14-18Hebdo

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120e semaine de guerre - Lundi 13 novembre au dimanche 19 novembre 1916

 

LUNDI 13 NOVEMBRE 1916 - SAINT DIDACE - 834e jour de la guerre

MARDI 14 NOVEMBRE 1916 - SAINT JOSAPHAT - 835e jour de la guerre

MERCREDI 15 NOVEMBRE 1916 - SAINTE GERTRUDE - 836e jour de la guerre

JEUDI 16 NOVEMBRE 1916 - SAINT PAUL DE LA CROIX - 837e jour de la guerre

VENDREDI 17 NOVEMBRE 1916 - SAINT GREGOIRE LE THAUMATURGE - 838e jour de la guerre

SAMEDI 18 NOVEMBRE 1916 - SAINT MAXIME - 839e jour de la guerre

DIMANCHE 19 NOVEMBRE 1916 - SAINTE ELISABETH DE HONGRIE - 840e jour de la guerre

Revue de presse

-       Saillisel entièrement pris - L'ennemi a subi des pertes élevées

-       Armée d'Orient - Les Serbes ont conquis tout le massif du Ciké et le village de Polok

-       Le lieutenant Heurteaux abat son 12e avion - Le lieutenant Deullin son 9e

-       Succès russo-roumains en Moldavie - Offensive austro-allemande contre Orsova - L'offensive Sakharof progresse sur toute la largeur de la Dobroudja

-       Grand succès britannique sur l'Ancre - Nos alliés pénètrent dans les lignes allemandes sur un front d'environ huit kilomètres

-       A la Chambre - A propos des transports, un débat sur la politique générale

-       Les Roumains se défendent pied à pied contre l'offensive austro-allemande

-       La révolution au Mexique - La victoire de Villa

-       Les deux camps préparent 1917

-       Au Sénat l'impôt sur le revenu

-       La crise de l'alimentation en Allemagne

-       L'infanterie italienne en avançant rectifie quelques secteurs - Des escadrilles ennemies ont lancé des bombes sur Ravenne et d'autres villes

-       L'Allemagne octroie aux Polonais un triste gouvernement mais un bel uniforme

-       Echec d'une puissante contre-offensive boche au nord & au sud de la Somme

-       Armée d'Orient - Nouveaux succès franco-serbes - Le combat s'étend dans la région de Kenali

-       A la Chambre la crise du charbon - La taxation des charbons domestiques

-       La taxation des farines

-       Gros succès de l'armée d'Orient - Les Anglais enlèvent Kakaraska - Les Franco-serbes au nord de Tepavoi - Les Franco-russes à 6 kilomètres de Monastir

-       Les Bulgares en déroute

-       Les Allemands ont perdu six à neuf torpilleurs du type le plus moderne à l'entrée du golfe de Finlande

-       Le service civil obligatoire serait institué en Allemagne avant la fin de l'année

-       Un raid fantastique du capitaine de Beauchamp - Après avoir jeté des bombes sur Munich il s'en va atterrir près de Venise

-       Le pape fait des remontrances à François-Joseph pour le bombardement des villes ouvertes

-       Brillante avance britannique au sud de l'Ancre

-       Aucune force n'est capable de vaincre la Russie - Déclaration des ministres de la guerre et de la marine à la Douma

-       La santé de François-Joseph

 

Morceaux choisis de la correspondance

13 novembre - ELLE.- Hier après-midi nous pensions Maman et moi profiter du beau temps pour aller à Xertigny faire une visite à Madame Trivier, mais à Jarménil nous sommes retournées car notre voiture ne marchait pas bien, il y avait eu un excès de graissage et mes bougies étaient encrassées. Je m’étais mise en devoir de les nettoyer mais j’étais bien habillée et Maman a eu la bonne idée de me chercher un automobiliste à la section qui est à Lana en ce moment. Trois bonshommes sont arrivés et se sont employés à faire remarcher la voiture. Un a vidé le moteur de sa sale huile, un autre par trois fois a démonté et remonté les bougies qui s’encrassaient à nouveau. Enfin elle a bien remarché, mais il était trop tard pour que nous fassions notre course agréablement et nous sommes allées seulement à Cheniménil prendre des nouvelles de Thérèse. Les enfants étaient allés aux Vêpres avec Mademoiselle et ont été bien étonnés de me trouver devant la maison au retour. Ils sont venus avec nous à Cheniménil, les garçons se sont amusés dehors à jouer à la toupie, Noëlle est entrée pour jouer avec ses petits cousins.

 

Thérèse va mieux, mais n’est pas encore remise tout à fait. En rentrant nous sommes allées faire visite à Madame Rayel, qui est si triste de la mort de sa fille et en pensant à ses pauvres petites Champion seules dans la vie et avec si peu de ressources. Je me suis présentée chez les demoiselles Marchal mais elles étaient sorties.

