14-18Hebdo

14-18Hebdo

58e semaine de guerre - Lundi 6 septembre au dimanche 12 septembre 1915

 

LUNDI 6 SEPTEMBRE 1915 - SAINT ZACHARIE - 400e jour de la guerre

MARDI 7 SEPTEMBRE 1915 - SAINT CLOUD - 401e jour de la guerre

MERCREDI 8 SEPTEMBRE 1915 - NATIVITE DE LA SAINTE VIERGE - 402e jour de la guerre

JEUDI 9 SEPTEMBRE 1915 - SAINT SEVERIEN - 403e jour de la guerre

VENDREDI 10 SEPTEMBRE 1915 - SAINT NICOLAS DE TOLENTIN - 404e jour de la guerre

SAMEDI 11 SEPTEMBRE 1915 - SAINT HYACINTHE - 405e jour de la guerre

DIMANCHE 12 SEPTEMBRE 1915 - SAINT SERAPHIN - 406e jour de la guerre

Revue de presse

-       Les Allemands peuvent-ils arriver à Petrograd ?

-       L'anniversaire de la victoire de la Marne

-       Le général Joffre sur le front italien

-       Les Italiens chassent les Autrichiens de plusieurs positions importantes

-       Nicolas II prend le commandement des armées russes

-       Dans le secteur de Tolmino une violente attaque autrichienne est complètement repoussée

-       La retraite des armées russes toucherait à sa fin

-       Le grand-duc Nicolas vice-roi du Caucase

-       Offensive italienne en Cadore

-       La retraite russe - La rapidité de l'offensive allemande diminue

-       Les Autrichiens battus sur le Sereth

Morceaux choisis de la correspondance

6 septembre - Paul Cuny (Epinal) à Georges Cuny, son frère.- Pardonne mon écriture, j’ai eu un accident grave au pouce de ma main droite (fracture et contusions). Aujourd’hui même je t’expédie ma jumelle que j’aime beaucoup et accuse-moi réception. Elle est allée au Breithorn 4 100m d’altitude, elle connaît les Alpes et les Vosges parfaitement et puis elle a été ma compagne dans combien de promenades solitaires. Avec quelle fierté j’ai reçu tes photographies « Décoration de la croix de guerre » et comme un bonheur n’arrive jamais seul, presque au même moment paraissait ta photographie et ta si belle citation dans « l’Illustration ».

 

6 septembre - Maguy Laroche-Joubert (Angoulême) à Georges Cuny, son beau-frère.- Jean est maintenant tout à fait remis et reprend peu à peu sa bonne mine et ses petites jambes dures et robustes que cette maladie de quinze jours avait complètement démolies. Le temps d’ailleurs s’y prête car nous avons depuis quelques jours du délicieux soleil sans grosse chaleur qui aide bien à sa convalescence. Paul a toujours de plus en plus à faire puisqu’il augmente encore de 4 le nombre de ses cuves de Basseau pour la stabilisation et que Lescalier va se mettre à laver et blanchir du coton. Paul me charge de te remercier des adresses anglaises, il a déjà reçu plusieurs réponses qui le satisfont beaucoup et il espère mettre la nouvelle organisation en route pour le mois d’octobre. Notre bâtiment de l’usine de façonnage d’Angoulême va être fini par Reisverk d’ici peu de jours et la Poudrerie, épatée de la rapidité avec laquelle cette construction a été effectuée, vient de demander à Paul de faire venir au grand galop Lutz de Bâle. Il est là aujourd’hui et vient de déjeuner avec nous, il dit que les Allemands seront bien forcés de caler bientôt à cause de la pénurie financière et que les Suisses croient que les Balkaniques ne marcheront pas, qu’il y a 2 régiments entiers de Leipzig habillés en Autrichiens contre les Italiens, qu’il croit que les Russes ne sont pas abattus du tout et que, si les Allemands sont malins, c’est vers Kiev et Odessa qu’ils feront une offensive sérieuse.

 

Espérons que bientôt le Dieu des armées nous donnera une grande victoire qui refoulera l’ennemi hors de nos frontières.

