14-18Hebdo

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91e semaine de guerre - Lundi 24 avril au dimanche 30 avril 1916

 

LUNDI 24 AVRIL 1916 - SAINT GASTON - 631e jour de la guerre

MARDI 25 AVRIL 1916 - SAINT MARC - 632e jour de la guerre

MERCREDI 26 AVRIL 1916 - NOTRE-DAME DU BON CONSEIL - 633e jour de la guerre

JEUDI 27 AVRIL 1916 - SAINT ANASTASE - 634e jour de la guerre

VENDREDI 28 AVRIL 1916 - SAINT PAUL DE LA CROIX - 635e jour de la guerre

SAMEDI 29 AVRIL 1916 - SAINT ROBERT - 636e jour de la guerre

DIMANCHE 30 AVRIL 1916 - QUASIMODO - 637e jour de la guerre

Revue de presse

-       Le Kronprinz va-t-il continuer à user ses divisions contre Verdun ?

-       Le 300e anniversaire de la mort de Shakespeare et de Cervantès

-       Arrivée des Russes au camp de Mailly

-       Un navire allemand tente de débarquer des armes en Irlande - Il est coulé

-       Bombardement toujours intense à l'ouest de la Meuse sur la cote 304 et les villages d'Esnes et de Cumières

-       Combats navals entre croiseurs anglais et allemands

-       Troubles sanglants à Dublin - Douze morts - L'ordre est rétabli

-       Un nouveau contingent de troupes russes débarque en France

-       Nouvelle violation par les Allemands de la neutralité suisse - Un avion boche survole pour la seconde fois la région de Porrentruy

-       La situation sur notre front inspire toute confiance

-       Naufrage d'un paquebot chinois - Il y a sept cents victimes

-       L'Irlande en état de siège - On se bat encore à Dublin et le mouvement s'étend vers l'ouest

-       Les Serbes et les Grecs sont martyrisés par les Bulgares

-       Le recrutement en Angleterre - Les hommes mariés de 28 à 36 ans sont appelés

-       Un cuirassé anglais, le "Russel" heurte une mine et coule - 676 sauvés - 124 manquants

-       Le conflit germano-américain - L'ambassadeur américain confère avec Guillaume II

-       Le général Townshend capitule à Kut-el-Amara

-       Les Allemands tentent un soulèvement aux Indes néerlandaises

-       L’offensive continue à Verdun

 

Morceaux choisis de la correspondance

24 avril - ELLE (Arcachon).- Noëlle est encore toujours au lit et je commence à être ennuyée, craignant de ne pouvoir partir jeudi comme je l’avais espéré. Le docteur ne trouve toujours rien, elle ne se plaint pas, n’a mal nulle part, mais la fièvre continue, ce matin elle avait 39.3 interne, ce qui fait 38.9 à l’aisselle, enfin nous lui avons donné une purge ce matin et je viens de lui mettre un suppositoire de quinine pour faire tomber cette fièvre.

 

Nous étions si contents, Maurice avait écrit qu’il espérait avoir sa permission en même temps que toi et maintenant, je ne sais comment faire. Si nous ne pouvons partir à cause de Noëlle, il y a deux solutions, soit rester tous et que Maurice et toi veniez ici, soit qu’une partie reparte et que je reste seule avec une bonne et Noëlle, alors tu viendrais ici mais ce ne sera pas agréable pour toi. Je te télégraphierai jeudi ce qu’il en sera, si nous ne sommes pas fixés avant, pour que tu demandes ta permission pour ici au lieu de Docelles s’il le faut. Mais j’espère encore que d’ici là, cela ira mieux et qu’on pourra tous rentrer.

 

Les autres vont tous très bien et aujourd’hui nous avons un temps admirable. Ils sont tous au bord de la mer, enchantés de faire des tranchées et gâteaux de sable. André s’est mis pieds nus de 1 heure à 4, tu devines avec quelle joie. Il va seul à sa leçon de piano et trouve cela très amer, mais en rentrant il est ravi de me dire qu’il a des bons points et qu’il a bien travaillé. Quant à notre Bertus, il ne fait rien que s’amuser et respirer le bon air. Quel petit asinus cela va faire, espérons qu’il rattrapera le temps perdu, car il est intelligent. Heureusement à Docelles on reprendra les bonnes habitudes.

