14-18Hebdo

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Souvenirs de guerre 1914-1919 (Paul Boucher) - Ch 8-2 - Le charme du 21 et 22 décembre 1915

Chapitre 8 – Le charme du 21 et 22 décembre 1915 – 2e partie

 

Document transmis par Renaud Seynave, son petit-fils - 01/07/2016

 

 

Paul Boucher 4-2 image3 Les 2 freres et autres.jpgPaul Boucher et son fidèle Séjournant (4e et 5e depuis la gauche).

 

Le 22 décembre 1915

De la ligne, on signale quelques pertes du côté de chez Morand, l’adjudant Amet de Bruyères est tué, le caporal Balanche aussi. Je leur désigne des remplaçants et recommande à Morand de veiller à sa liaison avec les chasseurs qui se sont éloignés.

 

Des coups de fusils nombreux, le boche tâte et se tient au contact, mais rien d’inquiétant. Le Commandant se retire dans son abri de bombardier sans m’inviter cette fois à le suivre. Il va sans doute se reposer quelque peu, il est trois heures du matin environ. Je me retire avec mes agents de liaison dans un gourbi boche voisin. J’ai avec moi Séjournant, Thiaville, Cadin, Boissonneau, Vianet. L’un veille à la porte et nous nous abattons pour nous reposer quelques instants dans cet abri très léger, puant le boche. Nous n’avons qu’un bat-flanc et démocratiquement côte à côte avec mes hommes, nous dormons casqué.

 

Une violente rafale de fusants 77 encadre notre mince abri et me réveille ainsi que mes compagnons. Il ne fait pas encore jour. Un silence lourd pèse et je ressens malgré moi un certain malaise moral inexplicable. Bref je ne suis pas tranquille car je sais que notre position n’est pas sûre.

 

J’envoie Cadin qui était mon agent de liaison avec Morand aux renseignements. Il revient et me dit que les balles sifflent nombreuses. Inquiet de faire tuer ce brave garçon, nous attendons le jour. Les obus fusants se précipitent et je décide au lieu de demeurer à découvert de nous mettre dans un petit élément de tranchées à quelques mètres de distance.

 

Nous y étions depuis peu quand j’entends un bruit bizarre dans la direction des lignes, quelques rumeurs et de très rares détonations. Au même moment, je vois deux hommes monter, un simple soldat de la 7e Cie et un sergent-major nommé Caillet. Je les interpelle et leur demande où ils vont. Le simple soldat me donne des explications confuses, quant au sergent-major, il m’a été envoyé par son commandant de Cie pour demander du renfort car les boches attaquent. Je dis à ce sergent-major d’indiquer où je me trouve et j’envoie Demangeat, le clairon et Vianet pour prévenir le 3e bataillon de ce qui se passe. Je ne les ai plus revus.

 

Je suppose une petite attaque locale car s’il y avait eu une poussée sérieuse, j’aurais vu refouler des hommes que j’aurais arrêtés et j’aurais pu constituer sur place une ligne de résistance demeurant avec le renfort s’il en arrive.

 

Le jour étant levé, je regarde du côté du sommet et j’aperçois le commandant Mas qui se dirige vers le sommet avec un homme. Il va sans doute rendre compte au Colonel. Sur les entrefaites, je pénètre dans un abri tout proche de l’élément de tranchée et j’y trouve un boche qui dit immédiatement « Kamarad ».

 

Cette pente de l’Hartmann est un véritable village de troglodytes et, comme rien n’a été fouillé, il doit regorger de boches qui attendent paisiblement la tournure des événements. Les autres agents de liaison visitent l’abri qui est très profond et à ce moment Séjournant qui veillait sur le pas de la porte m’appelle et me montre des groupes d’hommes qui remontent la montagne le long de la crête en direction du Ziegelmücken. Sont-ce nos hommes qui battent en retraite ? Je saisis mes jumelles et ajuste. Je reçois un choc violent en apercevant tout près des groupes compacts de chasseurs allemands du 8e Jäger, chiffre que je lis parfaitement sur la couverture de l’enveloppe de toile de leurs shakos. J’en aperçus une bonne quarantaine puis bien d’autres derrière et aucun Français ni en haut, ni en bas et nous sommes six. Que pouvons-nous faire ? Rien étant à 250 mètres de quiconque.

