14-18Hebdo

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111e semaine de guerre - Lundi 11 septembre au dimanche 17 septembre 1916

 

LUNDI 11 SEPTEMBRE 1916 - SAINT PROTE - 771e jour de la guerre

MARDI 12 SEPTEMBRE 1916 - SAINT GUY - 772e jour de la guerre

MERCREDI 13 SEPTEMBRE 1916 - SAINT AIME - 773e jour de la guerre

JEUDI 14 SEPTEMBRE 1916 - EXALTATION DE LA SAINTE CROIX - 774e jour de la guerre

VENDREDI 15 SEPTEMBRE 1916 - SAINT NICOMEDE - 775e jour de la guerre

SAMEDI 16 SEPTEMBRE 1916 - SAINT CYPRIEN - 776e jour de la guerre

DIMANCHE 17 SEPTEMBRE 1916 - SAINT LAMBERT - 777e jour de la guerre

Revue de presse

-       Les Allemands ont contre-attaqué sans succès au sud de la Somme

-       Réaction allemande impuissante devant Verdun

-       L'outrage d'Athènes - Une bande envahit la Légation de France - Réclamations énergiques de l'Entente et excuses du gouvernement du roi

-       La Nouvelle-Zélande et l'Australie vont au service militaire obligatoire

-       Nouveau bond en avant de la Somme - Nos troupes atteignent la route nationale Béthune-Péronne - Plus de 1,500 prisonniers dont de nombreux officiers

-       Chute du cabinet Zaïmis

-       Les Russes occupent la crête nord du mont Kapul - Ils ont capturé 13 officiers et 900 soldats

-       Les succès roumains sont constants

-       Nos avions bombardent la gare de Metz-Sablons

-       Les princes anglais ne se marieront plus en Allemagne

-       Les alpins italiens s'emparent d'une position dominant Forcello, Travename et le Lagacio

-       Dans la région de Silistrie et sur tout le front en Dobroudja de violents combats sont engagés

-       Les Anglais prennent Matchukovo

-       Victoire italienne sur le Carso

-       Victorieuse offensive britannique - Combles encerclé - Thiepval fortement menacé

-       La guerre aérienne - Nombreux combats sur le front de la Somme - Guynemer a abattu son 16e avion - Nungesser son 12e - Heurteaux, de Rochefort et Deullin leur 6e

-       La victoire serbe - L'armée bulgare se retire en désordre vers Monastir

-       Les Anglais ont réalisé de nouveaux progrès au nord de la Somme

-       Les marchandages bulgaro-turcs

 

Morceaux choisis de la correspondance

Mon bataillon vient de perdre dans une attaque le tiers de son effectif, plus 18 officiers hors de combat, c’est affreux ; quand cela finira-t-il ?

12 septembre - Victorin Noël (Armées) à Georges Cuny, son patron.- Un mois s’est écoulé depuis votre dernière lettre, je suis à me demander où vous êtes en ce moment ; pourvu que par ces bombardements terribles vous soyez à l’abri et que Dieu vous garde la santé. Pour moi je m’attends à remonter tous les jours ; mon bataillon vient de perdre dans une attaque le tiers de son effectif, plus 18 officiers hors de combat, c’est affreux ; quand cela finira-t-il et que nous aurons le bonheur de reprendre notre vie tranquille de Cornimont. Je me porte assez bien quoique ma blessure que j’ai reçue dans la poitrine l’année dernière me fasse un peu souffrir et tousser beaucoup mais que veut-on à l’heure qu’il est il faut savoir souffrir et ne rien dire.

 

13 septembre 1916 - 21 septembre 1916 - Permission de Georges Cuny à Docelles

 

15 septembre - Le chef d’escadron Bickart prend le commandement de l’artillerie du secteur ouest comprenant : 3 batteries de 90 à 4 pièces, 1 batterie de 90 à 6 pièces, et les 2 batteries du groupe.

 

Gravures du Petit Journal - Supplément illustré - 17/09/1916 (N° 1343)

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LL. MM. le roi et la reine de Roumanie

On a beaucoup parlé, depuis quelques jours, de la généalogie du souverain de Roumanie, et l’on a démontré que, Hohenzollern-Sigmaringen, sa parenté avec les Hohenzollern de Prusse n’était qu’un vague et lointain cousinage. Depuis l’an 1205, les deux branches sont nettement séparées et aucune alliance ne les a réunies. Vous voyez que Guillaume II exagérait un peu quand il disait : « si la Roumanie se mêle au groupe de mes ennemis, c’est la fin de l’esprit de famille. » Par contre, si les Hohenzollern-Sigmaringen n’ont rien en commun avec les descendants prussiens des seigneurs pillards de Nuremberg, on peut dire que le roi de Roumanie a du sang français dans les veines. Sa grand’mère paternelle était la sœur de Murat, maréchal de l’Empire et roi de Naples.

