14-18Hebdo

14-18Hebdo

182e semaine de guerre - Lundi 21 janvier au dimanche 27 janvier 1918

LUNDI 21 JANVIER 1918 - SAINTE AGNES - 1268e jour de la guerre

MARDI 22 JANVIER 1918 - SAINT VINCENT - 1269e jour de la guerre

MERCREDI 23 JANVIER 1918 - SAINT RAYMOND DE PENNAFORT - 1270e jour de la guerre

JEUDI 24 JANVIER 1918 - SAINT THIMOTHEE - 1271e jour de la guerre

VENDREDI 25 JANVIER 1918 - CONVERSION DE SAINT PAUL - 1272e jour de la guerre

SAMEDI 26 JANVIER 1918 - SAINT POLYCARPE - 1273e jour de la guerre

DIMANCHE 27 JANVIER 1918 - SEPTUAGESIME - 1274e jour de la guerre

Revue de presse

-       Combat naval à l'entrée des Dardanelles - Le "Breslau" coulé - Le "Goeben" fortement avarié s'échoue - La revanche britannique

-       La constituante russe a vécu douze heures - Lénine la dissout, les matelots la dispersent

-       L’affaire Caillaux

-       La question irlandaise - Sir Edward Carson donne sa démission

-       La carte de pain et son fonctionnement - Elle s'étendra bientôt de Paris à toute la France

-       M. de Kuhlmann fait l'exposé des négociations de Brest-Litovsk

-       Caractère maximaliste de l'agitation ouvrière autrichienne

-       La réforme de la constitution prussienne

-       Maxime Gorki blessé

 

Morceaux choisis de la correspondance

Du 12 janvier au 11 mars - JMO 260e RAC/2e groupe.- Le groupe dont la zone d’action est le Ss secteur 2 Bois (droite du secteur des Chambrettes) exécute presque quotidiennement des barrages et des C.P.O. La plupart des barrages sont exécutés sous de violents bombardements ennemis.

 

Vous n’aurez pas besoin de votre petite voiture pour fuir devant les boches, car voilà si longtemps qu’on les attend qu’ils ne bénéficieront plus de la surprise et c’est tant mieux.

22 janvier - LUI.- J’ai reçu ta lettre du 16 avec les trois lettres de Maman qui comme toujours a dû bien se fatiguer dans son voyage. J’espère que l’état de Maguy va s’améliorer. Je crois d’ailleurs qu’il ne faut pas s’inquiéter, ces malaises provenant certainement de sa grossesse, et puis elle est si bien dorlotée et soignée par son Paul que je crois que vous pouvez être tranquilles.

 

Je suis content que votre petite voiture soit bientôt réparée ainsi vous serez toujours sûres d’en avoir une en bon état. Mais je crois que vous n’en aurez pas besoin pour fuir devant les boches, car voilà si longtemps qu’on les attend qu’ils ne bénéficieront plus de la surprise et c’est tant mieux.

 

Ici le secteur est toujours très agité, comme tu peux le voir par les communiqués. Mais enfin ce ne sont que de petits coups de main après lesquels les boches rentrent dans leurs lignes. Le bombardement est assez vif et ils semblent avoir beaucoup d’artillerie. Heureusement jusqu’à présent mes batteries sont indemnes et d’ici huit jours nous ne craindrons plus l’artillerie boche, car nous aurons des sapes très profondes où nos hommes seront complètement à l’abri du 210. Malheureusement mon maréchal des logis téléphoniste a été blessé accidentellement par une explosion de carbure. Nos récipients ne sont pas très étanches et par ce temps d’inondation il est probable que l’eau aura pénétré. En voulant recharger une lampe, il a ouvert un des récipients et une explosion très violente qui nous a tous réveillés (c’était la nuit) s’est produite. Il a été brûlé légèrement un peu partout mais je crains qu’un de ses yeux soit perdu.

 

Décidément P. Mangin se lance un peu dans toutes les affaires. Ce qui m’amuse et me montre bien qu’il ne faut jamais dire : « Fontaine je ne boirai pas de ton eau », c’est l’alliance de Lederlin et de Laederich. Qui eût pu prévoir cela il y a une dizaine d’années !

 

Bonnes amitiés à Maman, à Thérèse et à Maurice s’il est encore là. Je t’embrasse de tout cœur avec les enfants en recommandant à notre petit Robert d’être bien sage et d’être excessivement poli pour Mlle Renard. Ton Geogi.