 

Madeleine Vautrin a une petite fille, Marie Edouard Marguerite. Sa maman a été très déçue, elle aurait voulu un fils et lui donner le nom de son père. Mais il me semble qu’après ce premier moment de déception, elle sera plus heureuse avec deux filles qui seront plus faciles à élever pour une veuve que des fils. L’oncle Vautrin ne va pas bien, Maman lui a trouvé très mauvaise mine à son passage à Nancy.

 

25 avril - ELLE (Arcachon).- Je t’ai adressé un télégramme à l’instant pour te dire que nous ne pouvions quitter le Moulleau, et que tu demandes ta permission pour ici. Noëlle ne va pas mieux, elle a toujours beaucoup de fièvre et le docteur ou plutôt les docteurs, puisque nous en avons fait venir deux pour être plus sûrs du diagnostic, sont d’avis que c’est une fièvre gastro-intestinale. Ce n’est pas grave mais il faut la soigner et le docteur craint que nous en ayons pour une quinzaine. Il faut donc renoncer au voyage de retour qui me réjouissait tant. Enfin c’est là ma guigne, les voyages ne nous réussissent pas, chaque fois je me dis que je ne recommencerai pas et je me laisse aller pour le regretter ensuite Au lieu de te présenter un beau trio d’enfants, tu retrouveras une gaminette toute pâle et maigre. Elle n’a pris que de l’eau et infusion depuis hier matin et elle y est condamnée pour longtemps encore. Ce n’est pas très réconfortant, mais le docteur le veut ainsi. Dimanche, la croyant mieux, je lui avais donné un peu de blanc de poulet et il paraît que j’ai eu grand tort. Nous avons donc reloué la villa pour un mois, et te voilà condamné à venir ici prendre ta permission. Thérèse ne veut pas repartir sans nous puisqu’il n’y a rien de contagieux dans l’état de Noëlle et elle a aussi télégraphié à Maurice ce changement de projets. Il devait arriver à Docelles le 4, il se pourra donc que vous veniez ensemble, mais c’eût été bien plus gentil d’être réunis dans les Vosges.

 

Ne t’inquiète pas de Noëlle, je te promets que ce n’est pas grave, il faut simplement la tenir à la diète, lui faire des lavages d’intestin matin et soir, administrer de la quinine pour faire tomber la fièvre, et si cela ne suffit pas donner des bains pour la faire baisser.

 

Maguy nous quitte demain. Ces quelques jours passés ensemble ont été très bons car j’ai retrouvé bien vite comme tu me le dis son bon cœur et toutes ses qualités. A force d’être séparées, on se croit bien plus différents de sentiments qu’on ne l’est réellement.

 

Mon Geogi il y a aujourd’hui 10 ans que nous sommes mariés. Dix années de joie que tu m’as données. Pourquoi faut-il que ce beau jour soit assombri par le souvenir de l’an dernier où c’était hélas ! la dernière journée de notre pauvre Mère.

 

Je regrette notre séparation qui nous prend des jours si heureux et paisibles et que la vie fuyante ne nous rendra plus.

26 avril - ELLE (Arcachon).- Je vois que mon chéri a pensé lui aussi à notre anniversaire de mariage hier. Nos pensées et nos cœurs étaient donc unis en ce jour aussi complètement, même peut-être plus, qu’il y a dix ans, car on s’aime mieux quand on a vécu ensemble comme nous l’avons fait, en se comprenant et en s’estimant mutuellement. C’est pourquoi d’autant plus je regrette notre séparation qui nous prend des jours si heureux et paisibles et que la vie fuyante ne nous rendra plus.

