14-18Hebdo

14-18Hebdo

42e semaine de guerre - Lundi 17 mai au dimanche 23 mai 1915

 

LUNDI 17 MAI 1915 - SAINT PASCAL - 288e jour de la guerre

MARDI 18 MAI 1915 - SAINT VENANT - 289e jour de la guerre

MERCREDI 19 MAI 1915 - SAINT YVES - 290e jour de la guerre

JEUDI 20 MAI 1915 - SAINT BERNARDIN – 291e jour de la guerre

VENDREDI 21 MAI 1915 - SAINTE GISELLE - 292e jour de la guerre

SAMEDI 22 MAI 1915 - SAINT EMILE - 293e jour de la guerre

DIMANCHE 23 MAI 1915 – PENTECOTE - 294e jour de la guerre

Revue de presse

-       La fête de Jeanne d'Arc

-       Le vote historique de la Chambre italienne - Par 407 voix contre 74 les députés mettent le gouvernement en mesure de faire la guerre

-       La mobilisation générale est décrétée en Italie

-       Un avion allemand survole Paris… et jette des bombes sans résultat

-       Dans les Dardanelles une avance dans la presqu'île de Gallipoli

-       L'"état de guerre" est proclamé en Lombardie, en Vénétie et sur l'Adriatique

Morceaux choisis de la correspondance

A Cornimont on en est au 63ème soldat recommandé à l’église. Si toutes les communes de France ont cette proportion, quelle hécatombe !

17 mai - ELLE.- Ce matin Paul m’avait fait annoncer sa visite par Maurice, mais Maman l’a rencontré au village et il lui a dit qu’il ne pouvait s’arrêter, étant trop pressé, que ce serait pour mercredi. Je lui ai envoyé un mot par Maman, qui est allée à Epinal avec Thérèse, pour lui soumettre une idée en vue de préserver la Chanonyère d’une invasion d’états-majors. Je ne sais si cela peut se faire mais j’émettais l’avis, puisque notre pauvre Mère n’est plus là, de faire poser les scellés sur la maison, soi-disant en attendant le partage. Peut-être y verra-t-il des inconvénients, ou même que cela ne peut se faire. Comme je suis si ignorante au point de vue droit, il se pourrait que je dise une énormité en émettant cette proposition. Il en jugera.

 

Les batailles d’Arras sont bien terribles et les succès coûtent gros. On a renvoyé beaucoup de soldats des dépôts d’Epinal pour remplacer les manquants. La bonne de Thérèse est rentrée de Cornimont ce matin. On en est au 63ème soldat recommandé à l’église, sans compter les disparus dont on n’a pas reçu l’avis mortuaire. Si toutes les communes de France ont cette proportion, quelle hécatombe. Mais je crois que tous nos départements de l’Est sont particulièrement éprouvés, car ce sont les régiments qui ont donné le plus.

 

Tu sais que Paul a le projet dès que Mulhouse sera repris d’y installer un bureau.

 

17 mai - Marie Molard (Ouchy - Suisse) à Mimi Cuny, sa belle-sœur.- Catherine ne peut pas rentrer chez elle, c’est bien ennuyeux, elle cherche une place, mais les autorités allemandes ne veulent pas accorder de permis pour rentrer en Alsace.

 

17 mai - Adrien Molard (Nancy) à Georges Cuny, son beau-frère.- Je suis toujours très occupé mais j’ai maintenant quelquefois l’occasion de sortir pour le service, car je vais en justice de paix pour les contestations relatives aux réquisitions : ainsi la semaine dernière, je suis allé à St-Nicolas et samedi je suis convoqué à Vézelise.

 

18 mai - Mme Braun (Cornimont) à Mimi Cuny, son amie.- Mon mari vient de voyager beaucoup dans le Nord, nous avançons sérieusement de ce côté. Les nouvelles sont bonnes mais on voudrait que cela marche plus vite encore.

 

Tu me manques… Il me semble qu’il y a des éternités que tu es parti.

