14-18Hebdo

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Journal de la Grande Guerre de quelques ancêtres des familles Farret, Cambon et Broquisse - 23 - Juin 1916

Olivier Farret – 29-05-2017

Dans une déclaration gouvernementale commune, les Français et les Britanniques renforcent le blocus des Puissances centrales. À Washington, le Congrès adopte le National Defense Act qui prévoit l’accroissement sur cinq ans des dépenses militaires. Le gouvernement français décide la mise en application de la loi Honorat qui avance l’heure légale d’une heure. C’est la première application de l’heure d’été, afin de réduire l’éclairage public et d’économiser quelques tonnes de charbon.

 

À Paris, l’Académie de médecine est saisie par le gouvernement d’une question juridique et morale particulière : quels sont les droits d’un soldat blessé par rapport au médecin ? Un blessé peut-il refuser un traitement au risque d’être réformé alors que la France manque cruellement d’hommes ? (Rémy Porte)

 

Le 1er juin, des funérailles nationales sont célébrées en l’honneur du général Gallieni (1849 - 1916), décédé le 27 mai. Ce chef militaire de talent, considéré comme l’un des fondateurs de l’Empire colonial français, a joué en tant que gouverneur militaire du camp retranché de Paris, un rôle éminent dans la victoire de la Marne. Ministre de la guerre à la fin 1915, il démissionne le 16 mars 1916, miné par un mal incurable. Georges Clemenceau écrit : « Le général Gallieni est l’homme dont la prompte décision nous a donné la bataille de la Marne. Il est le véritable sauveur de Paris. Les funérailles nationales ne sont qu’un commencement de justice. Avec ses conséquences, le reste suivra. L’heure viendra des jugements et la mémoire de Gallieni peut attendre avec tranquillité l’avenir ».

 

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Joseph Gallieni, wikipedia.org

 

Joseph Gallieni est élevé à la dignité de maréchal de France à titre posthume par décret du 21 avril 1921. La promotion de l’École militaire de Saint-Cyr de 1927 portera son nom ainsi que l’avenue traversant l’esplanade des Invalides et la station de métro à Bagnolet aux portes de Paris.

 

La guerre est partout, l’offensive austro-hongroise dans le Trentin se heurte à la résistance italienne ; le 4 juin, sur le front de l’Est, le général russe Broussilov lance une offensive de grande envergure contre les Autrichiens. En Afrique, face aux Alliés, les Allemands, isolés, reculent dans la plupart de leurs colonies. Au Hedjaz, c’est le début de la révolte arabe de l’émir Hussein de la Mecque contre la domination turque, financée par les Britanniques pour ouvrir un nouveau front au sud de l’Empire ottoman. C’est la grande épopée de Thomas Edward Lawrence, dit Lawrence d’Arabie.

 

Verdun reste le sujet principal de toutes les conversations et des journaux et la grande préoccupation des États-majors. Chez les Allemands, on s’interroge : après trois mois de bataille, Verdun n’est pas pris et les Français ne sont pas enfoncés. Impressionné par les pertes de son armée face aux résultats obtenus, le Kronprinz veut arrêter les combats. Le général Von Falkenhayn réplique : « il faut en finir avec Verdun ! »

 

Le 1er juin, les Allemands attaquent sur la rive droite de Froideterre à Souville et Vaux. Ouvrage majeur de la défense française, le fort de Vaux est encerclé. La garnison (300 hommes) aux ordres du commandant Raynal, est résolue à tenir jusqu’au bout et va livrer de furieux combats dans les galeries souterraines de l’ouvrage. Les fantassins prussiens s’infiltrent dans les fossés du fort et un obus fissure les citernes en béton, privant les soldats d’eau potable. Isolés, assoiffés (les combattants boivent l’eau qui ruisselle des parois du fort), ne pouvant évacuer leurs blessés, les Français, à demi asphyxiés par les gaz, résistent pendant six jours aux gaz, aux grenades et aux lance-flammes.

