’Autriche en pleine crise – Famine et débâcle militaire compliquent la situation politique
  • L'affaire Malvy devant la Haute-Cour
  • Le 41e raid sur Paris - Des bombes sur l'agglomération parisienne
  • Succès américain au nord-ouest de Château-Thierry - Il y a 600,000 Américains combattant sur le front
  • Les bombardements de Karlsruhe, de Saarbruck et d'Offenburg
  • L'avenue du Trocadéro devient l'avenue du Président Wilson - Des rues de Paris vont porter le nom de chefs d'Etat alliés
  • Les gothas sur Paris
  • L'assassinat de Nicolas II
  • La crise du Labour Party
  • Kuhlmann démissionne-t-il ?
  • L'anniversaire de l'entrée en guerre de la Grèce
  • Brillante attaque française au sud de l'Aisne sur un front de sept kilomètres - Nos troupes enlèvent Fosses-en-Haut, Laversine, Cutry - 1,060 prisonniers déjà dénombrés
  • L'Independence Day - Grandiose manifestation du Parlement français en l'honneur des Etats-Unis

  

Morceaux choisis de la correspondance

Je suis plus optimiste ces jours-ci. Les Italiens réellement ont tenu, il est vrai qu’ils n’avaient à faire qu’à des Autrichiens qui ne valent pas à beaucoup près les Allemands.

25 juin - LUI.- J’ai reçu tes bonnes lettres du 19 et du 20 juin et ai raconté l’histoire de ton Américain au Ct Tribout qui est venu me voir hier. Il en a ri mais m’a dit : « Au fond, ils ont passé une bonne nuit, tant mieux pour eux ». Je crois d’ailleurs qu’il n’est pas à l’abri de tout reproche à cet égard et qu’il a certainement dû, dans des cantonnements où il se trouvait, faire comme l’Américain. Comme il venait m’annoncer ce qu’il appelle la grande défaite autrichienne, il m’a dit qu’il ne désespérait pas d’avoir un baiser de toi. Il paraît qu’à Bordeaux tu lui aurais dit que tu l’embrasserais si la guerre comme il le prétendait était terminée en novembre. Il ne l’a pas oublié et comme il voit tout en rose il compte bien te rappeler ta promesse. Je n’ai pas besoin de te dire que j’autorise même deux baisers si la guerre est finie en novembre, car dans ces conditions j’en aurai plus que lui. Le brave homme est toujours en doublure ici, il reste avec le colonel qui m’a l’air d’en être un peu embarrassé. Lui-même d’ailleurs ne s’y plaît pas et attend avec impatience le commandement d’un régiment qu’on lui a promis, paraît-il.

 

Tout en ne me faisant pas d’illusions, je dois reconnaître que je suis plus optimiste ces jours-ci. Les Italiens réellement ont tenu, il est vrai qu’ils n’avaient à faire qu’à des Autrichiens qui ne valent pas à beaucoup près les Allemands. Mais du moins nous serons quittes d’envoyer d’autres troupes là-bas et cela gênera peut-être un peu les boches dans leurs projets.

 

Nous allons changer de position. On nous trouve trop loin. Nous serons évidemment beaucoup plus mal parce que nous ne pourrons guère mettre le nez dehors et qu’on ne pourra pas faire de cuisine. J’ai fait demander de l’alcool solidifié à l’Intendance, car on peut manger froid pendant deux ou trois jours mais, pour les estomacs délicats et il y en a malheureusement chez nos hommes et même chez nos camarades, ce régime-là ne peut durer. Enfin nous sommes bien reposés maintenant car depuis que nous sommes ici nous n’avons pas reçu un coup de canon.

 

26 juin - JMO 260e RAC/2e groupe.- Le groupe appuie désormais le 1er régiment de tirailleurs marocains en position sur le versant ouest du ravin de Laversine.

 

27 juin - LUI.- J’ai reçu hier ta lettre du 22. Tu vois que maintenant les courriers sont plus réguliers et nous parviennent assez vite. Tu me dis que vous avez eu quelques ennuis à la remise en marche de l’usine. C’est toujours comme cela lorsqu’une usine a été arrêtée un certain temps. Tu me dis être un peu fatiguée. Mais j’espère qu’il y a des causes naturelles pour cela et que tu vas toujours bien. Tu te fatigues peut-être un peu trop avec tes travaux de jardinage dont tu me parlais dans tes précédentes lettres. Ne t’en donne pas trop. Est-ce que tes betteraves commencent à pousser. Ici il y a des champs de blé superbes et aussi des champs de betteraves. J’espère qu’on pourra récolter tout le blé, mais il paraît que pour les betteraves il faut entretenir les travaux jusqu’à la récolte et je crois bien que celles-ci seront perdues.

