14-18Hebdo

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Souvenirs de guerre 1914-1919 (Paul Boucher) - Ch 10-4 – Le départ pour la Somme

Chapitre 10 – Le départ pour la Somme – 4e partie

 

Document transmis par Renaud Seynave, son petit-fils - 22/09/2016

 

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Paul et François Boucher à la cabane forestière du Rudlin en août 14

 

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Journal des marches et opérations du 68e BCA au moment de la prise de Cléry (Archives du ministère de la Guerre)

 

Le lendemain matin, le 8 septembre, je fais mettre une dépêche par ce brave hôte.

« Envoyez colis à Grez-Nazart »

(Note de RS : c’est le fameux code entre Paul Boucher et sa femme afin qu’elle vienne le retrouver.)

 

Et le 9 à 14 heures, ma femme débarque à la gare de Grandvilliers venant de Luchon, munie des meilleurs laissez-passer.

 

Je suis félicité de cet exemple de liaison rapide et le commandant fait porter à ma femme une gerbe de fleurs remplaçant les arrêts des gendarmes du 152e RI.

 

Le bataillon est cité à l’ordre de l’armée Fayolle. Nous recevons les félicitations du général de division.

 

Nous faisons quelques exercices et envoyons des permissionnaires. Puis nous partons brusquement vers l’ouest.

 

Le commandant est en permission, Masson est malade, c’est moi qui emmène un bataillon presque entièrement saoul, ce qui ne me vaut aucun compliment du commandant de la brigade, le colonel Maillard, une vieille bouture.

 

Les dames nous suivent en chemin de fer, mais les cantonnements deviennent détestables. Je renvoie ma femme à Paris le 18 septembre et nous cantonnons à Saumont-la-Poterie en Seine Inférieure (département de la Seine-Maritime) chez la propriétaire d’une poterie, Madame Veuve Lefrançois.

 

Je vais à Paris retrouver ma femme et mes enfants de retour de Luchon. Je rentre à Saumont-la-Poterie le 21 et reçois une vraie permission. J’emmène Georgel, mon ordonnance, au théâtre à Paris. De là je vais à Nancy où je m’arrête 24 heures et à Gérardmer où je me laisse vivre jusqu’au trois octobre.

(Note de Renaud Seynave : Vous pouvez lire l’extrait n° 74 du 5e carnet d’Anna Vautrin, période du 18 au 24 septembre 1916 paru la semaine dernière.)

 

Je rentre le 5 octobre 1916 à Saumont-la-Poterie avec le cafard habituel. Je trouve en arrivant une proposition de Légion d’honneur ramenée à une citation à la division. J’y suis habitué.

(Note de Renaud Seynave :

Texte de la 4e citation de Paul Boucher. Ordre n°461 de la 66e division, le 25 septembre 1916.
Le capitaine Boucher Paul Henry du 68
e bataillon de chasseurs alpins.

« Pendant l’attaque du village fortifié de Cléry sur Somme, a commandé avec calme et sang froid sa Cie de mitrailleuses et a constamment secondé son chef de corps durant le combat ». Signé : Général Lacapelle.)

 

Le bataillon a pour quelques jours la garde du drapeau des chasseurs, c’est l’occasion des petites cérémonies traditionnelles. Les permissionnaires reviennent et on fait ses bagages pour un départ en camion qui nous débarque en pleine zone. On arrive dans la Somme bien abrutis et restons dans un pré humide dit « bois de l’endurance » où nous changeons deux fois de place pour revenir finalement à l’endroit primitif.

 

Nous avons débarqué à la ferme Bonfoy et la marche a été fort pénible pour nos mitrailleurs portant le matériel à dos, les mulets n’étant pas arrivés. Les tentes sont dressées et on couche à même le sol. Quel changement de vie en quelques heures !

 

La circulation et la vie de famille sont changées sans transition en une vie de brute totale.

 

Le 13 octobre, départ à 22 heures vers un des plus indésirables coins que j’ai connu !

 

Mais là encore, ma veine va me sourire. Nous relevons des éléments du 154e RI sur la route un peu au sud du village de Sailly-Saillisel.

