14-18Hebdo

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14e semaine de guerre - Lundi 2 novembre au dimanche 8 novembre 1914

 

LUNDI 2 NOVEMBRE 1914 - COMMEMORATION DES FIDELES DEFUNTS - 92e jour de la guerre

MARDI 3 NOVEMBRE 1914 - SAINT HUBERT - 93e jour de la guerre

MERCREDI 4 NOVEMBRE 1914 - SAINT CHARLES BORROMEE - 94e jour de la guerre

JEUDI 5 NOVEMBRE 1914 - SAINT ZACHARIE - 95e jour de la guerre

VENDREDI 6 NOVEMBRE 1914 - SAINT WINOC - 96e jour de la guerre

SAMEDI 7 NOVEMBRE 1914 - SAINTE LUCIE - 97e jour de la guerre

DIMANCHE 8 NOVEMBRE 1914 - SAINTE HELENE - 98e jour de la guerre

Revue de presse

-       De nouvelles et violentes attaques sont repoussées sur tout le front

-       Rupture des relations diplomatiques entre la Triple Entente et la Turquie

-       Les blessés allemands sont innombrables

-       Nous avons gagné du terrain en Belgique, dans l'Aisne et dans l'Argonne

-       Un croiseur anglais bombarde Akaba

-        « Notre situation est bonne » dit le général Joffre dans un télégramme au grand-duc Nicolas

-       Les attaques allemandes semblent faiblir dans le Nord, mais s'accentuent au centre

-       La France déclare la guerre à la Turquie

-       L'Angleterre déclare la guerre à la Turquie

-       Grande victoire russe en Galicie

-       Les Allemands se replient sur Ostende

-       Capitulation de Tsing-Tao

Morceaux choisis de la correspondance

3 novembre - JMO 5e RAC/Groupe 95.- Etat de proposition pour la Légion d’honneur en faveur du capitaine Cuny blessé au combat du 31 octobre au 1er novembre. « A dans l’attaque de nuit du 31 octobre au 1er novembre énergiquement soutenu et excité le moral et l’ardeur de ses hommes continuant à tirer sous le feu repéré d’une batterie Allemande. Gravement blessé à la fin de l’action par un projectile mettant hors de combat tous les canonniers d’une même pièce, a demandé avec instance qu’on s’occupa d’abord des blessés de sa batterie ».

 

Etat de proposition pour la médaille militaire en faveur du Mal d. Lis Schoeny blessé au combat du 31 oct. Au 1er nov. « A fait preuve d’un sang froid tout à fait extraordinaire à l’attaque de nuit du 31 oct. au 1er nov., horriblement blessé à plusieurs parties du corps, a répondu au commandant du groupe qui lui annonçait qu’il le proposerait pour la médaille militaire : je n’ai rien fait pour ça ».

Elle a une mémoire surprenante cette petite, c’est dommage que ce ne soit pas un garçon car elle a beaucoup de facilités.

4 novembre - ELLE.- André est en train de faire une division à 4 chiffres, il commence à bien savoir les faire. Noëlle fait des multiplications, elle sait à peu près son livret maintenant. Elle a une mémoire surprenante cette petite, quand on lui donne une fable à apprendre, elle la sait en deux minutes, c’est dommage que ce ne soit pas un garçon car elle a beaucoup de facilités. Quant à Robert inutile d’en parler, c’est la paresse incarnée.

Ce service de santé est vraiment bien mal fait. Il y a tant de militaires qui ne font rien dans les bureaux, on pourrait bien en employer à relever les noms des blessés et à les envoyer à leurs familles.

Je n’ai toujours pas de nouvelles de Maman et de Georges et en suis bien ennuyée. Nous voilà au 4 et depuis le 8 où il a été blessé, c’est surprenant qu’il n’ait pas trouvé le moyen de nous écrire ou nous faire écrire. Maman n’est pas rentrée et, comme dans sa lettre de vendredi arrivée dimanche elle nous disait que si elle ne trouvait rien jusqu’au lendemain elle reviendrait ici, cela me fait espérer qu’elle a enfin découvert la trace de Georges. Elle attendait encore des réponses aux divers télégrammes qu’elle avait envoyés à Béthune, à St Pol s/Mer, à Berck. Ce service de santé est vraiment bien mal fait. Il y a tant de militaires qui ne font rien dans les bureaux, on pourrait bien en employer à relever les noms des blessés et à les envoyer à leurs familles.

 

Je suis allée à Epinal hier, à la Place. Mr Manuel m’a encore dit que je devrais télégraphier au bureau des Comptabilités à Bordeaux, que je pourrais trouver là encore quelques renseignements. Je l’ai fait de suite naturellement. Il s’est offert aussi à téléphoner au dépôt de Gray. Voyant que Georges ne nous fait rien dire, je crains qu’il ne soit mort en route, puisque au commencement on disait qu’il ne lui fallait aucun mouvement dans son lit. J’ai peur qu’on l’ait évacué trop vite et qu’il en ait souffert. Le jeune Lang, beau-frère de Manuel a été tué le 8 près d’Arras.