 

Notre petite Noëlle semble aller un peu mieux aujourd’hui, elle n’avait que 38.1 ce matin, mais comme ce régime uniquement hydrique lui enlève ses forces, le docteur lui fera demain des piqûres d’huile camphrée qui la soutiendront. Ce qu’il y a d’ennuyeux, c’est que j’ai trouvé le moyen de me gripper et que je reste au lit aussi. Toute la charge retombe donc encore une fois sur ma pauvre Maman et j’en suis si fâchée, c’est bête d’être inutile et de ne pas même pouvoir soigner ses enfants. Enfin, pour moi, ce n’est qu’un rhume qui passera vite et je serai vaillante pour ton arrivée. A ce sujet, n’y aurait-il pas moyen si tu es forcé de la demander à l’avance, de la mentionner pour ici et Docelles, car si par hasard Noëlle se remontait plus vite qu’on ne le croit, Maman a un tel désir de s’en retourner à Docelles et veut pourtant vous voir Maurice et toi que si nous pouvions repartir on vous enverrait un télégramme au dernier moment pour que vous vous dirigiez sur les Vosges. Je ne sais rien des organisations militaires, peut-être est-ce impossible, mais on peut toujours te la faire au dernier moment.

 

Maguy est repartie ce matin. C’était décidé et d’ailleurs il valait mieux qu’elle ne reste pas ici avec des malades. Si elle avait attrapé quelque chose, nous nous le serions reproché. Si tu viens ici, elle reviendra pour te voir et Paul fera aussi son possible pour avoir une permission d’un jour.

 

J’ai prévenu Marie Molard, qui nous avait invités très aimablement pour vendredi, de nos changements de projets. Il paraît que Marie Paul est encore bien fatiguée. Paul n’est pas revenu pour Pâques. Je ne sais comment il s’arrange, au début d’avril il est resté quinze jours de suite à Paris et ensuite il part dans les Vosges et y reste au moment des fêtes pendant lesquelles il ne pouvait rien faire, il aurait bien mieux fait de rester avec sa femme. Marie croit qu’il s’absorbe dans ses usines, c’est tout ce qu’il faut.

 

27 avril - ELLE (Arcachon).- Noëlle est toujours dans le même état, elle avait 39.1 ce matin. Nous craignions que ce ne soit une fièvre muqueuse mais le docteur veut absolument que ce ne le soit pas, il maintient son nom d’infection gastro-intestinale. Au fond, je crois que ce sont deux sœurs. Mais il nous dit que ce n’est pas contagieux pour les autres enfants, qui n’entrent plus dans la chambre de la petite malade d’ailleurs. Il nous assure que dans 15 jours la petite sera guérie, c’est l’important. De sorte que nous t’attendons ici. Mais je voudrais que tu ne tardes pas trop parce que à partir du 9 ou 10, comme je te l’ai dit, je serai fatiguée, et il vaudrait mieux que tu sois ici quand j’irai bien, et ce sera mieux aussi parce que le dernier jour de notre séjour nous aurons des rangements qui nous empêcheraient de profiter de ta présence, mon bon chéri. Fais donc tout le possible pour arriver vers le 3 ou le 4. Tu peux bien invoquer la maladie de ta fille pour avancer ta venue d’un jour ou deux. Tu vas encore dire que j’ai deux conceptions du devoir, selon que cela concerne moi, les miens ou le reste de l’humanité. Il y a des jours en effet où je trouve qu’il est inutile d’être toujours si bon pour tous et de ne rien demander car de cette façon on est toujours victime de sa trop grande bonté et de son oubli de soi-même. Mais je sais que je prêche un Geogi qui simule la surdité et ne fera que ce qu’il veut.

 

Ton papier à lettres d’hier était en effet bien laid dans le genre de celui-ci que j’ai acheté chez les L.J, leur dernière qualité de deuil à 1,25 la boîte, mais je pense que le tien te coûte plus cher. J’en ai fait une provision et t’en redonnerai du meilleur quand tu repartiras. En attendant tu devrais prendre une plume plus molle, cela irait mieux.

 

Mon rhume va mieux, et je pourrai demain me lever et aider à soigner notre pauvre fille.