 

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Journal des marches et opérations du 68e BCA pour le 15 et 16 octobre 1916 (Archives du ministère de la Guerre)

 

La relève a lieu dans la nuit, nos guides sont perdus. Il n’y a pas de tranchées continues. Le bombardement est violent de part et d’autre, nous arrivons quand même. Mon installation est une sape boche commencée mais inachevée, un simple escalier de dix marches et 80cm de large, l’entrée naturellement fait face aux boches.

 

Je m’y installe avec ma liaison, l’attaque doit avoir lieu le 14 octobre à 20h30 puis elle est remise de 24 heures. Le 152e est sur notre gauche et rien de précis à notre droite. Le bombardement est terrible de part et d’autre, jour et nuit. Par bonheur, nos tranchées sont intactes, c’est le pauvre 152e qui trinque et a plus de 100 hommes hors de combat avant l’attaque. Celle-ci a lieu le 15 octobre à 17h00.

 

Le 152e a fait le gros mouvement, nous n’avons qu’à pivoter au fur et à mesure de son avance mais avons terriblement à encaisser. L’attaque laisse un grand vide entre le 152e et nous. Nous obtenons qu’une Cie du 64 s’y installe dans la nuit du 15 au 16 octobre. Le terrain est très boueux et les jours suivants, le haut commandement flotte.

 

Avance-t-on ou reste-t-on ?

 

Nous encaissons un bombardement formidable et ininterrompu. On sort de temps à  autre le nez. Je fais des signaux à Bassin, lieutenant, coiffé d’un bonnet vert. Le ravitaillement arrive. Je lis mes journaux dans mon escalier mais mes reins sont endoloris. La pluie goutte de marche en marche. La nuit, je vais voir mes différentes sections, je veille à leur ravitaillement. Le bombardement nous effleure et, de temps en temps, nous recevons un coup malheureux qui nous cause des pertes. Les journées du 16 au 22 octobre se passent ainsi interminables et mortellement abrutissantes. Je vais de temps en temps jusqu’au commandement prendre des nouvelles et leur apporter un peu de champagne dont je suis abondamment pourvu par un ravitaillement parfait.

(Note de Renaud Seynave : Je joins aux souvenirs de Paul Boucher la gazette du centenaire du 152e. Le régiment a participé activement à la prise de Cléry).

 

 

 

Editée en septembre 2016 par la cellule communication du 152e RI à Colmar et transmise par le lieutenant-colonel Bodénès de la Direction des Ressources Humaines de l’Armée de Terre.

 

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Septembre 2016

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3 SEPTEMBRE 1916, LA JOURNÉE DES MITRAILLEUSES :

Depuis le 26 août, une semaine déjà, les 2e et 3e bataillons du 15-2 sont en première ligne avec le 1er bataillon en soutien, en butte à une canonnade intense de l'ennemi. Ils ont subi des pertes énormes. Les hommes, englués dans les tranchées par la pluie et par la boue, assommés par les tirs d’artillerie incessants, n'attendent avec impatience qu'une chose : l’ordre de monter à l’assaut ! L’action qui va enfin les délivrer, car dans l’esprit de ce corps d’élite, seul le motivent comme toujours la marche en avant et la conquête du terrain coûte que coûte. La délivrance va enfin arriver le 3 septembre à midi, lors de cette nouvelle et glorieuse journée qui restera célèbre dans la mémoire des Diables Rouges sous le nom de « Journée des mitrailleuses ».

 

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Plan d'attaque du 3 septembre.

 

La veille, le lieutenant-colonel Semaire, chef de corps du 15-2, a été informé du jour et de l’heure de l’attaque. Immédiatement, il se rend en première ligne pour donner ses dernières instructions aux deux chefs de bataillon, les commandants Thiery (2e bat.) et Deleau (3e bat). A son retour, il rejoint le commandant Toussaint qui commande le 1er bataillon placé en réserve à la Carrière avec le PC régimentaire. Il lui donne l’ordre de mettre en position, dans la nuit, en réserve et au plus près des bataillons de tête, deux compagnies et sa compagnie de mitrailleuses. La 1re compagnie du 1er bataillon a déjà remplacé en première ligne la 5e compagnie du 2e bataillon fortement éprouvée par l’artillerie allemande depuis plusieurs jours. Le PC du régiment se déplace pendant la nuit vers les premières lignes et vient s’installer à 2 heures du matin dans la tranchée Hanovre aux côtés des deux bataillons d’assaut pour diriger l’attaque au plus près.

