14-18Hebdo

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64e semaine de guerre - Lundi 18 octobre au dimanche 24 octobre 1915

 

LUNDI 18 OCTOBRE 1915 - SAINT LUC - 442e jour de la guerre

MARDI 19 OCTOBRE 1915 - SAINTE LAURE - 443e jour de la guerre

MERCREDI 20 OCTOBRE 1915 - SAINT AURELIEN - 444e jour de la guerre

JEUDI 21 OCTOBRE 1915 - SAINTE CELINE - 445e jour de la guerre

VENDREDI 22 OCTOBRE 1915 - SAINT MARC - 446e jour de la guerre

SAMEDI 23 OCTOBRE 1915 - SAINT SEVERIN - 447e jour de la guerre

DIMANCHE 24 OCTOBRE 1915 - SAINT MAGLOIRE - 448e jour de la guerre

Revue de presse

-       Quelques progrès en Artois et en Lorraine

-       La Serbie fait face à de terribles assauts

-       Combats acharnés au sud-ouest de Riga

-       Les Turcs battus à Norchine

-       Les Italiens prennent de vive force la position de Pragasina

-       Les Russes culbutent l'ennemi sur le Styr et remportent d'importants succès sur différents points en faisant de nombreux prisonniers

-       Sur le Carso les Italiens ont consolidé leurs positions

-       Une grande offensive allemande à l'est de Reims échoue complètement

-       Combats acharnés sur la frontière serbo-bulgare

-       Les Allemands, après leur échec en Champagne, vont-ils recommencer ?

-       Brillants résultats de l'offensive italienne. Nos amis s'emparent de la cime de Palone et les hauteurs de Bresano

-       Sur les fronts occidental et oriental les Allemands subissent de graves échecs

-       La retraite serbe

-       L'assassinat de Miss Cavell

-       L'Allemagne veut entraîner la Roumanie et la Grèce. La Grèce refuse Chypre

-       La résistance désespérée des Serbes

-       Nouvelles victoires russes en Galicie

Morceaux choisis de la correspondance

Il y aura demain un an que nous sommes arrivés sur le front.

19 octobre - LUI. J’ai reçu ta bonne lettre du 14 et suis heureux d’apprendre que vous allez bien. Quand tu auras une minute, tu m’enverras la photographie de mes chéris avec leur peau de bique. Tu sais que je suis toujours très heureux d’en recevoir mais surtout à condition que tu y figures. Puisque les Anglais vous ont, me dis-tu, laissé un Kodak, voilà l’occasion ou jamais.

 

Il y aura demain un an que nous sommes arrivés sur le front. Les lieutenants et les sous-officiers ont arrangé à cette occasion une petite fête, où nous convions le commandant et nos camarades de l’autre batterie. Nous avons demandé au colonel d’infanterie du régiment voisin de nous prêter sa musique et quelques chanteurs comiques. Cela fait plaisir aux hommes. Je leur fais faire du vin chaud et j’améliore un peu leur ordinaire ce jour-là. Nous offrirons de plus le champagne à nos camarades. Enfin, tu vois, on ne se croirait pas du tout en guerre.

 

J’ai reçu une lettre du père Curien me disant qu’il avait appris que j’avais abandonné l’artillerie pour l’aviation. Tu vois comme les nouvelles se répandent vite. Tu as probablement dit que j’avais fait quelques excursions en avion, on en a déduit que j’étais devenu aviateur. Le travail ne chôme pas au Daval mais les hommes font défaut. Leur essai pour l’heure complémentaire du soir n’a pas eu de succès. Ils sont tous heureux de la marche toujours progressive de ces derniers temps.

 

Tu trouveras inclus la photo de Vauxbuin où je viens de passer un mois. C’est un bon petit pays très agréable dont je conserve bon souvenir. Il paraît que dans un des numéros de septembre (je crois) de l’Illustration figurait la photographie du pont de Pasly, de la Verrerie Distillerie et de la mitrailleuse boche de Veauxrot. J’ai été tout près du pont de Pasly et ai vu par un créneau (sans aucun danger à courir) la sentinelle boche de l’autre côté de l’Aisne qui, en m’apercevant, s’est cachée de suite. J’ai été également en face de la mitrailleuse de Veauxrot, parce que je devais tirer sur elle 200 obus qui l’ont bien touchée mais qui ne sont pas parvenus à la démolir.

