14-18Hebdo

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Docelles – 1914-1918 – 7. Images d'anciens combattants

Christian Tarantola - Novembre 2004

 

Il y a tous ceux qui en sont revenus que l'on a connus peu ou prou. Ceux qui vont s'inscrire au long de ces pages échappent au destin de l'oubli. D'autres sont déjà partis à jamais des mémoires. Quel que soit l'avis que l'on puisse avoir sur la Grande Guerre, nous ne pouvons oublier qu'ils furent les acteurs obligés de cette immense tuerie, qui pour la première fois se déroulait au niveau du globe. Des millions d'hommes allaient devoir se jeter les uns contre les autres, et le monde qui en résulterait serait totalement bouleversé.

 

GRISVAL Louis

Merci à Marcel Grisval et sa famille pour les documents prêtés

 

Louis Grisval, le « Père Grisval »

 

Les souvenirs le lient toujours à la terre, à la ferme de l'usine, aux chevaux. Il laisse une image de « dur au travail » et à la peine, mais aussi de longues heures passées à écouter ses récits de cette guerre qu'il a connue et dont il a souffert. La plupart du temps, ce retour au passé se terminait par la blessure reçue là-bas en Belgique « au Kemmel », évoquée l'Almanach du Combattant à la main. Parfois bougon aussi.

 

Prenant l'air ou le soleil sur son banc devant sa maison, au côté de son petit bout de femme (cette excellente cuisinière qui assura tant de repas, lors des noces et autres festivités), il répondait toujours au bonjour du passant de sa voix si particulière.

 

Louis Grisval, la casquette visée sur la tête, dernier Ancien Combattant du village, ultime porteur du drapeau devant le monument aux morts, lors des cérémonies patriotiques qui attiraient alors quelque monde. Une grande figure.

 

Sa GUERRE

Né à Hadol, le 28 septembre 1896, Louis, fils de cultivateur, est appelé sous les drapeaux le 10 avril 1915, dans les rangs du 12e régiment de dragons. Celui ci appartient à la 2e division de cavalerie, du 20e corps dont le PC est à Troyes. Hélas, de la cavalerie, il ne reste plus grand’chose en ce temps. La guerre hideuse s'est enterrée depuis des mois, traçant un sillon sanglant, qui s'étire de la mer du Nord à la Suisse et les fiers cavaliers sont « démontés ». Nous sommes loin de la description de début de guerre que donne une élève dans une rédaction.

 

Le soldat Grisval fera trois séjours dans l'enfer de Verdun : 14 jours, 17 jours, 14 jours.

 

Notre jeune soldat va connaître lui aussi l'indicible horreur des champs maudits. Il racontait encore, quelques années avant sa mort, sa terreur quand il fut emporté par les flots sur la digue de l'étang de Vaux. C'est une souche à laquelle il est accroché qui lui sauve la vie. A ce sujet Mme Grisval avouait que, durant de très longues années, Louis en avait gardé un cauchemar terrible pouvant le troubler dans ses nuits... Le traumatisme que la guerre avait causé à ces hommes jeunes ne s'est pas arrêté le 11 novembre 1918 ! A Verdun, les morts déchiquetés tués plusieurs fois, les cris et les malheurs du poste de secours où les blessés s'entassent et meurent, faute de soins. Ces mêmes blessés que l'on ne peut ramasser et qui restent là, couchés sur la terre ravagée, dans les trous d'obus, et qui sont abandonnés, par ordre. Mais pourtant un homme a ramené son copain, dont la jambe arrachée pendait, inutile, puis il est reparti vers sa guerre, souvenirs de guerre, souvenirs longtemps après, toujours présents.

 

LA SOMME

Echappé de l'enfer de Verdun, il part dans la Somme dans l'été 1916. La Somme était restée pour lui un souvenir de boue. Dans les discussions que nous eûmes ensemble, il évoquait cette période, en répétant seulement plusieurs fois de suite : « la boue, la boue, la boue. » Nous ne saurons jamais quelle terrible épreuve ils connurent alors, dans ce qui fut une autre tuerie de 1916. Peut-être que les mots des hommes ne sont pas suffisants pour décrire ce qu'eux mêmes souffrirent…

 

CHEMIN des DAMES

L'année 1917 fut marquée pour lui par le Chemin des Dames, sa colère contre ceux qui avaient envoyé à une mort certaine ces soldats face aux redoutables défenses du plateau. Incompréhension aussi devant ces coups de feu tirés par des mutins qu'il a essuyés dans la forêt de Compiègne que le régiment qui avait retrouvé des chevaux devait encercler. C'est le moment de la répression. Nivelle est remplacé par Pétain qui va remettre de l'ordre tout en écoutant les doléances des soldats.

