14-18Hebdo

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185e semaine de guerre - Lundi 11 février au dimanche 17 février 1918

LUNDI 11 FEVRIER 1918 - NOTRE-DAME DE LOURDES - 1289e jour de la guerre

MARDI 12 FEVRIER 1918 - MARDI GRAS - SEPT FONDAT. SERVITES - 1290e jour de la guerre

MERCREDI 13 FEVRIER 1918 - CENDRES - 1291e jour de la guerre

JEUDI 14 FEVRIER 1918 - SAINT VALENTIN - 1292e jour de la guerre

VENDREDI 15 FEVRIER 1918 - SAINTS FAUSTIN ET JOVITE - 1293e jour de la guerre

SAMEDI 16 FEVRIER 1918 - SAINTE JULIENNE - 1294e jour de la guerre

DIMANCHE 17 FEVRIER 1918 - QUADRAGESIME - 1ER DE CAREME - 1295e jour de la guerre

Revue de presse

-       En attendant leur grande attaque

-       Les manœuvres occultes de l'Allemagne - Elles finiront par mettre le feu à l'Autriche-Hongrie

-       Texte du traité de paix entre l'Ukraine et la quadruplice

-       Bolo pacha en conseil de guerre

-       Remaniements probables dans le comité de guerre anglais

-       M. Wilson répond à Hertling et à Czernin - "Les aspirations nationales doivent être respectées. Les peuples ne doivent, aujourd'hui, être dominés ou gouvernés que de leur propre consentement"

-       Offenburg bombardée par des aviateurs anglais

-       Les conférences de Brest-Litovsk sont closes - Ni paix ni guerre mais la Russie démobilise

-       Les restaurant fermés entre les repas - Il y a des heures où on ne pourra pas manger

-       Brillant coup de main en Champagne

-       L'attaque contre Lloyd George à la Chambre des communes

-       Raid ennemi sur Nancy

-       Bolo condamné à mort à l'unanimité

-       Echec d'une tentative ennemie en Lorraine

-       L'élection du maréchal Joffre à l'Académie française

-       Avance anglaise en Palestine

-       La guerre civile en Finlande

 

Morceaux choisis de la correspondance

Du 12 janvier au 11 mars - JMO 260e RAC/2e groupe.- Le groupe dont la zone d’action est le Ss secteur 2 Bois (droite du secteur des Chambrettes) exécute presque quotidiennement des barrages et des C.P.O. La plupart des barrages sont exécutés sous de violents bombardements ennemis.

 

Le terrain est tellement changé depuis 1916. Tous les bois ont disparu, la plupart des chemins aussi ont été remplacés par de simples pistes, qui ne suivent pas toujours l’itinéraire ancien.

11 février - LUI.- J’ai reçu tes bonnes lettres du 5 et du 6 février et en même temps les cahiers des enfants, le papier à lettres et les petits lichens qui me font toujours plaisir. Nous nous dépêchons de les manger car au bout de peu de jours tout cela fond dans notre abri qui est très humide. Les cahiers des enfants ne sont pas mal. Je leur ai écrit un mot hier à chacun. Je félicite Dédé et lui dis que je suis heureux qu’il fasse ainsi plaisir à son papa. Je gronde un peu Noëlle pour ses notes de sagesse, mais surtout je parais surpris des pensums nombreux qui figurent dans le cahier de Robert. Pauvre Bertus. Tu me dis cependant dans tes dernières lettres qu’il fait des progrès, c’est peut-être l’approche de la 1ère communion qui est cause.

 

Puisque tu me dis que tu dois aller quand même à Paris, je suis navré maintenant que le cours de gaz ait été supprimé. Il eut fait si bon ensemble. En tout cas n’oublie pas d’aller voir ton docteur avant qu’il retourne au front. Il vous a bien soignés tous deux Robert et il faut qu’il te voie de temps en temps.