 

La femme de Pierre Geny a quitté Lens par le dernier train qui quittait la ville avant l’arrivée des Allemands. La pauvre jeune femme a eu de grosses angoisses, il a fallu au dernier moment opérer son petit qui avait une hernie étranglée, enfin tout a bien réussi.

 

Thérèse nous quittera prochainement. Sa belle-sœur, partie en Bretagne au mois d’août a le désir de revenir au pays, mais n’ose pas encore rentrer à Raon dont les Allemands ne sont pas assez éloignés. Cela ennuie Thérèse qui est obligée de remettre sa maison en état, de faire des provisions, etc., alors qu’elle avait fait son compte pour rester avec nous jusqu’à la fin de la guerre.

 

Robert est privé de dessert parce qu’il a été impoli, cela lui arrive encore souvent.

 

Gravures du Petit Journal - Supplément illustré - 08/11/1914 (N° 1246)

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Le bon tireur

A douze kilomètres des faubourgs de Lille, un pont tournant enjambe le fleuve. Point stratégique d’importance : il faut arrêter la poussée des adversaires sans faire sauter le pont. Le colonel du …e dragons appelle le cavalier Fricard, le premier tireur de son régiment. « A toi l’honneur ! » lui dit-il simplement. Avec deux compagnons qui lui tiennent les deux carabines prêtes, Fricard se cache derrière une meule, à 70 mètres du pont. Deux lanciers arrivent en éclaireur, au petit trot : il les tue. Trois ensuite : il les tue encore. Cinq uhlans, dix minutes plus tard, subissent le même sort. A chaque coup, Fricard fait mouche. Il en tue trente ainsi à la suite. Ces trente morts, mieux que tout vivant, ont gardé tout le jour le pont inaccessible. Le soir, en rentrant, devant les hommes, le colonel du …e dragons a embrassé Fricard.

 

Les villes martyres - Dinant, Liège, Charleroi, Visé, après le passage des Allemands

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Combien, après la guerre, restera-t-il de villes belges qui n’auront à porter ce nom de villes-martyres ?... Il en restera bien peu. Presque toutes ont souffert de l’abominable brutalité, de la cruauté, de la barbarie de l’envahisseur. Si Louvain, si Termonde ont été plus cruellement frappées que les autres, il n’en est pas moins vrai que partout demeurent des traces de l’impitoyable férocité des Allemands. Voyez cette jolie petite ville de Dinant. La vue en était si riante quand on arrivait de la gare et qu’on apercevait le clocher bulbeux de son église, se détachant sur le fond des rochers. Pauvre église, pauvre clocher, pauvre pont, pauvres maisons jolies qui bordaient la Meuse ! Tout cela n’est plus que décombres. Voyez ce qu’ils ont fait à Liège. Alors que leurs troupes occupaient la ville, ils incendiaient plusieurs maisons voisines de l’Université et ils en fusillaient les habitants sans raison. A Charleroi, de même, ils brûlaient pour le plaisir. A Visé, ils détruisaient et massacraient de même ; et, de la gracieuse petite ville, ils faisaient un monceau de ruines.

 

Tout cela est abominable et tout cela ne doit pas être oublié. C’est pourquoi nous nous rangeons à l’avis de notre confrère la ‘Métropole’ d’Anvers qui invite ses compatriotes à faire ériger, après la libération du territoire, dans toutes les villes et dans tous les villages où les Allemands commirent des atrocités, un monument commémoratif mentionnant les forfaits commis et le nom des victimes. « Ce témoignage, dit la ‘Métropole’, perpétuera le souvenir de nos souffrances, l’héroïsme de nos martyres, l’ignominie de nos bourreaux. Il faut que partout, en Belgique, où ces crimes furent commis, se dresse ce terrible ‘memento’, à la fois ‘memento’ de gloire pour les victimes et d’opprobre pour les assassins. »

 

Dinant - Rive droite de la Meuse après le passage des Allemands

Dinant - Rive gauche de la Meuse après le passage des Allemands

Liège après le passage des Allemands

Charleroi après le passage des Allemands

Visé après le passage des Allemands

Visé (l'église) après le passage des Allemands

  

Thèmes qui pourraient être développés

  • La rupture avec la Turquie
  • La capitulation de Tsing-Tao
  • Le Tommy : le nom familier des soldats anglais (LPJ Sup)
  • Les villes martyres : Dinant, Liège, Charleroi, Visé (LPJ Sup - Photos)
  • Religion - Fête religieuse - Commémoration des Fidèles Défunts - 2 novembre


31/10/2014
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