 

L’artillerie pilonne les positions allemandes depuis plusieurs jours en utilisant notamment des obus à gaz. Le 3 septembre, trois heures avant l’attaque, alors que le chef de corps passe dans toutes les tranchées visiter ses hommes dont le moral est excellent d’après le JMO, la préparation d’artillerie s’intensifie sur les tranchées de première ligne ennemies.

 

L’action du 15-2 s’inscrit dans une manœuvre d’ensemble franco-britannique au nord de la Somme qui consiste, après une intense préparation d'artillerie, à attaquer les positions allemandes sur un front de 6 kilomètres, de la région au nord de Maurepas jusqu'à la Somme. La 81e brigade a reçu pour mission de s’emparer du village de Cléry. Le régiment est à l'aile gauche de la brigade, alors que les 64e et 68e bataillons de chasseurs forment l'aile droite qui doit conquérir le village. Sur sa gauche, le 15-2 aura le 363e RI qui appartient à la 41e division.

 

Le 2e bataillon à gauche de l’attaque du régiment et à 1000 m au nord du village, a reçu pour mission, avec les 1re, 6e, 7e compagnies et sa compagnie de mitrailleuses, de conquérir d’abord la route toute proche de Cléry-Maurepas, puis à 800 mètres en face de sa base de départ, l’ensemble des tranchées Terline-Fryat. Sur sa droite le 3e bataillon, constitué des 9e, 10e, 11e compagnies et de sa compagnie de mitrailleuses doit s’emparer dans un premier temps de la tranchée Weser à 300 m, puis de la tranchée Chapus et enfin de la tranchée Hennequin à 500 m. Les deux bataillons doivent être en mesure de poursuivre vers la croupe, cote 109, qui surplombe à 1500 m la tranchée des Berlingots.

 

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La percée du 2e bataillon - Dispositif le 3 septembre 1916 à 13h00.

 

En effet, pendant la progression, le capitaine Jenoudet qui commande la 2e compagnie de mitrailleuses du bataillon, s’est rendu compte que les unités encadrantes (363e RI et 3/15-2) ne suivent pas le rythme. Dans un terrain bouleversé, il regroupe alors ses sections pour flanquer et appuyer la progression du bataillon en neutralisant en particulier les mitrailleuses qui le prennent en enfilade. Les mitrailleurs se mettent en action en plein combat, en suivant l’avancée rapide du bataillon, malgré le poids de leurs engins. Dès que le bataillon s'arrête, ils se placent en face des "nids" ennemis, très bien abrités, alors qu'eux se trouvent à découvert, en rase campagne, et engagent de véritables duels.

 

Pour couvrir la gauche du deuxième bataillon, le chef de corps le renforce la 3e compagnie qui comble l’espace avec le 363e RI qui de son côté atteindra la tranchée Terline dans la soirée et perdra 21 officiers et 615 hommes. A 16h00, le 2e bataillon s’organise sur les positions conquises.

 

Sur la droite du 2e bataillon, le 3e rencontre beaucoup plus de difficulté. Dès son débouché et après quelques centaines de mètres, il est pris sous le feu des mitrailleuses adverses qui n’ont pas été neutralisées et est cloué sur place par les tirs de barrage ennemi. Le chef de bataillon Deleau est blessé. Cependant, la compagnie la plus à gauche réussit à contourner la tranchée Weser et ainsi à flanc-garder le 2e bataillon. Le 3e bataillon est décimé, son mouvement est arrêté. Le sous-lieutenant Morazzani en prend le commandement et rejoint avec le reliquat du bataillon la 6e compagnie du 2e bataillon avec laquelle il continue le mouvement.