 

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Le maréchal des logis Jean Klein, 84e RAL (artillerie lourde) secteur de Vaux, témoigne :

« Jamais depuis le commencement de la campagne, je n’avais vu un tel déluge d’obus. On a essayé de réparer le boyau pendant la nuit, peine perdue, il est déjà éboulé. À demi cachés sous la terre, des fantassins sont demeurés là dans l’attitude où la mort les a surpris. Ils serrent dans leurs mains de cire, marbrées de taches de sang, leur pelle ou leur pioche. Ils vous regardent avec des yeux démesurément ouverts. […] »

 

Johannes Haas, jeune fantassin allemand, étudiant en théologie, écrit sa dernière lettre :

« Chers parents, je gis sur le champ de bataille avec une balle dans le ventre.

Je suis heureux d’avoir un peu de temps pour me préparer au retour au pays des Cieux.

Merci à vous, mes chers parents ! Que Dieu soit avec vous. »

 

Le 4 juin, le commandant Raynal envoie un pigeon porteur du message suivant : « Nous tenons toujours mais nous subissons une attaque par les gaz et les fumées très dangereuse. Il y a urgence à nous dégager. Faites nous donner de suite communication optique par Souville qui ne répond pas à nos appels. C’est mon dernier pigeon. »

 

Le 5 juin, les Allemands installent un fourneau de mine pour faire sauter la voute du fort. Raynal envoie des messages désespérés : « N’entendons pas votre artillerie. Sommes à toute extrémité. Attaque immédiate ou nous sommes perdus. » « Attaque par gaz et liquide enflammés » « 53 blessés, vous interviendrez avant complet épuisement - Vive la France. »

 

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Fort de Vaux. Brancardier et blessés.

thetunnel.free.fr

 

Le 6 juin, le général Joffre transmet ses félicitations aux défenseurs du fort :

« Le général commandant en chef adresse au commandant de la garnison du fort de Vaux ainsi qu’à leurs troupes l’expression de sa satisfaction pour leur magnifique défense contre les assauts de l’ennemi. » Un second message, intercepté par les Allemands annonce au commandant Raynal sa promotion au grade de commandeur dans l’ordre de la Légion d’honneur. Il ne parvient pas à son destinataire. Le fort de Vaux ne répond plus.

 

« Dans cette journée du 6, écrira Raynal, les souffrances de mes hommes, surtout des blessés augmentent terriblement. La soif, l’horrible soif sévit. Je suis dans mon poste avec le sous-lieutenant Roy. Des bruits de gémissements nous parviennent. […] Tout à coup, la porte s’ouvre. Oh ! l’effrayante apparition ! Un blessé est là, son torse nu bandé de linges sanglants. Il s’appuie d’une main au chambranle de la porte. Il avance une jambe et met un genou à terre. Il tend vers moi son autre main dans un geste suppliant et, d’une voix éteinte : « Mon commandant ! A boire ! » Je vais à lui, je le relève « Je n’ai plus d’eau, mon brave. Fais comme moi, espère ! On va venir à notre secours ! » Tout gémissant, mon blessé regagne l’infirmerie. Je regarde Roy : il a comme moi les yeux brouillés. C’est la fin… » (Malcom Brown, 2003)

 

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Fort de Vaux. wikipedia.org

 

Le 7 juin, le commandant Raynal capitule. Le Kronprinz fait rendre les honneurs au commandant Raynal et aux héroïques survivants. La prise du fort de Vaux est douloureusement vécue par la France en guerre et sera exploitée largement par la propagande allemande et autrichienne. Le prochain objectif des Allemands est le fort de Souville, l’un des derniers verrous avant la ville de Verdun.

