14-18Hebdo

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Carnets de guerre (Anna Vautrin) – N° 95 – 12 au 18 février 1917

Document transmis par Renaud Seynave, son arrière-petit-fils - 09/02/2017

 

1917 Famille Vautrin dans la cave Cours Léopold-Yvonne Madeleine Marguerite et 2 fillettes.jpg

En 1917, dans la cave de la maison Vautrin, au 45 cours Léopold à Nancy.

De gauche à droite : Yvonne Vautrin, Madeleine Michaut avec Madou Michaut (8 mois), inconnue, Colette Michaut (2 ans et demi) et Marguerite Vautrin.

 

Lundi 12 février 1917

A 6 heures du matin, tocsin, le canon tonne, les bombes, tout cela est mélangé. C’est un bruit épouvantable. On entend les mitrailleuses. C’est certainement toute une escadrille qui est venue sur Nancy.

 

Plusieurs avions sur Neuves-Maisons avec plusieurs bombes.

Une bombe sur la maison Nicolas. 4 tués, 5 blessés.

Une bombe au milieu de la Moselle près des Ponts.

Une bombe près des bureaux de l’usine.

Une bombe non éclatée près de la Croix du Pont.

Une bombe dans le jardin du curé de Neuves-Maisons.

Une bombe dans l’usine.

Plusieurs bombes à côté de Neuves-Maisons.

 

Dans la nuit, à 10h30 et 11h30 du soir, tocsin. Deux bombes visent le projecteur du Haut du Lièvre.

 

Une bombe non explosée dans un jardin en face de l’octroi de la rue de Metz, de l’autre côté du canal. Une bombe dans le jardin Cordebar rue du Montet.

 

Pompey, Frouard et Jarville ont reçu aussi des bombes.

 

Mardi 13 février 1917

A deux heures de l’après-midi, tocsin et canonnades, plusieurs avions.

 

A huit heures et demie du soir, bruit d’une bombe énorme. C’est un accident au plateau de Malzéville. Un de nos aviateurs rentrait avec son appareil. Le mécanicien a voulu défaire une bombe qui était restée après l’appareil. Elle a éclaté et a tué le mécanicien. C’est ce bruit terrible que nous avons entendu. C’était une grande imprudence.

 

A onze heures du soir, tocsin, fortes détonations, canonnades sur avion. On entend très bien les mitrailleuses. A une heure du matin, de nouveau le tocsin.

 

Mercredi 14 février 1917

A deux heures du matin, une forte détonation. A six heures du matin, tocsin, canonnades, fortes détonations à Nancy et au loin.

 

Il est tombé à Neuves-Maisons une centaine d’obus, un soldat et quelques ouvriers tués. Les boches voudraient détruire l’usine ou du moins empêcher les ouvriers d’y travailler. On y fait des obus pour l’armée.

 

A Dombasle, il est tombé 40 à 60 obus de 240 dans des terrains.

 

A six heures du matin à Nancy, une bombe sur le 6 de la rue Jacquinot, deux jeunes filles blessées. Les deux jeunes filles sont transportées à l’hôpital dans le service de mon mari. Une autre bombe en face du N°68 de la rue Isabey, vitres cassées.

 

Une bombe devant le N°13 de la rue d’Auxonne. A 11heures du soir, détonations de toutes sortes et de tous côtés jusqu’à trois heures du matin autour de Nancy et à Nancy.

 

Jeudi 15 février 1917

A six heures du matin, tocsin, bombes à Nancy.

 

A Neuves-Maisons encore une centaine de bombes et dans la région voisine sans grands dégâts aux usines. A Pompey et Frouard des bombes, quelques blessés.

 

Pendant la nuit, nous avons tiré sur la pièce de 240. Cette pièce était parfaitement repérée.

 

Après minuit, deux bombes sont tombées au 13 rue de Toul avec une très forte détonation et une bombe dans le jardin derrière le n°39 rue du Faubourg Stanislas (ancien pensionnat de la Doctrine Chrétienne).

 

Vendredi 16 février 1917

A 6 heures du matin, une bombe rue du Ruisseau près de la bordure du trottoir devant le 27, une dans le jardin des Henrion quai Richier, une quai Claude Le Lorrain au 80 dans le jardin, une sur la caserne Thiry rue Sainte Catherine, une bombe non éclatée dans le jardin de monsieur Majorelle.

 

Samedi 17 février 1917

A 5 heures du matin, fortes détonations du côté de Frouard et de Pompey. Ce sont encore des obus. Un taube passe sur Nancy.

 

A 10 heures, sirène et tocsin. Nous descendons à la cave avec les enfants. On habille Madou à la cave et on descend les poupées de Colette pour la tenir tranquille. Alexis est à l’hôpital et Madeleine et Yvonne sont rue des Glacis. Les coups se succèdent toutes les quatre minutes.

 

Ce sont deux pièces qui tirent sur nous car il est impossible qu’on recharge une pièce de 380 en si peu de temps.

 

Aujourd’hui, 12 obus sont tombés sur Nancy. Dans quelle terreur nous vivons !

 

Pendant le bombardement, il y avait un taube continuellement sur Nancy pour repérer et faire savoir par signaux si le tir était bien

 

Dimanche 18 février 1917

A 9 heures du matin, canonnade épouvantable. C’est Pompey encore qu’on bombarde. 100 bombes sur Pompey, 4 tués et 9 blessés qu’on amène à l’hôpital dans la salle d’Alexis. Un blessé meurt quelques heures après. Il n’y a pas eu beaucoup de dégâts sur les usines de Pompey.

 

Les boches veulent détruire les deux usines d’obus très importantes de Pompey et de Frouard ou du moins empêcher les ouvriers de rester. Ils réussissent car les habitants de Pompey fuient. Seuls les ouvriers mobilisés sont obligés de rester. Il est question de transporter l’usine ailleurs.

 

Le gouvernement est allé voir à Châtel près d’Epinal si on ne pourrait pas réquisitionner une usine pour fabriquer les obus.

 

A 10h30, on entend un gros bruit de bombe. Le tocsin sonne. On aperçoit un taube qui jette une bombe rue Bergnier près de la rue de Metz. Une pauvre femme est blessée, on l’amène à l’hôpital, une autre bombe dans un chantier de bois à côté, une autre près de la rue Vayringe.

 



10/02/2017
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