14-18Hebdo

14-18Hebdo

JMO Edouard Favre - Sept. 1914-Août 1915

(La Somme - Lihons près de Péronne)

 A la déclaration de guerre, Edouard Favre a 37 ans. Il est officier d’active, capitaine d’artillerie. Le 6 août 1914 il part de Grenoble pour les Vosges et l’Alsace. Il commande la 3ème batterie du 1er groupe du 2e régiment d’artillerie de campagne. Il est veuf, sa femme, Marie Aussedat, est morte en 1912, âgée de 33 ans. Il a 5 enfants, dont l’aîné a 11 ans

Il est le rédacteur de ce « Journal des Marches » de sa batterie (2e RAC/1er Groupe/3e Batterie).

                         

21sept. 14

Arrivée à St Just à 16h30. Débarquement. En route à 18h pour Lieuvillers (7k S.E. St Just) où la 3ème batterie rejoint le 1er groupe à 19h30. Cantonnement.

22 sept. 14

Départ à 7 heures pour Angivillers, Le Ployron, Rollot. Halte gardée à Rollot de 12h30 à 18h. Cantonnement à Rollot.

23 sept. 14

Départ 5 heures par Faverolles, Etelfay. Grand-halte à « Le Bouchoir » de 13h à 15h. Cantonnement à « Le Quesnoy en Santerre » à 16h30.

24 sept. 14

Départ à 6 heures pour Le Bouchoir. Arrêt à Rosières de 10 à 12 heures.

Mise en batterie de la 3ème sur le chemin creux N.E.S.O. de Lihons à Méharicourt N., près du passage à niveau, à 14 heures (petit chemin à 1 trait).

A 16 heures nouvelle mise en batterie à la bifurcation du chemin à 1 trait qui se raccorde au N. avec la voie ferrée et le chemin à 1 trait de Lihons à Méharicourt E.

L’ennemi attaque Lihons. La batterie n’a aucune vue et il n’y a pas d’observatoire à proximité. Elle ne tire pas. A 18 heures les avant-trains sont amenés.

A 19h30 la batterie se met en marche derrière la 2ème batterie et se dirige sur Rosières.

Abreuvoir des chevaux à 21 heures. Bivouac dans une prairie en bordure et à l’E. de la route de Rosières à Lihons, près de la gare de Rosières.

25 sept. 14

A 4 heures départ.

Reconnaissance du Capitaine commandant le 1er groupe, du commandant le 2e groupe, du capitaine commandant la 3ème batterie entre Lihons et Chaulnes. Les agents de liaison et les éclaireurs sont arrêtés au N. de la voie ferrée près du passage à niveau de la grande route N.S. de Lihons à Chilly. Les batteries 1er, 2e et 3e s’arrêtent à l’O. de ce même passage à niveau le long du chemin à 1 trait qui longe la voie ferrée.

La reconnaissance du commandant de groupe se porte à environ 500m. du N.O. de ce point et se trouve tout à coup fusillée de près de la lisière d’un bois. Le capitaine commandant la 3ème batterie a son cheval légèrement blessé et est ramené par son cheval au galop allongé dans nos lignes. Le commandant du 2e groupe (commandant Chavelet) a son cheval tué et tombe. Le commandant du 1er groupe blessé mortellement tombe de cheval (capitaine Bouchon). Après un étourdissement de quelques minutes le commandant Chavelet se relève (les Allemands lui ont pris sa jumelle), traîne le capitaine Bouchon jusqu’à un chemin creux où dans la nuit suivante les 3 capitaines du groupe (Piet, Ducruy, Favre) vinrent le rechercher avec quelques hommes de la 2ème batterie, son ancienne batterie.

Le capitaine Piet aussitôt prend le commandement du groupe, donne l’ordre à la 2ème batterie de se mettre en batterie au S. de la voie ferrée le long de la grande route de Lihons à Chilly, et au capitaine commandant la 3ème batterie de se porter avec les 1ère et 3e au N. de Maucourt près d’un bois et d’y chercher une position de batterie pour faire face à l’Est.

6 heures. Les deux batteries exécutent une contremarche, traversent la voie ferrée au premier passage à niveau qu’elles rencontrent et traversent la plaine d’un temps de trot et viennent se former en position de rassemblement à la lisière du petit bois situé à 500 N. de Maucourt.

La capitaine commandant la 3ème batterie se porte en reconnaissance vers Maucourt mais y rencontre le 3ème groupe de l’artillerie divisionnaire. Il cherche une position de batterie à proximité de la grande route de Lihons à Chilly mais constate que les bois au-delà bornent le champ de tir.

