14-18Hebdo

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171e semaine de guerre - Lundi 5 novembre au dimanche 11 novembre 1917

LUNDI 5 NOVEMBRE 1917 - SAINT ZACHARIE - 1191e jour de la guerre

MARDI 6 NOVEMBRE 1917 - DEDICACE DES EGLISES DE FRANCE - 1192e jour de la guerre

MERCREDI 7 NOVEMBRE 1917 - SAINTE LUCIE - 1193e jour de la guerre

JEUDI 8 NOVEMBRE 1917 - SAINTE HELENE - 1194e jour de la guerre

VENDREDI 9 NOVEMBRE 1917 - SAINT THEODORE - 1195e jour de la guerre

SAMEDI 10 NOVEMBRE 1917 - SAINT ANDRE AVELLIN - 1196e jour de la guerre

DIMANCHE 11 NOVEMBRE 1917 - SAINT MARTIN DE TOURS - 1197e jour de la guerre

Revue de presse

-       Succès anglais en Mésopotamie

-       Les premiers soldats américains tués sur notre front

-       Les Italiens poursuivent leur repli

-       La quatrième crise de la révolution russe

-       Gaza est pris - Les Anglais à 50 kilomètres de Jérusalem

-       Les maximalistes triomphent à Petrograd - Kerensky renversé par Lénine

-       Pour l'unité d'action - Les généraux Foch, Wilson et Cadorna formeront le comité militaire interallié

-       Les armées italiennes ont terminé leur repli

-       Le soviet de Petrograd est toujours maître de la situation mais un vif mouvement d'opposition se manifeste

-       Importante avance anglaise en Mésopotamie - Prise de Tekrit

-       Les Italiens ont reculé jusqu'à la Piave

-       Les lâches bombardent les hôpitaux

-       Désastre turc en Palestine - Prise d'Askalon - L'ennemi a perdu plus de 10,000 hommes et 70 canons

-       L’anarchie en Russie

 

Morceaux choisis de la correspondance

Paul m’apprend le départ de Maurice pour notre nouveau front. Il vaut mieux l’Italie que la Grèce évidemment, pourtant les familles déplorent cet éloignement des leurs.

5 novembre - Marie Paul Cuny (Paris) à Mimi Cuny, sa belle-sœur.- Ta gentille visite écrite m’a fait plaisir, je te remercie d’avoir songé à distraire la réclusion que m’impose la fâcheuse grippe. Depuis hier, j’ai repris mon vol, quinze minutes de promenade après lesquelles j’étais exténuée, ce n’est pas tu vois la robuste santé. Décidément le docteur a raison de dire que tout l’organisme chez moi se trouve fatigué. Une légère grippe m’affaiblit au point de se faire sentir pendant plusieurs semaines. Partez dit-on dans le Midi : le conseil était facile à suivre autrefois, quand les trains fonctionnaient normalement, mais depuis les derniers événements il n’y a plus qu’un seul train avec première, alors il sera toujours complet, retenu à l’avance. Puis-je dans ces conditions imposer à Paul à plusieurs reprises ces trajets fatigants ?

 

Paul m’apprend le départ de Maurice pour notre nouveau front. Il vaut mieux l’Italie que la Grèce évidemment, pourtant les familles déplorent cet éloignement des leurs. Mon neveu y part aussi. « Les joueurs de mandoline écrit-il nous causent bien de l’ennui ». Le front de l’Aisne était victorieux, plus même disait-il en ses dernières lettres, que les journaux ne l’annoncent, alors son enthousiasme était grand et sa foi dans le généralissime Pétain, très vive. Les dernières actions ont encore accru la confiance du soldat envers lui. Il est certes un peu cruel de quitter le coin où on a peiné au moment où les résultats du travail commencent à apparaître mais c’est un des sacrifices habituels à la guerre. J’espère que les tragiques événements ne seront pas un prétexte pour écourter le temps de repos de Georges à Toul. Tu m’écriras si tu as obtenu la permission d’aller le voir. Je ne te parle pas de Nancy puisque je sais par Paul (de retour à cause d’un abcès à une dent) que tu as eu un récit détaillé de tante Caroline sur les effets des dernières incursions des oiseaux ennemis. Peut-être pourtant ne sais-tu pas que des bombes sont tombées Bd Charles V. Il n’y a pas eu de dégâts, les obus ont formé des trous qui ressemblaient, a dit la cuisinière de ma sœur arrivée hier, à un chapelet. Jeanne est installée à 20 minutes de chez moi, 20 rue Raynouard. L’appartement n’est pas très grand mais assez propre et très ensoleillé car il est tout en façade. Je ne l’ai pas vu. Ma sœur n’est pas encore acclimatée à Paris, ce n’est pas étonnant car les débuts d’une installation sont toujours ennuyeux. Depuis ma fenêtre j’ai aperçu plusieurs enfants en veste américaine rouge vif. Noëlle sera très à la mode avec la sienne.

 

6 novembre - Maurice Boucher (Armées) à Georges Cuny, son beau-frère.- Mimi t’aura écrit ce qui m’est arrivé et où je suis. Nous ne savons pas ce que nous allons faire mais ce qui est certain c’est que nous ferons du bien. Je vais bien et t’embrasse de tout cœur.

