14-18Hebdo

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52e semaine de guerre - Lundi 26 juillet au dimanche 1er août 1915

 

LUNDI 26 JUILLET 1915 - SAINTE ANNE - 358e jour de la guerre

MARDI 27 JUILLET 1915 - SAINTE NATHALIE - 359e jour de la guerre

MERCREDI 28 JUILLET 1915 - SAINT SAMSON - 360e jour de la guerre

JEUDI 29 JUILLET 1915 - SAINTE MARTHE - 361e jour de la guerre

VENDREDI 30 JUILLET 1915 - SAINT ABDON - 362e jour de la guerre

SAMEDI 31 JUILLET 1915 - SAINT IGNACE DE LOYOLA - 363e jour de la guerre

DIMANCHE 1ER AOUT 1915 - SAINT PIERRE-ES-LIENS - 364e jour de la guerre

Revue de presse

-       Effroyable catastrophe aux Etats-Unis - Un vapeur chavire sur le Michigan - Il y aurait 2,000 victimes

-       La "Gazette de Cologne" propose la paix à la Russie

-       Les pertes des ennemis évaluées à 8,726,000 hommes

-       L'Allemagne récidive - Le vapeur américain "Lee Lanaw" coulé par un sous-marin allemand

-       Les Italiens s'emparent des hauteurs de San Michele - La chute de Gorizia est imminente

-       La révolution en Haïti

-       L'abandon de Varsovie

-       Les Italiens poursuivent leurs succès

Morceaux choisis de la correspondance

26 juillet - André Cuny (Docelles) à Georges Cuny, son papa.- Hier après avoir été déjeuner chez tante Thérèse nous sommes allés à Arches essayer une auto que grand’mère veut acheter. Maman et tante Thérèse ont très bien pu la mettre en route, nous sommes revenus à Docelles, moi j’étais sur le petit banc de derrière. On est moins secoué devant que derrière. Elle marche bien. En rentrant à Arches, nous nous sommes arrêtés chez Madame Prononce qui nous a dit qu’elle nous préviendrait quand des prisonniers passeraient pour que nous puissions aller les voir devant chez elle.

 

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Mon Capitaine, si je vous fais part de mon désir de retourner auprès de vous, c’est de bon cœur et sans restriction, mais je voudrais tout de même savoir si je peux toujours espérer obtenir la récompense qui depuis longtemps déjà m’a été promise.

28 juillet - Adjudant Malavaux (Armées - Besançon) à Georges Cuny.- J’étais en permission de huit jours à Pirey pour la moisson. J’ai eu le plaisir pendant ce temps de faire rentrer tous nos blés et me voici rentré au dépôt, content d’avoir pu employer huit jours d’un temps superbe. Maintenant, mon Capitaine, débarrassé de tous ces soucis, je vous dirai que je suis dès à présent à votre disposition et c’est avec un grand plaisir que j’irai retrouver ma batterie, la vie au dépôt n’a rien d’intéressant, l’initiative en tant qu’instructeur étant fort limitée et subordonnée aux besoins du service journalier dans les batteries. Quant à nos tirs du Valdahon, ils n’avaient rien non plus de bien intéressants, c’étaient plutôt des tirs de démonstration pour les jeunes soldats des trois régiments d’artillerie de la garnison, sans observation précise, sur des objectifs représentés par des lignes de buissons, à une distance variant de 3 000 à 4 500 mètres, et le tout à obus percutants ; le nombre de projectiles tirés était d’ailleurs très restreint, peut-être par économie. Mon Capitaine, si je vous fais part de mon désir de retourner auprès de vous, c’est de bon cœur et sans restriction, mais je voudrais tout de même savoir si je peux toujours espérer obtenir la récompense qui depuis longtemps déjà m’a été promise. Quoi qu’il arrive, je suis dès à présent tout à vos ordres. J’espère donc, mon Capitaine, vous retrouver toujours en bonne santé et la batterie dans le même état d’esprit que lorsque je l’ai quittée.

Tous les bons Français doivent verser leur or à la Banque de France et souscrire une obligation de la défense nationale.

29 juillet - Paroisse de Cornimont.- Dialogue de l’or : à donner pour la France + obligations de la défense nationale (480 francs et ça donnera 25 frs d’intérêts payables moitié en août et avril, cela fait 5,60%).

 

Tous les bons Français doivent verser leur or à la Banque de France et souscrire une obligation de la défense nationale.

