14-18Hebdo

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10e semaine de guerre - Lundi 5 octobre au dimanche 11 octobre 1914

 

LUNDI 5 OCTOBRE 1914 - SAINT PLACIDE - 64e jour de la guerre

MARDI 6 OCTOBRE 1914 - SAINT BRUNO - 65e jour de la guerre

MERCREDI 7 OCTOBRE 1914 - SAINTE FOI - 66e jour de la guerre

JEUDI 8 OCTOBRE 1914 - SAINTE BRIGITTE - 67e jour de la guerre

VENDREDI 9 OCTOBRE 1914 - SAINT DENYS L’AREOPAGITE - 68e jour de la guerre

SAMEDI 10 OCTOBRE 1914 - SAINT FRANCOIS DE BORGIA - 69e jour de la guerre

DIMANCHE 11 OCTOBRE 1914 - SAINT NICAISE - 70e jour de la guerre

Revue de presse

-       Nous avons pris l'offensive dans le Nord

-       L'ennemi repoussé dans l'Argonne et les Hauts-de-Meuse

-       L'offensive russe - Bulletin de victoire - La défaite allemande est complète à Augustow - Les Russes sont entrés en pleine Hongrie

-       Le comte Albert de Mun, député, membre de l’Académie française, est mort subitement à Bordeaux

-       M. Poincaré visite les blessés et porte des fleurs aux morts

-       L'offensive russe - La marche sur Cracovie

-       Anvers, évacué par l’armée belge, est aux mains des Allemands

Morceaux choisis de la correspondance

Des officiers disent que la guerre durera jusqu’en juin. Grand Dieu ! Pourvu que cela ne soit pas.

7 octobre - ELLE.- Nous voici déjà au 7 octobre, c’est le moment où chaque année on abandonnait la vie mouvementée des vacances pour reprendre notre chez nous si paisible et si heureux, mon bon chéri que n’en sommes-nous pas là maintenant ?

 

Je veux attendre le retour du beau temps pour me mettre en route pour aller te voir. Comme tu me le demandes, je t’enverrai une dépêche lorsque je serai en Hte Saône pour te prévenir de mon arrivée, si je suis en auto ou si je viens par le train.

 

Nous avons eu de nouveau une quantité de soldats ces jours-ci, toute une division qui venait de Gérardmer et environs et nous avons revu notre auto qui sert à l’état-major. La pauvre voiture dont Sidore[1] était si fier aurait eu bien besoin de son ardeur pour faire rebriller les cuivres qui étaient vert-de-grisés. J’étais allée avec Dédé la revoir lorsqu’elle était arrêtée devant la mairie pour dire à son conducteur de la soigner, tout au moins comme moteur, mais le soldat m’a dit qu’on ne nous la rendrait pas, qu’on la paierait certainement à la fin de la guerre. Je lui disais qu’on m’avait dit qu’on me paierait seulement par nombre de jours où on l’emploierait. Mais il a prétendu que non, qu’on les paie d’après le prix de facture en déduisant une somme proportionnelle à leur date d’achat, ainsi il disait que la nôtre qui a coûté 16 000, on nous en donnerait au moins 11 000 plus encore une indemnité pour les accessoires et les pneus en plus. S’il a dit vrai ce serait superbe mais j’en doute. Il a dit qu’après la guerre on revendrait toutes ces voitures aux enchères, on pourra peut-être en racheter, mais elles seront sans doute en triste état.

 

Ils s’en allaient tous pour une destination inconnue. Ce soir, un officier près duquel je passais disait à un autre qu’ils partaient pour Ostende. Cela me semble bien loin, on veut peut-être tenter un mouvement enveloppant. Mais ce qui me plaît moins c’est que ceux qui logeaient chez Marie K. disaient que la guerre durerait jusqu’en juin. Grand Dieu ! Pourvu que cela ne soit pas. Pendant si longtemps être séparée de toi et les pauvres combattants, que ne souffriront-ils pas pendant l’hiver. Nous avons commencé aujourd’hui à faire des lainages que nous enverrons à Maurice et à Georges pour qu’ils les distribuent autour d’eux.

 

Les trains ne vont plus que jusque Corcieux. La gare de St-Dié a beaucoup souffert du dernier bombardement et il faut qu’on la déblaie.