Il place une section de la 3e en batterie à hauteur de la lisière E. du bois sous le commandement du sous-lieutenant Fond, conserve la 2ème section sur roues à proximité. La 1ère batterie va prendre une position de rassemblement à 1000m. à l’ouest (10h). La section en batterie surveille la lisière des bois situés entre la grand-route Lihons-Chilly et la voie ferrée.

Une batterie ennemie de 77 dont on n’arrive pas à découvrir l’emplacement ouvre le feu sur le petit bois. D’autre part l’infanterie ennemie aborde la lisière S. de Maucourt et notre infanterie se replie. La section sur roues de la 3ème batterie se porte en bataille avec de larges intervalles à travers la plaine pour rejoindre la 1ère batterie. L’ennemi envoie quelques obus, dont l’un au commencement du mouvement fait empêtrer un attelage qui tombe. Son tir est inefficace. Il incendie néanmoins une ferme à Méharicourt derrière laquelle la section lui a semblé s’abriter.

12h. Le sous-lieutenant Fond amène les avant-trains et effectue sa retraite comme l’autre section. Les deux batteries réunies se portent en ligne de colonne à l’ouest de la cote 86. En arrivant sur la crête l’ennemi envoie quelques obus sur elles. Le capitaine commandant la 3ème batterie les oriente dans la dépression à l’O. de cette crête et les arrête en colonne en faisant mettre pied à terre ce qui défile complètement les deux batteries. L’ennemi envoie néanmoins quelques obus dont un blesse le M.d.L. mécanicien Durand et les deux conducteurs Baud et Lavergnaz.

Les deux batteries se ravitaillent à ce moment en vivres et avoine au groupe des échelons rassemblés à proximité.

Le capitaine Piet commandant le groupe arrive à ce moment et donne l’ordre de mettre en batterie sur place face à Maucourt et Chilly.

Ce mouvement est exécuté, les avant-trains de la 3ème batterie se rassemblent à proximité de Méharicourt.

14h30. La 3ème batterie tire sur Chilly occupé par l’ennemi et continue un tir lent sur cet objectif.

16h. Tir sur les lisières de Maucourt, suivi d’un tir lent.

17h30. Tir d’après la carte sur Fransart où sont signalés d’importants rassemblements ennemis. Fransart se trouve pour la 3ème batterie exactement dans la direction du clocher de Maucourt sur lequel elle est dirigée.

18h30. Un peloton de pièce reste sur le terrain avec le matériel de la batterie, le reste du personnel cantonne dans une ferme de Méharicourt, les avant-trains attelés et groupés à l’ouest de cette ferme.

Ont été blessés le 25 sept. :

M.d.L. mécanicien Durand N° Mle 2590 (La Mure - 34 gde Rue - Isère)

Cr Cr Baud N° Mle 5207 (Boëge - Hte Savoie)            (5e pièce)

Cr Cr Lavergnaz N° Mle 5090 (La Muraz - Hte Savoie)   (4e pièce)

En outre trois chevaux dont un mort le lendemain.

Durand, Baud et Lavergnaz ont été évacués sur l’ambulance.

26 sept. 14

A 4h30 tout le personnel est à son poste de tir, les avant-trains ont repris leur emplacement de la veille où ils sont défilés pied à terre.

Quelques obus sur la lisière de Maucourt que notre infanterie cherche à reprendre (6 heures).

Tir sur un aéroplane ennemi qui descend assez près de la ligne de feu (8 heures).

Tir sur le même aéroplane (10 heures).

A midi le groupe se porte au sud de la cheminée Signal (1500 O. de Lihons). La 3ème batterie reçoit l’ordre de prendre une position d’où elle puisse tirer sur les lisières de Vermandovillers. Elle se place en batterie sur le petit chemin à 1 trait E.O. qui passe à 150m. au N. de la cheminée Signal, la pièce de droite près de la grande route de Lihons à Framerville.

14h. La batterie règle son tir sur la lisière de Vermandovillers.

16h. Elle exécute un tir d’après la carte sur une batterie et des échelons dont l’emplacement lui est déterminé.

18h. La 3ème batterie va cantonner à Rosières.

27 sept. 14

En batterie à 5h30 au même point que la veille.

9h. Le 11e bataillon de chasseurs occupe des tranchées en avant de Lihu et vient de recevoir l’ordre de se porter en réserve à Framerville. Ce mouvement de repli en plein jour et en terrain découvert lui est difficile, il demande l’appui de la 3ème batterie.