 

27 avril - LUI.- Je reçois tes deux lettres du 23 et du 25 en même temps que ta dépêche et c’est très heureux car ta dépêche m’aurait causé du souci tandis que tu me dis dans ta lettre qu’il n’y a rien de grave. Je suis navré que tes projets soient modifiés mais c’est pour toi, ma pauvre Mi, qui te réjouissais tant de retrouver ton Docelles. Pour moi je serai ravi de vous rejoindre au Moulleau. D’ailleurs si je viens en permission c’est pour voir les enfants et surtout ma Mi dont je suis fort en mal.

 

Pour la permission, voici : il est possible que je puisse partir dès lundi prochain et arriver par conséquent au Moulleau vers 9 heures le mardi. Mais rien n’est sûr, cela dépend de l’humeur du colonel. Sinon je viendrai presque sûrement le mercredi et en tout cas le jeudi. Je dis en tout cas car je ne prévois pas jusque là d’attaque boche et nous aurions bien peu de chance si les permissions étaient supprimées.

 

Pour notre petite Noëlle, j’espère qu’elle ira mieux. Du moment qu’elle ne souffre pas, c’est qu’il n’y a rien de grave et j’espère la trouver complètement guérie.

 

Il fait si beau ces jours-ci et tellement chaud que je me demande si je ne veux pas venir avec mon uniforme kaki, bien qu’il ne soit peut-être pas très élégant. Mais les uniformes en drap bleu sont si chauds que c’est tout à fait désagréable de voyager ainsi.

 

Nous avons apprécié les petites gâteries que tu nous as envoyées ma Mi ainsi que les chocolats de Maguy. Mes lieutenants préfèrent surtout les ananas confits. D’ailleurs ils sont assez gourmands et aiment beaucoup tous ces petits desserts. J’ai dîné hier avec Déon, retour de permission. Il a lui aussi acheté un phonographe. Nous allons tâcher de faire popote ensemble lorsque nous occuperons notre nouvelle position. Cela sera très agréable car ses lieutenants et lui-même sont tout à fait charmants.

 

Je t’ai écrit avant-hier chez Marie Molard. Tu n’auras donc pas de lettre aujourd’hui au Moulleau et cela m’ennuie car tu dois être comme moi, lorsque les lettres n’arrivent pas, je suis de mauvaise humeur. Encore cinq ou six jours ma Mi et nous serons réunis, quel bonheur. Inutile de te dire que je serai enchanté de voir Maurice.

 

28 avril - ELLE (Arcachon).- Toujours rien de nouveau chez Noëlle, ni en mieux ni en plus mal, heureusement. La température reste élevée mais il paraît qu’il en sera encore de même pendant huit jours, très probablement. Le Dr ne veut toujours pas donner à la maladie de nom caractérisé. Moi je crois à une fièvre muqueuse, mais comme il prétend qu’il n’y a pas de contagion à craindre pour les autres enfants cela me semble bizarre. On dit qu’il y a souvent des docteurs de villes d’eau comme ici qui ne veulent jamais dire qu’il y a des maladies genre endémiques comme celle-là pour que cela ne se répande pas au dehors. Mais je pense qu’il n’aurait tout de même pas cette étroitesse d’esprit de nous faire commettre une imprudence pour garder la bonne renommée de sa ville.

 

Maman, Elise et moi un peu, entrons seules dans la chambre de Noëlle, on lave son linge à part pour éviter toute contamination. Elle est si sage, la bonne petite, demande très peu de chose, s’intéresse à tous les bruits de la maison. Comme elle est de carton, Noëlle entend tout ce qui s’y fait. De son lit, elle voit la mer, par ces beaux jours on lui laisse sa porte-fenêtre grande ouverte et elle voit les barques passer sous ses yeux. Les jours s’écoulent facilement, elle dort assez bien la nuit quoique rêvant beaucoup, c’est ma pauvre Maman qui la garde et m’évite toute fatigue.

 

Marie Molard me renvoie ta lettre du 25 qui me fait bien grande joie en y trouvant toute ta tendresse. J’aurais voulu, en plus, y lire l’annonce de ton arrivée prochaine, tu la reportes au vendredi 5, c’est bien tard.

