14-18Hebdo

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JMO Edouard Favre - Mars-Août 1916 (Verdun)

A la déclaration de guerre, Edouard Favre a 37 ans. Il est officier d’active, capitaine d’artillerie. Le 6 août 1914 il part de Grenoble pour les Vosges et l’Alsace. Il commande la 3ème batterie du 1er groupe du 2e régiment d’artillerie de campagne. Il est veuf, sa femme, Marie Aussedat, est morte en 1912, âgée de 33 ans. Il a 5 enfants, dont l’aîné a 11 ans

 

Il est le rédacteur de ce « Journal des Marches » de sa batterie (2e RAC/1er Groupe/3e Batterie).

1er mars 16

Débarquement à Tronville à minuit.

Cantonnement à Nançois.

3-4 mars 16

Lignières.

5-9 mars 16

Longchamps.

9 mars 16

Départ de Longchamps à 14h. Arrivée à Landrecourt à 21h.

10 mars 16

Landrecourt. Départ le 11 à 2 heures.

11 mars 16

La colonne s’arrête au Tillat (route de Verdun à Ein) à 4h1/2 et y reste jusqu’à 16 heures. Reconnaissance du commandant de groupe et des capitaines. Relève à 16h30 d’une batterie du 27ème située à 350m. N.O. du fort de Tavannes. L’échelon s’installe à Belrupt.

11-30 mars 16

La batterie tire en avant du front Vaux-Damloup. Marmitage intense. Aucune communication téléphonique ne peut tenir. Les six derniers jours le lieutenant Dupin chargé du commandement de la tourelle, de l’ouvrage de La Laufée réussit à conserver une communication téléphonique et règle quelques tirs.

 

Sont tués pendant cette période : Vésin Jean Maître Pointeur, et Ravel (27 mars).

Blessés : maréchaux des logis Dumas, Plazi, Rosset, Morand, Espérandieu, 15 mars, ce dernier atteint par un obus toxique à la jambe doit être amputé dès le lendemain.

Rosset et Morand restent au repos à l’échelon.

Brigadier Cuynat, brigadier de tir (29 mars), Fouquart, Bouchet, Astier-Perret canonnier conducteur (13 mars), Vésin François canonnier conducteur (17), Trazit canonnier conducteur (20 mars) Rostand Joseph (27 mars).

La batterie a en outre six canons et deux caissons touchés.

30 mars 16

La batterie très éprouvée par ces 3 semaines de lutte nuit et jour : tirs, creusement d’abris, ravitaillements en munitions, installations de lignes téléphoniques, etc., est ramenée sur une position moins repérée dans le bois l’Hôpital à 1000m. N.O. de Moulainville.

31 mars au 28 mai 16

Son champ de tir s’étend de Vaux à Ablaincourt. Bon observatoire à la batterie du Mardi Gras et lignes téléphoniques qui peuvent tenir. Bons abris.

Elle tire, avec les autres batteries du groupe, une moyenne de 600 obus par jour par rafales très courtes. La majeure partie des tirs se fait la nuit.

Le capitaine organise un tour de service par section, grâce à cela la fatigue diminue. Quelques renforts viennent combler les vides.

 

L’artillerie ennemie ne tarde pas à repérer la nouvelle position et la canonne avec du canon de 15 et de 13, coupant les arbres (dont un qui servait d’observatoire et de liaison optique avec Mardi Gras).

 

Le 19 avril l’annonce d’une relève est bien accueillie mais le contrordre arrive peu avant l’exécution.

 

Pendant cette période du 31 mars au 28 mai la batterie perd :

- Tués : Ponchaud canonnier conducteur le 10 avril, Ruffin G. canonnier servant (13 avril), Archiprêtre canonnier conducteur blessé mortellement le 7 mai.

- Blessés : Servants : Viguet, Pascarel, 4 avril, Poncet Philibert, 5 avril, canonniers conducteurs Lantelme Léon, Baja Léon, Coquard Pierre, le 10 avril, Gilles le 13 avril, brigadier Guglielminotti 21, Maniglier 1er mai.

  

La batterie a perdu en outre par maladie ou accident Béroud Rémy, Beaudgrasset, Michelier, Brig. Rimet, Michoux Gaston, MdL Rosset, canonnier servant Cœur.

28 mai 1916

Une section a été relevée le 27 au soir. L’autre section est relevée le 28. La batterie quitte Belrupt vers 21 heures.

29 mai 1916

Et arrivé le 29 à 1h à Senoncourt.

30 mai 1916

6h, départ de Senoncourt. Arrivée à 13 heures à Erize-St-Dizier.