 

Aujourd’hui vous ne pouvez plus garder votre or. Il fait partie des forces de la France ; il est pour ainsi dire mobilisé et vous avez appris que l’exportation en est interdite. Il faut que l’or français travaille aussi. Il ne suffit pas que vos fils et vos gendres soient à l’armée et versent leur sang pour notre salut à tous, pour le succès de la France. Il faut aussi que l’Etat fournisse aux combattants des canons, des munitions, des habits, des vivres, et, vous le comprenez bien, tout cela se paie.

 

Croyez-vous que l’Italie combattrait avec nous si nous étions comme l’Allemagne sur le point d’être privés d’or ? Et les peuples balkaniques le savent, ils attendent leur heure. C’est fatal, l’Allemagne s’arrêtera tout d’une pièce, frappée d’un anévrisme au cœur et ce sera le manque d’or.

Votre geste aura sa récompense. Vous aidez à terrasser l’Allemagne, et vos fils, qui luttent dans les tranchées, vous en sauront gré. Et puis, après la guerre, ce sera le renouveau de la terre de France, si belle, si fertile, si douce à cultiver et à posséder. Nos poilus l’aimeront d’autant plus qu’ils l’auront arrosée de leur sang. Ah ! l’avenir sera beau pour les jeunes générations.

 

Livre d’or des soldats de Cornimont : croix de guerre, médaille militaire à Léon Lemaire (signé Joffre)

 

29 juillet - Lieutenant Mauer (Armées - Besançon), un blessé de la batterie, à Georges Cuny.- J’ai quitté Saconin il y a quelques jours, rappelé à Besançon sur la demande de la Maison Th Schneider & Cie où j’étais employé avant la mobilisation et qui depuis travaille très activement à la fabrication des obus. Je ne voudrais pas quitter le front sans vous exprimer ainsi qu’à Mrs Zemb et Bonnier l’excellent souvenir que j’emporte de mon séjour parmi vous. Rappelé à la comptabilité de l’usine, je me rendrai utile, sous une autre forme, à la cause nationale qui est si justement nôtre.

Je vais en corvée de temps en temps, ou bien à l’école faite par plusieurs instituteurs dévoués qui se divisent en plusieurs cours différents ; n’ayant reçu qu’une maigre instruction primaire, j’en suis très content car à l’âge de 12 ans il a fallu quitter l’école que j’adorais pour aider mes parents.

1er août - L. Grosbois (Armées - Prisonnier à Stuttgart) à Georges Cuny.- Je viens vous remercier de votre bon colis que j’ai reçu en bon état la semaine dernière contenant exactement ce que vous m’aviez annoncé sur votre carte du 12 juillet. J’ai reçu également votre mandat. Le temps ici on le passe comme l’on peut ; je vais en corvée de temps en temps, ou bien à l’école faite par plusieurs instituteurs dévoués qui se divisent en plusieurs cours différents ; n’ayant reçu qu’une maigre instruction primaire, j’en suis très content car à l’âge de 12 ans il a fallu quitter l’école que j’adorais pour aider mes parents. Pour les langues étrangères je n’en suis pas fort, j’aime mieux approfondir dans le français. Nous sommes installés dans une ancienne usine très confortable ; nous avons douches à notre portée où on va s’y baigner toutes les semaines, lavabos et réfectoires admirables.

 

Gravures du Petit Journal - Supplément illustré - 01/08/1915 (N° 1284)

 

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L’arrivée du permissionnaire

Le brave alpin est de retour au village pour quelques jours de permission. Il y a un an bientôt qu’il en est parti. Quelle joie de se retrouver au pays ! Toute la famille est venue l’attendre à la gare. On l’étreint, on l’embrasse. On lui pose questions sur questions. Mais il répond à peine ; il est tout au bonheur du retour, au plaisir de revoir ses montagnes et de contempler autour de lui les visages familiers. Attendez un peu. Laissez-le d’abord se remettre, se reposer ; et puis il parlera. Ah ! c’est qu’il en a long à vous dire ; il en a vu des pays de toutes sortes ; il en a couru des dangers. Comme ils passeront vite ces jours de congé au sein de la famille ! Il semble qu’on est arrivé hier, et voilà qu’il faut repartir. Mais on repartira l’âme légère et prête à de nouveaux héroïsmes pour la patrie. Cette étape au foyer n’amollit pas les cœurs ; elle les trempe au contraire pour les prochains sacrifices. « Quelle provision de courage et de patience nous allons rapporter, moi et les camarades ! » disait un de ces braves soldats. Et il ajoutait : « Après cela la guerre peut durer le temps qu’elle voudra : nous sommes là ! »

 

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Le revolver au poing, les Allemands veulent forcer les ouvriers belges à travailler pour eux

Le joug allemand continue de peser, de plus en plus lourd, sur les populations de la Belgique. Ouvriers et ingénieurs des ateliers de l’Etat à Luttre, ayant refusé de réparer le matériel roulant des chemins de fer allemands, furent déportés en Allemagne. Même motif et même peine pour les directeurs et le personnel des tréfileries se refusant à fabriquer du fil de fer barbelé à l’usage des Boches.