 

Maurice pense aussi arriver ce même jour, c.à.d. prendre en gare d’Orsay le train de 21.50 qui vous descend à Bordeaux à 7 h où on déjeune, et ici à 9 h 15. L’autre bon express quitte Paris à 8.40 du matin, est ici à 19.50. Tu choisiras celui que tu préfères.

 

    

Gravures du Petit Journal - Supplément illustré - 30/04/1916 (N° 1323)

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Le général Balfourier - Commandant le 20e corps

Les historiens de la guerre nous diront plus tard quels prodiges d’héroïsme ont été accomplis par ce 20e corps que, dans l’armée, on appelle familièrement « la Garde », et pour cause. Parmi les soldats de ce corps se manifestent toutes les qualités qui ont émerveillé tous ceux qui furent autoriser à visiter les tranchées et à voir le troupier français dans son élément : l’audace, la bravoure, l’élan, qualités traditionnelles du soldat, jointes à celles qu’il a acquises dans cette guerre : l’endurance, la patience, la résistance morale, qui ne sont nulle part plus apparentes, plus réelles, que parmi les troupes du 20e corps. « Dans ce corps, nous écrivait l’autre jour un officier qui en fait partie, les effectifs ont été maintes fois renouvelés depuis le début des hostilités, et il s’y trouve des éléments des quatre coins de la France. Si l’on a pu, avec lui, reprendre des positions abandonnées par d’autres corps, et s’y maintenir sous des nuages de gaz et des pluies d’obus, ce n’est pas à cause du recrutement, c’est par la vertu de l’esprit de discipline. » Discipline stricte, assurément, mais qui n’en est pas moins paternelle ; discipline dont la tradition est maintenue par un chef, aussi aimé, aussi admiré que respecté.

 

Dans le régime d’anonymat qui est de règle, nous ne connaîtrions peut-être pas même le nom de ce chef, si le plus flatteur des hommages reçus par lui n’avait révélé son nom à la foule. Cet hommage se trouve exprimé dans le télégramme que, ces jours derniers, le général Alexeief, chef d’état-major général des armées russes, adressa au général Joffre au nom de l’empereur de Russie, et dont voici la reproduction : « Sa Majesté l’empereur me charge de vous prier de transmettre au général Balfourier et au vaillant 20e corps d’armée français les sentiments de sa plus vive admiration et de toute son estime pour la brillante conduite qu’ils ont eue dans les batailles livrées sous Verdun. Sa Majesté est fermement convaincue que, sous le commandement de ses valeureux chefs, l’armée française, fidèle à ses traditions de gloire, ne manquera pas d’amener ses rudes adversaires à merci. De mon côté, je suis heureux de vous témoigner les sentiments de ma plus haute admiration pour la vaillance dont elle a fait preuve dans ces difficiles et violentes rencontres. L’armée russe entière suit avec une attention soutenue les hauts faits de l’armée française, lui adresse tous ses vœux de frères d’armes pour la victoire complète, et ‘n’attend que l’ordre d’engager le combat contre l’ennemi commun’ ». « Alexeief. » Il nous a paru opportun, en reproduisant ce télégramme impérial si honorable pour notre armée, et pour le 20e corps en particulier, de donner à nos lecteurs le portrait en couleurs du général Balfourier, le glorieux chef de ce corps d’élite.

 

 

 

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Comment on exerce les recrues russes