La 3ème batterie n’a aucune vue sur les tranchées ennemies qui lui sont signalées à 600 ou 700m. de la lisière du village. Le capitaine commandant la 3ème batterie fait aussitôt prévenir le commandant de groupe de l’appui demandé par le 11e chasseurs, espérant que l’une des deux autres batteries pourra intervenir plus utilement, et à cause de l’urgence de cet appui il fait exécuter par la 3ème batterie un tir à obus explosifs avec plaquette à cause de l’angle mort, et à obus à balles en faisant varier le correcteur sur la hausse minima. Ce tir atténue sensiblement le tir de l‘ennemi.

13h30. Un aéroplane vient au-dessus de la batterie pour régler son tir sur une batterie ennemie. Le tir de réglage dure environ une demi-heure. Il est suivi d’un tir d’efficacité sur hausses échelonnées.

18h. La batterie rentre à Rosières.

28 sept. 14

En batterie à 5h30 au même point.

14h. Une batterie ennemie est signalée à l’E. de Vermandovillers. Elle est visible d’un observatoire de Lihons. Lihons est relié par téléphone avec le général commandant la 53e brigade dont le poste de commandement est à 100 mètres de la batterie dans le bois à l’O.

Le capitaine commandant se porte à Lihons, observe les salves et règle le tir en se servant du téléphone de la brigade. La batterie exécute un tir d’efficacité à obus explosifs sur deux hausses échelonnées de 25m. et très bien réglées. Il eût fallu faire un tir de démolition, mais les postes téléphoniques sont trop loin de l’observateur d’une part et de la batterie d’autre part.

16h. L’ennemi a repéré la direction de la batterie et ouvre le feu sur elle avec une batterie de 150 et une de 105. Il tire sur la zone où nous nous trouvons, sur une profondeur de 400 mètres environ. Sa dernière salve est dans la batterie. Un obus de 150 tombe sur le chemin et, dans sa tranchée insuffisamment couverte, le canonnier servant Girardot est blessé d’un éclat dans le flanc. Un camarade le conduit aussitôt à l’ambulance.

18h30. Retour à Rosières.

29 sept. 14

5h30. Même position que la veille.

9h. Le capitaine part en reconnaissance du côté de Framerville (4k N.O. de Lihons), ayant reçu l’ordre du colonel commandant le 2e Rt d’art. d’y établir sa batterie à l’E. du château. La batterie amène les avant-trains et prend une position d’attente le long et à l’O. de la lisière du bois.

12h. La batterie occupe la position de batterie située à l’Est du village de Framerville, sur le versant ouest du ravin. Poste de commandement et observatoire du capitaine à une meule de paille située à 200m. en arrière de la batterie.

La batterie surveille la lisière O. du « Bois étoilé », petit bois situé à l’E. d’Herleville. La 2ème batterie qui est à 300 mètres au S. de la 3ème batterie a déjà cette mission.

18h. Cantonnement à Framerville pour le 1er groupe.

30 sept. 14

5h30. Même position de batterie.

Le M.d.L. Grand, blessé le 24 août, actuellement prisonnier à Constance (Allemagne), reçoit la médaille militaire.

Le capitaine Favre commandant la 3ème batterie est cité à l’ordre de l’Armée.

La 3ème batterie ne tire pas.

18h. Elle rentre à Framerville.

1er oct. 14

5h30. Même position.

18h. Même cantonnement

2 oct. 14

5h30. Même Position

10h. La 3e batterie est désignée pour appuyer la 28e division qui défend Foucaucourt. Le capitaine part en reconnaissance et cherche sur la croupe à l’ouest d’Herleville une position permettant de battre la lisière sud du village et ses abords.

12h. La batterie qui, après avoir amené les avant-trains, est venue prendre une position d’attente dans le ravin à l’E. de Raincourt, vient se mettre en batterie à la ligne de défilement du cavalier à 300m. de la grande route de Péronne à l’E. d’un petit bois carré.

Le poste d’observation du capitaine est en avant de la batterie sur la crête.

Notre infanterie se replie et se porte en arrière de la batterie. Foucaucourt est évacué, l’ennemi occupe la lisière. Il n’y a plus en avant qu’une compagnie qui fait aussi un mouvement de retraite. Le capitaine donne l’ordre de se reporter de l’autre côté du ravin. Il place la 3ème batterie à contrepente au point marqué sur la carte au 1/80 000 par r avant-dernière lettre du mot Raincourt. Il se met en relation avec le colonel commandant le 22e Rt d’infanterie et envoie un agent de liaison au commandant Petit du 54e d’artillerie.

