14-18Hebdo

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Carnets de guerre (Anna Vautrin) – N° 52 - 4 au 10 oct. 1915

 

Les communiqués sont plus calmes. On prépare une autre offensive mais de quel côté…

 

1910 Vautrin Alexis et Anna Coll Michel Segond.jpgAlexis et Anna Vautrin avant la guerre

 

Document transmis par Renaud Seynave, son arrière-petit-fils - 01/10/2015

 

Lundi 4 octobre 1915

Il y a eu 4 blessés aux Beaux-arts aujourd’hui. Je vois sur les journaux qu’on va évacuer Mulhouse et Colmar. On dit aussi que le Kaiser voudrait faire épouser un de ses fils à la Grande Duchesse de Luxembourg mais elle s’y refuse. Les communiqués sont plus calmes. On prépare une autre offensive mais de quel côté ? La Bulgarie continue toujours la mobilisation sans se prononcer.

Mardi 5 octobre 1915

Les taubes ne sont pas venus sur Nancy depuis un certain temps. On est plus tranquille. Nos avions sont allés jeter des bombes sur Metz.

Mercredi 6 octobre 1915

La Bulgarie continue à mobiliser. Il y a eu 18 000 soldats français qui viennent de débarquer à Salonique au secours de la Serbie attaquée par la Bulgarie. Rien de nouveau dans les Dardanelles. La Grèce et la Roumanie se tiennent prêtes. Elles mobilisent aussi.

Notre dirigeable Alsace qui était allé faire une reconnaissance dans les lignes allemandes n’est point rentré. L’équipage a été fait prisonnier.

Rien de nouveau à Nancy. On ne voit presque plus d’officiers dans les rues. Nous ne pouvons toujours pas envoyer de télégramme ni téléphoner. Pour aller à Malzéville, au Pont d’Essey, il faut un laissez-passer. Si on veut aller à Gérardmer ou à Remiremont, on doit demander un laissez-passer au général commandant la VIIe armée. On fait des enquêtes sur vous et la famille et on reçoit son laissez-passer au bout de 15 jours.

Jeudi 7 octobre 1915

Suzanne est toujours à Saint Amé. Colette qui va avoir 14 mois dans trois jours a fait ses premiers pas aujourd’hui. Elle avait bien peur de se lâcher et n’a osé faire que deux pas seule. Gogo s’occupe des réfugiés tous les matins et Yvonne va aux Beaux-arts de 9h à midi pour raccommoder le linge de l’ambulance.

Adrien Molard est parti hier pour l’Algérie où il est envoyé dans l’intendance.

Vendredi 8 octobre 1915

Ce matin, il y a eu beaucoup d’artillerie qui est passée cours Léopold vers Pont-à-Mousson. Nous apprenons encore d’autres morts de la dernière offensive de Champagne.

Le commandant Rouague beau-frère de M. Meyer doyen de la Faculté de médecine. Il n’y avait que 15 jours qu’il était sur le front.

Le fils de Denise Lefèvre, marchande de pain d’épice.

Monsieur de Schauenlourg.

Monsieur Pierre de Rozières de Mirecourt.

Monsieur Brocard fils unique du Professeur à la faculté de droit.

Le général de Castelnau vient de perdre son 3ème fils à la guerre, il sortait de Polytechnique.

Mme Level de Nancy vient de perdre son 3ème fils à la guerre.

Dans la dernière offensive de Champagne, le 69e de Nancy a été tout à fait décimé ainsi que le 6e Hussard.

C’est affreux comme la ville de Nancy est éprouvée.

Samedi 9 octobre 1915

Nos troupes débarquent toujours à Salonique. Alexis dit à un blessé de l’hôpital civil qu’il veut lui obtenir la croix de guerre mais il refuse disant qu’il y en a trop qui l’ont sans la mériter.

De Coinche près de St Dié où est André Boucher, nos troupes bombardent et ont détruit la tour du Climont.

Dimanche 10 octobre 1915

Edouard écrit à Madeleine. Pendant l’offensive de Champagne qui a eu lieu le 25 septembre, cela a été terrible. Chaque pièce envoyait 20 coups à la minute. Ils souffrent du manque d’eau. Il faut faire 6km pour aller en chercher.

A suivre…



02/10/2015
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