 

Alors que le deuxième bataillon conquiert son objectif final, le 1er bataillon, en réserve 500 mètres derrière le 2e bataillon, à l’intersection du boyau des Glands et de la tranchée Weser, n’est plus à ce moment-là composé que de la 2e compagnie et de deux sections de mitrailleuses. Il avait déjà détaché la 1re compagnie au 2e bataillon depuis la veille et renforcé en cours d’action le 2e bataillon avec la 3e compagnie pour le couvrir sur sa gauche et assurer la liaison avec le 363e RI. En fin d’action, il avait à nouveau renforcé le 2e bataillon avec une section de mitrailleuses pour en remplacer une qui avait été détruite par l’artillerie en arrivant sur l’objectif final.

 

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4 septembre 1916, conquête du bois isolé. Replis des allemands

 

Dans ces conditions, l’engagement du bataillon de réserve à la place du 3e bataillon n’est plus possible. Afin d’être renseigné sur le dispositif allemand au sud du 2e bataillon, le lieutenant-colonel Semaire décide vers 15h00 d’envoyer des groupes de nettoyeurs de la 2e compagnie dans la tranchée Weser et sur la route de Cléry. Ils s’y engagent avec courage et mènent un violent combat à la grenade qui leur cause de sérieuses pertes sans pour autant parvenir à débusquer l'ennemi fortement installé.

 

Vers 16h00, un bataillon de zouaves, qui était en réserve de brigade avec un bataillon du 174e RI formant le 2e régiment mixte et que le 15-2 avait demandé en renfort, arrive dans la tranchée de Hanovre. Le chef de corps décide de l’engager immédiatement avec une compagnie et une section de mitrailleuses en direction de la tranchée Weser sur l’axe d’attaque du 3e bataillon et d’envoyer une section vers la droite pour rechercher le contact avec le 64e bataillon de chasseurs vers Cléry. Simultanément, il décide de mettre sous les ordres du commandant du 2e bataillon le reste de la réserve régimentaire et de conserver le reste du bataillon du 2e zouave en réserve régimentaire. C’est ce qui fût réalisé vers 18h00.

 

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Le terrain dans la région de Cléry. (Photo Marius Vasse)

 

La compagnie du bataillon de zouaves avec sa section de mitrailleuses est arrêtée dès son débouché comme le 3e bataillon et ne réussit pas à progresser vers la tranchée de la Weser. La division donne alors l’ordre au 15-2 de conquérir le bois isolé qui se trouve sur la droite du 2e bataillon et en arrière de la tranchée de la Weser. Après reconnaissance du chef de corps, celui-ci décide de conquérir le bois en progressant à la grenade par la tranchée Fruyat. C’est ce que réalise le 2e bataillon durant la nuit.

 

4 SEPTEMBRE 1916, POURSUITE DES COMBATS ET RELÈVE :

Toute la nuit, les positions du 15-2 sont bombardées. Le 4 septembre à 5h00 du matin, le bataillon de zouaves est rendu à son régiment mixte qui doit attaquer le matin et conquérir les tranchées Chaput et Hennequin sur la droite du bois isolé et poursuivre en direction de l’Est.

 

A 5h45, le régiment reçoit pour mission de tenir ses positions et d’appuyer l’attaque du régiment mixte. Vers 7h30, une compagnie du 174e RI tente une reconnaissance dans la tranchée de la Weser et fait face à 150 Allemands qui se rendent. Elle occupe immédiatement la tranchée comme celle de la route Cléry-Maurepas qu’elle trouve inoccupée. La manœuvre en pointe du 2e bataillon et la conquête du bois isolé pendant la nuit, a pris les Allemands à revers et les a contraints à abandonner le dispositif défensif de la tranchée de la Weser et de la route Cléry-Maurepas. A 8h00, les chasseurs des 64e et 68e bataillons ont libéré Cléry qui n’est plus qu’un village en ruine. Le dispositif du régiment est linéaire et propice à une attaque.

 

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Infiltration du bataillon du 174ème RI le 04 septembre à 19h00.

 

Le bataillon du 174e RI du régiment mixte reçoit l’ordre de déborder par le nord le mouvement de terrain qui fait face au 15-2 en direction du bois Madame à partir des positions du 2e bataillon.