 

Le roi Ferdinand de Roumanie est né à Sigmaringen le 24 août 1865. Son prédécesseur sur le trône roumain, le roi Charles 1er, n’ayant pas de fils, un projet de loi avait été déposé en 1886 aux Chambres, en vertu duquel c’était l’un des neveux du dit roi Charles, Ferdinand, second fils du prince Léopold de Hohenzollern-Sigmaringen, qui devenait l’héritier présomptif de la couronne de Roumanie. L‘aîné, le prince Guillaume, renonçait pour son frère cadet à cette succession royale. A la mort du roi Charles, en octobre 1914, le prince Ferdinand monta donc sur le trône. De son mariage avec la princesse Marie de Saxe-Cobourg et Gotha, il avait eu six enfants, dont trois fils : les princes Charles, né en 1893, Nicolas, né en 1903 et Mircéa, né en 1912. L’avenir de la dynastie était donc assuré.

 

« Le roi Ferdinand, dit un de nos confrères, est un beau soldat et un grand sportsman. Avant de monter sur le trône, à la mort de son oncle, le roi Carol, il était inspecteur général de l’armée roumaine, et il s’était constamment appliqué à perfectionner le redoutable instrument de guerre qu’il jette aujourd’hui si fièrement dans la balance aux côté de l’Entente contre les empires du centre. Très grand chasseur, il aimait, en hiver, tirer les grosses pièces dans les forêts dépendantes de son château de Sinaïa. Esprit ouvert, soucieux d’oublier son origine germanique pour remplir loyalement son rôle de Roi roumain, respectueux de la Constitution et des aspirations nationales du pays dont il préside les destinées, il s’est toujours appliqué, du jour où le Sénat roumain le déclara prince héritier, à étudier tous les problèmes diplomatiques susceptibles de servir un jour la fortune de son royaume. Le roi Ferdinand de Roumanie est un monarque heureux. Il commence son règne en attachant sa couronne au char de la victoire : la Roumanie lui devra d’avoir réalisé ses aspirations nationales ; l’humanité d’avoir délivré des Latins du joug féroce de la double monarchie germano-magyare. »

 

Quant à la reine Marie, elle est de sang anglais et russe. Petite-fille de la reine Victoria, elle est la fille aînée du duc d’Edimbourg, frère cadet du feu roi Edouard VII, et de la grande duchesse Marie, sœur du défunt tsar Alexandre III. Son père, le duc d’Edimbourg, avait succédé sur le trône grand-ducal de Saxe-Cobourg-Gotha à son oncle, le duc Ernest II, frère aîné du prince Albert qui fut l’époux de la reine Victoria. Voilà comment cette princesse anglaise était, quand elle épousa le futur roi de Roumanie, devenue princesse de nom allemand. « Elle réunit, dit un de ses biographes, aux dons de la beauté ceux de l’intelligence et d’un talent littéraire que les lecteurs français ont pu apprécier. Elle publiait naguère, dans la ‘Revue des Deux Mondes’, un roman qui va être porté sur la scène et que les Parisiens applaudiront bientôt au Théâtre-Français. Comme sa tante Carmen Sylva, elle aime à s’entourer des représentants de la littérature, et c’est par elle que les grands écrivains de la Roumanie ont trouvé accès au palais de Bucarest. »

 

La reine Marie a su depuis longtemps conquérir toutes les sympathies de son pays d’adoption. Elle en parle fort bien la langue, et en porte merveilleusement le costume national. (Nos lecteurs en jugeront par l’originale photographie que nous publions plus loin). Elle en connaît les poétiques légendes. Ecrivain de talent, elle est également peintre et fait de charmantes aquarelles. L’art décoratif n’a pas de secrets pour elle. Un salon dans le style norvégien de son palais de Cotroceni est l’œuvre de son pinceau. « Vous savez, disait-elle dernièrement au correspondant d’un journal américain, que nous eûmes, le Roi et moi, une période difficile à traverser, car ni l’un ni l’autre d’entre nous n’étions Roumains. D’aucuns s’imaginèrent et s’imaginent encore que nos origines et nos alliances de famille devaient exercer une influence sur notre attitude et sur nos intentions. Cela est faux… Nous désirons plus que tout le bonheur de la Roumanie, et nous ne connaissons que l’intérêt roumain, car nous savons quels sont les devoirs et les responsabilités que nous impose notre situation. Sur ce point, comme sur les autres, le Roi et moi sommes entièrement d’accord, car nous n’avons tous deux en vue que le bien du pays. Ce que nous voulons, c’est une Roumanie grande et prospère, et nous souhaitons, sous notre règne, qu’elle réalise ses légitimes aspirations nationales… »

 

Et c’est un vœu que les événements vont réaliser pour le plus grand bonheur de la Roumanie et la plus grande gloire de ses souverains.

