14-18Hebdo

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143e semaine de guerre - Lundi 23 avril au dimanche 29 avril 1917

LUNDI 23 AVRIL 1917 - SAINT GEORGES - 995e jour de la guerre

MARDI 24 AVRIL 1917 - SAINT FIDELE - 996e jour de la guerre

MERCREDI 25 AVRIL 1917 - SOLENNITE DE SAINT JOSEPH - 997e jour de la guerre

JEUDI 26 AVRIL 1917 - NOTRE-DAME DU BON-CONSEIL - 998e jour de la guerre

VENDREDI 27 AVRIL 1917 - SAINT ANASTASE - 999e jour de la guerre

SAMEDI 28 AVRIL 1917 - SAINT PAUL DE LA CROIX - 1000e jour de la guerre

DIMANCHE 29 AVRIL 1917 - SAINT ROBERT - 1001e jour de la guerre

Revue de presse

-       Vaines contre-attaques allemandes en Champagne

-       Importante avance britannique à l'est du bois d'Havrincourt

-       La lutte autour de Lens

-       Les Anglais devant Gaza

-       Avance britannique sur les deux rives de la Scarpe

-       Les Anglais ont atteint le canal de Saint-Quentin - Villers-Plouich et Beaucamp enlevés

-       Nos troupes progressent près de Moronvilliers

-       Une violente réaction allemande est brisée par les Anglais - Nos alliés poursuivent leur progression au sud de la Scarpe

-       Les élections japonaises

-       Nouveau succès anglais sur la rive droite du Tigre - Nos alliés occupent la gare de Samara et font un butin important

-       Russie - Lénine essaie de compromettre le gouvernement suisse

-       Scheidemann réclame un débat sur les conditions d'une paix générale

-       A partir de ce soir dîner sans viande, sans volaille et sans lapin – Les boucheries et charcuteries fermées à 13 heures

-       L'avance anglaise en Mésopotamie

-       Le millième jour de la guerre

-       Lénine est hué en Russie

-       Sur la route de Cambrai à Arras les Anglais enlèvent d'importantes positions

-       L'agitation ouvrière en Suède

-       La répression des grèves en Allemagne

-       Russie - Les émeutes de Cronstadt

-       Grèves en Pologne - Nombreuses arrestations à Varsovie

-       Le mirage russe de la "paix blanche"

-       Le Guatemala a rompu avec l'Allemagne

-       Aux Etats-Unis la Chambre des représentants vote le service obligatoire

-       Les agents du roi Constantin terrorisent le Péloponnèse

 

Morceaux choisis de la correspondance

Les boches résistent plus que l’on ne pensait.

23 avril - LUI.- Je t’écris maintenant à Paris, pensant bien que tu n’as pas remis tes projets de voyage. N’oublie pas de me dire combien de temps tu y resteras afin que les lettres que je t’écris ne subissent pas de retard.

 

Depuis quelques jours nous ne faisons pas grand-chose. D’un côté nous en sommes contents, nos hommes et nos chevaux peuvent ainsi un peu se reposer, mais cela prouve que les boches résistent plus que l’on ne pensait. D’ailleurs on nous dit que d’ici quelques jours cela va recommencer et nous espérons toujours que cela marchera mieux, surtout à droite et à gauche de nous où l’infanterie a été arrêtée très rapidement. Notre division avait marché plus vite et a dû reculer pour se mettre à hauteur des voisines.

 

Tu regrettes que je ne t’ai pas dit où je me trouvais. Tu sais en tout cas entre quelles grandes villes je me trouve, mais je n’ai pas pu t’en dire plus parce qu’entre ces deux villes il n’y a pas de ville très connue qui eût pu te servir de repère. D’un autre côté, un commandant quelques jours avant l’attaque a eu 30 jours d’arrêt pour avoir signalé dans une correspondance l’endroit où il se trouvait.

 

Dis à Maman qu’elle ne se fasse aucun souci pour les ouvriers. Il est évident qu’il faudra encore les augmenter, mais il faudra bien à la longue que les prix de vente s’en ressentent. Tu peux être tranquille, personne ne fera de l’industrie pour se ruiner et je crois que les affaires industrielles rapporteront tout autant malgré l’élévation des salaires.

 

As-tu vu ton docteur et que t’a-t-il dit ? Profite de ton séjour à Paris pour te distraire un peu. Va souvent au théâtre et amuse-toi bien.

 

Je t’embrasse ma Mie de tout mon cœur et voudrais bien être avec toi à Paris. Parle-moi dans tes lettres de nos enfants chéris.