 

21 octobre - LUI. J’ai reçu hier tes deux bonnes lettres du 16 et du 17. Mais tu me permettras de te gronder un peu pour le pessimisme que tu manifestes dans ta lettre, sans doute il est un peu justifié et, ici sur le front, nous avons aussi nos petits moments de découragement. Cependant, ma chérie, il faut être raisonnable. Si nous sentions que, si nos affaires ne vont pas aussi bien que nous pourrions l’espérer, cela est de notre faute, nous pourrions en effet nous attrister. Mais n’est-ce pas, nous avons beau nous faire beaucoup de bile, ce n’est pas nous qui changerons la situation malheureusement. D’un autre côté, tu dois être maintenant bien tranquille à mon sujet et tu sais parfaitement bien que dans l’artillerie nous ne sommes pas très exposés. Tes enfants vont bien pour le moment et toi même, ma Mi, tu me dis que tu te sens plus forte et plus vaillante. Mais je t’en prie, ne te fais aucun souci pour la guerre car c’est cela qui te rendrait malade. Sans doute la séparation est un peu longue et j’en souffre tu sais combien, mais je fais volontiers ce gros sacrifice s’il doit plus tard nous amener du bonheur et me permettre de vivre à tes côtés, ma Mi, de longues longues années où nous nous aimerons tant, n’est-ce pas Mie. Je ne veux donc pas que tes jolis yeux adorés pleurent des larmes inutiles. Je veux les voir avec leur gaîté, avec leur douceur et l’expression de joie que tu sais leur donner lorsque je te dis que je t’aime et lorsque nous nous serrons l’un contre l’autre en nous disant de douces paroles d’amour. Je t’aime ma Mi à la folie tu le sais bien. Nous aurions vraiment été trop heureux si le bon Dieu ne nous avait envoyé cette petite épreuve, qu’il nous compensera sûrement par de nombreuses années de bonheur. Aussi donc bon courage, Ma Mi, et laisse-moi t’embrasser tout ton être comme je l’aime.

 

23 octobre - LUI. Je reçois ta bonne lettre du 18. Je dois tout d’abord m’excuser auprès de notre Maman de n’avoir pas songé à sa fête. J’espère qu’elle ne m’en voudra pas, elle connaît mes sentiments pour elle et sait que je ne l’oublie pas.

 

La petite fête dont je t’avais parlé a parfaitement réussi. Je t’envoie le programme. J’avais invité le Commandant, mes camarades des autres batteries et aussi les braves dames de la ferme, en les prévenant toutefois que les chansons ne seraient peut-être pas tout ce qu’il y a de plus convenable et en effet tu sais ce que c’est dans une assemblée de soldats. Si on leur chantait le grand air de Sigmund, tous ces braves gens-là n’y comprendraient rien et s’endormiraient. Ils aiment surtout les choses un peu lestes et ils ont été servis à souhait, surtout par le nommé Siméon, qui chante à la Scala à Paris et nous a servi son répertoire le plus salé. Il ne fait pas partie de la batterie mais je crois bien qu’il passe son temps à distraire ses camarades et à chanter dans tous les concerts. Son camarade Géo est un émule de Robert Houdin et est réellement très amusant comme prestidigitateur. Nous avons sablé le champagne après la séance comme si nous étions victorieux, mais enfin on peut se permettre cela un jour d’anniversaire.

 

Paul a été encore la victime d’un accident d’auto à Paris. Le tram a heurté son taxi qui fut à moitié démoli. Ceci sous les yeux de sa femme. Paul s’en est tiré avec quelques plaies bénignes et une grosse contusion du genou. Mais quel choc nerveux. Il devrait bien conduire lui-même, ce serait plus sûr, tu le vois par toi-même.

 

Pauline m’envoie les Revues des Deux Mondes. Merci bien.

 

Je suis au fond très content d’être revenu à ma batterie et je monte toujours sur mon arbre. On a trouvé malheureusement mon idée très bonne et le capitaine de la batterie de 155, qui est arrivé dernièrement m’a demandé de s’en inspirer et en fait son observatoire habituel.

 

J’ai reçu une bonne lettre de Maguite qui me donne de bonnes nouvelles et me dit avoir été bienheureuse de revoir Maman. Tu féliciteras mon petit Robert d’avoir été si courageux pour ses dents. Tu diras à mon Dédé qu’il ne faut pas être trop modeste et qu’on peut toujours arriver à être le premier quand on s’en donne la peine. Enfin tu diras à ma petite Noëlle que je suis touché de sa persévérance. Elle lit encore le Bonheur de Françoise, la pauvre chérie. Elle me rappelle le mois de juillet 1914 quand je leur en lisais un chapitre tous les soirs, elle le savait déjà presque par cœur. J’espère que tu vas bien ma chérie. Je pense à toi toujours et t’embrasse comme je t’aime. Ton Geogi.

