14-18Hebdo

14-18Hebdo

184e semaine de guerre - Lundi 4 février au dimanche 10 février 1918

LUNDI 4 FEVRIER 1918 - SAINT ANDRE CORSINI - 1282e jour de la guerre

MARDI 5 FEVRIER 1918 - SAINTE AGATHE - 1283e jour de la guerre

MERCREDI 6 FEVRIER 1918 - SAINTE DOROTHEE - 1284e jour de la guerre

JEUDI 7 FEVRIER 1918 - SAINT ROMUALD - 1285e jour de la guerre

VENDREDI 8 FEVRIER 1918 - SAINT JEAN DE MATHA - 1286e jour de la guerre

SAMEDI 9 FEVRIER 1918 - SAINT CYRILLE D’ALEXANDRIE - 1287e jour de la guerre

DIMANCHE 10 FEVRIER 1918 - QUINQUAGESIME - 1288e jour de la guerre

Revue de presse

-       Après la conférence - La déclaration des Alliés

-       Bolo pacha en conseil de guerre

-       Les négociations de Brest-Litovsk

-       Des bombes sur Venise, Padoue, Trévise et Mestre

-       Fin des grèves allemandes

-       L'imbroglio russe - Les gardes blanches progressent en Finlande

-       Le transport "Tuscania" torpillé - 210 soldats américains noyés - Le sauvetage des survivants

-       Les Russes refusent de signer la paix immédiate

-       L'affaire Malvy

 

Morceaux choisis de la correspondance

Du 12 janvier au 11 mars - JMO 260e RAC/2e groupe.- Le groupe dont la zone d’action est le Ss secteur 2 Bois (droite du secteur des Chambrettes) exécute presque quotidiennement des barrages et des C.P.O. La plupart des barrages sont exécutés sous de violents bombardements ennemis.

 

4 février - Maurice Boucher (Armées) à Georges Cuny, son beau-frère.- En rentrant ici je suis passé par Paris et je suis allé déjeuner chez Paul Cuny. Il m’a longuement causé d’un projet d’augmentation de la Filature de Cheniménil et m’a demandé de le préparer et de faire un plan. J’aurai bien du mal à y arriver, quantité de choses m’étant sorties de la tête et toute documentation me manquant, je tâcherai cependant d’y arriver. Paul m’a dit qu’il ne savait pas si tu resterais chez les HGP et que dans le cas où tu n’y resterais pas, ce qu’il espère, il serait intéressant de faire de Cheniménil une affaire de 100 000 Broches et de 1000 métiers Northrops. Tu serais administrateur délégué avec moi. Mon cher Geogi, peut-être en lisant ces lignes tombes-tu du ciel. En entendant Paul me parler de tout cela, j’avoue que j’ai été quelque peu ahuri. Dans tous les cas tu sais que, si cette éventualité se présentait, ce serait ma plus grande joie… Dis-moi en tous cas ton avis sur cette augmentation qui paraît tenir particulièrement au cœur de Paul mais qui n’est bien entendu dans son esprit qu’en cas d’une paix minimum discours Lloyd George avec l’Alsace-Lorraine à nous. Paul prétend qu’il faudra faire vite, très vite, pour pouvoir travailler au moins 3 ans avant que le Nord ne reproduise et que les stocks ne soient reconstitués.

 

5 février - LUI.- J’ai reçu tes bonnes lettres du 29 et du 30 janvier. Qu’est-ce que cette petite femme qui se permet de maigrir ainsi. Il faut bien vous reposer ma chérie et tâcher bien vite de regrossir pour faire plaisir à votre Geogi. C’est bientôt si je ne m’abuse l’anniversaire de votre naissance, je demande au bon Dieu à cette occasion qu’il continue à vous protéger, vous qui savez si bien faire mon bonheur et sans qui je ne pourrais plus vivre.

 

Je t’avais dit que je serais peut-être désigné pour le cours de gaz de Paris. Malheureusement nous venons de recevoir un ordre disant qu’en raison des travaux considérables qu’on exécute sur tout le front et dans le but de laisser les officiers à la tête de leurs unités, tous ces cours sont supprimés. On dit supprimés provisoirement, mais je ne pense pas qu’on les rétablira avant ma prochaine permission. A ce sujet j’avais mal compté l’autre jour et je crois que si cela continue ainsi je pourrai revenir en permission pour le mois d’avril.