 

Dédé a dû te dire de ne pas encore envoyer à Madeleine Michaut les photographies que j’avais prises. Le renseignement m’avait été donné par un officier du régiment qui était à Verdun en même temps qu’Edouard mais qui n’était pas dans la même batterie. J’ai rencontré l’autre jour un sous-officier du régiment mais qui était dans la batterie d’Edouard et qui m’a dit l’avoir vu tomber. Ce n’est pas très loin de l’endroit que j’ai photographié mais il va tâcher de retrouver l’endroit exact. C’est d’ailleurs très difficile car le terrain est tellement changé depuis 1916. Tous les bois ont disparu, la plupart des chemins aussi ont été remplacés par de simples pistes, qui ne suivent pas toujours l’itinéraire ancien. Enfin je ferai pour le mieux.

 

Les boches sont toujours actifs dans notre secteur. Mais enfin jusqu’à présent ils ne nous ont pas fait grand mal et j’espère bien que cela va continuer ainsi. Un de nos hommes cependant, qui avait été blessé par un obus toxique, vient de mourir.

 

Tu diras à Robert que je suis content que son autre cahier soit plus soigné que le précédent.

 

Dans deux mois je serai en permission.

13 février - LUI.- J’ai reçu ta bonne lettre du 8 février. Je suis bien navré que les cours de gaz aient été supprimés à Paris. C’eut été si bon de se retrouver et de refaire comme tu dis un nouveau voyage de noces. J’espère bien que ces fameux cours seront rétablis plus tard et que nous pourrons quand même nous donner ce rendez-vous d’amour.

 

Maurice m’a en effet écrit la lettre que tu trouveras ci-jointe. Tu verras d’abord qu’il ne s’agit pas d’augmenter maintenant, ce qui serait évidemment ridicule, puisqu’on a bien du mal de faire marcher ce qui existe, il s’agit de faire un projet qu’on mettrait à exécution après la guerre et encore, comme le dit Maurice, à certaines conditions. D’ailleurs tu connais mon cher frère et Maurice ne le connaît pas encore assez, il a cette idée-là aujourd’hui. Autrefois une idée qu’il avait était de suite mise à exécution et il ne pouvait pas changer d’avis. Maintenant c’est tout autre chose et tu peux être sûre que d’ici la fin de la guerre Paul changera deux ou trois fois d’avis. Donne-moi l’adresse de Maurice pour que je lui réponde. En ce qui me concerne je lui dis simplement que la fin de la guerre me semble encore trop éloignée pour que je puisse savoir ce que je ferai, que d’ailleurs en principe je suis toujours gérant des Héritiers, etc. D’ailleurs je suis bien persuadé que je m’entendrais bien avec lui et ceci parce que je connais Thérèse et que je te connais. Car il faut bien reconnaître que la brouille entre deux frères vient bien souvent de leurs femmes qui sont jalouses l’une de l’autre et voudraient que leur mari soit le premier. Mais si nous sommes à la tête de la même affaire, nous tâcherons d’y mettre plus tard chacun un de nos fils et là je ne suis plus du tout rassuré et au contraire je suis presque sûr qu’ils ne feront pas bon ménage. Il faut faire ce qu’a fait ton père, ne jamais mettre deux frères dans la même affaire et, en ce qui nous concerne personnellement, nous ferons de cette façon. D’ailleurs rien ne presse et tous ces projets peuvent être modifiés dans la suite.

 

Nous avons le mauvais temps aujourd’hui, ce sera donc jour de repos et les boches nous laisseront un peu tranquilles. C’est extraordinaire de désirer de temps à autre la pluie mais c’est comme cela.

 

Dans deux mois je serai en permission.

 

15 février - LUI.- J’ai été comme toi bien déçu en apprenant que les cours de Paris étaient supprimés. Nous avons aussi dans notre secteur des cours de gaz qui se font à Verdun. Les officiers qui y sont détachés partent le matin et rentrent le soir. Tu comprends que ceux-là ne m’intéressent pas, puisque tu ne pourrais pas y venir et j’aime mieux rester ici.