 

Dédé s’est amusé jusque sept heures à regarder des anciennes illustrations. Il commence à bien s’intéresser à toutes choses et n’est plus dans la lune comme il y a deux ans. Maman a été très fière de lui hier au catéchisme, car il a été le seul à pouvoir lui dire le sens de l’évangile lu en chaire et les explications que Mr le Curé en avait données. Et naturellement quand Maman avait demandé que ceux qui savaient se lèvent, Monsieur était resté sur sa chaise, il a fallu que Maman lui dise : « Comment André, toi aussi tu n’as pas écouté » pour qu’il daigne parler. C’est d’ailleurs le chéri de Maman, tu me taquinais souvent en me disant que c’était « mon Dédé » mais c’est encore bien plus celui de Maman, elle a pour lui une tendresse toute spéciale. Hier soir elle avait les larmes aux yeux en m’en parlant, « qu’il est gentil cet enfant ».

 

13 novembre - LUI.- J’ai reçu tes deux bonnes lettres du 8 et du 9. J’ai complètement oublié de te dire de ne pas m’envoyer le petit fourneau en question et, si tu ne l’as pas fait encore, ne l’envoie pas car je t’assure qu’il ne me sera d’aucune utilité. D’abord il ne fait généralement pas froid et puis nous nous sommes arrangés pour nous chauffer au charbon de bois qui ne fait pas du tout de fumée. Ce serait mauvais pour des chambres à coucher, mais bien entendu nous n’y faisons pas de feu. Mais au bureau on peut de temps à autre ouvrir les fenêtres et ce n’est pas trop gênant.

 

Je t’avais dit en effet que ma permission serait avancée de huit jours à un moment où on ne parlait pas encore des quatre mois. Mais maintenant, quel que soit le nombre de ceux qui doivent partir avant moi, je partirai le 12 janvier, puisque je suis parti le 12 septembre, à moins bien entendu d’événements imprévus, mais je ne partirai pas avant.

 

Tu me dis que les enfants travaillent le jeudi matin. Mais je croyais qu’ils allaient déjà au catéchisme. Je ne pense pas qu’ils fassent autre chose, il faut les laisser tranquilles. Je suis heureux que tu en sois un peu déchargée et que tu puisses bien te reposer. Engage Maman à faire un peu comme toi.

 

Pour l’impôt sur le revenu, je suis absolument de votre avis. Il faut empêcher qu’un gamin de 14 ans soit au courant de tout ce qui se passe. Il est probable que dans tous les villages cela doit être la même chose. Il faudrait donc que tous les intéressés s’unissent pour protester et demander que les comptes soient faits à Epinal et qu’on n’envoie au percepteur que le montant de la somme à toucher ou qu’en tout cas le percepteur soit forcé de faire ces comptes-là lui-même et ne les confie pas à des gamins bavards qui mettront toute la population au courant.

 

Bonnier va faire un stage de deux mois et demi à Fontainebleau. Un autre de nos camarades est parti pour être versé dans l’artillerie d’assaut. Enfin actuellement deux autres sont détachés, l’un au cours de tir, l’autre au cours d’orientation, de sorte que le service est assez dur pour ceux qui restent. Je dois me passer du lieutenant qui m’aidait, mais enfin maintenant que je suis bien au courant, j’ai du travail de paperasserie toute la matinée et l’après-midi je vais voir mes batteries, ce qui me permet de me promener.

 

14 novembre - ELLE.- Nous sommes allées hier, Maman et moi, à Epinal pour nous faire redorer. J’ai touché le dividende des actions Kettinger, 288 francs par action. Dans leur circulaire, ils annonçaient 6%, soit 300 francs bruts. Il me semble que c’est la première fois que nous recevons quelque chose de cette maison. Cela m’a donc fait 576 francs, plus 200 francs de St Gobain. Je vais pouvoir payer Mademoiselle. J’étais revenue de Paris très à sec, comme toujours. Te rappelles-tu quand nous y allions ensemble, je prétendais n’avoir besoin de rien et finalement je piochais dans ta bourse et achetais des pendules ou autres babioles si bien que les fonds pris en partant et déclarés bien trop élevés fondaient complètement. Voilà ce que c’est d’avoir une petite femme dépensière.

 

Je vois Marie Paul, elle dépense deux fois moins que moi pour sa toilette, elle n’aime pas cela, et pourtant elle pourrait si bien s’acheter de jolies choses. Paul lui avait dit qu’il lui offrirait un collier de perles avec les premiers bénéfices de Dedovo. Comme ils ont été superbes, Paul n’aura pas besoin de donner tous ses tantièmes pour le collier de sa femme. Marie m’avait emmenée chez Noury pour l’aider à choisir mais elle n’a rien acheté, elle a trouvé qu’elle ne le mettrait jamais et que cela ne lui allait pas. Il est vrai qu’elle avait eu un coup de soleil à St Gervais sur le cou et la poitrine, elle avait encore la peau toute brune et les belles perles ne faisaient pas très bien dessus.

 

Les tantes d’Epinal vont partir à Paris jeudi. Tante Marie ira chez Pierre, qui a pris un petit appartement meublé et tante Lucie va dans sa maison de retraite à Passy, où elle n’est plus allée depuis trois ou quatre ans.