 

Par l’entrée du gourbi, je donne ordre de retraite à mes hommes. Rendez-vous au PC du Colonel et avec Séjournant, je remonte en me défilant de mon mieux, tendant le dos, c’est le cas de dire. Par où sont passés les boches, qu’ont fait Morand et les autres chasseurs, voilà ma hantise du moment. Cadin est peu après nous et myope ne voit pas où je suis parti. Il est tombé cette fois dans la gueule du loup où il a reçu une balle à la jambe. Il a été ramassé tard dans la soirée par l’ennemi. Boissonneau et Thiaville ont pu regagner nos lignes. Je franchis nos premières lignes que je vois, non sans stupéfaction garnies de soldats du 226e qui dorment sans veilleurs. Il est 8h30 du matin. Je les réveille et dis « alerte aux boches ». Chacun me regarde comme si j’étais fou et personne ne bouge. Je ne trouve aucun gradé et d’ailleurs plusieurs sections de ce 226e allaient être cueillies sans douleur par les boches qui montaient parallèlement à moi.

Je me présente au Colonel qui devait recevoir des renseignements et demande des renforts de tous côtés. Il me reçoit assez mal et plutôt affolé commence à faire mettre ses papiers à l’abri. Je lui dis que je ne pense pas à une vaine percée, que certainement il y avait beaucoup d’erreurs et beaucoup de points intacts mais qu’il fallait faire vite et je m’offre pour aller voir ce qui se passe à gauche, du côté des chasseurs et de la roche Sermet, ce qui fut immédiatement accepté par lui.

 

C’est à ce moment précis que le Commandant a perdu complètement la tête, non seulement, il avait les Cies d’occupation du 226e, les Cies du 68e B.C.A qui avaient transporté les matériaux et reposaient depuis 5h du matin mais il y avait à Depierre deux Cies du 23e RI et deux Cies de Duvenot.

 

De plus les deux groupes du 152e RI n’ont été faits prisonniers qu’à midi et c’était vers 9h du matin que je me présentais au Colonel. Mais le temps d’accepter la dure nouvelle, de la transmettre à l’autorité qui avait la qualité de mettre en branle les renforts, le temps avait passé et tout ce sommet s’était allumé en un volcan soumis à un bombardement incessant.

 

Donc quittant vers 9h le Colonel et toujours suivi de mon fidèle Séjournant, nous voilà partis vers la roche Sermet faisant carapace tous les dix pas. Sur un talus, j’aperçus un officier très chic d’ailleurs et tout couvert de sang qui se soulève et se présente « Lieutenant de Cade, envoyé en liaison ». Il vient de recevoir quelques éclats d’obus et est obligé de prévenir pour qu’on le ramasse et qu’on assure sa liaison, ce que je fis.

 

J’arrivai à l’abri du commandant de Cie de la roche Sermet que j’avais occupée à plusieurs reprises. Je frappe et je trouve le capitaine Coron du 226e RI et de la 17e Cie qui venait de faire sa toilette et me dit : « Qu’est ce que les boches ont à bombarder ainsi ? Ils sont furieux de votre succès et il me félicite en voyant mon écusson du 152e ».

 

Pendant ce temps, Séjournant discret comme à son habitude s’abrite à côté de l’abri sous quelques rondins à l’entrée du PC.

 

« Il s’agit bien de cela, dis-je vivement, alertez votre Cie car les boches contre-attaquent et ils pourraient être ici d’une minute à l’autre ».

 

On me regarde encore comme si j’étais fou et ce n’est qu’après que j’eus répété plusieurs fois que plantant là son verre de café, il me prit au sérieux.

 

« Avez-vous été en liaison en bas avec les chasseurs, je crois ? Je veux y aller car nous sommes repérés » et effectivement quelques obus arrivent tout près. Puis un obus éclate tout contre faisant trembler tout l’abri. Ah, celui là n’est pas bien loin. Nous passons le nez dehors, l’abri à côté est effondré et fume encore et hélas mon pauvre Séjournant est dessous. J’obtiens quelques hommes pour le dégager mais il est mort. Même après les émotions endurées depuis 24h, je ne tiens plus debout. Ma patrouille est envoyée vers les chasseurs et il me faut une bonne demi-heure pour savoir que les chasseurs n’ont plus aucune nouvelle de leur Cie de droite commandée par le lieutenant Camus et encore bien moins du 152e. Le 226 est alerté pour de bon.