La batterie est en position à 15h30.

Le poste de commandement et d’observation du capitaine se trouve à 200m. en arrière de la batterie, dans le champ qui monte vers Raincourt.

16h30. Ordre de tirer sur la lisière de Foucaucourt occupée par l’ennemi et d’envoyer quelques obus dans le village. (Deux compagnies du 22e y sont restées). Ce tir est exécuté.

17h30. Plusieurs batteries situées au N.E. de la sortie E. de Foucaucourt gênent la marche de notre infanterie qui se porte à l’attaque.

La direction est à peu près sûre, la distance est mesurée sur la carte, le capitaine fait tirer plusieurs salves des quatre pièces à la fois, avec un échelonnement des hausses et un faisceau très serré.

18h30. Retour à Framerville.

3 oct. 14

En place à 5h30. Le sous-lieutenant Guelfucci, nouvellement promu, prend le service à la 3ème batterie.

La batterie exécute un tir sur le château de Foucaucourt qui est encore occupé par l’ennemi.

18h. Retour à Framerville.

4 oct. 14

En place à 5h30. Retour à 18h.

5 oct. 14

Comme hier.

6 oct. 14

Comme hier. La 3ème batterie reçoit quatre appareils téléphoniques et 2 kilomètres de fil.

7 oct. 14

Comme hier.

A 13 heures le capitaine commandant part en reconnaissance vers Foucaucourt à la recherche d’un observatoire. Il trouve au moulin de Foucaucourt un poste d’observation donnant des vues sur tout le terrain situé à l’est d’Herleville, au N. du bois étoilé et au N. et à l’E. de Vermandovillers. A 16 heures il rentre à la batterie et reçoit l’ordre d’effectuer la reconnaissance qu’il vient de faire. Il en donne aussitôt le résultat et rend compte qu’il occupera l’observatoire dès le lendemain matin.

8 oct. 14

En position à 5h30.

L’équipe des téléphonistes s’occupe de l’installation de la ligne du moulin de Foucaucourt. Cette installation n’est terminée que vers 10 heures.

Le lieutenant Fond est observateur aujourd’hui. Vers midi il signale deux batteries d’obusiers de 15 qui sont situées à l’E. de Vermandovillers et qui bombardent depuis plusieurs jours Lihons et la croupe de la cheminée Signal. Elles sont à environ 6000m. de la batterie.

La 1ère pièce est réglée sur l’une des batteries, la 2ème pièce sur l’autre. Elles cessent aussitôt leur tir. Les deux premières pièces de la batterie restent pointées sur ces deux batteries et exécutent de temps à autre irrégulièrement un tir de deux ou trois obus explosifs conformément au bulletin dicté par le capitaine à chaque chef de pièce.

La 3ème pièce tire ensuite sur une maison de Soyécourt qui doit être un poste de commandement à en juger par le nombre des cavaliers et cyclistes qui s’y arrêtent.

La batterie lisse sur place à 18h tout son matériel, le personnel d’une pièce, avec un planton auprès du colonel commandant le 22e Rt d’Infanterie.

Le poste est commandé par un chef de section.

Le personnel disponible avec les avant-trains rentre au cantonnement à 18h30.

9 oct. 14

A 5h30 la batterie est rassemblée auprès du matériel. Le sous-lieutenant Guelfucci se rend au moulin de Foucaucourt avec le lieutenant Fond qui doit orienter son observation, puis revenir à la batterie. A cause du brouillard la batterie ne tire pas.

Vers 10h30 un aéroplane allemand vient au-dessus de la batterie, il lance un signal et aussitôt quatre obus de 150 puis quatre autres tirés sur la même direction avec un échelonnement de distances de 50 mètres tombent à 200m. à droite de la batterie, envoyant quelques éclats sur les avant-trains au fond du ravin sans blesser personne. L’aéroplane fait demi-tour et annonce sans doute à l’ennemi le résultat de son observation. « La batterie française, a-t-il sans doute déclaré, est à 200m. plus à droite, sa distance correspond à la 3ème hausse ».

A 11 heures en effet une batterie de 105 ouvre le feu sur la 3ème batterie, son tir est tout à fait réglé en portée, il est simplement légèrement à droite. Tout le personnel s’abrite dans les abris couverts et attend, le tir de l’ennemi dure sans interruption de 11h à 12h30.