 

Hier André m’a dit qu’il n’aime pas Mademoiselle, qu’elle est bavarde, criarde et impertinente. Je lui ai dit que je ne lui demande pas de l’aimer, mais simplement de bien travailler et de lui obéir. « Oh, nous lui répondrons une bonne fois, Robert et moi, et elle nous laissera la paix ». Vois-tu déjà le petit complot, cela ne m’impressionne pas car je me rappelle en avoir fait de même dans ma jeunesse. « Vous avez vu à table comme cela l’agaçait que nous vous racontions ce qu’elle nous avait dit, elle déteste, elle nous a déjà dit, que nous répétions toujours ce qu’elle nous dit ». J’ai dit à André : « Qu’il fait très bien de me le répéter, qu’on doit tout dire à sa maman, mais si cela ennuie Mlle, c’est bien facile, tu n’as qu’à me le dire le soir quand elle est remontée ». « Oh, mais non, je fais exprès de le raconter à table, pour la taquiner ». Note que ce sont des histoires sans importance, des anecdotes quelconques et je me demande pourquoi elle ne veut pas que les enfants me les répètent, elle devrait au contraire être satisfaite de voir qu’ils l’ont bien écoutée. Autrement, je crois qu’elle fera notre affaire, elle ne cherchera pas à capter l’affection des enfants, c’est beaucoup, elle est assez sèche avec eux, elle m’en avait prévenue à Paris, disant qu’elle restait l’institutrice et ne cherchait pas à être l’amie. Ce que j’aime aussi c’est qu’en dehors des classes, elle ne les abrutit pas de recommandations. A table, par exemple, elle me laisse le soin de les reprendre pour leur tenue ou leur langage, gardant son autorité pour les classes.

 

Paul Cuny doit venir ce matin à Cheniménil, mais je ne le verrai sans doute pas, même s’il passe ici, car je vais partir à l’enterrement de Madame Bigaut, qui est enfin morte hier après quatre mois de maladie. Son mari a beaucoup maigri, la mort de sa femme sera un soulagement pour lui qui a besoin d’une petite vie calme pour bien se porter.

 

C’est un artilleur de moins, vous qui faites croire à votre femme, mon Geogi, que les artilleurs ne risquent rien, pour une fois, vous avez tort.

15 novembre - ELLE.- Marie Molard m’écrit que les Mangin sont dans la peine, leur neveu Robert Lallement qu’ils aimaient tant, puisque les jeunes filles elles-mêmes l’appelaient « le pauvre chéri » quand elles en parlaient dernièrement, vient d’être tué à Sailly. Sa mère ne pourra même pas recueillir les tristes restes de son fils. On n’a rien retrouvé de lui, ni des 2 hommes qui l’accompagnaient dans une mission si dangereuse qu’il savait certainement, en y partant, qu’il y trouverait la mort ! Pierre est parti de suite auprès de sa sœur à Epinal, chez Madame Lanrezac, pour la consoler, mais il est lui-même très triste. Son neveu était tout pour lui, il apprécie beaucoup moins les maris de ses nièces. Voilà un malheur qui ne le rendra pas moins antimilitariste. Je vais écrire un petit mot à Alice. C’est un artilleur de moins, vous qui faites croire à votre femme, mon Geogi, que les artilleurs ne risquent rien, pour une fois, vous avez tort.

 

Adrien est encore en Suisse, il est à St Gall en ce moment et pense rentrer dans une dizaine de jours. Ce voyage l’intéresse, on le reçoit très bien partout et au point de vue santé cela lui fait aussi grand bien, car depuis deux ans il est toujours enfermé et astreint à des heures de bureau tout le jour.

 

Comme la guerre se prolonge hors de toute limite, Maman voudrait bien tenter des démarches pour faire sortir Georges.

Maman ira prochainement en Suisse aussi pour voir le jeune Monod, ami de Georges. Nous avons entendu dire qu’on peut assez facilement faire revenir des prisonniers pour les interner en Suisse, il faut gagner des docteurs à votre cause. Comme la guerre se prolonge hors de toute limite, Maman voudrait bien tenter des démarches pour faire sortir Georges mais je crois que ce doit être plus difficile pour les officiers. Enfin on ne peut rien faire depuis ici, elle s’entourera de renseignements en Suisse. Maman pense y aller dès après la permission de Maurice. En même temps, elle verra à un hôtel pour nous pour le petit séjour que nous voulons y faire, quoiqu’il paraît que c’est très difficile d’aller en Suisse maintenant, on n’obtient de passeport qu’en donnant une raison valable : affaires ou santé. Ce n’est plus permis d’y aller par plaisir.