 

Paul Boucher 8-2 Image2 Paul et Sejournant.jpgPaul Boucher (3e en partant de droite) et son fidèle Séjournant (1er en partant de la droite).

 

Je recueille les objets de poche de Séjournant dont une photographie avec des déchirures faites par les éclats qui ont tué cet excellent garçon et je supplie le capitaine Coron dés qu’il y aura une accalmie de faire enterrer Séjournant dont je donne les nom, prénom et matricule, puis seul cette fois, tout seul je repars vers le sommet de l’Hartmann. Il est peut être midi.

 

(Note de RS : Séjournant est l’ordonnance de Paul Boucher depuis le début du conflit. On le voit aussi sur la photo en tête de cette 2e partie avec François et Paul Boucher en août 1914.)

 

 

« Suite de La gazette du centenaire n° 24 »

Editée en décembre 2015 par la cellule communication du 152e RI à Colmar et transmise par le lieutenant-colonel Bodénès de la direction des Ressources Humaines de l’armée de terre.

 

22 décembre 1915, l’anéantissement du 15-2 :

Dès le début de l’attaque le 21 décembre au matin, les Allemands qui n’ont pas de réserves suffisamment proches de la zone des combats, font acheminer des renforts conséquents vers le HWK : 3 compagnies du 8e Jägerbataillon depuis Bühl, la compagnie de mitrailleuses de ce bataillon depuis Soultz, le 56e régiment de Landwehr depuis Mulhouse, le 40e régiment de Landwehr depuis Sausheim et Baldersheim.

 

Paul Boucher 8-2 Image3 Carte destruction 2e bataillon.jpgDestruction du 2ème bataillon le 22 décembre à 05h00.

 

Le 8e Jägerbataillon, situé le plus près, se met en route dans l’après-midi. A la nuit tombée, ses trois compagnies renforcées de la compagnie de mitrailleuses se trouvent déjà regroupées au niveau de la courbe 2 de la voie serpentine. Ce bataillon d’élite connaît très bien le terrain puisqu’il a été à l’origine de la reconquête du sommet le 26 avril en passant par la cuisse gauche. Pendant la nuit, sa 3e compagnie s’infiltre par la cuisse gauche depuis la courbe 5 jusqu’au Bastion tenu par la 7e compagnie du 15-2 forte d’une cinquantaine de Diables Rouges et commandé par un lieutenant. Elle rejoint dans un abri un élément résiduel de 80 hommes du 14e Jägerbataillon non détecté qui se pensait encerclé et dont le commandant d’unité était en train de brûler ses documents.

 

Avant l’aube, cet élément s’infiltre entre le reliquat de la 6e compagnie et de la 7e compagnie, submerge cette dernière puis réduit le reliquat de la 6 et prend à revers la 8e compagnie qui ne peut se dégager et réalise ainsi une brèche de 300 mètres dans le dispositif du 15-2 sur la cuisse gauche.

 

Avant que l’attaque générale se déclenche, la 3/8 s’est retournée et a poursuivi son action vers le sommet en s’emparant du Bischofshut qui n’est pas occupé et à 08h00 alors que le jour se lève et que l’artillerie allemande engage à vue nos éléments détectés sur la contre-pente et tire sur nos arrières pour empêcher l’arrivée de renfort, cet élément n’est déjà plus qu’à 300 mètres du sommet dans le dos du 15-2 sans que le commandement ne soupçonne sa présence.

 

A 09h00, une nouvelle formidable préparation d’artillerie précède l’attaque générale et une pluie de fer et de feu s’abat sur le sommet. Les Allemands ont en effet rapproché dans la plaine d’Alsace toutes les batteries disponibles qu’ils peuvent facilement approvisionner en munitions. Ils concentrent leur effort sur la reconquête du sommet et, avec tous les effectifs arrivés en renfort, font face aux trois bataillons affaiblis des Diables Rouges.

 

Ainsi sur l’aile droite, entre le Rehfelsen et l’Oberhefelsen, dans un secteur de 300 mètres tenu uniquement par des petits postes, la 5e compagnie du 73e Landwehr se tient prête à bondir.

