14-18Hebdo

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203e semaine de guerre - Lundi 17 juin au dimanche 23 juin 1918

MARDI 18 JUIN 1918 - SAINT AMAND - 1416e jour de la guerre

MERCREDI 19 JUIN 1918 - SAINTS GERVAIS ET PROTAIS - 1417e jour de la guerre

JEUDI 20 JUIN 1918 - SAINT SYLVERE - 1418e jour de la guerre

VENDREDI 21 JUIN 1918 - SAINT LOUIS DE GONZAGUE - 1419e jour de la guerre

SAMEDI 22 JUIN 1918 - ETE - SAINT PAULIN DE NOLE - 1420e jour de la guerre

DIMANCHE 23 JUIN 1918 - SAINT ZENON - 1421e jour de la guerre

Revue de presse

  • L’offensive autrichienne - Violente bataille sur la Piave - La magnifique résistance des troupes italiennes - Les troupes italiennes font face à 55 divisions autrichiennes
  • Les Tchéco-Slovaques font trembler les bolcheviks
  • La bataille est toujours violente sur la Piave
  • Une violente attaque sur Reims est brisée avec de fortes pertes pour l'ennemi
  • Les Italiens infligent de lourdes pertes à l'ennemi - 9,000 prisonniers - 50 avions abattus
  • Les 90 grammes de pain en Autriche - Von Seidler quémande des secours alimentaires
  • Mesures de mobilisation générale aux Etats-Unis
  • La contre-offensive italienne s'étend sur l'ensemble du front - Le chiffre des prisonniers dépasse 12,000
  • La crise alimentaire en Autriche
  • Le Reichstag discute la paix roumaine
  • Le nom du président Wilson sera donné à une grande artère de Paris
  • La vie de la famille impériale en Russie

 

 

Morceaux choisis de la correspondance

J’ai nettement l’impression que les Allemands n’ont pas réussi leur dernière attaque sur nous. A quoi bon faire massacrer tant de gens pour gagner un kilomètre. En tout cas depuis deux jours nous sommes ici bien tranquilles et les Allemands ne bougent pas.

17 juin - LUI.- Tu vois que j’ai pu me procurer du papier à lettres, qui ressemble d’ailleurs à celui que vous faites à Docelles. J’ai reçu ta bonne lettre du 12 et me rappelle en effet avec émotion la naissance de notre petit Dédé. Nous étions bien heureux tous deux mais sois sûre ma Mie que nous le serons encore. Je t’assure que j’ai nettement l’impression que les Allemands n’ont pas réussi leur dernière attaque sur nous. A quoi bon faire massacrer tant de gens pour gagner un kilomètre. En tout cas depuis deux jours nous sommes ici bien tranquilles et les Allemands ne bougent pas.

 

J’ai reçu une lettre de Camille Biesse hier. Il est tout à côté de moi et a appris que j’étais ici par mon général. Il me dit ses regrets de ne pouvoir venir me dire bonjour. Il est dans la bataille me dit-il depuis trois semaines et est complètement éreinté. Je veux bien le croire. Je t’assure que pour les chefs ce n’est pas amusant. Je ne parle pas de nous autres, mais les grands chefs ne peuvent certainement pas dormir tranquilles. On les dérange à tous moments et puis enfin ils ont des responsabilités énormes. C’est encore un des désavantages de la défensive. Les chefs allemands savent ce qu’ils font. Nos chefs sont obligés de se baser sur ce que font les Allemands et sont toujours obligés de modifier leurs prévisions.

 

J’ai reçu une lettre de Maguy en réponse à la mienne. Maman a raison d’aller avec elle pour ses couches mais je la crois très raisonnable et d’ailleurs elle a tant de confiance dans son mari qu’elle ne peut que l’approuver.

 

Dans les groupes voisins l’autre jour, beaucoup d’hommes ont encore dû être évacués comme ypérités. Cela m’a rappelé les bonnes journées que nous avons passées ensemble à Bordeaux. Au fond, tu sais Mimi si je n’avais pas eu ce petit accident, je n’aurais pas eu le plaisir de te voir depuis le mois de décembre. Je ne sais pas trop quand reprendront les permissions, mais ce n’est pas pour maintenant.

 

17 juin - JMO 260e RAC/2e groupe.- Le 2e groupe est relevé par le 2e groupe du 5e RAC. Il va lui-même relever le 217e RAC en position au sud de Mortefontaine. La reconnaissance du 5e RAC a lieu dans la matinée. L’après-midi à partir de 13h, bombardement violent des positions et du P.C. par tous calibres. L’après-midi, reconnaissance des chefs d’escadron. La nuit venue, la 1ère section de chaque batterie part pour les positions de Mortefontaine.

 

18 juin - JMO 260e RAC/2e groupe.- A midi, le commandant Cuny passe le commandement au 5e RAC. Depuis 11h, violent bombardement de la 25e batterie. Dans la nuit du 18 au 19 juin, relève de la 2e section qui part à son tour pour Mortefontaine.

 

Les Américains ont beaucoup d’enthousiasme. Ils sont comme nous en 1914 et n’ont pas fait la guerre depuis quatre ans.