7 septembre - Louis Gaillemin (du front, mais médecin de Cornimont) à Georges Cuny.- Nous nous sommes presque rencontrés au cours de nos permissions, vous étiez à Cornimont un dimanche, j’y suis venu le lundi. Avez-vous des nouvelles de Mr Georges Boucher ? J’ai un infirmier prisonnier dans les affaires de Soissons et qui est rentré au régiment ; il n’est pas enchanté de son séjour en Allemagne. En cinq mois il n’a jamais mangé de viande. Les Allemands prétendent qu’ils la râpaient dans la soupe. Les prisonniers mangeaient surtout des choux-raves, ils avaient 180 gr. à 200 gr. de pain K.K. Heureusement que les officiers sont un peu mieux traités. Vous êtes probablement toujours dans la même région ; vous comme moi ne devez guère bouger, à peine avons-nous de temps à autre glissé un peu vers la gauche. Quand cette situation finira-t-elle et reprendrons-nous le combat qu’il y a un an nous avions engagé si vigoureusement sur l’Ourcq ? Espérons que bientôt le Dieu des armées nous donnera une grande victoire qui refoulera l’ennemi hors de nos frontières.

 

9 septembre - Paul Cuny (Epinal) à Georges Cuny, son frère.- Il m’arrive une chose très désagréable avec ma jumelle que je devais t’adresser : si on veut l’emballer convenablement on n’obtient pas un poids assez léger pour l’envoyer par la poste et, renseignements pris, si elle part autrement elle ira d’abord à ton dépôt à Besançon et elle mettra plus d’un mois m’a-t-on dit à te parvenir. Que faire dans ces conditions ? Comme j’y tiens je ne voudrais pas la voir égarée ou prise par d’autres que toi. J’espère que tu vas toujours bien et que tu te prépares aux grands événements. Je compte aller guérir mon pied à Paris vers le 25 et je retrouverai ma femme. Nous avons réunion du conseil de Dedovo samedi et assemblée générale fin octobre. La question ouvrière devient très épineuse à Dedovo avec les mobilisations successives en Russie !

 

10 septembre - Marie Molard (Lausanne) à Mimi Cuny, sa belle-sœur.- Je suis ennuyée comme toi que Georges aille en aéroplane. Vraiment il y en a assez qui ne font rien et qu’on pourrait mettre à sa place il me semble. Nous avons vu dans l’Illustration Georges Boucher et G.C.

 

10 septembre - Victorin Noël (Hôpital de Rieux-Minervois - HGP) à Georges Cuny.- Vous montez souvent en aéroplane me dit Mme Cuny, c’est bien beau mais c’est dangereux, il ne faudrait pas qu’il vous arrive un accident. Pour moi j’ai été opéré mais il y a encore de la ferraille dans mes reins, à part cela ma santé est bonne.

 

12 septembre - ELLE.- Tu ne me gâtes plus en lettres ces temps-ci, c’est à mon tour de me plaindre. J’aime tant recevoir de tes nouvelles que je voudrais en avoir tous les jours. Mais tu n’as sans doute pas le temps et je dois me contenter de l’idée que ta pensée vole souvent vers moi.

 

Si le beau temps dure quand nous aurons à nouveau notre laissez-passer, j’irai à Cornimont car il paraît que notre maison est prise par un groupe d’artillerie, ils font leur cuisine, etc. et je veux aller voir si on ne commet plus de déprédation comme l’an dernier. Si j’avais su, j’aurais fermé la maison comme notre illustrissime cousin, j’aurais eu bien moins de mal. Ce n’est pas du mal mais l’agacement de sentir toutes ses petites affaires livrées à des inconnus. Il y a, paraît-il, un capitaine de ton année à l’X qui l’a dit à Pauline en voyant ta photo à la petite salle. Thérèse viendra avec moi car elle a le désir de voir son amie Madame Marcelle André, qui est à la Bresse en ce moment, mais nous n’irons que si le beau temps dure pour que cela nous fasse une gentille promenade agréable.

 

Raon a de nouveau reçu 96 obus mercredi dernier. Nous avons vraiment une chance extraordinaire d’être si au calme ici, de n’avoir pas eu à quitter notre chez-nous.

 

Le jeune Henri Thiébaut, dont je t’avais parlé, qui était aux environs de Soissons est en permission. Il m’a dit être sur le plateau de Mouvron, donc assez loin de toi.

 

Les enfants sont très sages ces jours ci. Noëlle tout à l’heure avait un gros chagrin car elle avait perdu sa belle petite bague, mais elle s’est mise à sa recherche et a eu la joie de la retrouver.