 

LA BELGIQUE

Après le terrible hiver de 1917-1918, le souvenir marquant fut celui de l'attaque du mont Kemmel en Belgique.

 

Le contexte

Le mois d'avril 1918 voit se développer la troisième bataille des Flandres.

 

De part et d'autre, attaques et contre attaques vont se développer sur ce coin de terre de Belgique, à la limite de la frontière française. Les conditions sont terribles. L'Allemagne a la maîtrise de l’air, certes, mais ses troupes sont fatiguées. Les Alliés décident d'une contre-offensive.

 

La blessure

La pluie ininterrompue dans la nuit du 25 au 26 a rendu le terrain très lourd, et les mouvements de troupes sont épuisants. Dans la journée le brouillard fait son apparition. Les troupes ennemies prononcent des contre-attaques, bombardent, et c'est en cette journée que, restant stoïque à son poste de guetteur, le jeune soldat Grisval va être touché. 23 heures durant, il restera à son poste, secouru au bout de ce temps par son lieutenant, chef de section, qui lui sauve ainsi la vie. Louis a 21 ans depuis quelques jours. Une citation à l'ordre du régiment lui est remise.

 

La guerre pour lui est terminée et l'armistice le trouvera à Hadol.

 

Après

Nous avons déjà souligné le traumatisme laissé par la guerre chez cet homme, La nation française a attendu longtemps pour récompenser de la médaille militaire celui qui fut le dernier poilu porte drapeau des A.C. de Docelles. Celle-ci lui fut remise à Bruyères, alors qu'il avait 85 ans par Georges Mehl.

 

Docelles Image38 Médaille militaire Louis Grisval.jpg

De gauche à droite MM Claudon, Grisval, Petitdemange, Schoepp et Mme Kammerer

(Photos J. M. THOMAS)

 

Docelles Image39 Citation Louis Grisvald.jpg

    

RIVAT Louis

(Merci à Jeannot Rivat pour ces documents)

 

Croix de guerre, croix de Verdun

 

Né en 1889, de la classe 1909, il est mobilisé de suite au 149e RI dont nous avons déjà parlé. Il sera de tous les combats, Vosges, Artois, Verdun… occupant un poste de tireur d'élite. D'une blessure à une main, il gardera un doigt rigide.

 

RIVAT Camille

Né en 1885, frère du précédent, sert dans les rangs de la musique du fameux 152e RI.

 

Docelles Image40 Mouis et Camille Rivat.jpg

Louis RIVAT                                                  Camille RIVAT

 

GABRION Ernest

(En mémoire de Mr Gilbert Gabrion qui a fourni ces éléments)

 

Né le 5 janvier 1885, la guerre le trouve commis de culture chez Thierry à Lestange. Il fait la connaissance de sa femme Germaine Hollard à l'Estange, où son père exploite la scierie. Après la guerre il sera charretier.

 

La guerre, il l’a vécue comme canonnier conducteur au 4e RAC, dont les 2e et 3e batteries sont à Remiremont. Il est titulaire de la croix de guerre avec une citation.

 

« Très bon conducteur, a donné à maintes reprises l’exemple du courage, du sang froid, et du mépris absolu du danger, a assuré le ravitaillement de la batterie, celle-ci-étant violemment bombardée en particulier pendant la période du 20 au 27 mai 1918. »

 

Démobilisé au 8e RAL le 25 mars 1919.

 

BEGEL Louis Edmond

Né le 21 décembre 1886 à Xamontarupt. Le duplicata du livret militaire ne donne que peu de renseignements, sauf qu'il a fait la guerre contre l'Allemagne du 2 août 1914 au 11 mars 1919.

 

Docelles Image41 Louis Bégel.jpg

 

GERARD Joseph

(Merci à Bernadette et Gaston Romary)

 

Né le 3 octobre 1879, à Docelles. Incorporé au 109e RI du 14 novembre 1902 au 19 septembre 1903. Il fait ensuite la guerre au 43e RIT, dans la 25e compagnie à partir du 15 octobre 1915. Les autorités avaient créé les brisques, signes de reconnaissance sur la présence au front. Il est intéressant de donner pour Joseph Gérard les dates de celles-ci :

 

1re brisque : 2 août 1915 (1 an de service)

2e brisque : 2 février 1916, 6 mois après la première

3e brisque : 2 août 1916, 6 mois après la seconde,

 

ainsi voit-on la progression de ce signe de reconnaissance.

 

COLIN Camille

En mémoire des Demoiselles Colin, du café des Bons Amis

 

Comme beaucoup d'hommes de son âge, il est né en 1877, et du village. Camille Colin fait sa guerre au 43e RIT. Les quelques cartes que Hélène m'a remises donnent quelques enseignements. Il est très proche de sa famille, étant en ligne prés de Saint-Dié. Il lui arrive de passer prés de chez lui, dans des trains de nuits, allant en mission à Epinal, triste de ne pouvoir s'arrêter. « J'ai passé prés de chez nous à une heure du matin », 24 septembre 1915.

