14-18Hebdo

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140e semaine de guerre - Lundi 2 avril au dimanche 8 avril 1917

LUNDI 2 AVRIL 1917 - SAINT FRANCOIS DE PAULE - 974e jour de la guerre

MARDI 3 AVRIL 1917 - SAINT RICHARD - 975e jour de la guerre

MERCREDI 4 AVRIL 1917 - SAINT ISIDORE - 976e jour de la guerre

JEUDI 5 AVRIL 1917 - JEUDI SAINT - SAINT VINCENT FERRIER - 977e jour de la guerre

VENDREDI 6 AVRIL 1917 - VENDREDI SAINT - SAINT CELESTIN - 978e jour de la guerre

SAMEDI 7 AVRIL 1917 - SAMEDI SAINT - SAINT CLOTAIRE - 979e jour de la guerre

DIMANCHE 8 AVRIL 1917 - PAQUES - 980e jour de la guerre

Revue de presse

-       Brillant succès sur la route de Laon

-       Les Anglais continuant leur avance vers Le Catelet ont pris Vendelles, Epéhy et Peizière

-       Le programme du gouvernement provisoire exposé par le prince Lvoff

-       La situation militaire en Italie est très rassurante

-       Sept avions boches abattus - Le sous-lieutenant Dorme en est à son 18e - Un nouvel as : le capitaine Matton

-       Les Anglais à 3 kilomètres et demi de Saint-Quentin

-       Un navire américain armé coulé par un sous-marin allemand - 28 manquants

-       La bataille de Gaza

-       C’est la guerre – Le président Wilson demande au Congrès de déclarer l’état de guerre entre les Etats-Unis et l’Allemagne – Le Congrès l’acclame

-       Le général Lyautey retourne au Maroc

-       Devant Saint-Quentin la lutte continue acharnée

-       Le Sénat américain par 82 voix contre 6 vote la guerre contre l'Allemagne

-       La fin d'un rêve allemand - Jonction anglo-russe au nord-est de Bagdad

-       Le tsar et la tsarine à la forteresse Pierre-et-Paul

-       Les pères de famille prisonniers sont arrivés à Berne

-       L'impôt global sur le revenu - Les réclamations

-       Les alliés de l'Allemagne rompent avec les Etats-Unis

-       7,500 obus sur Reims

-       Les Hohenzollern sur la sellette

-       La rupture entre le Brésil et l'Allemagne n'est plus qu'une question d'heures

-       La république cubaine contre l'Allemagne

 

Morceaux choisis de la correspondance

Je comptais bien partir en permission le 9 mai prochain, c’est-à-dire presque dans un mois, mais les permissions ont été réduites chez nous à 5% puis ces derniers temps à 3%.

2 avril - LUI.- J’ai reçu ta bonne lettre du 28 avec celle de notre petit Dédé. Le pauvre Dédé me dit qu’il étudie les périmètres et qu’il fait beaucoup de problèmes avec Mademoiselle. Je suis content qu’il travaille bien.

 

Tu me dis que Suzanne Boucher n’a pas reçu de nouvelles de son mari depuis son départ. Je suppose qu’elle en prend son parti et je t’engage à faire comme elle, car d’ici quelque temps il est possible que nos correspondances soient supprimées. Ne t’inquiète donc pas si pendant une quinzaine tu ne reçois rien.

 

Je comptais bien partir en permission le 9 mai prochain, c’est-à-dire presque dans un mois, mais les permissions ont été réduites chez nous à 5% puis ces derniers temps à 3%, de sorte qu’actuellement il n’y a aucun officier du groupe en permission puisque nous ne sommes que 15 et que 3% n’est pas égal à 1. On attend donc quelques jours avant le départ du nouveau permissionnaire lorsque l’ancien est rentré. Comme il y en a encore trois à partir avant moi, il est probable que je ne pourrai pas partir le 9, mais cela ne peut pas diminuer le nombre total de nos permissions. Pour les hommes c’est la même chose et il faut que dans douze mois nous ayons trois permissions. J’avoue que j’aimerais mieux des permissions régulières et que je serais bien content de te revoir le plus tôt possible, ma petite Mie. D’ailleurs il est possible que le pour cent des permissions soit augmenté de nouveau mais je ne crois pas.