 

Voilà le beau temps revenu depuis ce matin et le brouillard a légèrement disparu. J’en ai profité puisque cela ne peut durer que quelques jours pour aller de nouveau à l’endroit où a été tué ce pauvre Edouard Michaut avec un de mes sous-lieutenants qui a pris une assez grande quantité de vues. Comme nous ne pouvons pas les développer ici, je te les envoie mais elles ne partiront pas avant demain, car j’avais peur que tu les déroules croyant qu’elles sont développées. Il y en a d’ailleurs deux qui n’intéressent que toi, c’est un coin du bois du Vaux Chapitre. Tu m’y verras ainsi que le sous-lieutenant en question à côté d’un tronc d’arbre démoli par les obus. Les autres au contraire peuvent toutes intéresser Madeleine. Son mari a été tué sur la route qui va de Fleury à l’Etang de Vaux à côté d’une carrière que tu verras sur les photos. Les batteries étaient sur la pente sud et il a été ramassé presque tout de suite. Mais les hommes qui l’ont ramassé ont été tués depuis. Le bois que l’on voit de la route est le bois de Vaux Chapitre, qui lui aussi a été célèbre. Veux-tu te charger de les faire tirer et d’en envoyer des épreuves à Madeleine. Tu m’enverras celle où je figure ainsi que le lieutenant, c’est la moindre chose que je lui donne une photo puisqu’il m’a offert les deux rouleaux.

 

Alors ma petite Mie j’espère que tu vas aller mieux et que tu pourras m’annoncer prochainement que tu es redevenue la chérie.

 

On redoute une attaque boche du côté de Nancy. Si on fait évacuer la ville, c’est que très probablement on ne défendra pas les premières positions et qu’on se repliera de suite sur une position en arrière où on pourra attendre plus facilement l’attaque.

7 février - LUI.- J’ai reçu ta bonne lettre du 1er février et suis content que tu ailles mieux. J’espère bien que tu vas te remonter très vite et d’un côté je suis heureux que le cours de gaz ait été supprimé à Paris, car c’eut été encore un voyage bien fatigant pour toi. Je te fais envoyer aujourd’hui les deux rouleaux de photos dont je t’ai parlé dans ma dernière lettre. J’ai préféré attendre un peu pour que tu sois prévenue à l’avance que ces pellicules n’étaient pas développées. A ce sujet, j’ai vu dernièrement tout à côté d’une de mes batteries une pierre tombale sur laquelle est marquée l’inscription suivante : « A la mémoire du Capitaine..., du Lt..., du Ss lieutenant Humblot, morts pour la France le 28 juillet 1917 ». Je crois me rappeler que les Humblot ont perdu un fils à Verdun. Ne serait-ce pas celui-là ? Tu pourrais peut-être écrire un mot soit aux Garnier, soit à Mme Paul Luc. Bien entendu on ne pourra rien retrouver car il parait que ces pauvres malheureux ont été ensevelis dans un abri d’où on n’a pu les sortir. La borne en question marque simplement l’emplacement de l’abri. Je pourrais aussi faire prendre une photographie si cela pouvait faire plaisir aux parents.

 

As-tu reçu les 500 francs que je t’ai fait envoyer dernièrement ?

 

Nous avons encore eu une journée de brouillard hier. Aujourd’hui le vent souffle de l’Ouest, le brouillard a disparu mais nous craignons la pluie et je crois bien qu’il faudra de nouveau pomper pour épuiser notre abri.

 

Je crois en effet qu’on redoute une attaque boche du côté de Nancy. Si on fait évacuer la ville, c’est que très probablement on ne défendra pas les premières positions et qu’on se repliera de suite sur une position en arrière où on pourra attendre plus facilement l’attaque. On a d’ailleurs parfaitement raison car avec les moyens actuels une attaque bien montée prend toujours la première ligne. Si on persiste à la tenir, on a beaucoup de pertes, beaucoup de prisonniers et l’ennemi prend également beaucoup de matériel. C’est du moins ce qui s’est produit en Champagne, à Verdun, dans la Somme et sur l’Aisne. Mais d’un autre côté si on laisse les boches gagner 5 ou 6 kilomètres, Nancy ne sera plus à l’abri du bombardement des canons de moyen calibre et on a raison de le faire évacuer. Pourquoi risquer toute une population.

 

9 février - LUI.- J’ai reçu tes deux bonnes lettres du 2 et du 3 février en même temps avant-hier. C’était parfait mais hier je n’avais rien et c’était bien ennuyeux. Tu vois qu’on n’est jamais content.

 

Il faut passer sur tous ces petits ennuis dont tu me parles. On ne saurait prendre trop de précautions avec les avions boches et on a raison de vous faire cacher vos lumières. Il arrive souvent qu’un avion qui n’a pas pu accomplir une mission déterminée, comme d’aller bombarder Epinal par exemple, jette ses bombes à son retour. Il choisit pour cela les endroits éclairés et, comme à ce moment-là il n’est plus gêné par les canons contre avions, il peut descendre très bas et être sûr de jeter sa bombe au bon endroit. C’est du moins ce que font les nôtres.