19 mai - ELLE.- Nous avons déjeuné chez Maurice avec son commandant qui rentre d’un congé de convalescence : officier de l’active, il n’a pas eu la chance de C. Biesse, quoique sortant de l’école de guerre et semblant très intelligent. C’est le commandant que Maurice a eu depuis le début de la campagne jusqu’à son départ dans le Nord, il l’aime beaucoup. Maurice vient toujours à cheval. Nous sommes allés à Cheniménil avec la petite voiture à âne, les enfants étaient bien contents.

 

J’ai reçu quelques cerises de Charmes, mais il paraît qu’il y en a très peu cette année. Pouvez-vous acheter quelques fruits, j’espère, car ce n’est pas possible de t’en envoyer, ils n’arriveraient pas frais. Il doit bien encore rester quelques cerisiers debout dans vos régions.

 

Robert qui était si content de partir hier dans une voiture à échelles, a réussi à en tomber, il est revenu plein d’ecchymoses et de sang. Nous l’avons de suite couché, il n’en résultera rien heureusement, il a seulement le front éraflé mais je ne crois pas que cela laissera des traces. Pourtant il n’est pas tombé de haut, car c’était avant que la voiture ne soit chargée. Je ne sais comment il a fait son compte.

 

Bonnes tendresses mon adoré, si tu savais comme tu me manques mon Geogi, il me semble qu’il y a des éternités que tu es parti.

 

Je vois que le temps te semble bien long sans tes enfants chéris et sans moi.

20 mai - ELLE.- Je vois que le temps te semble bien long sans tes enfants chéris et sans moi. Si j’étais orgueilleuse, je me sentirais très flattée d’être aussi indispensable au bonheur de mon Geogi, mais je suis au contraire bien navrée de penser que les jours se succèdent sans grand changement et sans nous apporter l’espoir prochain du retour.

 

Paul a trouvé mon idée de faire poser les scellés très bonne et il a de suite écrit au juge de paix de faire le nécessaire. Quant à nous mal juger, Monsieur mon mari, et à trouver notre patriotisme très faible, vous avez grand tort - 1ère excuse, la Chanonyère est privée de tout gardien, de toute direction, aussi le vol et la malpropreté eussent été la conséquence de l’occupation - 2ème excuse, si elle avait été prise pour des officiers de troupe comme toi, j’aurais été la première pour dire qu’on l’ouvre, mais pour des E.M., ah non ! En voilà de ceux qu’on abomine et qui auront passé une belle guerre à faire la noce et à loger dans des châteaux, à se chauffer les pieds près de bons feux ronflants pendant que de pauvres malheureux se font tuer pour leur gloire. Tous ceux de l’Ecole de Guerre que je connais sont tous dans d’excellents petits cénacles, à monter en grade bien gentiment. Qu’est-ce qui gagnera à la guerre, ce sont eux. Ils ne risquent rien. H. Collin est à St-Nicolas depuis presque le début. Ch. Perrin est au G.Q.G. Camille Biesse a envoyé en cartes postales à sa femme la photo d’un magnifique château dans lequel il loge. Ils ont eu des draps dans leur lit depuis le commencement, tu peux être tranquille. Et quand on demande à ces omnipotents de faire une démarche pour mettre un peu à l’arrière un brave garçon comme Paul Boucher, qui a été dans les tranchées depuis le début, ils semblent dire : comment ose-t-il se plaindre il n’est encore ni tué ni blessé ! Enfin égalité, fraternité, ce ne sont que chimères et mots vains, on le sait depuis longtemps. Mais c’est pour te dire que j’admets très bien qu’on se donne du mal pour vous qui vous dévouez pour la France, mais pour les flemmards, non. Je l’ai dit d’ailleurs à Pauline. Soignez bien les officiers qui vont au front, mais je ne veux plus loger d’état-major.