 

Il s'intéresse aussi aux différents placements : « Vous me dites que vous avez placé tout votre argent pour la défense nationale, j’admets qu’il soit bien placé ; mais il vous faut remarquer que vous ne pourrez pas vous faire rembourser avant 1925 ».

 

Et puis le papa parle : « je vous embrasse affectueusement ainsi que mes chères petites », « embrassez bien pour moi mon petit André ».

 

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TASSIN Ernest Albert

Né le 7 mai 1897 à Charmois.

 

21e BCP, fait prisonnier le 14juillet 1918 en Champagne, parti en 1915, témoin de la mort de Mr Grandjean.

 

TARANTOLA Alexandre

(A mon grand-père, de qui je tiens cet intérêt pour la Grande Guerre, ne pouvant comprendre étant enfant que des adultes pleurent en parlant de la guerre...)

 

Né à Monterregio, Italie, le 29 juin 1894.

 

C'est avec soulagement qu'il part à la guerre en Italie, en mai 1915. Il sera dans les rangs du 28e RI italien de tous les combats dans ces montagnes séparant l'Italie de l'Autriche. Il reviendra régulièrement en permission, tout en écrivant souvent à ses sœurs restées au pays (cartes visées en grande partie par la censure italienne). Du 28e il passe au 29e, et c'est là qu'il sera fait prisonnier dans la terrible défaite de Caporetto en octobre 1917.

 

C'est une marche atroce qui va le conduire, à travers les Carpathes, au camp de Sedan à la terrible renommée. Durant ces longues semaines, la nourriture très rare et le froid feront des ravages dans les rangs des prisonniers.

 

Il sera démobilisé en Italie en 1919. Il s'installera définitivement à Docelles où il épousera Augustine Thiriet.

 

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Alexandre TARANTOLA                                            Valentin TARANTOLA

 

TARANTOLA Valentin

A mon grand Oncle, avec mes remerciements à Françoise Babel, sa fille

 

Né le 4/8/1896 à Mulazzo Pontremoli, Italie. Il part en 1915 en Italie. D'abord au 42e de Fanteria, il termine la guerre au 229e Fanteria dans lequel il sera fait prisonnier en fin juillet 1917. Il restera jusqu'â l'Armistice en Hongrie, dans un service de travail en hôpital.

 

Entre temps, il sera revenu quelques fois en permission au village, s'endormant la première fois dans le train et ratant l'arrêt ! mais aussi faisant faire connaissance à mon arrière-grand-mère de cette vermine qu'étaient les poux. Il sera démobilisé en Italie en 1919.

 

Un échange important de courrier avec son frère et sa famille, notamment ses sœurs, apportent beaucoup d'éléments sur son état d'esprit. Son optimisme de façade cache la misère endurée, notamment dans ce voyage qui l'amena en Hongrie, la faim subie le conduisant avec d'autres à manger une oie, pas cuite ! C'est plus qu'une anecdote.

 

RIVAT Séraphin

(Renseignements fournis par Mr Maurice Rivat)

 

Médaille militaire et croix de guerre

 

Né en novembre 1896, au Boulay, Séraphin Rivat est mobilisé en 1915 dans l'artillerie lourde. En 1917 il est blessé à Compiègne à la tête et à l'épaule avant que d'être gazé la même année. Démobilisé en 1919, il est rentré dans sa famille. Il mourra en 1984 quelques jours avant que de recevoir la Légion d'honneur.

 

CHANAL Henri

(Avec mes remerciements à sa fille Françoise pour les documents)

 

Instituteur après la guerre dans notre village, Mr Chanal, classe 1909, est caporal au 94e RI. Il est cité à l'ordre de la 141e brigade pour les preuves de son absolu dévouement.

 

« En particulier, pendant la période du 6 au 14 juillet (1916) a assuré de jour et de nuit un très pénible service dans un poste de commandement soumis à de violents bombardements et à une attaque par gaz asphyxiants. A subi un commencement d'intoxication. » 21 août 1916, colonel Roget, cdt par intérim la 141e brigade.

 

Il gardera d'ailleurs des séquelles, se plaignant de bronchites et de toux sèches continuelles (centre de réforme d'Epinal octobre 1920).

 

Le 9 octobre 1917, le caporal Chanal est nommé Sergent. Passé au 415e RI, il est cité à l'ordre de la division.

 

« Chanal Henri, Mle 1970, Sergent à la 10e Cie du 415e Ri, excellent gradé, le 4 octobre 1918, à la tête d’un groupe de grenadiers a amené sa troupe avec un entrain remarquable, a fait avec ses hommes 14 prisonniers et capturé 3 mitrailleuses. » Le 415e est alors engagé dans la région des Monts en Champagne et poursuit une armée allemande qui tient pourtant tête courageusement.