 

Nous pataugeons maintenant dans la boue. Rassure-toi cependant, je suis abrité. Je n’ai pas de lit naturellement mais je dors quand même très bien et en tout cas je me porte tout à fait bien.

 

Tu ne me dis rien de vos santés. Que devient notre petit Robert ? J’ai écrit hier à Noëlle. J’écrirai demain à André.

 

Voilà l’Amérique qui vient de déclarer la guerre. Tant mieux. L’Allemagne finira bien par être vaincue malgré tous ses sous-marins et ses canons. Comme je serais heureux si d’ici à quatre ou cinq mois nous étions ensemble.

5 avril - LUI.- J’ai reçu ta bonne lettre du 31 mars. Je ne t’ai pas écrit hier parce que je suis rentré un peu tard et que le vaguemestre était déjà parti. Ma lettre ne pouvant partir aujourd’hui, j’ai préféré attendre. Je t’écrirai d’ailleurs demain et tu n’y perdras rien.

 

Au sujet de la permission, je t’ai expliqué que je ne reviendrais probablement pas le 9 mai, ce qui m’ennuie beaucoup mais chacun son tour et comme nous avons tous du retard actuellement je suis forcé de suivre le mouvement.

 

Ma proposition au grade de commandant a été réellement faite. Je dis tout à ma Mie et ne lui dis que des choses exactes. Je puis te dire que le général de division, que j’ai vu il y a quelques semaines, m’a dit qu’il l’avait transmise avec l’avis le plus favorable mais tu sais je ne me fais pas d’illusion. Notre commandant actuel a bien été proposé plus d’un an avant d’être nommé et je crois que lorsque personne n’intervient il faut attendre plus longtemps. Je n’ai pas besoin de te dire que je ne veux pas d’interventions et, comme je suis persuadé que dans un an la guerre sera finie, il est probable que je reviendrai avec trois galons. D’ailleurs au fond cela m’est égal car je ne sais pas où on me nommerait. Trouverais-je des camarades aussi agréables, des hommes aussi dévoués qu’ici. Je ne le crois pas.

 

Voilà l’Amérique qui vient de déclarer la guerre. Tant mieux. L’Allemagne finira bien par être vaincue malgré tous ses sous-marins et ses canons. Comme je serais heureux si d’ici à quatre ou cinq mois nous étions ensemble.

 

Je suis content des bonnes nouvelles que tu me donnes des enfants. J’ai écrit avant-hier à André.

 

La guerre malgré tout touche à sa fin. Voilà les Etats-Unis qui interviennent. Bientôt l’Allemagne va avoir le monde entier sur les bras. Quelle que soit sa puissance, sois bien persuadée qu’elle ne pourra pas tenir longtemps.

7 avril - LUI.- J’ai reçu ta bonne lettre du 1er avril, lettre un peu découragée ma Mie. Je t’en supplie, ne te laisse pas envahir par ce sentiment. Reconnais toi-même qu’il y en a de plus malheureux que nous. Dis-toi également que la guerre malgré tout touche à sa fin. Voilà les Etats-Unis qui interviennent. Bientôt l’Allemagne va avoir le monde entier sur les bras. Quelle que soit sa puissance, sois bien persuadée qu’elle ne pourra pas tenir longtemps.

 

Je comprends que la situation de Georges vous cause quelque souci. Néanmoins réfléchissez bien que Georges est naturellement gai et, je crois, très courageux. Son moral doit être beaucoup moins atteint que celui de beaucoup d’autres. Vous vous rappelez que ses camarades ont toujours répété que c’était lui qui redonnait du courage aux autres. Or cette question du moral est essentielle. Et puis il doit être au courant de ce qui se passe et toutes les nouvelles dernières ne peuvent que l’encourager. Enfin tâchez si possible de renouveler vos démarches pour qu’on l’envoie en Suisse et, bien qu’il ne reçoive plus, me dis-tu, les paquets que vous lui envoyez, renouvelez le plus souvent possible vos envois, quelques-uns tout de même lui parviendront. Ne mettez surtout aucune correspondance, les boches sont malins. Faites-lui envoyer aussi beaucoup d’argent. Il trouvera bien parmi ses gardiens quelques-uns d’entre eux qui moyennant un bon pourboire pourront lui procurer quelque chose.