 

Notre offensive n’a pas répondu à toutes nos espérances, mais enfin nous avons tout de même gagné pas mal de terrain, et du terrain que les boches voulaient garder je t’assure, si j’en juge par le nombre de prisonniers que nous leur avons faits dans notre secteur. Leurs tranchées étaient noires de monde et ils ne les ont abandonnées qu’à regret, ce qui se comprend car c’était pour eux une fameuse position.

25 avril - LUI.- J’ai reçu tes bonnes lettres et celles des chéris qui m’ont fait très plaisir. Je vais leur écrire un petit mot. Oui ma chérie Mimi, j’espère bien qu’au 23 avril prochain nous serons tous réunis et cette longue séparation qui nous a tant coûté sera terminée. Aujourd’hui encore, autre anniversaire dont le souvenir m’est si doux. Tu te rappelles ma Mi c’est ce jour-là que tu es devenue ma petite femme. C’est de ce jour-là que datent toutes mes joies et tous mes bonheurs. Ah ma petite Mie, comme tu as été bonne de bien vouloir être ma femme et comme la vie depuis lors m’a semblé radieuse et jolie. Remercions le bon Dieu de nous avoir unis et prions-le de nous continuer sa protection.

 

Ma batterie n’a presque pas été repérée, nous avons été très peu marmités et je n’ai eu que deux hommes blessés, pas un seul tué, ce qui pour une action pareille tient presque du miracle.

Tu me demandes des détails sur l’offensive. Je t’en parlerai à fond lorsque je reviendrai en permission. Evidemment elle n’a pas répondu à toutes nos espérances, mais enfin nous avons tout de même gagné pas mal de terrain, et du terrain que les boches voulaient garder je t’assure, si j’en juge par le nombre de prisonniers que nous leur avons faits dans notre secteur. Leurs tranchées étaient noires de monde et ils ne les ont abandonnées qu’à regret, ce qui se comprend car c’était pour eux une fameuse position. Je crois que d’ici quelques jours on tâchera de continuer puis, comme nous commencerons à être un peu fatigués, on nous enverra au repos et j’espère qu’alors les permissions marcheront vite et que je pourrai revenir vers la fin mai. Ma batterie n’a presque pas été repérée, nous avons été très peu marmités et je n’ai eu que deux hommes blessés, pas un seul tué, ce qui pour une action pareille tient presque du miracle.

 

Je ne t’ai pas encore dit que le capitaine Déon nous avait quittés. Il était tombé de bicyclette quand nous étions au repos et je l’ai beaucoup engagé, à cause de son âge et puisqu’il a sur le front un de ses fils, à demander une autre place. Il est maintenant à Paris dans la défense contre avions. Tu sais qu’ils habitent 54 avenue Henri Martin.

 

Dis-moi quand tu quittes Paris pour que mes lettres ne courent pas après toi. Je t’embrasse ma chérie de tout mon cœur.

 

27 avril - LUI.- Notre correspondance tous ces jours-ci est fort irrégulière. J’ai reçu aujourd’hui quatre lettres à la fois. Je suppose que nos lettres aussi subissent quelque retard et c’est pourquoi tu ne les reçois pas régulièrement. Et puis dans mes précédentes, sans commettre toutefois d’indiscrétions, je te disais d’ailleurs très vaguement ce que nous faisions. Peut-être la censure si difficile a-t-elle trouvé que j’en disais trop et a-t-elle mis mes lettres au panier. Je me contenterai donc de te dire aujourd’hui que je vais toujours très bien et te recommande surtout de ne pas t’inquiéter. Sois bien tranquille à mon sujet. D’ailleurs je suis persuadé que d’ici une huitaine ou une quinzaine on nous enverra au repos.

 

Oui je me rappelle la bonne soirée que nous avons passée ensemble à l’hôtel Terminus en 1914. Elle valait bien une blessure. Quel dommage que nous ne soyons pas ensemble à Paris.

 

J’ai reçu une lettre d’Henry, qui me met au courant des propositions qu’il a reçues pour Bou Thadi. Je lui ai répondu que j’étais d’accord mais je ne crois pas qu’il puisse conclure un marché dans ces conditions.

 

Allons ma petite Mie, un peu de courage. Je suis tout à fait heureux que le docteur t’ait trouvée en très bon état. Mais il ne faut pas te faire des soucis qui retardent le moment prévu par le docteur où tu seras comme autrefois tout à fait vaillante. Je t’en prie, sois rassurée, dis-toi que le bon Dieu nous protège et sois gaie et ne pense à ton Geogi que pour te rappeler les bons moments que nous avons passés ensemble et qui reviendront. J’embrasse tout toi de tout cœur. Ton Geogi.

