14-18Hebdo

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165e semaine de guerre - Lundi 24 septembre au dimanche 30 septembre 1917

LUNDI 24 SEPTEMBRE 1917 - NOTRE-DAME DE LA MERCI - 1149e jour de la guerre

MARDI 25 SEPTEMBRE 1917 - SAINT FIRMIN - 1150e jour de la guerre

MERCREDI 26 SEPTEMBRE 1917 - SAINTE JUSTINE - 1151e jour de la guerre

JEUDI 27 SEPTEMBRE 1917 - SAINTS COME ET DAMIEN - 1152e jour de la guerre

VENDREDI 28 SEPTEMBRE 1917 - SAINT WENCESLAS - 1153e jour de la guerre

SAMEDI 29 SEPTEMBRE 1917 - SAINT MICHEL ARCHANGE - 1154e jour de la guerre

DIMANCHE 30 SEPTEMBRE 1917 - SAINT JEROME - 1155e jour de la guerre

Revue de presse

-       L'Allemagne fait des excuses à l'Argentine - La chambre argentine vote la rupture avec l'Allemagne

-       Va-t-on enfin nous donner du bon pain ?

-       L'ennemi s'acharne en pure perte sur nos positions de la rive gauche de la Meuse

-       Le capitaine Guynemer porté disparu

-       Les raids sur l'Angleterre - Des avions sur Londres - Des zeppelins sur le Yorkshire

-       Une bataille formidable est engagée à l'est d'Ypres - Les troupes britanniques ont enlevé Zonnebeke et la bois du Polygone - Plus de 1,000 prisonniers

-       Bolo pacha arrêté - Il a été écroué hier soir à la prison de Fresnes

 

Morceaux choisis de la correspondance

Mme Poincaré est venue 3 jours à Nancy.

29 septembre - Anna Vautrin (Nancy samedi) à Mimi Cuny, sa nièce.- Aussitôt le reçu de ta lettre, je suis allée avec Madeleine pour faire les démarches nécessaires. Il est impossible que Madeleine aille à Toul. Nous avions encore demandé si nous ne pourrions pas avoir un laissez-passer pour toi, de Nancy à Toul, mais on ne peut pas le faire. Si Madeleine devait aller à Toul, il fallait qu’elle demande directement à Toul au Gouverneur un laissez-passer en indiquant ce qu’elle y allait faire, le pourquoi et le nom de la personne chez qui elle descendrait à Toul. Il est donc préférable que tu ailles toi-même à Toul puisque tu feras les mêmes démarches que nous ici. La place de Nancy n’a plus aucun pouvoir pour Toul. Il faut donc passer par le Gouverneur de Toul. Madame Haushalter que je suis allée voir hier a écrit de suite à son amie, Madame Genêt Hauts de Briffous à Toul, que tu iras sans doute la voir un de ces jours, par conséquent elle sera prévenue de ta visite, et pourra ainsi (le cas échéant) le dire à qui de droit si on venait le lui demander. Tâche de faire activer la réponse du Gouverneur par la Préfecture d’Epinal qui pourra tout de suite en lui écrivant répondre de ta personne, cela avancera ainsi les choses, car autrement le Gouverneur ferait faire une enquête avant d’envoyer le permis. Ce qu’il y a d’ennuyeux dans toutes ces demandes, c’est que cela met généralement 6 ou 7 jours avant la réponse. Si on avait pu l’avoir par la Place de Nancy, cela eût été très vite, mais on devient de plus en plus sévère maintenant. Nous aurions été bien heureuses si Madeleine avait pu y aller à ta place mais impossible ! Ta lettre, ma bonne Mimie, m’est arrivée censurée. Tout le passage relativement à Georges m’est arrivé absolument barbouillé d’encre de sorte que je n’ai rien pu lire.

 

Si tu devais prendre un train du soir de Nancy à Toul, dis-le nous car on te conduira en auto à Champigneulles. Les trains de Nancy à partir de 6h du soir jusqu’à 7h du matin ne partent plus de Nancy mais de Champigneulles, et de Jarville pour le côté Epinal, à cause des bombardements.

 

Suze est partie hier matin avec sa petite bande pour Paris où elle doit retrouver Paul qui vient pour 24 heures. C’est un grand vide pour nous.