 

15 novembre - LUI.- J’ai reçu ta bonne lettre du 11. Je suis tout à fait de ton avis au sujet des associés. D’abord ils ne m’offriront rien mais évidemment s’ils m’offrent quelque chose il faudra refuser. Il est même très dommage que j’ai été pour ainsi dire forcé d’accepter la grosse somme qu’ils m’ont donnée cette année. Je ne pouvais faire autrement surtout pour ne pas sembler blâmer ceux de notre famille qui auraient agi différemment mais il est certain que je ne suis plus aussi libre qu’avant. D’ailleurs au fin fond ma Mie, et je te l’ai déjà dit, bien que tu n’aies pas encore l’air d’en être convaincue, je ne suis pas du tout libre de poser des conditions. J’ai non pas signé les statuts mais donné mon consentement par écrit (c’était d’ailleurs d’Angleterre au pauvre papa Louis) à tout ce qui concernait la gérance. Par conséquent il n’est pas question de me déjuger. Il n’y aurait que le cas où on changerait quelque chose dans la gérance, mais légalement je ne peux faire du coton que chez les Héritiers et même je ne suis pas bien sûr que je puisse faire autre chose. Que veux-tu à ce moment-là, les gérants n’étaient pas aussi difficiles que maintenant. D’ailleurs je n’ai pas à me plaindre. Je regrette simplement (ce n’est bien entendu pas pour l’argent) que les associés tâchent par tous les moyens de rogner sur ce qu’ils donnent à leurs gérants ou à leurs employés. Vraiment ils ne sont pas toujours raisonnables. Et puis, comme tu le dis, il y a des gens qui parlent toujours de désintéressement mais quand il s’agit des autres. Ce n’est pas très juste non plus.

 

Enfin tout cela est peu de chose et je ne songe qu’au jour béni où cette vilaine guerre sera finie et où je pourrai te retrouver ma Mie. Nous serons toujours heureux, puisque nous nous aimons bien et que nous avons de bons chéris qui ont en somme une bonne santé et qui ne sont pas bêtes ni l’un ni l’autre.

 

La pauvre Mme Rayel est en effet bien à plaindre et, comme tu le dis, s’il n’y avait pas d’autre monde, celui-ci serait profondément injuste et je comprends que ceux qui ne croient plus à rien se révoltent contre les injustices dont ils souffrent si fréquemment. C’est pour cela en somme qu’il faut tâcher de donner à nos enfants des sentiments chrétiens. On ne sait jamais ce qui peut arriver et plus tard cela les aidera à surmonter bien des difficultés que nous ne prévoyons peut-être pas.

 

Nous avons du beau temps depuis quelques jours et j’en profite pour faire chaque après-midi de bonnes courses à pied. Comme mes batteries sont assez éloignées l’une de l’autre j’ai de quoi faire et certainement cette vie au grand air est excellente, c’est toujours cela.

 

Bonnes amitiés à Maman, Thérèse et Maurice puisque tu me dis qu’il est en permission. Je t’embrasse ma Mie de tout tout mon cœur avec nos chéris. J’espère qu’ils sont sages et qu’ils travaillent bien. Ton Geogi.

 

Tu sais que tu n’as qu’un mot à dire pour que Paul te fasse entrer dans une poudrerie. Si la guerre se prolonge encore, cela vaudrait la peine d’y songer.

16 novembre - ELLE.- Maurice est arrivé cette nuit à une heure du matin, il a manqué hier après-midi à Nancy la correspondance avec le train d’Epinal où sa femme était allée l’attendre à six heures, il l’a fait prévenir par le commissaire de gare qu’elle ne l’attende pas, qu’il n’arriverait que dans la nuit. Arrivé à minuit à Epinal, il y a trouvé un intendant qui est à Bruyères et s’était fait chercher en auto, il lui a demandé de l’amener jusque Cheniménil et il est arrivé transi n’ayant qu’un petit pardessus insuffisant par cette nuit glaciale. Néanmoins, il va bien quoique se plaignant beaucoup de son asthme et de l’incurie militaire naturellement. Figure-toi que Maurice autrefois si ennemi d’Abel Ferry lui a écrit pour lui signaler des abus. Abel F. lui a répondu mon cher capitaine et Maurice a encore une grande lettre qu’il veut lui adresser, car il a vu que sa première réclamation a eu un résultat presqu’immédiat. La guerre change décidément bien des choses.

 

Ils ont déjeuné tous les quatre à la maison, Noëlle s’est amusée avec les petits, je l’avais pourtant punie ce matin parce qu’elle avait été impolie mais, comme André n’était pas là, je l’ai laissé jouer et ce n’est qu’à six heures, quand Maurice et Thérèse ont emmené leurs enfants, que je viens de la garder avec moi pour lui faire faire une demi-heure de tricot pour sa fameuse punition.

 

Maman est partie à deux heures ½ pour Epinal avec André, car elle a très mal aux yeux depuis quelques jours et, comme on nous a dit qu’il y a un très bon oculiste parmi les médecins militaires de l’hôpital, elle est allée le voir et a emmené Dédé, qui fait souvent encore des grimaces avec ses yeux et se les frotte quand il a fixé quelqu’objet. Je l’avais déjà conduit à Mr Sibille l’an dernier mais il n’y a rien fait. Maman vient de rentrer mais elle était si pressée d’aller au bureau porter son courrier qu’elle n’a pas pris le temps de me dire ce que le docteur a dit pour eux deux.