 

Décidément, ma femme devient bien vindicative, penseras-tu, mais je ne suis pas seule de mon avis tu sais. Bien des officiers pensent comme moi, sans parler des soldats et des civils.

 

Mon Geogi chéri, je remercie tant le bon Dieu de t’avoir donné à moi, nous avons si bien les mêmes idées (sauf peut-être au point de vue des états-majors), éducation des enfants, vie matérielle, bonheur, vie intime, tout est commun en nous et je suis fière d’être aimée par toi. Soigne-toi bien pour me revenir et reprendre notre chère vie d’autrefois.

 

J’attends tous les matins au réveil la bonne nouvelle de la déclaration de guerre de l’Italie, mais, mais... rien ne vient.

21 mai - ELLE.- La poste semble accélérer ses distributions, puisque je reçois aujourd’hui ta lettre du 18 en réponse à une du 15 mai : 6 jours, ce n’est plus rien à côté du laps de temps énorme que mettait notre correspondance lorsque tu étais à Besançon. Nous n’avons que deux trains courrier, un à 11 heures du matin et un à 6 heures du soir.

 

J’attends tous les matins au réveil la bonne nouvelle de la déclaration de guerre de l’Italie, mais, mais... rien ne vient. Comme tu le dis, c’est un peu une chimère, comme nos amis qui devaient être à Berlin avant Noël. M’est avis que s’ils y sont pour Noël 1915, on pourra les féliciter, car du train dont ils marchent, le fameux rouleau allant plus vite en marche arrière qu’en avant, nous risquons fort d’attendre de longues années.

 

22 mai - ELLE.- T’ai-je dit que Paul avait trouvé mon idée de faire poser des scellés très judicieuse. Tu sais tout le monde ne te ressemble pas, il y a de par la France dans le corps d’officiers des gens bien peu discrets. Nous en avons eu cet hiver dans notre maison qui montaient dans leurs chambres sur notre escalier ciré avec leurs sabots pleins de neige. S’ils avaient eu des souliers, naturellement on ne leur aurait pas dit de les enlever, mais leurs sabots franchement ils auraient pu les laisser à la porte. Ils ont trouvé que les chaises de leurs chambres ne leur suffisaient pas et l’un a pris le grand fauteuil de cuir de la bibliothèque, l’autre le grand Louis XIV en velours. Voici maintenant ceux de Cheniménil qui demandent à Thérèse de faire déménager des rôles de bois qu’on avait mis dans le tennis pour le faire sécher pour qu’ils puissent jouer. Elle a refusé carrément. Des officiers ont mieux à faire en ce moment que de jouer au tennis, surtout dans un jardin où il n’y a aucun abri et où ils seront vus par tous les soldats du parc.

 

Il fait si bon, les enfants sont toujours au soleil et sont déjà tout brunis. Noëlle a l’air d’une petite moricaude. En ce moment, elle prend sa leçon de tricot près de moi et ce n’est toujours pas plus charmant. Elle pousse des soupirs énormes et trouve que c’est bien plus facile de faire faire les bas par une tricoteuse que par elle.

 

22 mai - Pierre Mangin (Chambéry) à Georges Cuny, son cogérant.- Je viens d’être nommé à Chambéry comme attaché à l’intendance, situation que j’occupais déjà à Epinal. De récentes circulaires ministérielles prescrivaient qu’il était nécessaire de ne pas laisser les fonctionnaires du cadre auxiliaire de l’Intendance dans les régions où ils avaient des intérêts. Je vous avouerai que je n’ai pas été fâché de ce beau zèle du ministre pour m’éloigner du front et quoique le poste que j’occupe et où je combats avec un porte-plume et en rond-de-cuir ne m’expose pas davantage qu’il soit plus ou moins rapproché de la ligne de feu, le séjour dans une place forte comme Epinal, tel que je l’ai pratiqué pendant 7 mois, n’a rien du tout de réjouissant. Je suis ici en vie de garnison avec femme et enfants et bien heureux d’avoir retrouvé les miens. Pour combien de temps y suis-je ? Partirais-je avec le corps expéditionnaire que l’on paraît former, mystère ? Je me suis arrangé pour continuer tant que je le pourrai à m’occuper des affaires de Cornimont. Notre stock d’Algérie se liquide et Remy nous envoie régulièrement de bonnes nouvelles, de ce côté-là nous aurons je crois une agréable surprise. On fait beaucoup d’affaires à de bons prix, celui de 35 pour le calicot ne se discute plus, 2 f 75 le fil est aussi un prix rasibus.