‘L’Echo belge’, qui se publie à Amsterdam, rapporte des incidents caractéristiques qui se sont produits à Sweveghem, dans la Flandre occidentale. Un industriel de l’endroit, M. Behaert, ayant refusé de fabriquer pour les Allemands des fils de fer destinés aux tranchées, et ses ouvriers ayant été unanimes à approuver son refus, tous les habitants de Sweveghem âgés de 15 à 45 ans furent contraints de se présenter à la « kommandantur », et les Allemands entourèrent le village d’un cordon de soldats. Malgré cela, quelques ouvriers réussirent à s’enfuir à travers champs, traqués par les Allemands. Entourés de soldats et quelques-uns liés au moyen de grosses cordes, les ouvriers furent conduits devant leurs établis et leurs machines. Ils persistèrent dans leur refus de travailler avec un courage admirable. Les coups pleuvent dru. Ils refusent toujours ! Enfin, impuissants à dompter une volonté aussi farouche, les Allemands les enfermèrent dans les locaux de la fabrique où toute la nuit ils furent maltraités. Le lendemain, deux ou trois femmes du village, malgré l’étroite surveillance, s’enfuirent et cherchèrent protection dans une localité voisine. Elles racontèrent en pleurant que leurs maris, rompus de coups, mais fous de rage, étaient revenus au matin. Ce jour-là, on amena soixante et un ouvriers à la prison cellulaire de Courtrai. Depuis lors, d’autres ouvriers furent encore emprisonnés. On vit même passer deux chariots de femmes attachées que l’on conduisait sans doute à Courtrai. Elles avaient été odieusement maltraitées et l’une d’elles portait le bras en écharpe. D’autre part on avait enfermé quantité d’ouvriers dans les locaux de l’école communale de Sweveghem. Le ravitaillement de la commune se fait à un jour déterminé de la semaine. Ce jour-là, le convoi n’arriva pas. Vous comprenez ? Il fallait affamer la population. Malgré tout cela les ouvriers de Sweveghem n’ont pas cédé.

 

Les instantanés de la guerre (photos)

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Deux aspects de la ferme de Léaumont (Meurthe-et-Moselle)

Deux aspects de la ferme de Léaumont (Meurthe-et-Moselle)

Nieuport - Façade d'une villa atteinte par un obus

Dans les dunes près de La Panne

Nieuport-Bains. La dernière sentinelle française

Dans les dunes. Cantonnement de fusiliers marins

Le recrutement en Angleterre

En Angleterre - On travaille en famille à la confection des paniers pour obus

Cantonnement dans un monastère en Flandre

Le recrutement en Angleterre

 

Les instantanés de la guerre (photos)

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Château de Lambertye à Gerbéviller

Une porte du château de Lambertye

Le salon de sculpture dans la tranchée

Tirailleurs sénégalais à l'étape

En Argonne. L'examen d'un caisson

Tombes de soldats français près de Gerbéviller

La soupe sur le front

Une forge improvisée

Un poste d'écoute

Dans les Vosges - Sentinelle avancée munie d'un casque protecteur contre les gaz asphyxiants

 

 

Thèmes qui pourraient être développés

  • Haïti - La révolution en Haïti
  • La Fontaine - La cigale et la fourmi (pastiche anti boche)
  • Les artistes morts pour la Patrie
  • Les pertes ennemies évaluées à 8,726,000 hommes
  • La vie dans les dépôts
  • Finance - Verser son or à la Banque de France
  • Blessés - Retour à la vie civile des blessés
  • La loi Delbiez au Sénat
  • Prisonnier - Ecole pour ceux qui l'ont peu fréquentée
  • Permission - L'arrivée du permissionnaire (LPJ Sup)
  • Allemagne - Krupp (LPJ Sup)
  • Angleterre - Le recrutement en Angleterre (LPJ Sup - Photos)
  • Les instantanés de la guerre (Photos dans LPJ Sup)
  • Religion - Fête religieuse - Saint Pierre-ès-Liens - 1er août


24/07/2015
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