19 juin - LUI.- J’ai reçu ta bonne lettre du 14. Nous quittons notre position et comme toutes mes affaires sont emballées, je suis encore forcé de prendre du papier ordinaire pour t’écrire. Nous allons un peu plus au nord-ouest appuyer cette fois notre division, qui vient de monter en ligne depuis cinq ou six jours. Nous sommes bien contents de nous en aller d’ici quoique, d’après la reconnaissance que j’ai faite, nous ne serons pas mieux qu’ici au point de vue matériel à part moi qui aurai une sape complètement à l’abri. Mais ici les batteries qui tiraient toute la journée étaient très fortement bombardées et, si nous n’avions pas fait de suite des abris assez solides, nous aurions eu beaucoup plus de pertes.

 

Je crois que les Américains ont beaucoup d’enthousiasme. Ils sont comme nous en 1914 et n’ont pas fait la guerre depuis quatre ans. Tant mieux d’ailleurs car le moral de la troupe est ce qu’il y a de plus important.

 

Je suis content d’apprendre que nos enfants sont très sages. Tu féliciteras notre petit Dédé pour sa très bonne note en latin et tu diras à Robert qu’il faut qu’il continue.

 

J’ai reçu une lettre de Maguy, me demandant de faire des recherches sur un de leurs amis ou parents, un docteur Lacroix, que paraît-il les Allemands auraient fait prisonnier à Vauxcastille tout près d’ici. J’ai déjà demandé des renseignements mais le régiment en question n’est plus ici depuis longtemps et je crois bien que je ne pourrai pas avoir de renseignement précis. J’ai reçu également une lettre de Paul L.J., qui se plaît au camp de Mailly et apprend, dit-il, pas mal de choses nouvelles. Il se plaint seulement de n’avoir comme camarades que d’anciens sous-officiers qui n’ont pas beaucoup d’instruction ni d’éducation. On est bien obligé de ne plus choisir maintenant pour les officiers et c’est regrettable.

 

Je m’en vais vite dîner et je file à mon nouveau poste.

 

19 juin - JMO 260e RAC/2e groupe.- Le groupe est tout entier en position au bois de la Garenne Raineval, au S de Mortefontaine. Les échelons se trouvent à Marival, ainsi que la CR. Le groupe appuie le 9e régiment de zouaves.

 

20 juin - JMO 260e RAC/2e groupe.- Bombardement de Marival. 7 blessés, plusieurs chevaux tués. La 2e CR se déplace et s’installe dans le ravin de Retheuil.

 

21 juin - LUI.- J’ai reçu ta bonne lettre du 15. Je vois que les Américains sont très galants. D’ailleurs tu te donnes suffisamment de mal au foyer pour qu’ils t’en soient reconnaissants.

 

Nos hommes bien qu’étant dans le bled sont bien contents d’avoir abandonné nos positions de la forêt de Villers-Cotterêts. Sans doute ils n’ont pour s’abriter que de pauvres trous couverts par une toile de tente, mais d’autre part on est moins facilement repérable en plein bled et en tout cas on peut changer facilement de position, tandis que dans une forêt on est obligé de se limiter aux clairières afin que les obus n’éclatent pas dans les arbres. Jusqu’à présent, voilà déjà deux jours que nous sommes ici, nous n’avons pas reçu un obus. Et puis là-bas à certains moments, nous étions à 1 500 mètres des boches et mon Dieu cela n’est pas très rassurant, tandis qu’ici nous sommes presque à 5 kilomètres. Quant à moi je suis parfaitement dans une sape à 6 mètres sous terre et qui a trois sorties, donc aucun danger d’y être enfoui. Aucun danger aussi pour les gaz.

 

Je t’ai dit que Maguy m’avait demandé des renseignements sur un docteur de leurs amis fait prisonnier à Vauxcastille. Je n’ai pu obtenir aucun renseignement et vais lui écrire.

 

J’ai reçu une lettre d’Adrien, qui me réclame des nouvelles. Je n’ai pas eu le temps de beaucoup écrire tous ces temps-ci mais je vais mettre à jour ma correspondance. Il faut aussi que j’écrive à Paul Laroche-Joubert.

 

Je suis bien content que les enfants soient bien sages et aillent bien. Quand pourrai-je vous revoir tous. Je voudrais bien que ce fût bientôt. J’espère toujours qu’entre deux prises de secteur on nous donnera un petit repos d’une quinzaine qui me permettra d’aller vous rejoindre. Enfin je ne peux pas me plaindre, heureusement que je suis revenu en avril.

 

Bonnes amitiés à Maman et à Thérèse. A quand le bébé.

 

J’espère bien que les craintes que tu y exprimes sur une attaque des boches de votre côté ne se réaliseront pas. Sans doute les boches n’ont pas terminé leurs attaques, mais je crois que les toutes dernières ne leur ont pas donné les résultats escomptés.