 

Épouvanté par la prise du fort de Vaux, Nivelle adresse un ordre aux chefs d’unités de la IIe Armée : « Ne pas se rendre, ne pas reculer d’un pouce, se faire tuer sur place. »

 

 

Le général Debey, commandant la 25e DI rend compte :

« J’ai donné la consigne que nul ne devait reculer. Elle a été fidèlement respectée : un commandant de brigade et deux commandants de régiment, tous colonels, sont tombés en donnant l’exemple. Aucun homme n’a été vu se reportant à l’arrière. »

 

 

Devant Fleury, alors que le 347e RI est réduit à 350 combattants sur 3 000, deux sous-lieutenants Henri Herduin, 35 ans, et Pierre Millant, 29 ans, résistent pendant 48 heures avec leur compagnie. Se retrouvant à la tête de 35 hommes sur 200, privés de munitions et sur le point d’être encerclés, les deux lieutenants ordonnent le repli, au lieu d’être faits prisonniers. Condamnés à mort sans jugement pour abandon de poste par le colonel, commandant le régiment, les deux lieutenants seront fusillés le 11 juin par leurs propres soldats désemparés, accablés, au bord de la révolte. Le capitaine implore Herduin de s’adresser à ses hommes. Herduin qui a refusé d’avoir les yeux bandés, accepte et veut commander le feu. Il se tourne vers les soldats qui vont le fusiller :

 

« Mes enfants, Nous ne sommes pas des lâches. Il paraît que nous n’avons pas assez tenu. Il faut tenir jusqu’au bout pour la France. Je meurs en brave et en Français. Et maintenant, Visez bien ! En joue ! Feu ! » (JMO du 347e RI).

 

Les deux officiers et une cinquantaine d’autres fusillés seront réhabilités à titre posthume après la guerre, innocents des faits reprochés.

 

 

Dans le secteur du Mort-Homme, le 161e de Paul Farret et le 150e enlèvent une solide organisation ennemie et font près de 200 prisonniers. Les combats continuent à la grenade et les deux régiments progressent sensiblement.

 

Les 5 et 6 juin, les deux régiments sont relevés et quittent définitivement la région de Verdun. Afin de reconstituer ses bataillons et de combler les vides causés dans ses rangs à Verdun, le 161e et le 150e sont envoyés successivement dans les secteurs calmes du Bois d’Ailly devant Saint-Mihiel et du « Rendez-vous des chasseurs » près de Badonviller. Les deux régiments cantonneront ensuite au camp de Saffrais pour une période d’instruction.

 

 

Le régiment d’André Farret est au repos dans la région de Revigny-sur-Ornain, ville natale d’André Maginot. Le 173e RI est cité à l’Ordre de l’Armée pour sa résistance acharnée face aux assauts ennemis.

 

Le 25 juin, le 173e remonte en ligne pour occuper la cote 304 où il va de nouveau subir les mêmes bombardements violents.

 

Le 29 juin, l’ennemi déclenche deux attaques particulièrement sévères. Malgré les tirs des canons lourds (210) français, les vagues d’assaut allemandes sont reparties en avant à la grenade et au lance-flammes. Cette action est finalement jugulée dans la soirée par l’emploi de mitrailleuses françaises en base de feu [grêle de balles en continu sur les assaillants], de tirs de barrage judicieusement appliqués et de luttes au corps à corps. Deux compagnies du 173e RI, vers 4h du matin, récupèrent le terrain cédé la veille, et à l’aube, arrêtent une nouvelle contre-attaque ennemie. La 126e DI dont fait partie le 173e a perdu 2 939 hommes (sur un effectif de 12 000 h. environ). (Historique du 173e RI ; Alain Bernède, 2002)

 

 

Sur la rive droite de la Meuse, les Allemands tentent d’enfoncer le front par des attaques inouïes. Ils s’emparent de l’ouvrage de Thiaumont et pénètrent dans le village de Fleury. La dernière semaine, malgré les contre-attaques françaises, les Allemands continuent de progresser. Le 27 juin est une journée dantesque parmi d’autres. Les Allemands attaquent le fort de Souville, à moins de 5 km de la ville. Verdun peut tomber dans les prochains jours.

 

 

Le 30 juin, le général Nivelle lance un appel aux armées de Verdun :

« La volonté de tous doit être de se cramponner à tout prix aux positions tenues actuellement et les rendre inviolables. Ce n’est pas après quatre mois d’une résistance victorieuse qu’on peut songer à renoncer à des résultats chèrement acquis. Toute retraite serait coupable et l’honneur des chefs comme des soldats est engagé à la continuation des efforts les plus opiniâtres et au maintien le plus absolu de la volonté de tenir, sans aucune arrière-pensée de recul, sans abandonner un pouce de terrain.

