14-18Hebdo

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137e semaine de guerre - Lundi 12 mars au dimanche 18 mars 1917

LUNDI 12 MARS 1917 - SAINT GREGOIRE LE GRAND - 953e jour de la guerre

MARDI 13 MARS 1917 - SAINTE EUPHROSYNE - 954e jour de la guerre

MERCREDI 14 MARS 1917 - SAINTE MATHILDE - 955e jour de la guerre

JEUDI 15 MARS 1917 - SAINT LONGIN - 956e jour de la guerre

VENDREDI 16 MARS 1917 - SAINT CYRIAQUE - 957e jour de la guerre

SAMEDI 17 MARS 1917 - SAINT PATRICE - 958e jour de la guerre

DIMANCHE 18 MARS 1917 - IVe DIMANCHE DE CAREME - 959e jour de la guerre

Revue de presse

-       Bagdad prise par les Anglais

-       Le navire norvégien "Storstad" qui ravitaillait la Belgique coulé par un sous-marin allemand

-       Les Russes occupent Bisoutoun

-       La Chine va rompre avec l'Allemagne

-       Le Tsar suspend la Douma et le Conseil d'empire

-       Importante avance britannique sur Bapaume - Grévillers et le bois Loupart occupés par les Anglais

-       Les événements de Petrograd - Les manifestations populaires - Une séance tumultueuse de la Douma

-       Le général Lyautey ministre de la Guerre démissionnaire – C’est la conséquence de la discussion sur l’aviation

-       Les Anglais avancent sur un front de 4 kilomètres entre Saillisel et le Bois Saint-Pierre-Vaast

-       La révolution triomphe à Petrograd - La Douma réclame l'abdication du tsar - Un ministère national est formé sous la présidence du prince Lvof

-       Splendide avance franco-anglaise - Bapaume est prise ainsi que d'autres importantes localités - Nos troupes avançant sur un front de 20 kilomètres ont conquis Roye et Lassigny et les lignes puissamment fortifiées que l'ennemi tenait depuis plus de deux ans

-       Le tsar Nicolas II abdique en faveur de son frère Michel - Le grand-duc Michel demande un plébiscite, une constituante

-       Le ministère Briand est démissionnaire

-       Le zeppelin L.-39 abattu

-       Guynemer abat trois appareils, ses 32, 33 et 34e avions boches - Le lieutenant Deullin abat son 12e

-       Francfort bombardé par un de nos avions en représailles de l'incendie de Bapaume

 

Morceaux choisis de la correspondance

Situation bien calme par ici. On fait beaucoup de travaux. Mais je crois qu’on en fait un peu partout sur le front et il est certain que la GOP n’est pas un vain mot.

13 mars - LUI.- J’ai reçu hier tes deux bonnes lettres du 7 et du 8 et aujourd’hui celle du 10. Je suis content que les enfants travaillent bien et qu’ils soient bien sages. Je suis sûr que le petit coup de tête de Robert est exceptionnel et ne se renouvellera pas. Je regrette beaucoup aussi de ne pas être à Docelles comme le 26e. Ce n’est ni Truocinreg ni Uelleb que j’ai rencontré, mais un troisième que j’avais déjà rencontré il y a deux mois mais qui ne te dirait pas grand chose. Merci pour la culotte et les chocolats et bonbons. Je te dirai quand je les aurai reçus.

 

Je t’envoie une photographie prise récemment dans la grotte qui nous sert de bureau, de popote et de dortoir. Elle n’est pas très bien mais enfin on m’y reconnaît et c’est l’essentiel. Ci-joint aussi un certificat de blessure qu’on m’a envoyé il y a quelques jours avec un ruban et une étoile. Il paraît que c’est réglementaire et que tous les blessés ont le droit de porter cette distinction.

 

Situation bien calme par ici. On fait beaucoup de travaux. Mais je crois qu’on en fait un peu partout sur le front et il est certain que la GOP n’est pas un vain mot.

 

On parle beaucoup d’offensive de tous côtés. Il est probable que les Allemands n’ignorent pas les travaux qu’on fait un peu partout sur le front et qu’ils essayeront peut-être de nous devancer. Il faut espérer que nous serons prêts avant eux.