 

Nous n’avons plus un gramme de farine et l’on ne sait quoi composer comme menu. On croit toujours que c’est la fin de la guerre et que les provisions doivent durer indéfiniment.

23 janvier - Marie Molard (Paris) à Mimi Cuny, sa belle-sœur.- J’ai Gustave et les Paul à déjeuner, demain les administrateurs de Dedovo. Mais nous n’avons plus un gramme de farine et l’on ne sait quoi composer comme menu. Si un jour ou l’autre, vous en trouviez, tu me rendrais un grand service en m’en faisant envoyer, ne serait-ce qu’un kilog. Mais certainement d’ici peu j’inviterai au restaurant. On croit toujours que c’est la fin de la guerre et que les provisions doivent durer indéfiniment.

 

Je suis navrée de ce que tu m’écris pour mon pauvre frère. Dieu veuille qu’il ne reste pas là. C’est inimaginable de voir tous ceux qu’on connaît à l’abri sauf lui. Ce n’est vraiment plus son tour. Je prie tous les jours depuis le début de la guerre pour lui et j’ai confiance ! Dieu nous rendra notre Geogy, l’époux modèle, le père incomparable, le si bon frère et le fils merveilleux qu’il a été pour sa pauvre Mère.

 

Nous commençons à nous habituer à ce secteur un peu difficile d’autant que depuis quelques jours les boches sont moins remuants et leur artillerie moins active.

24 janvier - LUI.- J’ai reçu hier ta bonne lettre du 18. Sois bien persuadée que si tu m’apparaissais comme tu le dis dans notre tunnel, tu serais la tout à fait bien venue et je t’assure que tu ne m’embarrasserais pas du tout. On peut s’aimer partout. Il est vrai que je suis au milieu de mes hommes, mais comme la nuit il n’y a qu’une lampe allumée à l’autre extrémité de l’abri pour les téléphonistes et les radios qui veillent, il fait suffisamment obscur pour ..., je n’ai pas besoin d’insister tu me comprends. Mais tu me fais rêver à des choses bien douces et il faut malheureusement ne songer qu’aux réalités, qui d’ailleurs ne sont pas bien dures sauf que ta présence me manque.

 

Nous commençons à nous habituer à ce secteur un peu difficile d’autant que depuis quelques jours les boches sont moins remuants et leur artillerie moins active. Nous avons encore fait un barrage cette nuit mais ce petit exercice revient maintenant moins souvent. Le temps est couvert et je crois que Mrs les boches n’aiment pas non plus beaucoup s’exciter lorsque le temps n’est pas favorable. Nos hommes aussi ont commencé à s’installer et préfèrent en somme rester ici qu’aller ailleurs où il faudrait de nouveau recommencer sapes et abris pour que les autres viennent les occuper lorsqu’ils sont finis. On nous a donné aussi des bottes de tranchées de sorte que nous ne sommes plus obligés de revenir complètement trempés de nos excursions.

 

Quant à l’emprunt russe, je crois qu’il ne faut rien craindre. Les Russes, quel que soit leur gouvernement, auront besoin d’argent, or ils seront bien obligés d’en emprunter ailleurs que chez eux. Qui leur en prêtera si l’on sait d’avance qu’ils ne le rembourseront jamais.

Je te renvoie la procuration en règle. Quant à l’emprunt russe, je crois qu’il ne faut rien craindre. Les Russes, quel que soit leur gouvernement, auront besoin d’argent, or ils seront bien obligés d’en emprunter ailleurs que chez eux. Qui leur en prêtera si l’on sait d’avance qu’ils ne le rembourseront jamais. D’ailleurs il est impossible qu’un gouvernement d’anarchie comme le gouvernement actuel subsiste longtemps. Le désordre va sûrement engendrer la famine et lorsque le peuple n’aura plus rien à manger sans doute il y aura beaucoup de tueries et de massacres mais ce sera le commencement de la fin.

 

Je suis content que le docteur ait trouvé Noëlle et Robert en bon état. Ne lui as-tu pas parlé de l’épaule de Noëlle.

 

Les boches recommencent un peu à s’exciter et nous tirons de nouveau beaucoup. Tu as vu dans le communiqué d’hier qu’ils ont encore tenté un coup de main dans le bois des Courroies, lequel d’ailleurs n’est plus un bois, il n’y a plus que quelques troncs. C’est tout à fait mon secteur et nous avons tiré beaucoup.