 

Le Lt Bareille n’est pas encore revenu au groupe et m’a écrit avant-hier qu’il ne reviendrait probablement plus. Il demande sa mutation. Il est toujours dans un état de santé très précaire. Le docteur l’oblige à un régime impossible à suivre ici. Bref il se rend compte que dans un groupe de 75 il ne pourrait plus rendre grand service et demande à servir dans une section contre avions. Dans la lettre qu’il m’écrit à ce sujet, il me dit regretter beaucoup la décision qu’il est forcé de prendre. Nous le regretterons tous beaucoup aussi car c’était un gentil garçon et personnellement cela m’ennuie car j’ai rarement vu quelqu’un d’aussi intelligent. D’ailleurs mon pauvre groupe se démolit petit à petit. Le Lt Ballot lui aussi va nous quitter pour aller commander un détachement de travailleurs chinois. Il a été dix ans en Chine et sait parler chinois. C’était un brave homme mais un peu sous-officier et je le regretterai moins que Bareille.

 

Aujourd’hui nous avons le beau temps et Messieurs les boches en profitent pour tirer un peu de tout côté. Mais ces tirs ne sont pas dangereux comme les tirs de destructions qu’ils font quelquefois contre une batterie, seulement ils vous empêchent de sortir et, quand on n’est pas obligé de le faire, on reste tranquillement dans sa cagna. Ceci a quand même un petit défaut car on ne se promène pas assez et je crois que je commence à grossir, bien qu’on ne donne pas beaucoup.

 

N’oublie pas de m’envoyer l’adresse de Maurice pour que je puisse lui répondre. Que font nos bons chéris, sont-ils sages et Robert travaille-t-il mieux et est-il plus poli avec Mademoiselle ? Embrasse-les bien pour moi.

 

16 février - JMO 260e RAC/2e groupe.- Bombardement de l’échelon par du 240, 35 chevaux tués ou blessés.

 

Les boches tirent un peu de tout côté et on risque en mettant le nez dehors de se faire moucher.

17 février - LUI.- J’ai reçu ta bonne lettre du 13 avec la lettre de Marie Molard qui en effet est pleine de potins. Elle l’avoue d’ailleurs elle-même et le petit Paris provincial de la guerre jase et potine comme s’il était toujours en province. Qu’est-ce que c’est que ce Monsieur dont parle Marie qui aurait voulu marier Germaine ? A priori en effet le parti semblait assez brillant mais je suis heureux de voir que les Molard laissent leur fille entièrement libre puisqu’elle est raisonnable. Et cependant je comprends que quelquefois les parents ont bien envie d’intervenir dans ces cas-là.

 

Je crois que Marie Nicolas aura beaucoup de mal de faire entrer son fils comme gérant chez les Héritiers. Pierre Mangin, quoi qu’il en dise, ne lâchera pas comme cela une place qui lui permet de passer pour grand industriel surtout si on admet qu’il habite Paris, et en tout cas il la voudra pour un de ses gendres. Cela nous promet encore de belles disputes.

 

Tu sais que depuis quelques jours nous sommes aussi favorisés que vous pour le temps. Malheureusement on ne peut guère en profiter. Tout est tellement ravagé ici qu’il n’y a pas de couverts, il faut donc circuler dans les boyaux et encore ce n’est pas toujours possible. Les boches tirent un peu de tout côté et on risque en mettant le nez dehors de se faire moucher, c’est l’expression. Ce matin j’ai été à la messe au fort de bonne heure et en revenant ici j’ai dû suivre le boyau car l’artillerie allemande marmitait de nos côtés.

 

Je suis heureux des nouvelles que tu me donnes des enfants. Voilà notre petit Robert qui a pris le dessus, tu vois qu’il ne faut pas trop s’inquiéter lorsqu’ils sont tout petits. S’il est très solide l’an prochain, je t’engage à l’envoyer à l’école de Mademoiselle Marchal, qui saura le tenir tout en lui faisant faire beaucoup de progrès.

 

Pour notre petite Noëlle, je sais que tu es de mon avis, qu’il ne faut pas trop la faire travailler. Qu’elle sorte beaucoup et prenne du bon air. Elle en saura toujours bien assez. J’étais aussi persuadé qu’elle n’avait rien à l’épaule mais je suis quand même content d’avoir eu l’avis du docteur.

 

Je comprends que Dédé trouve qu’il a beaucoup à faire. Ne pourrais-tu pas de temps à autre et comme récompense quand il a bien travaillé pendant une semaine lui donner un après-midi de congé. Il ne faut pas non plus trop le pousser et puis quand on apprend trop de choses à la fois et trop vite, on ne sait rien et on a les idées complètement brouillées.