15 mars - LUI.- J’ai reçu tes deux bonnes lettres du 11 et du 12. Moi aussi ma Mi je pense bien souvent à toi et me réjouis tant de te revoir d’abord dans deux mois pour ma permission, puis dans quelques six mois d’une façon définitive cette fois. Je ne sais pas en effet comment les permissions sont réglées dans le bataillon de Paul Boucher. On vient encore de nous communiquer une note du ministre interdisant absolument aux chefs de corps de donner d’autres permissions que la permission régulière chaque quatre mois. Tu peux être sûre que si dans le bataillon de Paul les hommes ne sont pas aussi favorisés que les officiers, ils réclameront et le ministre les obligera à abandonner ces pratiques qui sont en somme irrégulières.

 

On parle beaucoup d’offensive de tous côtés. Il est probable que les Allemands n’ignorent pas les travaux qu’on fait un peu partout sur le front et qu’ils essayeront peut-être de nous devancer. Il faut espérer que nous serons prêts avant eux.

 

Tu me dis ma chérie que tu donnes les leçons de piano et d’allemand aux enfants. J’espère bien que tu ne te fatigues pas. Il est vrai qu’ils aiment bien le piano et que par conséquent ils sont plus dociles et moins énervants que certains. Mais, si tu veux réussir, fais comme Mlle Marchal, répète souvent les mêmes choses et fais souvent des récapitulations. Pour les mots allemands, ce doit être encore plus nécessaire que pour les problèmes et, pour les enfants comme pour les grandes personnes, il faut répéter souvent les mêmes choses pour bien les savoir.

 

Marie Paul m’écrit qu’elle m’envoie une boîte de fruits confits. A ce propos j’ai beaucoup de mal de trouver du tabac jaune maryland et suis obligé de me contenter du tabac ordinaire, qui me semble plus fort que l’autre. A l’occasion pourrais-tu me faire un envoi de quelques paquets.

 

La guerre sera finie cette année, il est impossible qu’un pareil état de choses puisse encore continuer.

17 mars - LUI.- J’ai reçu hier ta bonne lettre du 13 et aujourd’hui ton petit mot du 14, pas bien long mais combien tendre et qui m’a fait bien plaisir. Dans deux mois ma Mie nous serons de nouveau réunis. Si tu savais comme je m’en réjouis. Je suis moi aussi bien en mal de ma petite mie et me réjouis tant de la couvrir de caresses. Je suis bien persuadé que la guerre sera finie cette année. Il est impossible qu’un pareil état de choses puisse encore continuer. Tu verras après la guerre comme nous serons heureux ma Mie et que le bon Dieu nous compensera cette longue séparation.

 

La guerre sera peut-être finie pour la rentrée, mais je crois bien que je ne pourrai pas me résoudre à me séparer de Dédé pour la première année et que je serai bien content qu’il reste avec nous.

Tant mieux que ta nouvelle organisation te plaise mais je t’engage beaucoup, si Mlle Marchal ne veut pas continuer à donner des leçons à Dédé, à t’en occuper dès maintenant. Tu sais que l’an dernier tu es arrivée trop tard. Sans doute la guerre sera peut-être finie pour la rentrée, mais je crois bien que je ne pourrai pas me résoudre à me séparer de Dédé pour la première année et que je serai bien content qu’il reste avec nous. Par conséquent ne t’occupe pas de la guerre. Pour moins fatiguer Mademoiselle Marchal tu pourrais peut-être leur proposer qu’elles ne donnent une leçon que chaque deux jours chacune aux enfants. L’une s’occuperait du calcul et du français, l’autre de l’histoire, géographie, etc. Elles ne seraient pas ainsi astreintes à une leçon tous les jours. Après avoir fait la classe jusqu’à 4 heures, cela doit être bien fatigant d’avoir encore une classe à faire.

 

Gravures du Petit Journal - Supplément illustré - 18/03/1917 (N° 1369)

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Le général Grossetti

Le général Grossetti, dont nous donnons aujourd’hui le portrait à nos lecteurs, était tout nouvellement général de brigade quand la guerre éclata. Colonel depuis le 24 décembre 1910, il avait fait partie du comité technique d’état-major. En Belgique, dès le début de la campagne, il donna des preuves éclatantes de sa science militaire et de son héroïsme. On raconte que, se trouvant à Ypres, au plus fort du bombardement, il vint s’asseoir sur une pierre écroulée au seuil même des Halles, sur lesquelles tombait une véritable pluie d’obus allemands. Et là, tranquillement, comme s’il eût été dans son cabinet de travail, il dicta ses ordres à ses officiers d’état-major. Depuis lors, en maintes circonstances, le général Grossetti a fait apprécier sa valeur de tacticien et d’entraîneur d’hommes, et ce sont les éminents services qu’il a rendus au pays qui l’ont fait désigner pour un commandement important.