 

Je t’ai dit que nous avions changé de position. Nous ne sommes pas trop mal, bien qu’un peu plus serrés que dans notre ancienne position. Mais enfin nous avons une bonne sape qui nous met complètement à l’abri des obus. D’ailleurs nous n’en avons pas reçu jusqu’à présent. Nous sommes aux environs d’une grande ferme, comme il y en a beaucoup dans le Soissonnais, avec une maison de maître faisant partie des bâtiments de la ferme mais jolie et bien arrangée. Nous ne pouvons pas nous y mettre parce qu’elle est bombardée de temps à autre. Les écuries ont même été incendiées. Mais j’ai eu l’occasion d’aller la visiter. Les pauvres gens qui l’habitaient ont dû fuir bien vite, car ils ont laissé des photographies et divers objets de valeur que jusqu’à présent on n’a pas pillés, ce qui est extraordinaire. Dans la cour de la ferme, les propriétaires avaient fait élever une statue du Sacré Cœur avec cette inscription : « Reconnaissance à jamais au Sacré Cœur de Jésus qui nous a protégés et nous a sauvés le 7 septembre 1914, le 20 juin 1915, etc. ». Signé Ferté Hubert. Je crois bien que la femme du propriétaire doit être la fille des Hubert du Mont de Courmelles, qui eux aussi ont été obligés de fuir et d’abandonner leur ferme, qui m’a-t-on dit a été presque détruite par le bombardement. Nous sommes aussi tout à côté d’une autre grande ferme où nous avons cantonné en octobre 1914 en arrivant sur le front. Cette ferme a été aussi incendiée.

 

27 juin - JMO 260e RAC/2e groupe.- Préparation d’une attaque destinée à prendre pied sur le versant est du ravin de Coeuvres. / Dans la journée du 27, le groupe reçoit sa mission. / Dans la nuit, ravitaillements.

 

28 juin - JMO 260e RAC/2e groupe.- A 5h05 du matin attaque des positions allemandes par la 153e DI, le 2e groupe appuie le 3e bataillon du 1er T.M. qui a pour mission de s’emparer des pentes sud du ravin de Cutry et du village même de Cutry. / Après 2 minutes seulement de préparation d’artillerie, l’attaque d’infanterie se déclenche précédée d’un barrage roulant qui progresse à la vitesse de 100 m en 3 mn. A 8h tous les objectifs sont atteints par le 3e bataillon. / Le soir à 20h le groupe fait barrage. / Au détachement de Craings ?? le mdl Guillemet est blessé.

 

28 juin - JMO 260e RAC.- Attaque de 6 bataillons de la 153e D.I. et de 2 bataillons de la 11e D.I sur le front Saint Pierre Aigle, sud d’Ambleny. Le but de l’attaque est de sortir de la vallée du Ru de Retz et de prendre largement pied sur le plateau à l’est du cours d’eau. Le groupement nord appuie 4 bataillons de la 3e brigade du Maroc. / L’artillerie de campagne du groupement divisé en quatre sous-groupements (Marchand, Cuny, Allemandet, Deniaud) sont chargés du barrage roulant d’accompagnement. Les 2 groupes de 155 battent le ravin de Cutry et les points sensibles du plateau. / L’attaque commence à 5 heures sans préparation d’artillerie préalable sous la protection du barrage roulant et de l’A.L qui contrebat violemment les batteries allemandes. Les objectifs sont atteints vers 6 heures. 1 160 prisonniers, des minenwerfer, des mitrailleuses sont dénombrées. Les batteries du groupement nord couvrent, par des tirs d’interdiction et de harcèlement, l’installation de l’infanterie sur ses nouvelles positions. / Deux contre-attaques déclenchées par les Allemands, sans grande vigueur d’ailleurs, sont brisées par nos feux. / 8 batteries de 75 du groupement Coléno participent à une opération de détail consistant à enlever l’ouvrage 0343 0770 du GMP, occupé par des mitrailleuses allemandes, sauf dans sa corne N.O. L’opération exécutée vers 22 heures échoue. Les fantassins sont arrêtés par les fils de fer sous le feu des mitrailleuses. / Au 2e groupe, le mdl Guillemet est blessé. Le reste de la nuit est marqué seulement par des tirs d’interdiction et de harcèlement.

 

Tu as vu dans le Communiqué que nous avions pris 2 kilomètres aux boches sur 7 kil. de largeur. C’est notre division qui a fait cela hier matin. Les boches ont été surpris et pincés dans leurs sapes où ils dormaient bien tranquillement. On a fait un millier de prisonniers.

29 juin - LUI.- J’ai reçu tes bonnes lettres du 23 et du 24 juin avec celle de Robert à qui j’écris aujourd’hui également. Quel diable d’enfant. Tu as raison de l’envoyer avec Grand Mère à Angoulême. Il sera peut-être plus raisonnable après ce changement de vie. Je suis très heureux pour Thérèse et Maurice[1] et écris un mot à ce sujet à Thérèse. Je pense qu’ils auraient préféré comme nous autres une petite fille, ce sera pour la prochaine fois. Il ne faut jamais désespérer.



[1] Naissance de leur fils Georges (Do Boucher).