 

J’avais justement emballé le petit fourneau à pétrole pour te l’envoyer aujourd’hui. Ce n’est pas pour ton bureau que je te l’envoyais, c’est pour ta chambre à coucher. Si tu veux lire un moment le soir ou te chauffer un peu d’eau, ce serait très pratique. Il n’arriverait pas à chauffer une grande chambre, mais en le mettant près de toi il t’empêcherait de sentir le froid. Je ne veux pas te l’envoyer si cela t’ennuie, aussi j’attends une nouvelle lettre de toi à ce sujet.

 

Marie Molard m’a écrit qu’elle a rencontré Camille Biesse en rues l’autre jour, qui lui a dit que, Victor devant partir au front, il fait tout son possible pour le mettre dans les tracteurs pour qu’il soit moins en danger. Ce brave Camille, quand Maurice était dans le Nord et qu’il ne lui demandait qu’une chose, de quitter son régiment du midi, il a trouvé qu’il ne pouvait rien, mais pour son beau-frère il le trouve encore trop en danger dans l’artillerie. Tu sais que Paul L.J. m’a encore dit que tu n’avais qu’un mot à dire pour qu’il te fasse entrer dans une poudrerie. Si la guerre se prolonge encore, cela vaudrait la peine d’y songer.

 

Je t’embrasse, mon chéri, de tout mon cœur. Encore deux grands mois sans te voir. Ta Mi.

 

17 novembre - ELLE.- Je ne t’ai pas écrit aujourd’hui, c’est bien vilain n’est-ce pas de ne pas même donner cinq minutes à son chéri qui est si loin. Ce matin, après m’être levée tard, je suis allée faire une petite promenade, puis à deux heures, j’ai été faire une visite à Madame Rayel, qui est si peinée. En rentrant je m’installais à mon ouvrage quand Madame Risler est arrivée et est restée jusque 6h 1/2. Vers cinq heures les Maurice étaient arrivés et nous avons fait un bridge jusqu’au départ de Mme Risler. Après le dîner, voilà Marie Krantz qui arrive retour de Paris, où elle est allée à l’enterrement de Mme Champion. Je m’échappe une minute pour te dire un petit bonsoir et t’embrasser tendrement. Paul Cuny a vu Maurice aujourd’hui, il repart demain à Paris pour 3 semaines.

 

Que dis-tu de la levée en masse des Allemands ? Pourvu que nous soyons prêts au printemps, non seulement à leur résister, mais aussi à les enfoncer sans quoi c’est un quatrième hiver à passer sur le front, ce qui n’a absolument rien d’encourageant.

17 novembre - LUI.- J’ai reçu ta bonne lettre du 12 novembre. Si comme tu le dis notre petit Dédé peut suivre la septième, il n’aura donc aucun retard au contraire. Mais il ne faut pas s’attendre, surtout au début, à ce qu’il ait de bonnes places dans ses compositions. Les élèves qui concourent avec lui ont l’habitude du maître, savent comment il aime qu’on réponde aux questions qu’il pose et puis, dans l’enseignement oral, il peut leur expliquer bien des choses qui ne sont pas dans les livres. En tout cas, puisque notre petit Dédé doute toujours de lui, il vaut mieux, s’il est dans les derniers, ne pas trop lui dire et au contraire l’encourager en lui disant que ce n’était pas trop mal et qu’il fera certainement des progrès.

 

Inutile de te dire qu’en ce qui concerne Mademoiselle notre fille, je partage absolument ta manière de voir. Les parents qui se flattent de l’esprit d’indépendance de leurs enfants ne sont pas des parents prévoyants. Il faut tenir les enfants et les habituer à respecter leurs parents et à suivre leurs conseils. C’est ainsi qu’on nous a élevés et je crois que c’est la bonne méthode.

 

J’ai reçu une lettre d’Henry me disant qu’il avait quitté Lyon et qu’on l’avait dirigé sur le front. Mais il me dit être resté en panne à Dijon et que leur départ a été retardé. Je crois qu’il ira plutôt du côté de la Somme ou de Verdun et que je n’aurai pas le plaisir de le voir.

 

Paul me convoque à la réunion de Dedovo pour la fin de ce mois. Si le chiffre que tu m’as indiqué est exact, je suppose qu’on donnera un dividende. Mets-le plutôt chez les Héritiers, il faut tâcher de nous garder un peu d’argent liquide, que nous ne soyons pas pris au dépourvu après la guerre.

 

Que dis-tu de la levée en masse des Allemands ? Je ne crois pas qu’en France cela prendrait aussi facilement. Il est certain que les Allemands vont faire un gros effort. Pourvu que nous soyons prêts au printemps, non seulement à leur résister, mais aussi à les enfoncer sans quoi c’est un quatrième hiver à passer ici, ce qui n’a absolument rien d’encourageant.

 

J’espère que Thérèse est guérie et qu’elle pourra profiter de la permission de Maurice. Où est-il maintenant Maurice et que font-ils dans leur secteur ? Les artilleurs travaillent-ils beaucoup et ont-ils beaucoup de munitions ? Fais-lui mes bonnes amitiés ainsi qu’à Thérèse et à Maman.