 

Malheureusement les permissions ne reviennent pas vite et nous attendons tous anxieusement qu’elles recommencent.

29 avril - LUI.- Je reçois ta bonne lettre si tendre du 25. Oui ce jour-là je me suis rappelé le jour béni de notre mariage. Tu te rappelles que le soir j’étais bien ému aussi. Quand je vais revenir en permission, je me réjouis de revoir toutes les beautés dont tu parles et dont je suis si en mal. Malheureusement les permissions ne reviennent pas vite et nous attendons tous anxieusement qu’elles recommencent. Je t’écris à Docelles pensant que tu as déjà pu rentrer près des chéris. Mais comme tu n’étais pas tout à fait sûre de quitter Paris lundi ou mercredi je préfère t’écrire à Paris en même temps une carte postale pour te dire que je vais bien et pour ne pas t’inquiéter.

 

Je garde la lettre de Maman et des enfants. Maman a eu la gentillesse de m’écrire une lettre pour me donner des nouvelles des enfants. Je compte lui écrire un mot demain. Remercie-la de ma part en attendant.

 

J’ai reçu aujourd’hui d’excellents fruits confits de Marie Paul, qui ont été très appréciés à table aujourd’hui car nous ne pouvons plus rien trouver que ce que nous fournit l’intendance.

 

Je suis forcé de terminer car le vaguemestre ne peut pas attendre.

 

Après avoir attendu les Anglais deux ans, voilà qu’il faut attendre les Américains.

29 avril - ELLE (Paris).- Il paraît que les permissions ont repris sur la plus grande partie du front et en entendant cette bonne nouvelle et en voyant le fils de Madame Roques revenu vendredi en permission de 24 heures, j’avais eu le fol espoir de te retrouver en rentrant hier soir ou te voir arriver ce matin. Mais tu n’auras pas eu l’idée de la demander et je crois d’ailleurs que ta division n’est pas coulante.

 

J’ai dîné hier chez Madame L.J. avec la famille Roques père, mère et fils, celui qui a passé 18 mois dans l’armée d’Orient : Dardanelles et Salonique. Grâce au général de Castelnau, ils ont pu le faire revenir en France et il vient de suivre à Versailles un cours de mitrailleuses ou canons quelconques. Il disait avoir entendu dire à Versailles que le commandement demande plusieurs milliers d’officiers d’artillerie pour l’automne prochain. Tu devines « la joie » que m’a causée cette nouvelle. Adrien fait aussi d’énormes marchés pour l’intendance. Quelle misère mon Dieu. Après avoir attendu les Anglais deux ans, voilà qu’il faut attendre les Américains. Enfin ne parlons plus de cela et soumettons-nous à l’inévitable, rien ne sert de se rebeller.

 

J’ai enfin trouvé Pierre Geny hier dans son bureau. J’ai cherché en vain dans la rue Caumartin, entrant dans presque toutes les maisons, finalement je suis entrée à la compagnie des Forges de Pont-à-Mousson, où on m’a donné l’adresse du comité central des houillères de France. J’y ai trouvé Pierre. Il est toujours très pâle, mais dit qu’il va bien malgré le travail énorme qu’il a à faire. Ils ont des renseignements sur les mines du Nord, qui sont saccagées et pour lesquelles il faudra au moins deux ans pour les remettre en état. Ce n’est donc pas tout de suite que le charbon sera pour rien. Son bras remue très bien, c’est vraiment merveilleux quand on songe à la blessure qu’il a eue.

 

Nous irons à la messe à la Madeleine pour entendre de la musique.

 

Gravures du Petit Journal - Supplément illustré - 29/04/1917 (N° 1375)

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Le général Horne

Le général Horne est l’un des grands chefs anglais auxquels revient l’honneur des premiers succès dans la brillante offensive déclenchée par nos alliés. C’est lui qui commandait les vaillantes troupes qui emportèrent de haute lutte la falaise de Vimy. Le général Horne est un homme de soixante ans environ. Il est grand de taille ; sa démarche est pleine de jeunesse, sa personne respire l’énergie ; son regard est froid et sévère, d’épais sourcils grisonnants ajoutent à la dureté du regard, mais son parler est sans brusquerie, son urbanité est charmante, sa conversation liante ; ce chef qui tient dans ses mains la vie de tant de milliers d’hommes est doublé d’un parfait gentleman.