 

Tu as vu dans le Communiqué que nous avions pris 2 kilomètres aux boches sur 7 kilomètres de largeur. C’est notre division qui a fait cela hier matin. Nous n’avons pas fait du tout de préparation d’artillerie. Les fantassins sont partis au 1er coup de canon. Il est vrai que tant de canons tiraient ensemble qu’au bout de 5 minutes on ne voyait plus que de la fumée. Mais les boches ont été surpris et pincés dans leurs sapes où ils dormaient bien tranquillement. Tu sais qu’on a fait un millier de prisonniers. Quelques-uns sont passés près de mon PC. J’ai fait interroger par un de mes officiers qui sait l’allemand deux sous-officiers, qui avaient l’air ravi d’avoir été pincés et très contents que la guerre soit finie pour eux. Ils ne se sont pas fait tirer l’oreille pour répondre à tout ce qu’on leur demandait. L’un d’eux était instituteur en temps de paix en Prusse et paraissait intelligent. La nuit dernière a été naturellement fort agitée et nous allons cette après-midi faire un peu la sieste en prévision des événements de cette nuit. Nous avons eu peu de pertes et j’espère que les contre-attaques boches seront repoussées.

 

J’ai reçu avant-hier une lettre de Camille Biesse qui va me dit-il se rapprocher de Cécile. J’ai vu hier un capitaine, Garaudeau (je crois que c’est ce nom-là ou à peu près), qui m’a dit qu’il avait été admirablement reçu chez vous et qu’il avait joué au bridge avec toi.

 

Comme nous sommes très serrés dans notre trou, j’ai laissé mon bureau à l’arrière et je n’ai plus d’encre dans mon stylo, tu m’excuseras de t’écrire au crayon, un ami complaisant me prête le sien pour mettre l’adresse.

 

29 juin - JMO 260e RAC/2e groupe.- Le groupe reprend la mission d’appui de tout le 1er T.M. Le soir à 22h une tentative d’attaque de l’ouvrage 04-43 qui se trouvait dans la zone nord du ravin de Cutry n’a pas de résultat. Le mdl Nouvelle et le canonnier Flahant du détachement de Cuison sont évacués pour intoxication par gaz.

 

29 juin - JMO 260e RAC.- Journée calme, tirs habituels. Opération sur St Pierre Aigle. / A 21 heures la 3e brigade du Maroc reprend l’attaque de l’ouvrage 0243-0770 du GMP. Le groupement nord y participe. L’opération réussit complètement.

 

30 juin - JMO 260e RAC/2e groupe.- A 21h prise de l’ouvrage 04-43. Le groupe a pris part à la préparation de cette attaque.

 

 

Gravures du Petit Journal - Supplément illustré - 30/06/1918 (N° 1436)

Dans les Flandres - Observateur au sommet d’une aile de moulin

LPJ Illustre 1918-06-30 A.jpg

 

 

Sapeurs-mineurs (photos)

LPJ Illustre 1918-06-30 C.jpg

Sapeurs-mineurs

Une sape

Sapeur-mineur écoutant au stéthoscope à air l'avance de la sape ennemie

Deux sapeurs se rencontrent à l'intersection de deux galeries transversales

Entrée d'une galerie de mine

Ouverture d'une galerie de mine

Sapeur au travail

Allumage du cordon Bickford pour mettre le feu à un fourneau de mine

Une barricade est édifiée dans une sape en prévision d'une percée dans la sape ennemie

Sapeurs creusant une galerie de mine éclairée par l'électricité

  

 

Les brancardiers (photos)

LPJ Illustre 1918-06-30 D.jpg

Les brancardiers

Premiers soins aux blessés sortant de la tranchée

Brancard de tranchées anglaises sur roues

Un aumônier militaire assiste à l'ensevelissement d'un soldat bavarois

L'heure des brancardiers

Les brancardiers hissent un blessé allemand et vont le transporter vers l'ambulance

Sous le feu de l'ennemi on panse un blessé allemand

Brancardiers munis de masques

Les blessés au poste de secours

Brancardiers alpins partant à la recherche des blessés. Tout le matériel est dans une petite voiture

 

 

Thèmes qui pourraient être développés

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  • Front - Succès américain au nord-ouest de Château-Thierry - 600,000 Américains sur le front
  • Allemagne - Les bombardements de Karlsruhe, de Saarbruck et d'Offenburg
  • Paris - L'avenue du Trocadéro devient l'avenue du Président Wilson - Des rues de Paris vont porter le nom de chefs d'Etat alliés
  • Russie - L'assassinat de Nicolas II
  • Angleterre - La crise du Labour Party
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  • Front - Brillante attaque française au sud de l'Aisne sur un front de sept kilomètres - Nos troupes enlèvent Fosses-en-Haut, Laversine, Cutry - 1,060 prisonniers déjà dénombrés
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  • Front - Alcool solidifié pour chauffer les plats
  • Soissonnais - Une grande ferme dans le Soissonnais
  • Reviendront-ils ?... Allemagne - Economie (LPJ Sup)
  • Sapeurs-mineurs (Photos dans LPJ Sup)
  • Les brancardiers (Photos dans LPJ Sup)
  • Conseils pratiques - La tuberculose, l'horrible maladie qui nous enlève cent mille personnes par an (LPJ Sup)
  • Religion - Fête religieuse - Notre-Dame du Perpétuel Secours - 27 juin


22/06/2018
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