Le capitaine commandant téléphone au sous-lieutenant Guelfucci et lui demande s’il voit la batterie ennemie. Le sous-lieutenant répond qu’il la voit en effet tirer avec ses six pièces. Le 54e Rt d’artillerie ayant envoyé un observateur au moulin de Foucaucourt, le capitaine commandant la 3ème batterie lui fait demander qu’une batterie ouvre le feu sur cette batterie de 105 pour le dégager. On répond que les communications téléphoniques ne sont pas encore établies, mais qu’une batterie de 90 ouvrira le feu dès qu’elles le seront.

12h30. Le feu intensif de l’ennemi s’arrête. De temps à autre un obus arrive mais on l’entend venir. Le capitaine essaie de régler le tir sur cette batterie de 105 qui aussitôt envoie une ou deux salves. Il faut attendre l’intervention du 90.

16h. La batterie de 90 du 54e ouvre le feu et obtient rapidement des coups près de la batterie ennemie qui cesse son tir. Le réglage de la 3ème pièce reprend aussitôt, observé par le sous-lieutenant Guelfucci.

Vers 17 heures la 3ème pièce est réglée sur cette batterie, il n’est pas fait de tir d’efficacité. Le brouillard empêche le tir de démolition.

18h. Retour à Framerville. Le matériel reste sur place avec le personnel d’une pièce et un planton auprès du colonel commandant le 22e Rt d’infanterie.

10 oct. 14

Le lieutenant Fond se rend au moulin de Fauconcourt.

10h. La batterie de 105 qui a tiré hier reprend tout à coup le feu. Tir encadrant. La 3ème pièce prépare des obus explosifs dans sa tranchée et envoie entre les salves de l’ennemi deux ou trois obus. En cinq minutes, l’ennemi se tait et évacue la batterie.

15h. La 3ème pièce exécute un tir à démolir sur cette batterie de 105.

16h. Une nouvelle batterie de 105 ouvre le feu sur la 3ème batterie. Elle est en arrière et à gauche de la précédente, près du poste de commandement sur lequel la 3ème pièce a tiré avant-hier. Le 1er obus envoyé par la 4ème pièce tombe dans la batterie ennemie. Elle est aussitôt évacuée, les Allemands se retirant en courant vers le bois de Soyécourt. Quelques obus explosifs les poursuivent efficacement dans leur retraite. Cette deuxième batterie de 105 ennemie ignore d’ailleurs l’emplacement exact de la 3ème batterie, son tir a été court de 600m., elle a tiré aussi contre l’observatoire.

18. Rentrée au cantonnement. Mêmes dispositions.

11 oct. 14

Matinée : silence. Le sous-lieutenant Guelfucci est observateur.

15h. Une reconnaissance de deux compagnies du 75e doit se porter d’Herleville sur le bois étoilé.

Dès que l’ennemi s’aperçoit de ce mouvement, des obusiers de 150 tirent sur la crête en avant de la 3ème batterie dans le but d’entraver son tir, ces rafales courtes de 600m. ne la gênent en rien. La ligne téléphonique est coupée en plusieurs points.

Les batteries de 105 ouvrent le feu sur l’infanterie. Le capitaine commandant la 3e batterie ne voit le tir que de celle contrebattue la veille et ne déclenche le tir que de sa 4ème pièce. Il aurait dû aussi tirer quelques obus sur la 1ère batterie de 105 qui est réduite à 3 pièces.

La 4ème pièce exécute un tir par 10 en fauchant de 1 tour à obus explosifs sur deux hausses distantes de 25m. L’ennemi cesse son tir. Quatre explosions de cartouches se produisent dans la batterie ennemie. Cinq minutes après elle reprend le tir dans la direction de la batterie, toujours sur la crête en avant. Un nouveau tir de la 4ème pièce de 12 explosifs la fait taire.

Nouvelle tentative dix minutes après, aussitôt réprimée par 6 explosifs.

Les canonniers ennemis ont fait preuve d’une grande énergie, au dire du sous-lieutenant Guelfucci et des officiers qui ont observé le tir, il y a eu sept explosions dans la batterie ennemie et le tir de la 3ème batterie très bien réglé et très régulier a été très efficace.