 

Ce mouvement débute à 19h00. Appuyé par les sections de mitrailleuses du 15-2, le bataillon du 174e RI progresse jusqu’au fond du ravin et atteint la route de Cléry vers 21h00. Au même moment, le chef de corps reçoit l’ordre de relève par un autre bataillon du 174e RI. Celle-ci s’exécute sans incident dans la nuit du 4 au 5 et le 15-2 rejoint Laneuville-les-Bray sur la Somme à 5 km à l'ouest de Cléry dans la journée du 5 septembre.

 

L'affaire a été rude ; les pertes ont été sévères. Ainsi, dans le JMO du 15-2, il est noté : « En résumé, malgré les difficultés considérables et au prix de pertes très lourdes, le 152e, grâce à l’énergie, à l’entrain et à l’endurance de ses cadres et de ses hommes, a accompli la mission que lui avait assignée le commandement. » Le coût est en effet très élevé : 6 officiers tués et 9 blessés, 211 hommes tués et 350 blessés.

 

L’action du 2e bataillon appuyé par ses mitrailleuses, et la réactivité du chef de corps qui n’a eu de cesse de contrôler la situation, en recherchant le renseignement et en réorganisant, en conduite, l’action des unités qu’il avait sous ses ordres, ont été décisives pour la prise de Cléry.

 

5 SEPTEMBRE 1916, LE REPOS :

Après avoir rejoint La Neuville-les-Bray, le régiment est transporté le lendemain par camions dans les cantonnements de Beaudéduit (1re et 3e Cies, 3e bat, EMR et CHR), de Laverrière (2e et 1re Cies de mitrailleuses) et d’Offroy (2e Bat). Il s’y réorganise et se remet en condition. Entre le 11 et le 12 septembre il reçoit 770 hommes en renfort.

 

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Le village de Cléry après les combats du 3 septembre 1916.

 

Il s’entraîne sur place jusqu’au 17 et reçoit alors l’ordre de rejoindre les cantonnements d’Ernemont-Boutavant, Épeaux, Colagnie. Il y arrive vers 23 heures et reçoit dès le lendemain une visite du général commandant la division qui prescrit un nouveau changement de cantonnement. Les bataillons se mettent en route vers Feuquières et Saint-Arnoult qu’ils rejoignent vers 16h00 au moment où l’ordre de ne pas s’installer arrive. A 18h00, la division décide que le régiment peut rester sur place, mais à minuit, un nouvel ordre de la division prescrit que le 15-2 gagnera les cantonnements suivants : Haussez (EMR, CHR, 2e Cie), Grumesnil (3e Cie et EM 1er bat), Saint-Michel d’Halescourt (1re Cie de mit), Fricourt (2e Cie de mit), Le bout du Bosc et Neuvillette (1re Cie), Doudeauville (3e bat) et Courcelles (TC et TR). Il se déplace dans la journée du 19 septembre de 6h30 à 11h00.

 

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DEPLACEMENT DU 5 AU 19 SEPTEMBRE 1916.

 

Le 20 septembre, un nouveau renfort arrive comprenant 1 officier, 6 sergents, 12 caporaux et 80 hommes. Le 25 c’est un renfort de 9 officiers qui rejoint les Diables Rouges et 7 sous-officiers sont promus sous-lieutenants. Le chef de corps est envoyé en permission le 22 et laisse le commandement du régiment au commandant Thiery. Jusqu’à la fin du mois le régiment enchaîne repos et exercices d’entrainement. Cette détente méritée est nécessaire pour recevoir et amalgamer les renforts et donner par quelques exercices et quelques manœuvres un peu de cohésion au régiment, bien que pendant ce temps de repos tous les rescapés de Cléry furent autorisés à partir en permission pour une semaine.

 

C’est en s’appuyant sur ses traditions vivaces et malgré les pertes, malgré le temps, malgré le renouvellement perpétuel des cadres et des troupes, que se perpétue l’âme et l’esprit du régiment du Diable. Aujourd’hui, dans la mairie de Cléry, on trouve une plaque commémorative où il est inscrit : « Souvenir et honneur aux braves du 152e régiment d'infanterie qui reprirent Cléry le 3 septembre 1916 et furent cités à l'ordre de l'armée pour ce fait d'armes ».

 



23/09/2016
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