 

18 novembre - ELLE.- Hier soir, on a tambouriné dans le village que les paysans aient à laisser leurs granges ouvertes pour la nuit car on attendait de l’artillerie vers minuit. Il faisait un froid terrible et nous plaignions ces pauvres diables de débarquer par une nuit aussi noire et aussi glaciale. En pensant à toi, que je voudrais voir mieux installé, nous avons fait un bon feu dans la chambre de l’officier et lui avons préparé un plateau avec tout ce qu’il fallait pour se faire une tasse de thé pour qu’il soit bien réchauffé. Ces troupes reviennent de la Somme, paraît-il. Elles ont déjà été dans les Vosges l’hiver et l’été derniers. Il n’y a que toi décidément chéri qui ne reviens pas vers nous.

 

Paul Cuny est resté deux bonnes heures hier avec Maurice, il lui a dit le résultat de Dedovo, dont Maurice est resté stupéfait. Il donne 50 frs par part de fondateur, mais comme il n’a pas trop de fonds, il les mettra en compte courant au nom de chaque bénéficiaire. Il en a à lui seul 2 700, cela lui fera une jolie somme. Cheniménil marche bien, Paul est content, les Auptel se donnent du mal, il n’y aura plus la semaine prochaine qu’un seul métier arrêté, mais celui-là sera à peu près démonté à la fin de la guerre car il sert de magasin à pièces de rechange, on lui prend tout ce qui manque aux autres.

 

Maurice s’est mis en civil hier, c’est étonnant comme le costume civil amaigrit. J’en avais été frappée déjà à Paris en voyant Adrien, il a encore assez bonne mine en uniforme, mais en jaquette il paraissait très maigre. Et toi, mon bon chéri, vas-tu bien, n’as-tu plus eu de vertiges, ni de malaises ?

 

Ici, nous allons tous à merveille en ce moment. Robert a été surnommé Pétrone par Maurice, car il est arrivé avant-hier à table très soigné, souliers bas, col bien amidonné. Hier on lui a fait un grand plaisir en lui donnant des manchettes, ce sont des manchettes de Maman. Il y a quelques quinze ans quand j’étais jeune fille, c’était la mode de mettre des poignets blancs sous ceux de la blouse. J’aurais voulu que tu voies les yeux rayonnants de Bertus. Quant à André, c’est le contraire, il faut lutter pour obtenir un peu de soin et de propreté : « puisque je vous dis que je serai cultivateur, ce n’est pas la peine de prendre l’habitude d’être coquet. J’irai charruer, j’aurai encore de bien sales souliers et je ne mettrai pas de manchettes. »

 

19 novembre - ELLE.- Nous sommes allées hier Maman et moi faire une visite à Madame Trivier, qui nous a donné des photos ravissantes du petit Jean Laroche-Joubert, agrandissements des petites photos qu’Alice avait faites pendant son séjour à Angoulême. Ces dames sont très artistes, leurs photos ressemblent à de vraies gravures dans les tons sanguine, comme on en voit dans le magasin Braun à Paris. Nous sommes rentrées pour six heures, la voiture et les phares marchent bien.

 

Maurice dîne tous les soirs à la maison pour faire un bridge. Hier soir, nous avions Marie Krantz, mais nous ne l’aurons pas ce soir parce que Maman a invité des officiers qui sont très aimables et bien élevés mais elle est tellement moqueuse qu’elle ne voit jamais que les menus défauts des gens et, comme elle est très mordante, manque parfois d’amabilité. Pour nous, cela nous est égal, nous la connaissons et ne faisons pas attention à ses boutades et puis je me dis que la pauvre fille n’a pas eu grand bonheur dans sa vie et qu’à sa place je serais peut-être plus aigrie qu’elle ne l’est, aussi j’accepte ses taquineries et compliments à rebours, mais trouvons inutile de les infliger à des invités.

 

Noëlle devient une bonne petite fille. Hier on a laissé veiller les deux grands et j’aurais voulu que tu la voies servir l’infusion le soir, très gracieusement sans mot dire. Quand tout le monde a eu fini, elle a emporté le plateau à la cuisine, sans rien briser. Après, elle a servi de la liqueur comme une vraie petite femme. Et vers 9 h 1/2 quand Elise est venue la chercher pour la coucher, elle n’a pas grogné et est partie de suite.

 

J’ai pensé à toi cette nuit en entendant la tempête, j’espère que tu n’as pas eu à sortir, il faisait si mauvais.

 

Il est dommage que des jeunes gens intelligents comme ceux-là tombent à la fleur de l’âge.

19 novembre - LUI.- J’ai reçu tes deux bonnes lettres du 15 et du 16 novembre. Je comprends que Pierre Mangin soit bien triste de la mort de son neveu. Il l’aimait beaucoup et l’estimait beaucoup plus que ses autres neveux. Réellement il est dommage que des jeunes gens intelligents comme ceux-là tombent à la fleur de l’âge. Mais que voulons-nous c’est la guerre et il n’y a qu’à en attendre patiemment la fin.