Pendant cette lutte d’artillerie le lieutenant Fond et le M.d.L. chef Chambaz faisaient exécuter aux conducteurs de la batterie de tir un concours de conduite de voitures. Tout avait été organisé conformément aux prescriptions du règlement, le capitaine avait l’intention d’y assister. Les officiers et le M.d.L. chef avaient créé des prix (argent, tabac, chocolat, boîtes de conserves). Malgré quelques éclats des obus qui tombaient à 300 mètres sur la crête, ce concours s’est effectué avec beaucoup de calme et de sang-froid dans le ravin à quelques centaines de mètres au S. de la batterie. Les quatre prix sont donnés aux quatre meilleurs conducteurs de derrière : Pontchaud (4e pièce), Guglelminotti (1ère pièce), Trouillet (4ème pièce), Fournier (3e pièce).

Dans cette journée du 11 et depuis le 10 au soir, la 3e batterie a réussi à prendre la supériorité du feu sur quatre batteries allemandes, une pièce française pour une batterie ennemie. Elle est arrivée à ce résultat grâce à une position de batterie difficile à repérer et grâce aussi à un bon observatoire relié par un bon téléphone. Les deux batteries de 150 situées à l’E. de Vermandovillers ont renoncé à tirer depuis deux jours.

La 1ère batterie de 105 au S. de Soyécourt qui a subi un tir de démolition semble ne plus avoir que deux ou trois pièces en état de tirer.

La 2ème batterie de 105 n’a peut-être pas subi de gros dégâts dans son matériel, mais son personnel a dû souffrir beaucoup de la précision de notre tir.

12 oct. 14

Quand le brouillard se lève vers 10 heures le lieutenant Fond ne voit plus que deux pièces à la 1ère batterie de 105, la 2ème batterie a évacué sa position et les épaulements en ont disparu.

Le temps reste brumeux, la 3ème batterie n’a pas l’occasion de tirer.

13 oct. 14

Même silence. Une batterie ennemie envoie néanmoins quelques obus de 150 dans notre direction. Le sous-lieutenant Guelfucci ne peut la découvrir.

La batterie reçoit l’ordre de reprendre sa position antérieure à l’E. de Framerville. Elle rentre à 17h30 au cantonnement avec tout son personnel et tout son matériel.

14-15 oct. 14

6h. La batterie reprend sa position du 30 septembre. Silence.

16 oct. 14

Une pièce est organisée pour tirer contre aéroplane mais n’a pas l’occasion de tirer.

17 oct. 14

La batterie change de position et va se placer au S.O. de la cote 91 (2k S.E. de Framerville) entre le petit bois et la bifurcation de deux chemins de terre.

Le capitaine commandant établit son poste d’observation à des meules de pailles situées au bord de la route de Lihons à 400m. au N.E. de la cote 91. Il se relie par téléphone avec sa batterie et le commandant de groupe.

La mission de la batterie est de préparer l’attaque de la 28e division sur le bois étoilé, et particulièrement sur la lisière S., en même temps qu’elle surveillera les abords N. et E. de Vermandovillers.

13h30. Tir de réglage et tirs d’efficacité sur le bois étoilé et la sortie N. de Vermandovillers.

18 oct. 14

Même surveillance.

19 oct. 14

Tir sur les tranchées au S. du bois étoilé.

Chaque nuit un peloton de pièce reste sur la position de batterie avec deux pièces.

20 oct. 14

3h. Nous canonnons le bois étoilé

17h. Quelques obus de 105 et de 150 tombent près du poste d’observation.

21 oct. 14

Tir sur le boqueteau situé entre le bois Madame et le calvaire O. de Vermandovillers. L’ennemi y a installé une mitrailleuse.

22 oct. 14

Soir. Vive fusillade et canonnade du côté d’Herleville. La 4ème pièce sous les ordres du sous-lieutenant Guelfucci va se mettre en batterie à 21 heures près du moulin de Foucaucourt face au bois étoilé. La batterie s’installe à Framerville en cantonnement d’alerte.

23 oct. 14

En batterie à 4h30. Tir lent sur le bois étoilé pendant la relève.

20h à 23h. Quelques obus sur le même objectif.

24 oct. 14

Essai de tir contre aéroplanes. Organisation d’un observatoire à la cheminée Signal.

25 oct. 14

En batterie à 5h30. Quelques obus de 150 tombent près du poste d’observation du capitaine.

Le lieutenant Fond occupe l’observatoire de la cheminée Signal, mais ne trouve aucun objectif intéressant. Il règle un tir sur la route de Vermandovillers à Ablaincourt.

26 oct. 14

Silence.

27 oct. 14

La 3ème batterie est au repos, sa position est occupée par une section de la 2ème batterie. Depuis la cheminée Signal un observateur règle le tir d’une pièce sur une batterie ennemie située au N.E. de Vermandovillers. Les éléments du tir sont passés à la 3ème batterie.