 

J’ai reçu une lettre de P. Mangin que tu trouveras incluse, en réponse à celle que je lui avais adressée au Nouvel An. Il ne faut pas s’étonner si la discipline et la surveillance diminuent dans les usines, puisqu’il n’y a personne pour y tenir un peu la main. Après la guerre, on ne pourra plus exiger ce qu’on exigeait. Tout ce personnel a été gâté et il est très difficile de faire perdre les mauvaises habitudes. Ce qui m’étonne, c’est qu’il semble dire qu’à Charmes c’est la même chose et même pis. Il est vrai qu’il a toujours une dent contre Emile Lemaire et qu’il est peut-être un peu partial.

 

Maman a fort bien fait de se décider à électrifier l’usine du Gd Meix. D’ailleurs si la Cie Lorraine a admis une traite d’un an, il n’y avait pas à hésiter. J’engage beaucoup Maman à ne pas faire cette transformation sans l’aide de Mr Rolland, quelles que soient les conditions. Il m’a semblé être un homme compétent et sérieux et je serais bien étonné qu’il posât des conditions draconiennes car il paraît très honnête. D’ailleurs il faudrait quand même que Maman eût quelqu’un.

 

Nous avons assez beau temps ces jours-ci et bien que nous fassions encore de temps à autre barrage, les boches sont un peu plus tranquilles. En tout cas ils prennent le temps pour monter leur grosse attaque et je me demande vraiment s’ils songent à nous attaquer sur notre front.

 

Je serai très content de recevoir les cahiers des enfants. J’espère qu’ils sont sages et qu’ils travaillent bien. Embrasse-les bien fort pour moi. Je me réjouis moi aussi de te serrer dans mes bras et je pense souvent à ma petite Mimi et aux moments si doux que nous avons passés ensemble à ma dernière permission. J’ai hâte de les revivre encore et embrasse tout ton petit corps chéri de tout cœur.

 

   

Gravures du Petit Journal - Supplément illustré - 10/02/1918 (N° 1416)

LPJ Illustre 1918-02-10 A.jpg

Le guetteur

 

 

Explosions (photos)

LPJ Illustre 1918-02-10 C.jpg
 

Explosions

Un obus français fait sauter un dépôt boche

Des boches qui l'échappent belle ! Un gros obus français tombe au milieu d'un détachement allemand (reproduction d'une photo allemande)

Explosion d'un dépôt de munitions boches

Explosion d'un obus de 420

Explosion photographiée à bout portant

Explosion d'une marmite

Marmites boches explosant sur les barbelés des Canadiens

Shrapnel au moment de l'explosion

Explosion d'une marmite boche

 

Construction d’une voie stratégique (photos)

LPJ Illustre 1918-02-10 D.jpg

Construction d'une voie stratégique

Défoncement et établissement du ballast

Pose des rails

Transport des rails par mulet

Serrage des éclisses des rails

Locomotive militaire à double cheminée (côté du mécanicien)

Dépôt, sous un bois, du matériel camouflé (des branchages ont été posés sur les rails pour les dissimuler)

Petit pont en bois, établi sur une rivière, pour livrer passage à la voie stratégique

Une cuisinière, installée sur wagonnet, apporte leur repas aux poseurs de la voie

Etablissement de l'ossature d’un pont destiné à livrer passage à une voie stratégique

 

Thèmes qui pourraient être développés

  • Procès - Bolo pacha en conseil de guerre
  • Italie - Bombardement - Des bombes sur Venise, Padoue, Trévise et Mestre
  • Allemagne - Fin des grèves allemandes
  • Russie - L'imbroglio russe - Les gardes blanches progressent en Finlande - Les Russes refusent de signer la paix immédiate
  • Marine - Le transport "Tuscania" torpillé - 210 soldats américains noyés - Le sauvetage des survivants
  • Industrie- Faire vite, très vite, après guerre, pour pouvoir travailler au moins 3 ans avant que le Nord ne reproduise et que les stocks ne soient reconstitués
  • Offensive - Avec les moyens actuels une attaque bien montée prend toujours la première ligne. Si on persiste à la tenir, on a beaucoup de pertes, beaucoup de prisonniers et l’ennemi prend également beaucoup de matériel. C’est du moins ce qui s’est produit en Champagne, à Verdun, dans la Somme et sur l’Aisne.
  • Aviation - Un avion qui n'a pas atteint sa mission jette ses bombes n'importe où
  • Le guetteur (LPJ Sup)
  • Du maréchal de Villars au maréchal Joffre (LPJ Sup)
  • Explosions (Photos dans LPJ Sup)
  • Construction d'une voie stratégique (Photos dans LPJ Sup)
  • Conseils pratiques - L'héritage (LPJ Sup)
  • Religion - Fête religieuse - Quinquagésime


02/02/2018
0 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 298 autres membres