 

Maurice n’est pas le seul à trouver des abus. Mais tu sais ma Mie, il faut tenir compte aussi des difficultés réelles que les chefs peuvent avoir pour surmonter tous les obstacles et puis, moi, je ne me fierais pas à un député. Maurice peut être sûr que ce qu’il raconte sera publié plus tard après la guerre par Abel Ferry. Il ne faut donc ne dire que des faits absolument sûrs et il ne faut pas agir trop vite. Quelquefois on est mécontent, un peu ennuyé et écœuré. J’estime qu’il vaut mieux ne rien dire parce que forcément, quand on est dans cet état d’esprit, on exagère souvent et on écrit des choses dont on se repent quelques jours après.

 

P. Laroche-Joubert est bien gentil de penser à moi mais j’estime que je ne peux pas encore lâcher le front. Je ne dis pas que, si la guerre doit s’éterniser, je ne tâcherai pas moi aussi (chacun son tour) d’aller passer quelques mois à l’arrière. Mais ce sera en tout cas provisoire et pour cette année et l’année prochaine il n’y faut pas songer. J’espère toujours d’ailleurs que tout sera fini pour l’hiver prochain, mais il faut que chacun se donne du mal et peut-être encore plus à l’arrière que sur le front.

 

Que veux-tu, ma pauvre Mie, il est tout naturel que Camille Biesse s’occupe plus de son beau-frère que de Maurice. D’ailleurs très franchement, Victor rendra cent fois plus de services dans une batterie à tracteurs que dans une batterie en campagne. Pendant une guerre, on ne peut pas s’occuper d’égalité. Il faut que chacun soit à sa place et si on avait toujours suivi cette méthode nous serions peut-être plus avancés.

 

Je souhaite que les démarches que veut faire Maman pour ramener Georges en Suisse réussissent, mais ne vous faites pas trop d’illusions. Georges grâce à Dieu est bien portant et les Allemands ne le laisseront pas partir si facilement.

 

Si vous ne pouvez pas aller en Suisse, pourquoi n’iriez-vous pas passer les mauvais mois d’hiver, février, mars, etc., dans les Pyrénées. Le voyage est bien long c’est vrai mais il faut tâcher de profiter de mon absence pour ne pas rester dans les Vosges pendant la mauvaise saison.

 

Tu me diras ce que le docteur a dit de la vue de Maman et de celle de Dédé. Je présume que cela doit être peu de chose si ta mère a voulu descendre au bureau avant de t’avoir renseignée.

 

Dans deux mois ma Mie nous serons ensemble, bienheureux de nous retrouver n’est-ce pas chérie. En attendant je t’embrasse avec les enfants de tout cœur.

 

Gravures du Petit Journal - Supplément illustré - 19/11/1916 (N° 1352)

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L’amiral Dartige du Fournet - Commandant en chef les flottes alliées d’Orient

On sait que devant l’attitude du gouvernement royal de Grèce, les Alliés avaient dû exiger certaines garanties : la remise entre les mains du commandant des flottes alliées des petites unités de la flotte hellénique ; le désarmement des forts de terre ; l’occupation des îlots de Leros et de Xyra, dans le golfe illustre de Salamine ; et enfin le débarquement au Pirée et l’envoi à Athènes de fusiliers marins. C’est à l’énergie de l’amiral Dartige du Fournet que l’on doit l’exécution rapide et sans heurts de toutes ces mesures si nécessaires à la sécurité de nos troupes. « L’amiral du Fournet, dit notre confrère M. Lucien Nicot, est aujourd’hui la plus haute personnalité de la marine ; il est âgé de soixante ans ; il a conservé toute la belle vigueur de ses jeunes années et la belle énergie dont il a déjà donné bien des preuves, dans plusieurs circonstances mémorables, au cours de sa très brillante et déjà longue carrière. Partout, que ce soit en Chine, avec l’amiral Courbet ; au Siam, avec l’amiral Humann et le commandant Bory ; à Constantinople, à la tête de l’escadre internationale réunie au moment des guerres balkaniques ; ou bien encore, l’an dernier, à la tête de l’escadre de Syrie, et, enfin, plus récemment, avec la flotte de Salonique, l’amiral du Fournet, partout, s’est révélé, non seulement un marin d’élite et un grand chef, mais encore un homme d’un haut caractère »

 

Dès le début de sa carrière, le futur amiral avait donné un admirable témoignage de cette énergie. C’était en 1893. Le Siam ayant méconnu nos droits sur le Mékong, les Français ayant été massacrés, l’amiral Humann, commandant la division navale d’Extrême-Orient, décida de faire une démonstration devant Bangkok. Deux navires de la flotte furent chargés de forcer les passes du Ménam défendues par les forts siamois ; c’étaient l’aviso ‘L’Inconstant’ et la canonnière ‘la Comète’. Le capitaine de frégate Bory, à bord du premier de ces bâtiments, avait le commandement de l’expédition. Quant à la canonnière, elle avait pour chef un jeune lieutenant de vaisseau qui, quelques années auparavant, à Formose et dans les combats de la rivière Min, avait eu l’honneur d’être remarqué par l’amiral Courbet, lequel se connaissait en bravoure et en énergie. Il s’appelait Dartige du Fournet. Avec une intrépidité qui stupéfia les Siamois, les commandants des deux petits bateaux se lancèrent dans les passes, les traversèrent à toute vitesse en dépit des obus qui pleuvaient, des torpilles qui éclataient autour d’eux. Trois heures plus tard, ‘l’Inconstant’ et ‘la Comète’ mouillaient devant la légation de France à Bangkok.