 

 

 

 

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Des déserteurs allemands passent la Meuse glacée pour se réfugier en Hollande

Malgré les mesures sévères prises par les autorités allemandes pour empêcher les désertions, celles-ci sont de plus en plus nombreuses. Cependant, on a pris sur les frontières, tant en Belgique qu’en Allemagne même, les précautions les plus sévères pour arrêter les déserteurs. Il y a des postes à toutes les routes, des réseaux de fils barbelés dans les champs. N’importe ! les soldats se sauvent en foule et tentent tout pour passer la frontière, préférant le risque d’être repris, la prison, la mort même, à la cruelle condition qui leur est faite par l’impitoyable discipline à laquelle ils sont soumis, et par les privations qu’ils endurent.

 

Un journal hollandais écrivait déjà, à la fin de l’an dernier : « Le moral des troupes allemandes commence à devenir exécrable : rébellions, désertions, suicides, il ne manque presque plus rien. Les actes de désespoir, à mesure que cette affreuse guerre se prolonge, sont de plus en plus fréquents dans l’armée allemande. Il n’y a pas de jour où l’on n’enregistre plusieurs suicides dans les casernes et les postes de Bruxelles. »

 

Depuis quelque temps, les suicides et les désertions ne se produisent plus seulement parmi les soldats de l’armée allemande occupant la Belgique, mais même parmi ceux qui se trouvent en Allemagne. Cette recrudescence de fuites et d’actes de désespoir s’explique d’ailleurs par les conditions économiques dans lesquelles se trouve le pays et par les souffrances qui en résultent pour les soldats. Le même journal hollandais cité plus haut observe d’ailleurs que ces désertions sont probablement favorisées par ceux-là mêmes qui sont chargés de les empêcher. « Les hommes du landsturm à la frontière ferment volontiers l’œil pour les amis qui « en ont soupé », en attendant de « lever eux-mêmes la séance ».

 

Or, dernièrement, tandis que la Meuse était encore gelée, un certain nombre de soldats des garnisons voisines de la frontière à Ruremonde, en ont profité pour passer en Hollande. Les sentinelles ont bien tiré quelques coups de fusil, mais trop tard ; les déserteurs étaient déjà de l’autre côté de l’eau, à l’abri des dangers, des privations. Et voilà comment s’opère l’invasion des Pays-Bas par les boches !

 

 

 

Les instantanés de la guerre (photos)

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Le général Sarrail visite les troupes russes

En embuscade

Soldat anglais nettoyant son fusil

Les sports d'hiver sur le front - Poilus faisant du lugge

Voiture de ravitaillement traînée par des chiens

Journalistes américains visitant les tranchées de la Somme

En 1re ligne - Le repas en plein air

Ecossais dans un village en ruines

En Afrique australe - Poste d'observation anglais

Le général Sarrail passant une revue

Un pont sur le Tigre près de Kut-el-Amara

Un observatoire aérien

 

 

Thèmes qui pourraient être développés

  • Mésopotamie - Bagdad prise par les Anglais
  • Marine - Le navire norvégien "Storstad" qui ravitaillait la Belgique coulé par un sous-marin allemand
  • Les Russes occupent Bisoutoun
  • La Chine va rompre avec l'Allemagne
  • Le général Lyautey ministre de la Guerre démissionnaire
  • Russie - La révolution triomphe à Petrograd - La Douma réclame l'abdication du tsar - Un ministère national est formé sous la présidence du prince Lvof
  • La Somme - Splendide avance franco-anglaise
  • Politique - Le ministère Briand est démissionnaire
  • Décoration - Certificat de blessure avec un ruban et une étoile
  • Enfants - Enseignement - Répéter souvent les mêmes choses, faire des récapitulations
  • Tabac jaune Maryland
  • Le général Grossetti - Nos grands chefs (Portrait dans LPJ Sup)
  • Etats-Unis - Le Président des Etats-Unis (Histoire) (LPJ Sup)
  • Les instantanés de la guerre (Photos dans LPJ Sup)
  • Religion - Fête religieuse - IVème dimanche de Carême


10/03/2017
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