31 mai 1916

Repos.

1er au 26 juin 16

Repos. Reprise des permissions 10% interrompues depuis le 26 février.

 

Evacués :

Pinson le 1er juin

Lantelme : 19 juin

MdL Pra : 26 juin

Tué accidentellement : Rendu (22 juin) écrasé par un camion en partant en permission.

27 juin 16

Cantonnement à Monthairon. Arrêt des permissions.

28 juin 16

Reconnaissance des officiers. Repos

29 juin 16

Repos. Les pointeurs, téléphonistes, agents de liaison partent pour la relève. La batterie donne ses canons et caissons à la 6e batterie du 1er Rt qui doit laisser les siens sur la position.

30 juin 16

Relève à 21 heures. La batterie occupe une position au S.O. de Bonzée au bord d’un ruisseau. L’un de ses canons est isolé à 400m. de la batterie dans une position de batterie abandonnée.

 

Cette position, très près des lignes, permet de tirer dans une zone où aucune batterie ne peut tirer à cause de la distance. Elle n’est pas repérée par l’ennemi, c’est son unique protection. Ses abris sont à peine à l’épreuve des éclats, et il est difficile d’en construire à proximité des pièces.

1er-7 juillet 16

Tirs sur plusieurs batteries. Tir à démolir.

 

Permissions 5% reprennent le 5 juillet.

 

Le 7 au soir la 1ère section est relevée par la 1ère section de la 1ère du 11e et va avec le sous-lieutenant Challamel occuper une position plus rapprochée du groupe.

8 juillet 16

Tir à démolir sur une pièce allemande.

 

Relève de la batterie à 21 heures.

 

La nouvelle position dont les coordonnées sur le plan directeur sont 55,400 41,100 est dans l’angle N.E. de la tranchée de Calonne et de la route de Mesnil.

 

Sa zone d’action s’étend de Fresnes à Saulx et légèrement au-delà. Elle se trouve si loin des lignes qu’elle fait déjà son barrage à 5 000m.

 

Quelques tirs de représailles sur Fresnes-Saulx, des exercices de tirs de barrage.

 

Le Lieutenant Dupin quitte la batterie pour l’E.M. du régiment, il est remplacé par le sous-lieutenant Hinterlang.

 

8 août 16

23h. La batterie se rassemble à Sommedieue et cantonne à proximité des échelons.

9 août 16

Cantonnement à Sommedieue.

21h. Départ et marche de nuit pour Haudainville.

10 août 16

La batterie bivouaque à l’Est d’Haudainville.

Les échelons s’y installent. Quelques jours plus tard ils se déplacent et vont bivouaquer à 3km au S. d’Haudainville dans des bois.

11 août 16

Reconnaissance des officiers, relève des téléphonistes, agents de liaison et détachés.

11-30 août 16

La position de batterie est à 300m Ouest de Bellevue, à 100m au sud de la route nationale. Défilement suffisant pour n’être pas vu des Drachen. La position est bien connue des Boches et copieusement marmitée. Les abris dont quelques sapes sont étroits mais solides, des simulacres de casemates n’offrant aucune protection pendant le tir. En avant 100m vers le nord un poste de guetteur aux fusées. Au S. au fond du ravin le poste de secours, les cuisines.

 

La batterie tire sur les tranchées allemandes de la Haie Renard, du Triangle, de Retegnebois. Tirs de barrage, tirs contre fils de fer, tirs de harcèlement, pilonnage tous sur les mêmes tranchées et immédiatement en arrière.

 

Un emplacement d’observatoire à la batterie Est de Souville, aucune liaison. Réglages par ballon et avion.

 

La batterie prépare deux attaques sur les tranchées allemandes au N. de Souville. Ces attaques ne réussissent que partiellement.

 

Pertes pendant cette période :

Ollier tué à batterie Est de Souville le 16,

Brunel blessé à la position de batterie le 17,

Sous-lieutenant Hinterlang tué le 22 août en première ligne à Retegnebois,

Le canonnier Rubat qui l’accompagnait disparu à la même date (d’après des renseignements qui n’ont pu être contrôlés, il a été tué)

Domenget brigadier chef de pièce tué, Moyon Maître pointeur tué, Gauthier servant blessé, tous trois le 29 août en continuant à servir la 4e pièce malgré un violent tir réglé sur la batterie.

M.d.L. Vianney blessé en 1ère ligne (Retegnebois) le 26 août.

En outre ont été évacués pendant cette période : Bochet, Fournier, Mermond, Ponterie, Thanoin, Paquien, Berthier.

30 août 16

Relève.



25/03/2016
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