 

Mme Poincaré est venue 3 jours à Nancy. Elle est descendue au Sauvay chez Madame Blavier. Elle a visité tous les hôpitaux. Hier à deux heures, je suis allée à l’hôpital civil avec Gogo et Yvonne car Alexis lui faisait visiter ses salles de bombardés. Elle a été très généreuse pour les pauvres bombardés. Une fillette de 9 ans dans le service d’Alexis qui avait eu 47 blessures au bombardement lui a fait un gentil compliment dans la salle en lui offrant un gros bouquet de fleurs. La pauvre enfant avait eu sa mère et son frère tués près d’elle. La Présidente l’a embrassée en lui donnant une généreuse offrande. La repasseuse qui n’a plus qu’un bras et dont parlait l’Echo de Paris dernièrement a eu 100 fr. C’est la protégée de Gogo, aussi elle en était bien heureuse. La Présidente a demandé à me voir ainsi que mes filles. Elle a été très aimable pour nous, en me parlant avec reconnaissance d’Alexis qui l’avait soignée autrefois. Elle voyait chaque malade blessé avec Alexis, à une pauvre femme amputée, elle lui a dit de lui écrire si elle avait besoin d’elle. Enfin elle a été charmante et très aimable pour tous et elle a fait très bonne impression par sa simplicité. Au moment de quitter l’hôpital, la Présidente a demandé à me dire au revoir. J’étais restée dans la salle des bombardés causant avec eux, je ne voulais pas suivre le cortège. On est venu me chercher et Mme Poincaré m’a dit "je ne vous dis pas adieu puisque vous viendrez me voir ce soir au Sauvay". Le Préfet et sa femme avait l’air plutôt étonné que je connaisse ainsi la Présidente.

 

A 4 heures, elle est allée chez Madame Michaut et a voulu voir Madeleine et Colette. Elle a beaucoup ri quand Colette lui a dit en l’embrassant « Bonjour Madame Présidente », puis notre Colette lui a mis dans les bras une vieille poupée de chez sa gd mère. Madame Poincaré était heureuse de se retrouver comme autrefois, chez Madame Michaut au calme et se rappeler ensemble les souvenirs de leurs jeunesses au Sauvay. Elle a demandé à Madame Michaut de venir au Sauvay à 6 heures et de nous y amener avec elle. J’y suis allée avec Madeleine, Gogo et Yvonne. Nous l’avons trouvée au coin du feu sur une chaise longue près de Madame Blavier. Elle était si fatiguée par toutes ses visites d’hôpitaux pendant toute la journée, qu’elle nous a demandé de rester sur sa chaise longue. Nous y sommes restées jusqu’à 7 h, elle nous a bien intéressées en nous racontant toutes les réceptions royales. Ses préférences vont au roi et à la reine d’Espagne et aux souverains de Belgique. Elle nous disait combien elle était heureuse d’être loin du décorum et causant tranquillement entre soi. Elle avait une bien jolie robe d’intérieur jaune pâle avec broderie. En se levant de sa chaise longue, on apercevait un peu son jupon et Yvonne nous a bien amusées en rentrant en nous disant que le jupon était si joli qu’elle s’en ferait bien un corsage. Elle nous a reconduites jusqu’à la porte en embrassant Madame Michaut et Madeleine et nous a demandé à toutes d’aller la voir à Paris. Elle donnait le bras à la bonne Madame Blavier. En quittant Madeleine, elle lui a glissé une offrande pour son œuvre des Veuves de la guerre dont elle fait partie. C’était une véritable visite familiale. Mme Poincaré a beaucoup de charme et devait être très jolie lorsqu’elle était plus jeune. Elle part demain dimanche et elle nous disait qu’elle avait un grand dîner mardi soir. Elle était au Sauvay avec un valet de chambre seulement. Le second jour qu’elle était à Nancy, Madame Jounet allant dans sa chambre pour voir comment elle avait passé la nuit trouve les persiennes et les fenêtres ouvertes et personne dans la chambre. Madame Poincaré se promenait dans le jardin à 8 heures du matin. Elle avait ouvert ses persiennes elle-même. Elle a distribué aux soldats un paquet à chacun et de l’argent à chaque bombardé. Je m’aperçois ma bonne Mimie que je t’écris un journal mais je sais que vous aimez bien avoir des détails.

 

Nous avons entendu très fort le canon du côté du Bois le Prêtre. Aujourd’hui j’ai vu passer beaucoup de troupes. Il y a maintenant de nombreux Américains dans les rues de Nancy. Notre ville est très déserte, beaucoup de déménagements.

 

 

Gravures du Petit Journal - Supplément illustré - 30/09/1917 (N° 1397)

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Le général de Riols de Fonclare

Né le 16 janvier 1859 à Lalinde (Dordogne), entré à Saint-Cyr en 1876, le général de Riols de Fonclare a fait sa carrière dans l’infanterie. Il a participé aux campagnes de Tunisie et du Tonkin. Il était colonel depuis le 24 septembre 1912 lorsque éclata la guerre actuelle. Nommé général de brigade à titre temporaire, le 12 septembre 1914, il reçut le commandement d’une brigade d’infanterie, et fut nommé, trois mois plus tard, le 18 décembre, à titre définitif. Dès le 8 mars 1915, il fut chargé du commandement d’une division d’infanterie et, à ce titre, cité à l’ordre du jour le 21 avril suivant. Le 27 avril 1916, étant déjà décoré de la Croix de guerre, il était fait commandeur de la Légion d’honneur, en récompense de sa brillante conduite à Verdun.