Pour atteindre ce résultat, aucun sacrifice ne sera trop lourd. »

 

 

Le 419e RI de Jean Broquisse est toujours dans l’Oise, avec une intense activité pour renforcer les lignes de défense. Il est bien sûr au courant de la grande bataille qui se livre dans la Meuse. Sa mère reçoit une lettre « Je souhaite pour vous que Jean ne connaisse pas les horreurs de Verdun ! ». Le 11 juin, il lui écrit un petit mot : « Demain, nous prenons le sac et en route. Pas pour un lieu dangereux. Rassure-toi. »

 

Le régiment est envoyé dans le secteur de Villers-Cotterêts :

« C’est toujours de mes cavernes que je t’écris. Bien qu’assez loin des lignes, on assiste à certains spectacles assez intéressants. Éclatements d’obus et surtout luttes d’avions. Hier, par exemple, nous avons très distinctement aperçu dans un champ de blé un oiseau boche essayer de franchir notre front. Immédiatement, il s’est trouvé canardé de tous les côtés. […] Partout des saucisses et des aéros ; une saucisse boche a été descendue par un de nos avions. Notre appareil est venu se poser, criblé de balles, à nos pieds. […] Rien d’Élie, je voudrais bien savoir si c’est lui dans un des ballons attachés devant nous ».

 

À plusieurs reprises, Jean Broquisse évoquera ses bivouacs dans des cavernes.

 

 

Dans la région de l’Oise et de l’Aisne, l’exploitation du banc calcaire, de 20 à 40 m d’épaisseur, depuis l’époque gallo-romaine, intensifiée à partir de l’époque médiévale, a créé un vaste réseau de carrières souterraines, appelées localement « creutes » qui se sont prêtées à des usages multiples (activités agricoles, habitat troglodyte, refuges).

 

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Carrière de Confrécourt. Plan dressé par le génie à l’usage du 1er Zouaves lors de son passage à Confrécourt.

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Carrière de Confrécourt à l’ouest de Soissons - Entrée de la fosse aux ours

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Ces carrières-refuges permettant de protéger hommes et matériel sont utilisés au mieux par les armées durant la guerre. Souvent de grandes dimensions, elles peuvent contenir jusqu’à un bataillon (1 000 hommes). Les hommes y ont souvent laissé des témoignages de leurs séjours successifs dans ces lieux (caricatures, blasons régimentaires, sculptures…). 360 sites ont été recensés dans le département de l’Aisne.

 

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Entrée d’une carrière aménagée par les Allemands vers 1915 – 1916

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Profil de soldat allemand

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Marianne

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Blason de Metz et de la ville hanséatique de Brême

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Carrière de Confrécourt, autel commun des 298e et 35e RI - « Dieu protège la France »

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La Caverne du Dragon au Chemin des Dames est une des plus célèbres ; nous aurons l’occasion de l’évoquer. La solidité des lieux étant éprouvée, le Service de santé a pu y installer des postes chirurgicaux avancés. Cependant la sécurité des creutes est toute relative en raison des éboulements lors des bombardements, du gazage de la position à partir des cheminées d’aération, qui peuvent aussi servir à des jets de grenades à l’intérieur de la caverne. (Note de l’auteur)

 

 

Le 29 juin, Jean Broquisse écrit : « Rien de bien neuf ici. On entend une canonnade plus forte depuis quelques jours. C’est le front anglais qui se réveille. Mais cela ne m’empêche pas de dormir »

 

En effet, Jean Broquisse entend la préparation de l’artillerie franco-anglaise avec plus de 3 000 canons qui déversent un déluge de feu sur une ligne de front nord-sud de 45 km à cheval sur la Somme. C’est l’offensive programmée pour tenter la rupture des lignes fortifiées allemandes entre Albert, Bapaume et Péronne et soulager Verdun. 1,6 millions d’obus sont tirés en une semaine en vue de la grande bataille qui débutera le 1er juillet.