23 juin - LUI.- J’ai reçu ta bonne lettre du 17. J’espère bien que les craintes que tu y exprimes sur une attaque des boches de votre côté ne se réaliseront pas. Sans doute les boches n’ont pas terminé leurs attaques, mais je crois que les toutes dernières ne leur ont pas donné les résultats escomptés. On commence à savoir un peu mieux déjouer leur tactique et j’espère bien que s’ils attaquaient en Alsace on ne leur laisserait plus prendre tout de suite une vingtaine de kilomètres. Néanmoins soyez sur vos gardes et prenez toutes précautions utiles.

 

Je vois avec plaisir que Maurice peut venir souvent à Docelles. En a-t-il de la chance et son colonel est un chef très bienveillant. Il n’y a pas à dire, les officiers d’EM ont de la chance. Tant mieux pour Maurice et pour Thérèse.

 

Mon colonel a rencontré il y a quelques jours Camille Biesse, qui lui a parlé de moi et qui lui a dit que je devrais être instructeur à l’armée américaine, que lui Camille pensait bien que je ferais une demande, etc. J’ai répondu au colonel que, si je parlais très bien l’anglais, j’hésiterais peut-être, mais que ne le parlant pas suffisamment, je resterais tout simplement au régiment. En effet, un de nos camarades, lieutenant, a été désigné sur sa demande il y a quelques mois mais il vivait en Angleterre avant la guerre et parlait aussi bien l’anglais que le français. Le colonel m’a répondu aimablement qu’il était très heureux de ma décision.

 

Nous sommes toujours très tranquilles depuis que nous avons changé de position et, comme je te l’ai dit, ma sape est bien plus confortable que le trou que j’avais dans la forêt de Villers-Cotterêts. Je me promène beaucoup, vais à l’infanterie en passant dire bonjour à mes camarades des autres groupes.

 

Tu diras aux enfants que l’autre jour j’ai rencontré un chien de berger, que l’ai eu la faiblesse de caresser. Depuis ce moment-là il ne veut plus me quitter et ne veut connaître que moi. Je suis obligé de le faire attacher quand je vais à l’infanterie. Il ne veut pas suivre mes adjoints et pendant que je t’écris il est à mes pieds. Il est tout de même un peu encombrant la nuit. Hier je l’avais donné à mon ordonnance. Il est venu me retrouver au milieu de la nuit dans ma sape et s’est couché tout simplement à côté de moi. Comme il est très sale, j’ai dû sévir et lui intimer l’ordre de s’éloigner un peu. Il est d’ailleurs très obéissant.

 

J’espère que nos chéris sont toujours sages et que tu vas bien.

 

 

Gravures du Petit Journal - Supplément illustré - 23/06/1918 (N° 1435)

Le lanceur de grenades

LPJ Illustre 1918-06-23 A.jpg
 

 

 

Bombes et grenades (photos)

LPJ Illustre 1918-06-23 C.jpg

Bombes et grenades

Le lancement de la grenade

Grenadiers au sommet d'un entonnoir

Dépôts de bombes aériennes sur le front

Une ancienne grenade française en service sous l'Empire (genre des bombes Orsini)

Un type de grenade allemande démontée

Soudure des calottes de bombes aériennes

Soudure des grosses bombes aériennes

Vérifications de bombes aériennes terminées

Réchauffage des calottes de bombes aériennes à la forge

 

Les sirènes d’alerte (photos)

LPJ Illustre 1918-06-23 D.jpg

Les sirènes d'alerte

Sirène de bateau

Sirène à 6 pavillons marchant à l'air comprimé

Sirène dite "le Ténor" marchant à l'air comprimé

Une grande sirène d'alerte sur un monument public à Paris

Sirène à manivelle pour alerter dans les petites localités de la banlieue

Turbine d'une grande sirène d'alerte de Paris comparée à celle des voitures des pompiers

 

 

Thèmes qui pourraient être développés

  • Italie - Violente bataille sur la Piave - La magnifique résistance des troupes italiennes - Les troupes italiennes font face à 55 divisions autrichiennes - La contre-offensive italienne s'étend sur l'ensemble du front - Le chiffre des prisonniers dépasse 12,000
  • Les Tchéco-Slovaques font trembler les bolcheviks
  • Front - Une violente attaque sur Reims est brisée avec de fortes pertes pour l'ennemi
  • Autriche - Les 90 grammes de pain en Autriche - Von Seidler quémande des secours alimentaires - La crise alimentaire en Autriche
  • Etats-Unis - Mesures de mobilisation générale aux Etats-Unis
  • Roumanie - Le Reichstag discute la paix roumaine
  • Paris - Le nom du président Wilson sera donné à une grande artère de Paris
  • Russie - La vie de la famille impériale en Russie
  • Etats-Unis - La coopération franco-américaine - M. Tardieu est nommé commissaire général
  • Marine - Le transport "Sant'Anna" torpillé en Méditerranée - 637 disparus
  • Etats-Unis - Les plus grandes brasseries américaines placées sous séquestre
  • Aviation - Fonck, l'as des as, officier de la Légion d'honneur
  • Le lanceur de grenades (LPJ Sup)
  • Béthune, une ville martyre (LPJ Sup)
  • Bombes et grenades (Photos dans LPJ Sup)
  • Les sirènes d'alerte (Photos dans LPJ Sup)


15/06/2018
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