 

Je t’ai envoyé dernièrement en effet trois Revues des Deux Mondes. Ne t’avais-je pas envoyé auparavant celle du 1er février. Je ne l’ai plus ici en tout cas mais je vais encore faire faire des recherches dans la cantine que j’ai envoyée à l’usine de Déon. J’ai lu Lazarine, c’est très bien mais je n’ai pas eu le temps de lire les lettres de Masson. Elles doivent être charmantes en effet et comme tu le dis sa mort est une perte pour le pays.

 

Allons ma petite Mie, reprends courage. Tu me dis de t’écrire souvent. Or je prévois que d’ici quelques jours ou quelques semaines, ma correspondance ne te parviendra pas. Sans être complètement dans le feu de l’action, nous serons en réserve et soumis aux mêmes règles que ceux de l’avant. Donc ne t’impatiente pas, ne t’inquiète pas et lorsque Maman et toi broierez du noir, dites-vous que jusqu’ici le bon Dieu nous a quand même favorisés et que nous sommes malgré tout et quels que soient nos soucis actuels plus heureux que d’autres. Ayez confiance que le bon Dieu nous continuera sa protection.

 

Heureusement que le beau temps est venu et que le soleil a un peu séché la boue. Les tranchées étaient inabordables.

8 avril - LUI.- Aujourd’hui jour de Pâques encore une fois pas très gai puisque nous sommes séparés. Je ne sais pas si je t’ai dit que j’avais fait mes Pâques mercredi dernier. Comme je prévoyais que d’ici quelques jours nous aurions peut-être à faire, j’ai préféré les faire de suite. Nous tirons beaucoup tous ces jours-ci et je crois qu’il y aura du nouveau d’ici quelques jours. C’est pourquoi je préfère t’écrire aujourd’hui, ne sachant pas si je pourrai le faire demain et surtout si tu recevras mes lettres.

 

Heureusement que le beau temps est venu et que le soleil a un peu séché la boue. Les tranchées étaient inabordables et comme on préfère encore y pénétrer que passer à découvert, on était trempé en en revenant. Aujourd’hui il fait un temps splendide. De notre côté une vingtaine de saucisses se sont élevées et règlent des tirs. Du côté boche nous en voyons quelques-unes mais qui ne s’élèvent pas très haut car avant-hier l’une d’elles a été descendue par un de nos avions. Je l’ai parfaitement vue descendre en flammes depuis mon observatoire. Les observateurs je crois ont été sauvés car je les ai vus tout doucement descendre en parachutes.

 

J’espère que cette affaire ne durera pas trop longtemps. Si nous pouvons percer nous serons certainement relevés, car au bout de quinze jours avec ce tir perpétuel de jour et de nuit nos servants n’en pourront plus. Dans ce cas les permissions reprendraient et il est probable que les officiers pourraient partir deux ensemble, de sorte que je ne serais peut-être pas beaucoup retardé. Je me réjouis bien de te revoir et de t’aimer ma Mie.

 

 

Gravures du Petit Journal - Supplément illustré - 08/04/1917 (N° 1372)

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Le général Belin

Né en 1853, à Sourdun (Seine-et-Marne), entré à Saint-Cyr, en 1872, élève de l’Ecole de guerre et breveté d’état-major, le général Belin a fait la plus grande partie de sa carrière comme capitaine et commandant à l’état-major général de l’armée, où il fut l’un des créateurs de notre mobilisation. Lieutenant-colonel, il professa à l’Ecole de guerre ; colonel, il commanda le 67e régiment d’infanterie. Général de brigade en 1910, il entra au comité d’état-major où il fut chargé de missions importantes à l’étranger et où il devint chef d’état-major du général Gallieni. Général de division en 1913, il commanda la 15e division à Dijon. En décembre 1913, le général Belin fut appelé, en remplacement du général de Castelnau, aux fonctions de chef d’état-major de l’armée, c’est là qu’il reçut la plume blanche.

 

La guerre le trouva à ce poste. Il fut le collaborateur immédiat et le plus précieux du général Joffre, comme chef d’état-major général au grand quartier général. Après la victoire de la Marne, à laquelle il prit une part des plus importantes, il reçut des mains du Président de la République la cravate de commandeur de la Légion d’honneur. La victoire de la Marne et celle de l’Yser lui valurent les grands cordons de toutes les puissances alliées. En février 1915, le général Belin fut nommé directeur général des Services au grand quartier général, poste qui lui donna rang de commandant d’armée.