 

 

Les escadrilles de torpilleurs de Bizerte et d’Alger assistés de bâtiments italiens sillonnent le bassin occidental de la Méditerranée pour tenter de détruire les 25 sous-marins allemands en particulier l’U 35 de Von Arnauld de la Perrière. Nous avons déjà évoqué ce marin intrépide. Ainsi Pierre Farret, à bord du torpilleur 330, connaît une intense activité maritime. Des barrages de chalutiers et l’utilisation de la radiogoniométrie (détection de la direction d’arrivée d’une onde électromagnétique) seront une aide à la poursuite du U-boot.

 

L’U-35, très aguerri, va surtout combattre en surface : il coulera plusieurs vapeurs au canon, des voiliers avec des bombes et n’utilisera que trois torpilles pendant sa campagne.

 

Le 18 juin, il coule le cargo Olga ; le 20, le vapeur Mansourah riposte à l’attaque du U-35 ; le 23, il torpille le cargo Hérault en route de Cette (Sète) à Oran ; le 25 les paquebots Alsace et Ville de Madrid. Ce dernier tire 25 coups de canon avant de lasser le sous-marin qui abandonne devant une telle détermination. Le combat aura duré deux heures. Il termine son tableau de chasse en coulant au canon le cargo Fournel en route de Saint-Louis du Rhône vers Alger. Le navire était armé d’un canon de 47 mm et avait la TSF. En un mois, l’U-35 aura coulé plus de quarante bateaux, pour la plupart des petits navires marchands. Sa base avancée est le port de Cattaro, en Adriatique, alors sous domination austro-hongroise. (Marc Saibène)

 

Une fois rétablis, les soldats serbes commencent à rejoindre Corfou où leur armée est en voie de reconstitution. Déjà 136 000 hommes sont partis vers Salonique pour rejoindre les troupes alliées engagées en Macédoine. Parmi les transporteurs de troupes, citons le Gallia, paquebot transatlantique de 15 000 tonnes réquisitionné ; il aura une fin tragique en octobre 1916. En Grèce, la ville de Salonique est déclarée en état de siège par les Alliés. L’armée navale française modernisée y joue un rôle décisif, avec sept nouveaux cuirassés dreadnoughts. Les 300 000 soldats de l’Armée d’Orient cantonnés dans le camp retranché accueillent les régiments serbes.

 

Un historien britannique écrira : « L’armée serbe était vouée à une mort certaine par la famine, les maladies ou sa capture. Son sauvetage puis sa résurrection couronnée par sa reprise du combat constituent l’un des plus remarquables succès de la puissance navale pendant la Grande Guerre. » [Jean-Yves Nerzic, 2016].

 

Un an plus tard, l’officier de liaison Strauss auprès de l’armée serbe confirmera le sentiment d’un fort rapprochement entre les poilus d’Orient avec leurs homologues serbes : « Parfaitement accueillis en France et à Bizerte, lors de leurs séjours de convalescence qu’ils y ont faits, les soldats serbes ont pour la France un sentiment marqué de reconnaissance. »

 

Pierre Farret apprend sa mutation sur le cuirassé La Provence basé à Toulon, à partir du 1er juillet 1916.

 

 

Juin s’achève dans l’incertitude quant au sort des armes. À Verdun Falkenhayn n’arrive pas à enfoncer les défenses françaises. En raison du succès de l’offensive russe, et de la menace qui pèse sur la Somme, il commence à diminuer les effectifs allemands devant Verdun.

 

Sur les 95 divisions de l’armée française, 66 sont déjà passées à Verdun.

 

Sources

Malcom Brown, Verdun 1916, Perrin, 2003

Allain Bernède, Verdun 1916, Éditions Cénomane, 2002

Jean-Yves Nerzic, La Grande Guerre en Méditerranée, 2016

Hervé Vastel et Michel Boittiaux, Le Graffiti des tranchées, Soissonnais 14-18, 2008



09/06/2017
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