28-29 oct. 14

Calme.

30 oct. 14

Une section est au repos, l’autre à la position de batterie. Essai de tir contre aéroplanes.

31 oct. 14

Violente canonnade des Allemands sur Lihons dès 4h du matin. La section au repos se met en batterie à midi.

Quelques obus de 105, réglés par le Drachen, tombent à la gauche de la batterie.

1er nov. 14

Toute la batterie a passé la nuit sur la position. Violente canonnade sur la droite vers Fransart. Dans la matinée la batterie tire sur deux batteries de 77 signalées vers Vermandovillers, puis sur un aéroplane allemand qui est atteint mais ne tombe pas.

15h. Quelques obus de 105 vers la gauche de la batterie.

2 nov. 14

Le lieutenant Fond commande vers la gauche de la batterie pendant l’indisposition du capitaine.

Tir contre aéroplanes.

Dans la soirée quelques obus de 105 percutants dans la batterie.

3 nov. 14

Tir contre aéroplanes. Vers midi quelques obus de 77 tombent au poste de commandement.

4 nov. 14

Etablissement d’une fausse batterie en arrière de la position.

A midi tirs sur nos objectifs : bois étoilé, boqueteau, Vermandovillers, pendant l’attaque du 4e corps sur notre droite.

Encore quelques salves de 77 au poste de commandement. Le lieutenant Fond fait creuser un abri.

5 nov. 14

La batterie ayant eu un retard à son rassemblement le 4 au matin, le lieutenant Fond la rassemble 1 heure plus tôt et fait exécuter des mouvements de batterie attelée au clair de lune.

15h. Tir contre aéroplane.

6 nov. 14

Brouillard. Silence

7 nov. 14

Le lieutenant Fond va à la ferme Lihu et tire sur les tranchées ennemies G. Le téléphone le réunit à la batterie.

8 nov. 14

Silence

9 nov. 14

Tirs sur les tranchées G de Lihu (14h et 17h30).

10 nov. 14

15h. Idem

11 nov. 14

9h. Idem. Le capitaine Favre reprend le commandement de la batterie.

12 nov. 14

Silence.

13 nov. 14

Réglage sur la tranchée K.

14 nov. 14

Silence.

15 nov. 14

15h45. Tir sur G.

16 nov. 14

Vent. Neige. Silence.

17 nov. 14

Tirs sur G et K, et sur la sortie S. de Vermandovillers. Tir sur une petite colonne d’infanterie qui se dirige vers les tranchées.

18 nov. 14

16h. Tir sur G.

19 nov. 14

Tir sur le bois S (entre Lihu et la sortie S. de Vermandovillers). Ce bois est un point important du réseau des boyaux de communication. (9h à 11h)

20 nov. 14

De 15h à 17h tirs sur G.

21 nov. 14

A 15h Idem

22 nov. 14

A 9h30, 10h30, 14h30, 16h30, Tirs sur G et S.

23 nov. 14

Silence.

24 nov. 14

Tirs sur G (14h).

25 nov. 14

14h30. Tir sur le « Minenwerfer » dans la tranchée K.

26 nov. 14

Silence.

27 nov. 14

10h et 15h, tirs sur K, sur le mortier, sur une batterie de 77 au S. de Vermandovillers.

28 nov. 14

Toute la batterie est sur le terrain. Tir sur aéroplane. Tir sur les objectifs de la batterie.

29 nov. 14

Essai de réglage sur la cote 100 (O. de Pressoir).

30 nov. 14

Tirs sur les objectifs de la batterie.

16h. Tir sur une batterie de 77 qui tire sur Lihu. Elle est située au N. du calvaire sortie O. de Vermandovillers.

1er déc. 14

Toute la batterie sur le terrain. De 7 à 9h tirs sur S. K. G. et Minerwerfer.

12h. Réglage sur tranchée D nouvel objectif.

2 déc. 14

14h30. Tir sur 77 vers le calvaire de Vermandovillers.

15h. La cantonnement de Framerville est bombardé par l’ennemi.

3 déc. 14

Silence. Arrivée du sous-lieutenant Guilleminot.

4 déc. 14

9h30. Réglage sur casemate B. 14h, tir sur calvaire de Vermandovillers.

5 déc. 14

15h. Framerville est bombardée. Tir de quelques coups sur l’emplacement supposé de la batterie d’obusiers. Le bombardement s’arrête.