 

Général de division à titre temporaire le 6 octobre 1916, il était le 15 du même mois de nouveau cité à l’ordre du jour en ces termes : « Au cours d’une série d’attaques successives, préparées avec une méthode consommée, et poursuivie avec une vigueur remarquable, a enlevé trois lignes de défense allemandes, a fait progresser sa division de près de 4 kilomètres et a exécuté dans des conditions particulièrement difficiles une manœuvre qui a amené la chute d’un très gros bourg puissamment organisé, la prise de 1 600 prisonniers valides, de nombreuses mitrailleuses et d’un matériel considérable. »

 

Le 31 décembre 1916, le général de Riols de Fonclare était nommé divisionnaire à titre définitif et recevait le commandement d’un corps d’armée. Récemment, enfin, il était élevé à la dignité de grand officier de la Légion d’honneur avec la citation que voici : « Appelé au commandement d’un secteur qui venait en partie d’être reconquis, en a poursuivi l’organisation complète malgré des difficultés considérables. Grâce à sa haute autorité, à l’élévation de ses sentiments ainsi qu’à sa bravoure personnelle, a obtenu les plus grands efforts de ses subordonnés. Le 20 août 1917, a enlevé ses troupes à l’attaque dans un élan magnifique, s’emparant des positions ennemies sur une profondeur qui, en certains points, a atteint 4 kilomètres. »

 

 

  

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Guillaume II visite « sa » bonne ville de Bruxelles - Il parade dans les rues vides

L’odieux von Bissing disait des Belges : « Ils sont indécrottables ! » Indécrottables, en effet, après trois ans, ils ont toujours la même horreur, le même mépris du boche. Ils traitent toujours l’Allemagne avec la même indifférence dédaigneuse.

 

Le Kaiser lui-même en fit récemment l’expérience. En se rendant sur le front des Flandres, il voulut visiter « sa » bonne ville de Bruxelles. La police allemande, en annonçant sa visite, avait demandé qu’on pavoisât et que des manifestations fussent organisées en son honneur, mais les Belges décidèrent de rester chez eux. Le Kaiser passa deux fois en voiture dans les principales rues de la ville, où l’on ne voyait que des soldats allemands et des agents de la police secrète. Sur les persiennes closes de plusieurs maisons, on lisait cette inscription : « Fermé pour cause de deuil national. »

 

« Indécrottables », je vous dis, héroïquement indécrottables !

 

 

Les instantanés de la guerre (photos)

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Un fortin en béton armé, installé par les Allemands dans les Flandres

Poste de commandement d'un colonel, en Champagne

A la cote 304 - Un instant de repos bien mérité

Pervyse - Intérieur de l'église

Prisonniers boches faits à Verdun

Sur le front de l'Yser - Un concert pour distraire les blessés. La reine des Belges est assise au premier rang

Un de nos as examinant la mitrailleuse d'un avion qu'il vient d'abattre

Sur une passerelle de l'Yser

Un bon coup de pinard

Revue des troupes après la bataille

Nos postes avancés au sud de Dixmude (Yser, août 1917)

Un prisonnier allemand qui vient d'être pansé

 

 

Thèmes qui pourraient être développés

  • L'Allemagne fait des excuses à l'Argentine - La chambre argentine vote la rupture avec l'Allemagne
  • Rationnement - Va-t-on enfin nous donner du bon pain ?
  • Aviation - Le capitaine Guynemer porté disparu
  • Procès - Bolo pacha arrêté - Il a été écroué hier soir à la prison de Fresnes
  • Correspondance - Censure
  • Politique - Mme Poincaré à Nancy
  • Œuvre des veuves de la guerre
  • Paris - Transport - Le métropolitain et le nord-sud prolongés d'un quart d'heure
  • Les permissions de 10 jours commencent
  • Le général de Riols de Fonclare, grand officier de la Légion d'honneur (Portrait dans LPJ Sup)
  • Guillaume II visite "sa" bonne ville de Bruxelles (LPJ Sup)
  • Les loups se mangent entre eux - Entre Prussiens et Bavarois (LPJ Sup)
  • Les instantanés de la guerre (Photos dans LPJ Sup)
  • Mort du peintre Degas
  • Religion - Fête religieuse - Notre-Dame de la Merci - 24 septembre


22/09/2017
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