 

Devant l’Oberhefelsen se trouve tout le 1er bataillon du 56e Landwehr. Au niveau de la côte 742 et de la courbe 6, la 9e compagnie du 56e Landwehr et la 2e compagnie du 8e Jägerbataillon.

 

Dans l’entre cuisse, le 3e bataillon du 56e Landwehr. Sur la cuisse gauche face à la trouée réalisée par la 3/8 se trouve la 4/8 et sur sa droite le 2e bataillon du 56. A 10h00, dans le brouillard, l’attaque générale commence et tout le dispositif allemand monte à l’assaut.

 

Paul Boucher 8-2 Image4 Carte dispositif 22 decembre.jpgDispositif le 22 décembre 10h00, le 2ème bataillon a disparu, les 1er et 3ème bataillons se font encercler.

 

Le 1er bataillon du 15-2, réduit à 500 hommes est mis rapidement en difficulté en étant contourné simultanément par la gauche par la 9/56 et la 2/8 et par la droite par la 5/76 tout en faisant face au I/56. Les Diables Rouges submergés et encerclés se battent avec l’énergie du désespoir. Leur chef, le commandant Guey, qui blessé la veille vient de les rejoindre, est tué l’arme à la main au milieu de ses hommes. Le capitaine Jenoudet qui commande les mitrailleuses données en renfort la veille au bataillon réussit in extremis à s’échapper du piège et à rejoindre le 15e BCP sur la droite du régiment.

 

A 11h00, encerclé, submergé, manquant de munitions le 1er bataillon est anéanti. Pourtant, le commandement ne s’est pas rendu compte de la situation sur la cuisse droite et s’inquiète davantage de la situation du 2e bataillon sur la cuisse gauche. Dès 9h00, deux compagnies du 23e régiment d’infanterie, gardées en réserve par la brigade sont envoyées en renfort, mais l’accès au sommet se fait par un boyau unique battu en permanence par les feux de l’artillerie adverse. Elles arriveront trop tard.

 

Avant l’attaque générale, le 2e bataillon était déjà quasiment anéanti. Fortement éprouvé la veille, très étiré et installé sommairement sur la contre-pente à cheval sur la cuisse gauche et ne disposant que de très peu de munitions, en particulier pour ses mitrailleuses, il s’était battu toute la nuit avec courage. L’envoi dès l’aube d’un renfort de deux sections de la 10e compagnie gardée en réserve par le chef de corps n’y changera rien. Cet élément, dernière réserve du 15-2, engagé dans un dispositif qu’il ne connaît pas, est dès le début sévèrement pris à partie mais réussit néanmoins vers 09h00 à rejoindre un reliquat de la 6e compagnie qui tient toujours sur l’aile gauche du 3e bataillon. Le commandant Mas, commandant le 2e bataillon, est tué en se portant à la rencontre de ce renfort. L’inquiétude du commandement au moment de l’attaque générale concernant le 2e bataillon était donc légitime. Cependant, qui aurait pu imaginer qu’à ce moment-là celui-ci avait déjà complètement disparu, les hommes étant tués ou prisonniers. Les Diables Rouges du 2e bataillon n’ont cependant pas démérité car leurs positions trop étirées n’étaient pas tenables. Pour en donner une idée, les chasseurs du 68e BCA chargés de leur approvisionnement en munitions traverseront leur dispositif sans s’en apercevoir et seront faits prisonniers par l’adversaire !

 

Une heure après le début de l’attaque générale, le sort du régiment est scellé et le lieutenant-colonel Semaire qui se trouve avec son PC sur le sommet n’a pas une idée précise de la situation. Débordé par la cuisse droite où le 1er bataillon a été contourné puis submergé, débordé par la cuisse gauche où le 2e bataillon a été anéanti.

 

Le 3e bataillon au centre est complètement encerclé et attaqué par un bataillon complet face au ravin et harcelé sur ses ailes et son arrière. Il tentera vainement de se dégager, mais confronté à une situation désespérée et malgré une résistance héroïque sur la contre-pente, pris sous le feu croisé des mitrailleuses qui l’encerclent, il succombera vaillamment lui aussi sous le nombre. Peu de survivants seront pris sans blessures par les Allemands qui leur témoigneront, d’ailleurs, beaucoup d’égards.