 

Lorsque je sors, je mets très rarement mon nouveau manteau, il ne s’abîme donc pas et tu n’as pas besoin de m’envoyer celui que j’ai laissé à Docelles, tu sais que j’en ai un autre ici.

 

Tante Anna m’a encore envoyé trois paquets de cigarettes. Je suis véritablement honteux de déranger tout le monde pour si peu de choses.

   

N’oublie pas de m’envoyer l’adresse de Maurice.

 

 

Gravures du Petit Journal - Supplément illustré - 17/02/1918 (N° 1417)

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Les deux grand chefs de deux grandes marines - L’amiral Mayo, commandant la flotte de l’Atlantique des Etats-Unis, rend visite à l’amiral sir David Beatty, commandant en chef la grande flotte britannique

 

 

Photographie et cinématographie aux armées (photos)

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Photographie et cinématographie aux armées

Soldats d'une section de photographie aérienne préparant les appareils de photo pour avions, avant le départ d'une expédition aérienne

Cinématographiste prenant des vues en tranchées de première ligne

Opérateur cinématographiste dans une forêt des Vosges, lieu d'un récent bombardement

Lavage de photographies militaires développées (travaux du génie)

Tirage des photos militaires (travaux du génie)

Cinématographiste prenant l'éclatement d'un obus à proximité des premières lignes

Voiture laboratoire de l'aviation militaire (à l'intérieur du camion se trouve un laboratoire pour développer les plaques prises par les aviateurs observateurs). Le soldat de droite porte l'appareil photographique qu'emportent les avions

Les loisirs du major : un peu de photographie

Cinématographiste dans un dépôt de prisonniers, à l'intérieur

 

 

Télégraphie sans fil et téléphone aux armées (photos)

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Télégraphie sans fil et téléphone aux armées

Camion de la T.S.F. (armée des Etats-Unis)

Station de T.S.F. au travail

Appareils Marconi T.S.F. : cheval porteur des piquets

Téléphoniste allemand et son appareil

Appareils Marconi T.S.F. à cheval

Une brigade de télégraphiste anglais à cheval

Appareils Marconi de T.S.F.

Poste téléphonique allemand

Téléphonistes autrichiens établissant une ligne

 

 

Thèmes qui pourraient être développés

  • Ukraine - Texte du traité de paix entre l'Ukraine et la Quadruplice
  • Russie - Les conférences de Brest-Litovsk sont closes - Ni paix ni guerre mais la Russie démobilise
  • Rationnement - Les restaurant fermés entre les repas - Il y a des heures où on ne pourra pas manger
  • Angleterre - Remaniements probables dans le comité de guerre anglais - L'attaque contre Lloyd George à la Chambre des communes
  • Procès - Bolo condamné à mort à l'unanimité
  • Nancy - Raid ennemi sur Nancy - Echec d'une tentative ennemie en Lorraine
  • L'élection du maréchal Joffre à l'Académie française
  • Finlande - La guerre civile en Finlande
  • Verdun - Le terrain est tellement changé depuis 1916. Tous les bois ont disparu, la plupart des chemins aussi ont été remplacés par de simples pistes qui ne suivent pas toujours l’itinéraire ancien !
  • Industrie - Mettre ses fils dans l'affaire
  • Front - La cagna
  • Généraux - Les deux grands chefs de deux grandes marines : l'amiral Mayo, commandant la flotte de l'Atlantique des Etats-Unis, rend visite à l'amiral sir David Beatty, commandant en chef la grande flotte britannique (LPJ Sup)
  • Aviation - La mort qui tombe du ciel (LPJ Sup)
  • Photographie et cinématographie aux armées (Photos dans LPJ Sup)
  • Télégraphie sans fil et téléphone aux armées (Photos dans LPJ Sup)
  • Religion - Fête religieuse - Notre-Dame de Lourdes - 11 février
  • Religion - Fête religieuse - Mardi Gras
  • Religion - Fête religieuse - Sept Fondateurs des Servites - 12 février
  • Religion - Fête religieuse - Cendres
  • Religion - Fête religieuse - Quadragésime ou 1er dimanche du Carême


09/02/2018
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