 

Nous attendons comme toi que l’Italie marche avec nous. On nous annonce l’alliance, mais toujours pas la déclaration de guerre. Patience, patience !

23 mai - ELLE.- Nos Vosges ont changé leurs mauvaises habitudes de temps pluvieux, puisque nous avons un climat exquis depuis un mois alors que les journaux, les communiqués et tes lettres mêmes nous parlent de pluies et brouillards.

 

Nous attendons comme toi que l’Italie marche avec nous. On nous annonce l’alliance, mais toujours pas la déclaration de guerre. Patience, patience !

 

Alfred n’a pas grand-chose à faire au fort d’Arches, mais ne demande pas à le quitter, il attend qu’on lui en donne l’ordre. Sa femme, qui est bien remise de ses couches, est partie en Auvergne dans une propriété de ses parents. Je crois que tante Marie et Alfred trouvent, comme nous d’ailleurs, qu’elle aurait pu venir voir son mari en passant, mais il faut croire décidément que chacun pense d’une façon différente à ce sujet. Nous en avons aussi la preuve dans notre famille. Mais je crois, entre nous, que le ménage Alfred souffrira de la guerre, on ne s’entendait guère avant cette séparation, mais en dix mois et plus ils auront pris l’habitude de ne plus se plier aux exigences de chacun et l’accord sera encore plus difficile.

 

Pour Dédé, date est prise pour le 1er juin pour lui enlever ses végétations et en même temps lui arracher six dents très mauvaises qui lui empoisonnent la bouche et sont paraît-il de mauvaises compagnes pour l’estomac. En même temps cela permettra peut-être à sa dent de devant de pousser plus droite quoique le dentiste ait dit à Maman qu’il croyait qu’il était trop tard, qu’il faudrait sans doute plus tard la repousser artificiellement.

 

Gravures du Petit Journal - Supplément illustré - 23/05/1915 (N° 1274)

 

LPJ Illustre 1915-05-23 A.jpg

A propos de la commémoration des « Mille » - Les Garibaldi : trois générations de héros

L’inauguration du monument élevé sur le rocher du Quarto, en commémoration de l’expédition des « Mille », qui, partit de là pour la conquête des Deux Siciles, nous a donné l’occasion de faire revivre dans notre « Variété » la grande et noble figure de Giuseppe Garibaldi, le héros de l’indépendance italienne. Mais en célébrant le souvenir de l’ancêtre, comment ne rendrait-on pas hommage à ses descendants ? Admirable famille que celle-ci. Trois générations de héros l’ont illustrée. Tous ceux qui portent ce nom glorieux de Garibaldi sont toujours prêts à prendre les armes pour la défense du droit et de la liberté. C’est ainsi qu’en 1870, Garibaldi et ses fils sont venus mettre leur vaillance au service de la France. C’est ainsi que, dans la présente guerre, Ricciotti Garibaldi a envoyé ses fils combattre pour notre pays, et que deux d’entre eux sont tombés en luttant pour la cause française. Aussi la France s’est-elle associée unanimement à l’hommage rendu au grand patriote italien dont la mémoire n’est pas moins honorée chez nous que dans le pays qui lui doit son indépendance et son unité.