 

Vers 11h00, alors qu’il était en train de placer sur le terrain les deux compagnies du 23e RI données en renfort par la brigade, le lieutenant-colonel Semaire, voit surgir devant lui les premiers Allemands. Il rameute alors tous les éléments disponibles des services régimentaires pour faire front et fait reprendre les tirs d’arrêt par l’artillerie. L’avance allemande est enfin stoppée. Pendant quelques heures encore, quelques Diables Rouges isolés refusant de déposer les armes continuent de se battre. Le 15-2 victime de son succès de la veille achève de mourir.

 

Sur le JMO du 22 décembre il est inscrit : « officiers tués 11, blessés 14, disparus 23, troupes tués 70, blessés 527, disparus 1353. La perte est cruelle, mais l’honneur est sauf. » Après deux jours de combat, le « Vieil Armand », « mangeur d’hommes » vient de dévorer tout un régiment.

 

Le 5e BCP, qui se trouvait sur le sommet sur l’aile gauche du régiment subit lui aussi de très lourdes pertes, mais réussit à se rétablir aux côtés du reliquat du 15-2 sur la ligne sommitale. Au sud, la 6e brigade tient toujours sur l’Hirzenstein. Celui-ci ne sera repris que début janvier 1916 au prix d’un nouvel effort des Allemands. A compter de mi-février, le début de la bataille de Verdun concentre l’attention des deux adversaires et le HWK devient un secteur « calme » jusqu’à la fin de la guerre.

 

La réactivité du commandement allemand a été couronnée de succès. En concentrant son effort sur le sommet avec des renforts frais promptement acheminés sur place, il a submergé des Diables Rouges usés et en infériorité numérique qui combattirent vaillamment avec l’énergie du désespoir. Tout était perdu sauf l’honneur. Les égards inusités que montrèrent les Allemands aux prisonniers du 15-2 en sont une preuve irréfutable.

 

Après la bataille, début de la reconstruction :

Le 22 décembre, dès 11h30, le lieutenant-colonel Semaire fut nommé chef du secteur du HWK. Après avoir chassé les Allemands des tranchées de première ligne françaises sur le sommet, il organisa sa défense dans l’après-midi face aux premières lignes allemandes fortement tenues. Il avait à sa disposition les deux compagnies du 68e BCP, 2 compagnies du 229e RI, 2 compagnies du 23e RI et quelques éléments récupérés du 15e BCP. Une des deux compagnies du 23e RI fut conservée en réserve de secteur. La nuit du 22 au 23 fut employée à réparer les tranchées et les défenses.

 

Le 23 décembre dans la matinée, les éléments du 23e RI et du 68e BCP furent remplacés par un bataillon du 229e RI et un bataillon du 23e RI.

 

Le 25 décembre au matin, le secteur étant tenu par un bataillon du 23e RI et un du 229e RI, le lieutenant-colonel Semaire, après avoir donné à 11h00 le commandement du secteur au chef de corps du 229, rejoignit avec son adjoint les survivants du 15-2 à Saint-Amarin.

 

Les 26, 27, 28 décembre, le chef de corps travailla à réorganiser le régiment en établissant les demandes de renfort en hommes et en matériels.

 

Le 29 décembre, le régiment fut transporté à Saulxures-sur-Moselotte, le train de combat et le train régimentaire faisant mouvement à pied.

 

Le 30 décembre, les renforts commencèrent à arriver. Il s’agissait des sections constituées provenant de tous les régiments de la VIIe armée qui furent répartis dans les compagnies dont le commandement était assuré par les officiers les plus anciens arrivés avec les renforts.

 

Le 31 décembre, le chef de corps se rendit avec le drapeau à Moosch pour la remise de la croix de commandeur de la Légion d’honneur au général Serret commandant la 66e division qui avait été grièvement blessé à la jambe par un éclat d’obus allemand le 29 décembre alors que la division tentait une dernière fois de conquérir le sommet tant convoité. Il succombera le 6 janvier 1916 après avoir été amputé.

 

Ainsi finit l’année 1915, année terrible pour le régiment qui y gagna sa réputation et son surnom de régiment du diable.

Fin de la deuxième partie du 8e chapitre



06/07/2016
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