14-18Hebdo

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Henry Novel – Lettres à ses parents (1914-1918) – 9- Novembre 1917

 

Henry Novel, 17 ans en 1914, est mobilisé en 1916 à Chambéry puis rejoint le front en 1917. Futur étudiant en médecine il est affecté à des services d’ambulance. Il correspond régulièrement avec ses parents qui habitent Grenoble où son père exerce la profession d’avoué.

Document transmis par Michel Novel, son fils - 19/10/2015

 

Ce 17 (17/11/1917 ?)

Mes chers Parents,

 

Nous partons demain reprendre position un peu à droite de là où nous étions. Nous devons passer quinze jours de 2e ligne et autant de 1re de sorte que nous reviendrons au repos vers Noël ! On va s'en donner à cœur joie de patauger dans la boue, heureusement que, comme dit la chanson, c'est pour la France !!...

 

Je suis allé hier à ma 1ère ambulance qui a flambé en grande partie, le tas de décombres est assez curieux à voir.

 

Vous avez dû recevoir le caoutchouc que j'ai envoyé. J'espère qu'il est arrivé en bon état mais j'ai bien peur d'avoir à regretter son absence sous peu, enfin je verrai à ce moment-là.

 

Que deviens Georges ?

 

Je vous embrasse tous bien affectueusement.

 

(20/11/17???) Je suppose que cette lettre fait suite à la précédente

Mes chers Parents,

 

Rien de neuf à part la pluie et la boue, si toutefois la boue a quelque chose d'inédit. Je regrette d'avoir expédié mon caoutchouc car il me rendrait bien service en ce moment, enfin tant pis. Je vous demanderai seulement de m'expédier vers le 10 du mois prochain le manteau que j'ai laissé à la maison car ma capote est dans un état déplorable et je n'aurai rien de propre à me mettre sur le dos en revenant au repos.

 

Je vous embrasse tous bien affectueusement.

 

Ce 24 novembre 1917 (tampon de la poste pour le mois et l'année)

Mes chers Parents,

 

Nous quittons après-demain notre petit coin pour aller relever en 1ère ligne. Je vais regretter ce que je laisse car, quoiqu’en réserve, je n'ai jamais été mieux depuis que je suis au 220. Le secteur est calme mais il y a de la boue, beaucoup de boue parait-il. Nous allons y faire un séjour d'une quinzaine puis nous reviendrons en réserve et à moins de contrordre ou de signature du traité de paix. N'ayant pas grand chose à faire j'aimerais avoir quelques bouquins quelconques.

 

Je vous embrasse tous.

 

P.S. Où en est la crise du tabac, si Papa veut des paquets de 50 cigarettes, je peux m'en procurer facilement.

 

Ce 27 novembre 1917 (tampon de la poste pour tout)

Je quitte dans une heure le petit coin où nous étions en soutien pour partir en 1ère ligne. Le secteur est assez calme, et ce n'était la pluie et la boue et quelle boue, ça pourrait passer. J'ai reçu un mot de Georges hier qui me dit pas grand-chose, il ne parle guère que de dindons et de canards et n'a pas l'air malheureux dans ce beau pays où il me conseille de le suivre... mais rien à faire.

 

J'attends les bouquins que je vous ai demandés et je vous embrasse tous bien affectueusement.

 

Ce 28 novembre 1917 (tampon de la poste pour le mois et l'année)

Mes chers Parents,

 

Je suis installé depuis avant-hier dans mon nouveau local. Comme réception pluie et neige. On ne souffre pas du froid, j'ai un poêle dans ma sape et sans la boue effrayante ça pourrait passer. Nous sommes ici pour huit jours, ensuite nous irons 8 jours en 2e ligne, puis 8 jours en réserve et ainsi de suite, j'aurai donc la joie de passer Noël en première ligne et le jour de l'an en 2e ligne ! Heureusement que l'on est à peu près bien installés en soutien et qu'on peut se soigner.

 

Je vous embrasse tous bien affectueusement.

 

Ce 29 novembre 1917 (tampon de la poste pour l'année)

Mes chers Parents,

 

J'ai lu hier dans le journal du 28 un très intéressant article concernant les étudiants en médecine. Tous les étudiants de 2 à 8 inscriptions iraient suivre 6 mois de cours en vue d'obtenir un diplôme remboursable en inscriptions à la fin de la guerre. Je ne sais pas dans quelle mesure et de quelle façon on sera admis à suivre ces cours ; tous ne peuvent y aller à la fois sous peine d'enlever tous les méd. aux. de l'armée. Enfin de toute façon je vais surveiller attentivement toutes les notes pouvant me concerner qui arriveront jusqu'ici. De votre côté si vous apprenez quelque chose je vous prie de me tenir au courant.

 

Le temps s'est éclairci un peu ce soir mais il fait plus froid et on dirait qu'il va neiger. Avec ce temps la vue est superbe, on voit la vallée de l’Ailette et la cathédrale de Laon comme si on y était mais malheureusement on ne peut pas passer son temps à contempler car les boches s'agitent un peu ; ils nous ont simplement barboté une section entière cette nuit !!!!

 

J'ai reçu aujourd'hui un paquet qui arrive bien à point pour améliorer notre ordinaire et je vous en remercie. Je vous embrasse tous.

 

Ce 30 novembre 1917 (année supposée)

Mes chers Parents,

 

Du nouveau ! Nous sommes relevés cette nuit subitement. L'ordre est arrivé ce matin ; nous changeons de division probablement et nous allons je ne sais où. On parle de dissolution mais rien de sûr. Toujours est-il que nous allons reprendre notre vie errante sur les routes de l'arrière au moins pour quelques jours. Enfin c'est toujours préférable aux tranchées...

 

Je vous tiendrai au courant de ce qui arrivera pour nous et en attendant je vous embrasse tous bien affectueusement.

A suivre…



19/02/2016
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