26 janvier - LUI.- J’ai reçu avant-hier ta bonne lettre du 19 et aujourd’hui celle du 22 avec celle de Jean Boucher. Sans doute il a raison, mais nous ne pouvions pas reprendre cette propriété pour nous seuls et tant qu’à nous mettre avec l’oncle Paul je n’y tenais pas. Donc il ne faut rien regretter. Tes frères nous avaient trop entendus parler de cette propriété pour que nous leur demandions de prendre une part et puis il y avait la guerre.

 

Ce que tu me racontes d’Alice Nicolas prouve une chose, c’est qu’il faut bien se garder d’appliquer aux jeunes Françaises les méthodes d’éducation américaines ou anglaises. Si sa mère s’était un peu plus occupée d’elle et l’avait élevée comme nos mères nous ont élevés cela ne serait pas arrivé. En tout cas ce procès est déplorable. Quoi qu’il arrive il en restera toujours quelque chose et même il ne terminera rien car le fameux ex-fiancé continuera son chantage.

 

Les boches recommencent un peu à s’exciter et nous tirons de nouveau beaucoup. Tu as vu dans le communiqué d’hier qu’ils ont encore tenté un coup de main dans le bois des Courroies, lequel d’ailleurs n’est plus un bois, il n’y a plus que quelques troncs. C’est tout à fait mon secteur et nous avons tiré beaucoup.

 

Je t’adresse un extrait de l’Echo de Paris. J’ai vu malheureusement la saucisse flamber et j’ai vu également l’avion abattu mais ce n’était pas celui qui avait incendié la saucisse. A part cela, c’est exact.

  

2018-01-20 Lettre Lui EDP Aviatik.jpg

 

Gravures du Petit Journal - Supplément illustré - 27/01/1918 (N° 1414)

LPJ Illustre 1918-01-27 A.jpg

Le drapeau du régiment de marche de la Légion étrangère qui vient d’être décoré (Croix de guerre, 6 palmes - Fourragère rouge - Légion d’honneur)

 

 

 

Les palais impériaux de Russie, confisqués par les maximalistes (photos)

LPJ Illustre 1918-01-27 C.jpg

Les palais impériaux de Russie, confisqués par les maximalistes

Le palais impérial de Souhouk-Sou

Le palais impérial de Ialta

Le palais de l'Impératrice-mère, en Crimée

Le monastère des Portes Baïdar, en Crimée, dominant la mer Noire

Le Nid d'hirondelles, à Aï-Todor (propriété impériale sur la mer Noire)

Le Palais du Tsar, à Aloupha, Crimée

Le Petit Palais, à Livadia, Crimée

Vue du Grand Palais, à Massandra, Crimée (on remarque l'aigle impérial au sommet)

Le Grand Palais, à Livadia, Crimée

 

 

Exposition sur le front d’un matériel pris à l’ennemi (photos)

LPJ Illustre 1918-01-27 D.jpg
 

Exposition sur le front d'un matériel pris à l'ennemi

Obusiers de 103 allemands capturés

Obusiers de 103 allemands

Obusiers allemands de 103

Divers canons allemands capturés

Artillerie de tranchées allemandes et lance-bombes

Canons allemands (Minen)

Minens de 24/5 et canons revolvers allemands

 

 

Thèmes qui pourraient être développés

  • Marine - Combat naval à l'entrée des Dardanelles - Le "Breslau" coulé - Le "Goeben" fortement avarié s'échoue - La revanche britannique
  • Russie - La constituante russe a vécu douze heures - Lénine la dissout, les matelots la dispersent
  • Politique - L’affaire Caillaux
  • La question irlandaise - Sir Edward Carson donne sa démission
  • Rationnement - La carte de pain et son fonctionnement - Elle s'étendra bientôt de Paris à toute la France
  • Autriche - Caractère maximaliste de l'agitation ouvrière autrichienne
  • Allemagne - La réforme de la constitution prussienne
  • Russie - Maxime Gorki blessé
  • La réception de M. Bergson sous la Coupole
  • Le drapeau de la légion (LPJ Sup)
  • Conseils pratiques - La politesse (LPJ Sup)
  • Artillerie - Le tir de barrage
  • Les palais impériaux de Russie, confisqués par les maximalistes (Photos dans LPJ Sup)
  • Exposition sur le front d'un matériel pris à l'ennemi (Photos dans LPJ Sup)
  • Religion - Fête religieuse - Conversion de Saint Paul - 25 janvier
  • Religion - Fête religieuse - Septuagésime


19/01/2018
0 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 305 autres membres