14-18Hebdo

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Reims et sa cathédrale pendant la guerre

 

Patrick Germain · 22/09/2014

Reims, ville martyre ; et pourtant, avant la guerre, aucune des planifications d'opérations militaires ne prédestinait cette ville de 113 000 habitants à pareil désastre (en novembre 1918, il ne restait que 60 maisons habitables sur 14 000...).

En effet, le Plan XVII de L'Etat-major français avait arrêté la décision d'une offensive en Lorraine.

De son côté, l'Etat-major allemand appliquait le plan Schlieffen (concentration massive de troupes et invasion rapide de la Belgique dans la direction de Paris et enveloppement des troupes alliées avant les premiers effets de la mobilisation Russe).

Reims ne faisait donc partie d'aucun périmètre de cette planification d'opérations.

C'est l'échec de ces 2 plans qui aboutit à la bataille de la Marne et au positionnement de Reims sur le front en octobre 14 (après que Reims eut fait partie de la zone d'invasion allemande qui s'arrêta 40 kms au Sud au niveau des Marais de Saint Gond, point de départ de la contre-offensive du 06/09/14).

Reims était entourée d'une ceinture de forts (construits après la guerre de 70), dont seul le fort de La Pompelle (au S.E de la ville) pu être repris par les alliés au terme de très violents combats.

Les alliés, malgré leurs efforts, ne parvinrent point à déloger les Allemands des forts au Nord de Reims, que ces derniers avaient puissamment équipés d'artillerie lourde qui allait s'acharner à pilonner la ville pendant 1 051 jours (pendant la seule nuit du 05 au 06/09/15, 7 500 obus tombèrent sur Reims).

La cathédrale subit son 1er bombardement les 17 et 18/09/14 ; l'incendie qui s'ensuivit, rapide (2h1/2) et violent, saccagea l'édifice sous les yeux désespérés des Rémois impuissants, en crevant les voûtes de la nef et mutilant 70 statues, dont "L'Ange au Sourire".

Sous de fallacieux prétextes tactiques (la terrasse des tours pouvant servir de poste d'observation), l'Etat-major allemand voulait avant tout saper le moral des Français en s'attaquant à une référence majeure de leur Histoire (lieu du sacre des rois).

C'est ainsi qu'au travers de sa cathédrale, Reims ville martyre eut valeur de symbole de courage pour la France entière pendant touts la durée de la guerre, avant de devenir celui de la reconstruction du pays (la reconstruction de la cathédrale, achevée en 1937, fut financée entre autres par les mécènes américains Rockefeller, Carnegie et Morgan), puis, plus tard, celui de la réconciliation franco-allemande (rencontre de Gaulle - Adenauer à Reims le 08/07/1962).



26/09/2014
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