Gravures du Petit Journal - Supplément illustré - 11/10/1914 (N° 1242)

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Brigades d’incendiaires en action - Comment ils brûlent méthodiquement les villes

« Tout ce qu’il y a d’élevé et de noble dans la vraie culture de l’âme et de l’esprit, dans le développement du genre humain, a atteint sa plus complète, sa plus pure expression dans le peuple allemand. » Ces lignes sont extraites d’un journal allemand, bien entendu de la ‘Deutsche Handelsblatt’ ; et celui qui les a écrites a l’air vraiment d’un sinistre pince-sans-rire. Ah ! parlons-en de la culture de la civilisation allemande ; et vous voyez comment ils la répandent. Avec des réservoirs à pression contenant de l’essence de pétrole, et montés sur automobiles, ils parcourent les rues des villages, aspergent les maisons, après quoi ils y jettent des grenades incendiaires. Ils ont dans chaque corps, dans chaque régiment, une brigade spécialement chargée de l’incendie. Les hommes qui la composent portent des caissons de fer-blanc attachés sur la poitrine et contenant de l’essence : ils entrent dans les maisons, les inondent du liquide incendiaire ; ils ont des bâtons phosphoreux dont ils enduisent les portes et les boiseries. Bref, on ne saurait imaginer organisation plus parfaite et plus méthodique. La voilà la culture allemande !... Elle a consisté surtout à développer chez les Allemands l’art de piller, de détruire et d’incendier !

 

 

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Bravo taureau !

M. Adrien Mithouard, président du Conseil municipal de Paris, de retour de Montceau, où, après le passage des Allemands, il était allé constater leurs déprédations, a conté en ces termes les exploits d’un taureau français. Lorsqu’on annonça l’ennemi, les paysans de Montceau ouvrirent toutes grandes les portes des étables pour que les bêtes pussent s’égailler dans les environs. Parmi elles se trouvait un taureau qui sortit dans la rue, flaira, tendit les jarrets et attendit anxieux. A ce moment, le canon commença à se faire entendre. La bête alors fonça et sortit du village. Sur un tertre, une compagnie allemande venait de prendre place. Le taureau pénétra au milieu des hommes, les cornes en avant, fou de rage. Ah ! il fit vite ; comme des quilles, les Allemands, à peine revenus de leur stupeur, tombaient. Une première décharge arrêta un instant la fureur du taureau, mais il n’était pas frappé à mort et il recommença à déchirer à droite et à gauche à coups de cornes. Enfin les balles en eurent raison. Il s’étendit, la besogne terminée. Il avait tué dix-huit Allemands.

 

 

Les villes martyres - Louvain

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C’est l’une des plus anciennes villes de Belgique, la cité des livres et de la science. Son hôtel de ville, miraculeusement préservé des projectiles allemands, est le plus riche et le plus beau des monuments de style ogival flamboyant de la Belgique. D’après un délicieux dessin extrait du bel ouvrage de Robida sur les « Villes de Flandre », nous en donnons une reproduction. Nous reproduisons d’après le même ouvrage une vue de l’église Saint-Pierre, la superbe basilique qui fut détruite avec sa chaire magnifique et tous les chefs-d’œuvre qu’elle contenait. La rage des Allemands, à Louvain, s’est surtout acharnée sur l’Université installée depuis 1432 dans les anciennes Halles qui servaient aux drapiers. L’Université était justement célèbre dans le monde entier. C’est là que professa Juste Lipse ; c’est de là que sont sortis une foule de savants qui ont fait et qui font encore la gloire de la Belgique. La bibliothèque, contenant 150 000 volumes et des manuscrits d’une grande valeur, fut complètement brûlée. Quant à la ville, elle n’est plus que ruines et désolation. On connaît le nom du chef allemand qui a ordonné cette destruction, c’est le major von Manteufel du 35e régiment d’infanterie. Ce nom sera éternellement voué au mépris et à l‘exécration de l’humanité.

 

Louvain - Eglise Saint-Pierre qui fut détruite par le bombardement

Louvain - Rue de Namur en ruines

Louvain - L'Hôtel de Ville miraculeusement préservé

Louvain - Chaire de l'église Saint-Pierre que les Allemands ont brûlée

Louvain - Ce qui reste de la place des Halles

  

Thèmes qui pourraient être développés

  • Saint-Saëns : voir - EDP[2] 06/10/14 C. Saint-Saëns « Germanophilie »
  • Les vacances scolaires : Fin des vacances (07/10) - Rentrée des classes
  • L’achat des voitures
  • Une brigade d'incendiaires : voir LPJ Supplément illustré 11/10/14
  • Les villes martyres : Louvain : voir LPJ Supplément illustré 11/10/14 (Photos)
  • Religion - Fête religieuse - Sainte Foi - 7 octobre


[1] Isidore Voinson, jardinier des Georges Cuny

[2] EDP : L’Echo de Paris



30/09/2014
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