 

HAENSLER (Abbé)

(En souvenir des longues heures passées chez les sœurs)

 

Médaille militaire, Légion d'honneur

 

Né en 1885, il débute la guerre comme brancardier à Nancy où il range les cadavres découvrant les premières horreurs de la guerre. Après des mois passés à l'hôpital pour soigner une typhoïde, il devient infirmier à Neufchâteau.

 

Le 9 avril 1916, dans les rangs du 37e RI, il rejoint Verdun, Côte 304 et Mort-Homme. Pour lui, sa foi l'a sauvé, alors que, après avoir dit la messe, il subit un bombardement terrible qui soulève sa cagna, le laissant intact.

 

Il obtient la médaille militaire, pour avoir entraîné de jeunes soldats, un fanion du Sacré-Cœur au bout d'un fusil. En juillet, ils sont à 9 mètres des lignes allemandes. De son régiment 700 hommes sur 3 000 redescendront.

 

Il va promener son autel portatif durant toute cette période. A l'intérieur : un calice démontable, des boîtes à hosties, des ornements qu'il a conservés, une bouteille de vin de messe suffisante pour dire 5 messes, une petite custode avec 5 hosties.

 

Cette boîte a malheureusement servi à donner de nombreuses extrêmes-onctions.

 

En 1917, il est au Chemin des Dames, lui le prêtre est au Ravin du Paradis d'où il est évacué quelques jours après l'offensive. 1918 le trouve au Mont des Cats en Champagne.

 

Il est impossible de transcrire en quelques lignes, les longs entretiens que nous eûmes durant des années, pendant lesquels outre ses souvenirs de guerre, il faisait preuve, sans cesse d'une dévotion mariale qui ne devait cesser qu'à la fin de sa vie. Il avait 102 ans et revenait d'un pèlerinage à Lourdes.

 

HAOUY Pierre Paul (Abbé)

(De la part d’un ancien enfant de chœur)

 

Curé de Docelles durant de nombreuses années. Comme de nombreux prêtres il avait servi comme brancardier. Ses états de service lui avalent valu la médaille militaire et la croix de guerre.

 

Personnalité très forte, attaché à ses enfants de chœur, il a laissé un souvenir profond dans le cœur des vieux Docellois.

 

ABDELFADI BEN FAKEN BEN EMBARECK

Pour Marie-Louise et sa famille

 

Né à Casablanca au Maroc, de parents sénégalais nomades faisant le commerce des chameaux. Nous savons très peu de choses de sa guerre, sauf qu'il a servi dans les troupes de tirailleurs sénégalais, il était arrivé en France dans les rangs de ceux ci. C'est le témoin local des engagements des hommes des ex-colonies françaises qui venaient ainsi découvrir et défendre un pays quasi inconnu. Il fera connaissance de son épouse, Camille Germaine Oliot, à Raon-l'Etape où il est en garnison. C'est un homme jovial et courtois, toujours de bonne humeur, que je souhaite saluer ici.

 

AUTRES NOMS RECUEILLIS

Avec peu ou pas d’informations

 

HESSE Henri, magasinier chez Boucher.

Ernest HOUOT, classe 1918.

Mr LACHAUX.

Mr CHOFFEL.

Emile BARADEL.

PIERRE Henri.

VOYAUX Célestin, dit Tétin Voyaux, restaurateur, prisonnier de guerre.

Georges BOUCHER, médaille militaire.

Gabriel JEANROY, caporal d'ordinaire au 149.

Mr CAILLOUX.

Mr LAURENT, ancien directeur d'usine, a appris le métier de papetier durant son temps de prisonnier.

Mr LEMARQUIS.

Jean MAROTEL.

Henry MEDY.

André GIRARDOT du 149e, papa de Mme Girardot épouse Ténette.

Lucien DIDIER.

Léon CHASSEL.

Mr GERARD.

Nénesse PIERRAT.

Victor DURAND.

Prosper BAHOFF, un des plus âgés.

Mr FERRY, père de Marie Ferry.

Constant DEFRANOUX.

Mr BOIZARD du 1er RICM, régiment qui reprit le fort de Douaumont.

Mr CHATELAIN.

Mr FRANCOIS.

Mr BEAUDONNEL.

Mr MARTINE.

Mr BALLAND.

Mr COLIN.

Edmond POIROT.

 

Cette liste est imparfaite et nous ne demandons qu'à pouvoir la compléter éventuellement pour un additif à venir sur DOCELLES durant la Grande Guerre.

 

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Prochain article : Docelles - 1914-1918 – 8. Le Monument aux morts


26/10/2018
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