6 déc. 14

Tir sur plusieurs aéros, ils font demi-tour.

7 déc. 14

Tir sur un échafaudage dans la tranchée G (monte-charge).

8 déc. 14

Idem. Tir sur 77 du calvaire. 15h sur boqueteau.

9 déc. 14

Tirs pour orienter le lieutenant Guilleminot observateur.

10 déc. 14

15h25. Salve sur la batterie de 77 de la croix de Vermandovillers.

11 déc. 14

Silence.

12 déc. 14

77 lisière de Vermandovillers. Minenwerfer.

13 déc. 14

Tir sur monte-charge.

14 déc. 14

Bois carré. Bois triangulaire.

15 déc. 14

10h45. 77 du bois triangulaire. Réglage sur K et I (tranchées)

16 déc. 14

Toute la batterie sur le terrain. 16h, préparation d’artillerie sur les tranchées K et I.

17 déc. 14

6h50. Continuation. 11h réglage par avion sur obusiers de Pressoir. 12h, bois triangulaire. 14h30, réglage par avion sur le même objectif. Tirs sur D, 77 bois triangulaire.

18 déc. 14

Tirs sur K., D., 77 bois triangulaire, 77 lisière S. de Vermandovillers, 77 du calvaire. Nouvelle nuit sur le terrain.

19 déc. 14

Mêmes tirs. Réglage sur route Vermandovillers-Pressoir.

20 déc. 14

Tirs contre avions. 11h, tir sur infanterie sur la route Vermandovillers-Pressoir. 14h, réglage par avion sur batterie de Pressoir. 15h15, tir sur infanterie sur la route.

21 déc. 14

10h30. Tir sur voitures et cuisines roulantes sur la route. 13h, sur 77 bois triangulaire.

Le téléphoniste Quaix est légèrement blessé à Lihu.

22 déc. 14

Silence.

23 déc. 14

77 lisière S. de Vermandovillers.

24 déc. 14

11h25, 77 du calvaire. 11h30, obus à balles sur voiture et infanterie route de Pressoir. 12h40, Minenwerfer.

Tirs sur K, D, 77 bois triangulaire (16h).

25 déc. 14

9h15, sur B, D, K. 11h sur 77 bois triangulaire. 14h30 idem.

26 déc. 14

10h, sur route de Pressoir. 12h30 sur avions. 13h10 sur 77 bois triangulaire.

27-28 déc. 14

Silence.

29 déc. 14

10h45 sur route Pressoir, plusieurs boches par terre.

30 déc. 14

Tirs ordinaires. Le sous-lieutenant Guilleminot est mortellement blessé à son poste d’observation (tranchée I à Lihu). Le MdL. Bosse est grièvement blessé par le même obus.

31 déc. 14

Tirs ordinaires.

Janvier 15

Le sous-lieutenant Guilleminot succombe à sa blessure dans la nuit du 1er au 2 janvier. Il est enterré le 3 avec les honneurs militaire au cimetière d’Harbonnières.

Le Mdl Bosse est évacué vers le 8 janvier sur Amiens. Il y reçoit la médaille militaire.

La batterie continue son même rôle de surveillance. Elle tire sur les routes de Vermandovillers-Pressoir (le long de laquelle l’ennemi creuse un boyau) et sur la route Soyécourt-Ablaincourt. Elle finit par faire battre en retraite les batteries de 77 de la lisière S. de Vermandovillers et de la lisière du bois triangulaire.

Elle continue ses tirs contre avion. Le lieutenant Ory de l’E.M. AD17 propose un dispositif pour ce tir. Ce dispositif est construit par l’ouvrier en bois Gilles de la batterie et installé aux emplacements des 2e et 3e pièces.

Les avions survolent la région que commande la batterie à une telle hauteur qu’ils ne la repèrent pas.

Le 24 janvier le commandant Dumontet prend le commandement du groupe à la place du commandant Rieder. Le 26 le groupe change de cantonnement, quitte Framerville et s’installe à Harbonnières sans aucun changement de position de batteries.

Le Mdl Bonaz est légèrement blessé à l’épaule par une balle à son poste d’observation à Lihu.

Citations à l’ordre du régiment de l’adjudant Dupéchaud, du Mdl Bonaz, du téléphoniste Quaix. A l’ordre de l’armée du téléphoniste ff. de brigadier Descombes qui a reçu la médaille de St Georges (de Russie).

 

Mai 15

Le lieutenant Callies vient à la batterie le 5 ? mai.



24/04/2015
0 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 328 autres membres