D’une correspondance adressée de Petrograd à notre confrère l’’Œuvre’, nous détachons ce passage relatif à l’entraînement des recrues en Russie : « En dehors des mouvements réguliers, enseignés par la théorie, le terrain a été préparé à plusieurs endroits pour des exercices pratiques fort intéressants. Pour l’exercice individuel, une tranchée de deux mètres de longueur. A un mètre cinquante d’intervalle sur le parapet, deux sacs remplis de paille figurent le buste de deux fantassins. Le long de ces sacs suspendus à une potence, une perche inclinée en avant représente le fusil avec sa baïonnette, ces perches pouvant pivoter à droite et à gauche. En avant de la tranchée, au milieu de l’intervalle entre les deux fantassins figurés, un troisième sac de paille, avec sa perche-fusil, figure un fantassin déjà sorti pour l‘assaut. La recrue est placée à trente ou quarante mètres de l’obstacle. Au commandement, elle s’avance au pas de charge, en poussant les hourrahs réglementaires, et elle doit, sans les manquer, parer successivement la menace des trois fusils ainsi figurés en faisant dévier les trois perches à droite ou à gauche, transpercer les trois sacs de paille, sauter dans la tranchée et prendre, face en arrière, la position du tireur à genoux, pour commencer le feu contre les troupes de renfort qui pourraient déboucher des secondes lignes. J’ai vu, dit le correspondant de l’’Œuvre’, j’ai vu le même homme recommencer jusqu’à seize fois cet exercice, toujours avec vigueur, avec entrain et bonne humeur, jusqu’à ce qu’il ait réussi à abattre les obstacles rencontrés et à prendre correctement sa position dans la tranchée. J’ai vu le sous-officier qui commandait recommencer lui-même plusieurs fois l’exercice pour bien montrer à l’homme comment il fallait s’y prendre, et cela, lui aussi, avec calme et bonne humeur. »

 

 

Les instantanés de la guerre (photos)

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En embuscade

Voilà le vaguemestre

Deux vues de Malancourt

Transport d'un blessé

Intérieur d'un train sanitaire

Les premiers pas du convalescent

Von Bissing, le bourreau de la Belgique

"Joli Cœur", ex-rendez-vous de chasse (bois des Caures)

Monument élevé par les soins du colonel Driant, à ses chasseurs morts pour la Patrie

 

Les instantanés de la guerre (photos)

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Transport des torpilles aériennes

Obus de gros calibre porté par deux hommes

En Grèce - L'envoi des colis de France

Un spahi marocain fait de la haute école

Traineau employé par les Italiens pour le transport des blessés

Officier autrichien dans un abri

La cuisine du train sanitaire

Dragons en reconnaissance

Installation automobile de douches chaudes, offerte par la Russie à l'armée française

Ce qui reste de l'église d'Ablain-St-Nazaire

 

 

Thèmes qui pourraient être développés

  • Le 300e anniversaire de la mort de Shakespeare et de Cervantès : perplexité concernant la concordance de la date de la mort de ces 2 grands auteurs devenus figures nationales de la littérature dans leur pays respectif : 23 avril 1616
  • Arrivée des Russes au camp de Mailly - Un nouveau contingent de troupes russes débarque en France
  • Irlande - Troubles sanglants à Dublin - Douze morts - L'Irlande en état de siège - On se bat encore à Dublin et le mouvement s'étend vers l'ouest
  • Suisse - Nouvelle violation par les Allemands de la neutralité suisse - Un avion boche survole pour la seconde fois la région de Porrentruy
  • Chine - Naufrage d'un paquebot chinois - Il y a sept cents victimes
  • Bulgarie - Les Serbes et les Grecs sont martyrisés par les Bulgares
  • Angleterre - Le recrutement en Angleterre - Les hommes mariés de 28 à 36 ans sont appelés
  • Angleterre - Le général Townshend capitule à Kut-el-Amara
  • Indes Néerlandaises - Les Allemands tentent un soulèvement aux Indes néerlandaises
  • Verdun - L’offensive continue à Verdun
  • La pension d'invalide ne pourra pas être diminuée du fait de la rééducation professionnelle
  • Santé - La quinine
  • Belgique - Les Allemands se découvre un "droit" sur la Belgique
  • Santé - Des piqûres d'huile camphrée
  • Permission - Au dernier moment est-il possible d'indiquer une autre direction ? Ou d'évoquer la maladie de sa fille ?
  • Le phonographe
  • Le général Balfourier, commandant du 20e corps (Portrait dans LPJ Sup)
  • Russie - Comment on exerce les recrues russes (LPJ Sup)
  • Artillerie - Les ancêtres du 75 (LPJ Sup)
  • Les instantanés de la guerre (Photos dans LPJ Sup)
  • Religion - Fête religieuse - Notre-Dame du Bon Conseil - 26 avril
  • Religion - Fête religieuse - Quasimodo - Premier dimanche après Pâques


22/04/2016
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