 

 

 

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L’armée roumaine

La Roumanie, qui compte une population de sept millions et demi d’habitants, pourrait, par une levée complète comme aura été celle des principaux belligérants, mobiliser environ un million d’hommes. La loi de recrutement de 1908, modifiée en 1913, oblige au service militaire personnel de 21 ans à 46 ans tout citoyen en état de porter les armes. Mais dès 19 ans les jeunes gens sont à la disposition du ministre de la Guerre et doivent prendre part à un entraînement militaire préparatoire.

 

En temps de paix, l’armée roumaine compte cinq corps d’armée à deux divisions.

 

L’infanterie comprend 40 régiments actifs et 40 de réserve à 3 bataillons, 20 bataillons de chasseurs à pied, 1 brigade de gardes-frontières (granicieri) comptant 6 bataillons. Soit un total de 266 bataillons.

 

La cavalerie comprend 10 régiments de « Rosieri », hussards rouges, et 10 régiments de « Calarashi », hussards noirs, à 4 escadrons. Soit 40 escadrons. Le service dans la cavalerie n’est que de 130 jours la première année, 40 jours la deuxième année, 30 jours la troisième année. Les jeunes gens admis à ce service possèdent chez eux et entretiennent un cheval qu’ils doivent amener à chaque convocation ou à la mobilisation.

 

L’artillerie compte 20 régiments d’artillerie de campagne à 6 batteries de 4 pièces de 75, 480 pièces. 5 régiments d’artillerie de campagne de réserve, 160 pièces. Un nombre indéterminé de batteries d’obusiers de 105 à tir rapide et de batteries lourdes.

 

Notons que le général Iliesco, qui commande en chef l’armée roumaine, s’est formé dans nos écoles militaires françaises. « A l’Ecole Polytechnique, disait l’autre jour un de ses anciens condisciples, il était assurément, et de beaucoup, le plus brillant des « crocodiles », comme nous appelions les élèves étrangers. Svelte, élégant, le visage enflammé, le cœur aussi, je crois, facilement enflammable, il ne ressemblait en aucune façon au type classique du morose « pipo » ; on l’aurait plutôt pris pour un étudiant en droit ou pour le plus entraînant des sous-lieutenants de cavalerie. Mais le particulier est que sous ces dehors, comment dire, un peu flambants, il avait la tête la plus solide et la mieux faite pour les connaissances scientifiques. C’était merveille de le voir franchir, en se jouant, comme des obstacles de l’hippodrome, des plus ardues difficultés. Il y avait en lui une avidité de connaître et de comprendre, et en même temps une sûreté de mécanisme intellectuel, qui nous le faisaient admirer cordialement. Il était d’ailleurs le plus sûr et le plus agréable des camarades. Très gentilhomme avec cela, et l’esprit prompt à la réplique. » Après Polytechnique, le futur général alla à l’Ecole d’application de Fontainebleau et ne s’y fit pas moins remarquer par ses merveilleuses aptitudes. « Je suis sûr, disait son ancien camarade en évoquant ses succès, qu’il va commencer par de grandes victoires… »

 

On sait comment le général Iliesco et l’armée roumaine ont justifié cette prévision.

 

   

Les instantanés de la guerre (photos)

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Un poste téléphonique d'artillerie

Le nouveau lance-bombes des tranchées

La femme faucheuse

Transport de pièces lourdes par chemins de fer Decauville

La surveillance de la mer

Les Russes à Salonique

Une inscription utile pour les poilus

Les femmes à la moisson

La reine de Roumanie en costume national

Annamites employés en France aux travaux des champs

Un tracteur monstre qui traîne des canons à travers les terres labourées

Un Alsacien-lorrain qui a préféré servir nos amis les Russes

 

 

 

Thèmes qui pourraient être développés

  • Grèce - L'outrage d'Athènes - Une bande envahit la Légation de France - Réclamations énergiques de l'Entente et excuses du gouvernement du roi
  • La Nouvelle-Zélande et l'Australie vont au service militaire obligatoire
  • Angleterre - Les princes anglais ne se marieront plus en Allemagne
  • Serbie - La victoire serbe - L'armée bulgare se retire en désordre vers Monastir
  • Turquie - Les marchandages bulgaro-turcs
  • Pape - Le cardinal Gasparri cesserait d'être secrétaire d'état
  • Pape - Intervention du pape en faveur des prisonniers pères de trois enfants
  • Pape - On considère la nomination des nouveaux nonces à Vienne et à Munich comme l'indice d'une politique plus énergique
  • Belgique - Comment les Allemands dépouillent la Belgique - Un vol de 600 millions de marks
  • Roumanie - LL. MM. le roi et la reine de Roumanie (LPJ Sup)
  • Roumanie - L'armée roumaine (LPJ Sup)
  • La Roumanie et la France (LPJ Sup)
  • Les instantanés de la guerre (Photos dans LPJ Sup)
  • Religion - Fête religieuse - Exaltation de la Sainte Croix - 14 septembre


09/09/2016
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