 

On sait quel chemin a fait depuis le jeune commandant de ‘la Comète’ ; et les récents événements ont démontré que son énergie, son esprit de décision étaient toujours les mêmes. Au mois d’octobre 1915, l’amiral Dartige du Fournet remplaçait l’amiral de Lapeyrère à la tête de l’armée navale française, et il adressait à la flotte un superbe ordre du jour dont voici la vibrante conclusion : « Amiraux, officiers, marins de France, attachons-nous passionnément à notre tâche quelle qu’elle soit. Il n’en est pas de petite quand il s’agit de travailler pour la patrie, d’assurer le triomphe de ses armes. Mes amis, mes camarades, mes enfants, unissons-nous dans l’amour le plus beau, le plus pur qui existe : celui de la France. Tournons nos yeux vers le pavillon tricolore qui flotte sur nos têtes, songeons aux grands noms qui résument parmi nous la plus noble des histoires : Charlemagne, saint Louis, Jeanne d’Arc, Jean Bart, Suffren, Courbet, et tant d’autres. Soyons jaloux d’enrichir, à notre tour, un pareil héritage de gloire et jetons ensemble le cri que résume note espérance invincible : « Vive la France ! »

 

 

 

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Des hordes de femmes bulgares, qui suivent les troupes, prennent part aux massacres et aux pillages en Dobroudja

Les Bulgares, pendant la guerre fratricide qu’ils firent en 1913 aux Serbes de Macédoine, avaient soulevé l’opinion du monde civilisé par leurs crimes. Ce n’étaient sur leur route que villages dévastés, incendiés, populations dépouillées, mutilées, massacrées. Ils ont, cette fois, s’il est possible, dépassé encore ces horreurs. Naguère, du moins, les hommes seuls, les farouches comitadjis, se livraient à ces pillages et à ces massacres. Aujourd’hui, les femmes elles-mêmes s’en mêlent. Des blessés récemment arrivés à Odessa rapportent que des hordes de femmes bulgares suivaient les troupes, envahissant la Dobroudja et que ces mégères pillaient tout sur leur passage, torturaient les femmes, les enfants, les vieillards et rivalisaient de férocité avec les soldats, à l’égard des habitants demeurés dans le pays. Les Bulgares sont bien les dignes alliés des massacreurs de Louvain et de Dinant.

 

 

Les instantanés de la guerre (photos)

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Un pont de bateaux construit par les Roumains sur le Danube

En Macédoine - Blessés transportés en cacolet

Une usine où l'on fabrique des projectiles pour l'artillerie lourde

Mitrailleuse roumaine dans un champ de maïs

Section de mitrailleuses roumaines traînées par des chiens

Nos pionniers dans la Somme

Observateurs italiens

Une bonne recommandation

Prisonniers allemands attendant leur tour d'interrogatoire

Tir dans la nuit d'une batterie de 120 long

Nouveau brancard pour grands blessés

Front italien - Les premières neiges

 

 

Thèmes qui pourraient être développés

  • Les Roumains se défendent pied à pied contre l'offensive austro-allemande
  • Mexique - La révolution au Mexique - La victoire de Villa
  • Guerre - Les deux camps préparent 1917
  • Allemagne - La crise de l'alimentation en Allemagne
  • Pologne - L'Allemagne octroie aux Polonais un triste gouvernement mais un bel uniforme
  • Rationnement - A la Chambre la crise du charbon - La taxation des charbons domestiques
  • Rationnement - La taxation des farines
  • Les Bulgares en déroute
  • Allemagne - Le service civil obligatoire serait institué en Allemagne avant la fin de l'année
  • Le pape fait des remontrances à François-Joseph pour le bombardement des villes ouvertes
  • Autriche - La santé de François-Joseph
  • Impôt sur le revenu et problème de confidentialité
  • Prisonnier - Faire revenir des prisonniers en Suisse
  • Enfants - Punition des filles : 1/2h de tricot
  • Tracteurs - Des batteries à tracteurs
  • L'amiral Dartige du Fournet, commandant en chef des flottes alliées d'Orient (Portrait dans LPJ Sup)
  • Santé - L'hygiène en guerre (les combats moins meurtriers que les maladies) (LPJ Sup)
  • Les instantanés de la guerre (Photos dans LPJ Sup)
  • Conseils pratiques - Comment tanner une peau de lièvre (LPJ Sup)
  • Religion - Fête religieuse - Saint Paul de la Croix - 16 novembre


11/11/2016
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