 

Le général Horne est l’inventeur du tir de barrage progressif qui, appliqué aux opérations de l’offensive de l’été dernier sur la Somme, a rendu possible la capture de Fricourt et de Mametz. Le général Horne jouit d’ailleurs d’une réputation de technicien aussi bien dans l’armée française que dans l’armée anglaise et le ‘Manchester Guardian’ écrit à ce propos : « Ce n’est un secret pour personne, maintenant qu’il a prêté un concours efficace au général Nivelle dans la brillante offensive de Verdun, grâce à l’adoption de ses méthodes de tirs de barrages secondaires. »

 

 

 

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Les tanks

Les tanks jouent un rôle considérable dans l’offensive de nos alliés. Le correspondant du ‘Daily Mail’ écrit : « On reconnaît l’aide inestimable apportée par les tanks lors de la prise de Monchy et de la redoute de la Harpe. « Moi qui suivis le remous, si l’on peut ainsi dire, d’un des tanks les plus actifs, je puis parler en connaissance de cause de l’habileté de ces pachydermes à franchir les trous de marmites, à démolir les fils barbelés, à s’ébrouer sous l’avalanche des balles et des obus… » Quant aux effets du tank, jugez-en par ces lignes dont l’auteur n’est autre qu’un soldat qui prit part à la bataille dans un de ces monstres automobiles.

 

« Notre machine avance de sa marche régulière et inexorable. Un fossé ! nous le franchissons ; un talus ! nous l’escaladons ; un amas de moellons provenant d’une maison démolie ! nous passons à travers. Et voici tout à coup les premiers réseaux de fils de fer barbelés. Notre tank ne fait pas même un effort : tout casse, tout se brise, tout est arraché. Les piquets de bois sautent de tous côtés, les chevaux de frise sont écrasés. J’ai l’impression d’être à l’intérieur d’un gigantesque coin de fer qui entrerait dans du beurre. Quant à nous, nous tirons sans relâche, la main sur notre « outil », l’œil collé au « regard » percé dans le blindage.

 

Un heurt ! un halètement puissant ! un dernier temps d’arrêt à peine perceptible : l’avant de notre machine écarte les sacs de terre et de ciment et les rejette de chaque côté, comme fait le soc d’une charrue en labourant la terre. Un heurt plus sec ! Une sorte de coup sourd, un craquement, nous entrons dans un mur qui cède. Nous broyons des engins. Des grenades éclatent sur notre blindage. Nous sommes en plein sur le nid, et soudain, de vilaines têtes de Germains, l’épouvante peinte sur le visage, nous apparaissent des deux côtés. Chez les Allemands, c’est le plus extraordinaire désarroi que j’aie jamais vu. Ils se jettent à plat ventre, ils lèvent les bras au ciel ; quelques-uns tentent de fuir. Un coup de sifflet retentit dans le tank, qui s’arrête. Notre objectif est enlevé. Notre « machine » s’est comportée comme aux essais. »

 

 

Les instantanés de la guerre (photos)

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La flotte américaine : l'Utah

A Noyon - Le "Gasalarm" pour prévenir la population d'émission de gaz

Auto blindée américaine

A Péronne au milieu des ruines - L'ironique inscription "Ne vous lamentez pas, souriez plutôt"

La cathédrale de Péronne

La flotte américaine : la Florida

Types de marins américains

Dès l'aube, les routes du front prennent des aspects d'ombres chinoises

A l'entrée du camp russe : la garde du drapeau

La flotte américaine défilant

Sous-marin américain

Types de soldats américains en tenue de campagne

 

Thèmes qui pourraient être développés

  • Palestine - Les Anglais devant Gaza
  • Japon - Les élections japonaises
  • Allemagne - Scheidemann réclame un débat sur les conditions d'une paix générale
  • Rationnement - A partir de ce soir dîner sans viande, sans volaille et sans lapin – Les boucheries et charcuteries fermées à 13 heures
  • Guerre - Le millième jour de la guerre
  • Suède - L'agitation ouvrière en Suède
  • Russie - Les émeutes de Cronstadt
  • Pologne - Grèves en Pologne - Nombreuses arrestations à Varsovie
  • Le Guatemala a rompu avec l'Allemagne
  • Aux Etats-Unis la Chambre des représentants vote le service obligatoire
  • Grèce - Les agents du roi Constantin terrorisent le Péloponnèse
  • Industrie - Elévation des salaires
  • Charbon - Les mines du Nord sont saccagées
  • Le général Horne, le vainqueur de Vimy (Portrait dans LPJ Sup)
  • Arme - Les tanks : du char de guerre au tank (LPJ Sup)
  • Les instantanés de la guerre (Photos dans LPJ Sup)
  • Religion - Fête religieuse - Solennité de Saint Joseph - 25 avril
  • Religion - Fête religieuse - Notre-Dame du Bon Conseil - 26 avril


21/04/2017
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