 

Gravures du Petit Journal - Supplément illustré - 24/10/1915 (N° 1296)

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 « La médaille militaire, mon général, c’est debout qu’il convient de la recevoir »

Quel merveilleux recueil on fera, la guerre finie, avec les mots héroïques, les mots touchants, les mots sublimes échappés spontanément du cœur de nos soldats. En voici un, profondément émouvant, et qui était digne d’inspirer le talent d’un artiste. La scène se passe en Champagne, derrière la ligne de feu. Un général s’est rendu dans une ambulance chirurgicale pour remettre la médaille militaire à un grand blessé. Le pauvre soldat a été bien gravement atteint. On a dû l’amputer, le matin même, de la cuisse droite. On lui a, en outre, fait la résection de l’omoplate et, un éclat d’obus lui ayant labouré le crâne, il a fallu le trépaner. Il est là, sur son lit de douleurs. Le général, accompagné d’un officier d’état-major, s’approche de lui avec une émotion contenue. Il va épingler sur sa poitrine la décoration si bien gagnée. Le blessé le voit et, d’un suprême effort, essaye de se soulever sur son lit. « Ne bougez pas ! » dit le général. Alors le poilu : « Pour la médaille militaire, mon général ? C’est debout qu’il convient de la recevoir ! » Et malgré les infirmières qui l’entourent, le blessé se redresse et s’assied. Le général a des larmes qui perlent à ses paupières. Il accroche l’insigne sur la poitrine héroïque, donne une accolade qui est la plus touchante étreinte paternelle, puis, gravement, solennellement, au garde à vous devant ce simple soldat, fait le salut militaire.

 

 

 

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Les Serbes accueillent les troupes françaises avec enthousiasme

C’est avec les manifestations de la sympathie la plus vive et de l’enthousiasme le plus chaleureux que les populations serbes ont accueilli nos soldats. Les troupes, dès leur arrivée sur le territoire serbe, ont été accueillies à toutes les stations par les acclamations d’une population nombreuse qui offrait aux soldats des fleurs, des raisins et toutes sortes de cadeaux. Les représentants des diverses corporations et ceux des provinces macédoniennes ont remis aux officiers français des mémoires exposant qu’ils ont toujours été Serbes, qu’autrefois leur contrée formait le noyau des villes principales de l’ancien Etat serbe. Descendants des compagnons du tsar Douchan, ils veulent demeurer Serbes et remercient la noble France qui leur vient en aide. Dans un important article, l’officieux ‘Odick’ fait ressortir les multiples services que la France a rendus à la Serbie qui, sans cela, n’aurait pas pu remplir le rôle important qui lui est dévolu ; le journal fait l’éloge de M. Boppe, ministre de France « qui, connaissant depuis de longues années la Serbie et les Balkans, a su admirablement servir son pays et les liens d’amitié fraternelle qui unissent la France et la Serbie. »

 

 

 

Les instantanés de la guerre (photos)

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Gonflement du ballon observateur

Pont construit par le génie italien sur l'Isonzo

Un instant de repos

Zouaves en tirailleurs

Cavalerie indienne dans le Nord

Un canon Krupp pris aux Turcs par les troupes indiennes en Mésopotamie

Un observateur anglais blessé est pansé sur l'arbre où il fut atteint

Lavoir sur la Suippe

Réparation d'un 75

La tombe d'un héros inconnu

  

Les instantanés de la guerre (photos)

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Un destroyer anglais vient de prendre un bateau turc

Les Allemands font tirer la charrue par les prisonniers russes

Pièce de 77 prise par nos soldats. (Cette photo a été trouvée sur un des servants tués)

Soldat coiffé du nouveau casque et garanti contre les gaz asphyxiants

L'affichage du communiqué dans la tranchée

Travaux du génie en Champagne

Poste d'observation d'artillerie

Les gaz asphyxiants sont signalés

Un avion est bombardé

Pour taquiner les boches

 

Thèmes qui pourraient être développés

  • Belgique - Assassinat de Miss Cavell - Mort héroïque
  • L'artillerie n'est pas très exposée
  • Pensions pour blessures et infirmités
  • Siméon qui chante à la Scala de Paris
  • Géo, émule de Robert Houdin (prestidigitateur)
  • La Serbie et ses héros nationaux (LPJ Sup)
  • Les instantanés de la guerre (Photos dans LPJ Sup)


16/10/2015
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