  

 

LPJ Illustre 1915-05-23 B.jpg

Le ‘Lusitania’ torpillé - Des centaines de passagers inoffensifs, de femmes, d’enfants, ont été assassinés par les pirates allemands

Ce nouveau crime de la piraterie allemande a soulevé l’indignation du monde entier. Le grand paquebot anglais de la Cunard Line a été torpillé par un sous-marin allemand sur les côtes d’Irlande. Plus de 1 500 passagers ont trouvé la mort dans cet abominable attentat. Il y avait à bord des femmes et des enfants en grand nombre. Presque tous ont péri. Voilà à quels ennemis s’attaque la valeureuse Allemagne ! Dès les premières heures qui suivirent le crime, on assista à Queenstown, où avaient été transportés les cadavres recueillis, à des scènes navrantes : des mères appelaient leurs enfants, des femmes âgées erraient, leurs cheveux blancs ruisselant d’eau, épars sur leurs épaules ; des jeunes femmes marchaient à l’aventure, affolées, serrant leurs enfants contre leur poitrine, au milieu de 126 cadavres déjà alignés de femmes, d’hommes, d’enfants, rangée lugubre où tous les âges étaient représentés et où deux pauvres petits enfants se tenaient embrassés dans une suprême étreinte de mort. C’était là un spectacle lamentable, inoubliable, qui restera gravé dans les yeux et dans les âmes de tous ceux qui furent les témoins désolés du plus abominable acte de sauvagerie de la prétendue culture allemande, mais qui attisera sans répit la vengeance que réclame l’assassinat de pauvres créatures paisibles et innocentes.

 

Les instantanés de la guerre (photos)

LPJ Illustre 1915-05-23 C.jpg

La conférence interrompue - Le Kaiser regarde un plan avec un de ses généraux

La conférence interrompue - Mais un aéroplane français traverse le ciel

Une colonne d'Allemands faits prisonniers par les Anglais dans les derniers combats de l'Yser

Soldats anglais clôturant de fils barbelés un camp de prisonniers allemands

Dans le Nord - Prisonniers anglais dans un camp allemand

Le troupier anglais est bien chaussé et bien ferré

Aux Eparges - Nos fantassins organisent leur position

Aux Eparges - Nos fantassins embusqués à la lisière du bois prêts à repousser une attaque de l'ennemi

Dommages causés à la jetée de Blankenberghe par les bombes d'un aviateur allié

Les bâtiments démontables du quartier du général allemand Stoff démolis par les bombes d'un aviateur allié

 

Les instantanés de la guerre (photos)

LPJ Illustre 1915-05-23 D.jpg

Le corps expéditionnaire - Un coin du camp français à Siouf, près d'Alexandrie

Le corps expéditionnaire - Les Alliés campés au pied de la pyramide de Chéops

Chez nos Alliés - L'entraînement de nos recrues en Angleterre

En Argonne - Nos fantassins consolident leurs tranchées

Soldats autrichiens gardant un ballon d'observation

A Berlin - Les femmes allemandes en uniforme suivant des cours de mécanique

Le Kronprinz recevant les félicitations de ses officiers pour ses 33 ans

En Flandre - Général allemand et son état-major

Soldats autrichiens à la frontière italienne

Régiment en marche sur une route de la Flandre occidentale

 

Thèmes qui pourraient être développés

  • Italie - La mobilisation générale
  • Les batailles d'Arras
  • Pertes - Nombre de morts par commune - 63ème soldat à Cornimont
  • Le remaniement du cabinet anglais
  • Les officiers d'état-major - On les abomine
  • La catastrophe de chemin de fer en Angleterre - Plus de 100 morts
  • Les Garibaldi : 3 générations de héros - A propos de la commémoration des « Mille » - Les Chemises Rouges (LPJ Sup)
  • Le « Lusitania » torpillé - Des centaines de passagers inoffensifs, de femmes, d‘enfants, ont été assassinés par les pirates allemands (LPJ Sup)
  • Les instantanés de la guerre (Photos dans LPJ Sup)
  • Religion - Fête religieuse - La Pentecôte


15/05/2015
1 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 327 autres membres