 

 

 

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Pâques 1917 - Les cloches de la victoire

Pâques est la fête des cloches. Or, cette année, nos cloches françaises sonneront plus joyeusement. Elles tinteront pour célébrer l’aurore de la victoire. Malheureusement, que de cloches sont encore prisonnières de l’ennemi ! On sait que le pays des carillons est précisément le pays qui gémit encore sous la botte allemande. Les plus beaux jeux de cloches sont en Belgique et dans le nord de la France. Citons les principaux.

 

Bruges a quarante-sept cloches d’une merveilleuse qualité de son. Malines a quarante-cinq cloches très harmonieuses. Anvers, quarante-sept. Courtrai, quarante-huit. Termonde, quarante. Louvain a deux carillons, l’un de quarante, l’autre de quarante-six cloches. Tournai, Saint-Trond, Dixmude, Thielt, Alost, Turnhout, Roulers, Gand, Namur, Verviers, Mons, en un mot, presque toutes les villes de la Belgique ont leur carillon. Ypres avait, dans sa merveilleuse tour des Halles, un superbe jeu de cloches qui fut anéanti par les bombes des Barbares.

 

En Flandre française, on compte aussi quelques carillons qui peuvent rivaliser avec ceux de nos voisins. Le carillon d’Armentières remonte au XVIe siècle. Avesnes a hérité d’un beau jeu de timbres qui vient de l’abbaye de Liessies. Bailleul a trente et une cloches. Bouchain en a trente-six. Saint-Amand-les-Eaux garde de son ancienne abbaye de Bénédictins un harmonieux carillon de trente-six cloches. Douai et Bergues ont des orchestres aériens dans leurs célèbres beffrois. Quant au carillon de Dunkerque, qui n’a entendu vanter ses belles sonorités ?

 

La plupart de ces carillons sont muets aujourd’hui. On a même dit que les boches en avaient décimé quelques-uns et pris le bronze de leurs cloches. Espérons que leur esclavage ne sera plus de longue durée, et que, bientôt, tous les carillons de Belgique et de France tinteront joyeusement pour célébrer la délivrance et le retour à la patrie.

 

 

Les instantanés de la guerre (photos)

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Population de Noyon attendant une distribution de vivres

Un petit poste à l'extrémité d'une tranchée construite en sacs de terre

La cloche de Fleury devant Douaumont

Le général Fayolle, saluant les drapeaux de son ancienne division

En Macédoine - Campement serbe

Blessés au poste de secours

Dans les ruines de Soupir

Officier à l'entrée de sa sape

Une corvée de soupe

En Macédoine - Poste de téléphonistes serbes

Soldats russes dans leur tranchée

Soldats travaillant à la réfection des tranchées

 

 

Thèmes qui pourraient être développés

  • Italie - La situation militaire en Italie est très rassurante
  • Marine - Un navire américain armé coulé par un sous-marin allemand - 28 manquants
  • Palestine - La bataille de Gaza
  • Etats-Unis - C’est la guerre – Le président Wilson demande au Congrès de déclarer l’état de guerre entre les Etats-Unis et l’Allemagne – Le Congrès l’acclame
  • Le général Lyautey retourne au Maroc
  • Mésopotamie - La fin d'un rêve allemand - Jonction anglo-russe au nord-est de Bagdad
  • Russie - Le tsar et la tsarine à la forteresse Pierre-et-Paul
  • Prisonnier - Les pères de famille prisonniers sont arrivés à Berne
  • Etats-Unis - Les alliés de l'Allemagne rompent avec les Etats-Unis
  • Cuba - La république cubaine contre l'Allemagne
  • Permissions - Le %
  • Prisonnier - Le temps est long
  • Le général Belin - Nos grands chefs (Portrait dans LPJ Sup)
  • Pâques 1917 - Les cloches de la victoire (LPJ Sup)
  • Les heures (LPJ Sup)
  • Les instantanés de la guerre (Photos dans LPJ Sup)
  • Conseils pratiques - Les moyens de surmonter la timidité (LPJ Sup)
  • Religion - Fête religieuse - La Semaine Sainte et Pâques


31/03/2017
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