 

Gravures du Petit Journal - Supplément illustré - 12/09/1915 (N° 1290)

LPJ Illustre 1915-09-12 A.jpg

Les héros du sous-marin anglais « E-13 » - Ils restent impassibles sous le feu de l’ennemi

On sait que le sous-marin anglais ’E-13’, s’étant échoué sur une plage danoise, par conséquent en territoire neutre, fut bombardé par les Allemands au mépris de toute légalité et de toute humanité. Or, les journaux danois reproduisent le récit d’un pêcheur qui assista à l’attaque de l’’E-13’ par les contre-torpilleurs allemands. Dans la matinée, des bateaux de pêche passèrent près du sous-marin échoué et proposèrent aux hommes de les conduire en terre ferme. L’offre fut refusée, même après que les navires de guerre allemands, dont l’attitude était menaçante, vinrent prendre position près de l’’E-13’. « En dépit du danger couru par eux, dit le témoin, les matelots du sous-marin restèrent tranquillement assis sur le pont, jouant soit aux cartes, soit aux dames, avec le plus merveilleux sang-froid. Les torpilleurs allemands s’approchèrent plus près encore. Personne ne s’émut. Soudain, une torpille fut lancée, son sillage apparaissant clairement à la surface de l’eau, mais elle manqua le but et éclata en touchant le fond de sable. Nous entendîmes alors des commandements brefs. Immédiatement tous les hommes de l’’E-13’ se levèrent, s’alignèrent sur le pont et attendirent, immobiles comme des statues, face aux canons ennemis. Ils attendaient la mort sans qu’un de leurs muscles tressaillit. Bientôt, les canons crachèrent la mitraille. C’étaient des braves, ces Anglais ! »

 

 

LPJ Illustre 1915-09-12 B.jpg

En Pologne - Les paysans portent secours aux blessés russes et les soignent dans leurs isbas

A la suite des combats meurtriers qui livrèrent aux Allemands la route de Varsovie, on vit maintes fois ce noble spectacle des paysans polonais portant secours aux blessés russes ramassés sur les champs de bataille voisins. Le soir venu, ils parcouraient en silence les champs de carnage, relevant les malheureux qui respiraient encore et les apportant dans les chaumières de leurs villages restées debout malgré le bombardement des canons allemands. Les paysans polonais ont ainsi sauvé nombre de blessés russes et témoigné de leurs sentiments d’amitié à l’égard du grand peuple voisin auquel leur pays devra bientôt sa renaissance et sa liberté.

 

Les instantanés de la guerre (photos)

LPJ Illustre 1915-09-12 C.jpg

Cantonnement d'artillerie en plein bois

75 en plein tir

Convoi de batterie de pièce de 120 m/na

Une pièce contre aéro en plein tir

Tombes de soldats à Tracy-le-Val

Hydroplane évoluant au-dessus de la mer

L'effet d'une mine sous-marine

Tombe de soldats français morts à la bataille de la Marne

Soldats du génie occupés à préparer des pétards

Obélisque en l'honneur des soldats du 219e de ligne morts au champ d'honneur

 

Les instantanés de la guerre (photos)

LPJ Illustre 1915-09-12 D.jpg

On lit le journal boche qui vient de tomber avec une bombe dans la tranchée

Spahis marocains

Cuisines mobiles anglaises

Convoi de prisonniers allemands

Le Kronprinz passe la revue

La bombance des Allemands en Pologne

Débarquement de troupes aux Dardanelles

Une tranchée bien organisée

A bicyclette dans le boyau de communication

Assainissement des tranchées prises aux boches

 

 

Thèmes qui pourraient être développés

  • Nicolas II prend le commandement des armées russes - Le grand-duc Nicolas vice-roi du Caucase
  • Prisonnier - La nourriture
  • Russie - La question ouvrière en Russie (Dedovo)
  • Jumelles - A envoyer au front
  • Allemagne - Von Tirpitz démissionnaire
  • Aviation - Danger de monter en aéroplane
  • La France aimée (LPJ Sup)
  • Les instantanés de la guerre (Photos dans LPJ Sup)
  • Religion - Fête religieuse - Nativité de la Sainte Vierge - 8 septembre


04/09/2015
2 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 305 autres membres