 

Thérèse reçoit des lettres et cartes enthousiastes de Maurice qui a passé à Gênes, Bologne, Padoue. Maintenant il est au nord de Venise. Arriveront-ils à temps ? Pourvu que les Allemands ne se soient pas déjà retranchés et fortifiés. Ce serait une nouvelle guerre de sièges à refaire.

7 novembre - ELLE.- Je te répète ce que je t’ai griffonné hier vivement à Epinal que j’irai dimanche à Nancy et y attendrai que tu y viennes, si tu ne peux arriver le dimanche. Mon train n’arrive qu’à midi et si tu es là avant moi viens me chercher à la gare, nous irons déjeuner au restaurant depuis là. Les trains de 7 heures du matin à 6 heures du soir s’arrêtent à la grande gare, ce n’est que la nuit qu’ils passent sans s’y arrêter et stationnent à Jarville et Champigneulles.

 

Si j’avais du courage je partirais à 3 heures du matin pour arriver en même temps que toi à 7 heures, mais je crains de me refroidir à cette heure trop matinale. Et pourtant c’est bête de perdre ainsi des bons moments de ta chère présence, je me réjouis tant de te revoir. Si ton colonel savait la joie qu’il me ferait, il te donnerait de suite 24 heures. Mais au fait, ne pourrais-tu venir jusqu’à Epinal à ma rencontre ou à Blainville, puisque tu arrives à 7 heures à Nancy, c’est le même train qui continue. Enfin quoi que tu fasses, ce sera bien, et je suis ravie de cette petite fête sur laquelle je ne comptais plus, car j’avais bien peur que tu partes en Italie.

 

Thérèse reçoit des lettres et cartes enthousiastes de Maurice qui a passé à Gênes, Bologne, Padoue. Maintenant il est au nord de Venise. Arriveront-ils à temps ? Pourvu que les Allemands ne se soient pas déjà retranchés et fortifiés. Ce serait une nouvelle guerre de sièges à refaire.

 

André était très fier hier, car Mr Melchior lui a mis des notes à ses devoirs en lui expliquant le coefficient, deux avaient 20, deux 18 et deux 10, c’étaient des déclinaisons. Cette semaine on commence une petite version et un thème. Nous allons voir ce que cela donnera.

 

Quelle joie, mon Geogi de te revoir et de pouvoir t’embrasser autrement que de si loin. Ta Mimi.

 

Robert apprend son catéchisme près de moi, il trouve très difficile les réponses sur la contrition.

8 novembre - ELLE.- Je t’écris encore aujourd’hui ne sachant pas encore si je te verrai dimanche, et je ne veux pas que tu sois privé de nouvelles de la maison.

 

En ce moment les enfants sont assommants. Les deux garçons ne disent que des saletés, il faut toujours gronder, Noëlle est énervée, je leur ai dit que je te le dirais, mais cela n’a pas semblé les impressionner beaucoup. En ce moment Noëlle hurle dans son lit, car elle ne voulait pas mettre ses souliers. Depuis plusieurs jours, elle mettait toujours ceux de Robert. Comme j’ai défendu, elle refusait de se chausser. Je l’ai donc remise au lit où elle restera jusqu’à ce qu’elle soit décidée à obéir. Et au lieu de se calmer, elle s’énerve en rageant. Robert apprend son catéchisme près de moi, il trouve très difficile les réponses sur la contrition. André est à l’église au catéchisme. Hier il a fait sa première version latine et aujourd’hui il fera un thème.

 

Maman va probablement partir demain pour Paris, pour se débrouiller avec l’Intendance qui voudrait que nous prenions une commande importante et Maman ne veut pas, car elle voudrait contenter encore quelques bons clients et ne veut pas les abandonner, d’autre part il faut presque maintenant travailler pour l’armée afin d’obtenir quelque chose. Aussi elle va chercher à s’entendre avec eux. Elle leur avait demandé de lui faire mettre un conducteur en sursis mais cela traîne tellement. Certainement qu’il y a encore des pots-de-vin à donner dans le service des sursis.

 

A dimanche, mon bon chéri, je m’en réjouis bien et je t’embrasse de tout mon cœur. Ta Mi.

 

Tu sais sans doute les bombardements de Nancy.

8 novembre - Marie Molard (Paris) à Mimi Cuny, sa belle-sœur.- J’avais lu en effet la citation de l’oncle V dans le journal. Nous sommes très heureux qu’il soit décoré, car comme tu le dis il le mérite grandement et je lui écris pour le féliciter… Tu sais sans doute les bombardements de Nancy ; le concierge m’écrit que l’eau coule dans toutes les chambres du second, et pas de couvreur ni d’ardoises. Nous faisons cependant faire les réparations urgentes, mais sans doute seront-elles de nouveau démolies. On me disait que les Garnier n’étant plus en sécurité dans leur cave allaient chez les De Mont et que l’oncle couchait tout habillé, mais il ne veut sans doute pas abandonner sa position de professeur, sans quoi c’est pure folie de rester et pour qui et pour quoi ! Ils ne servent pas plus là au pays qu’ailleurs ! Enfin c’est leur affaire et puis on croit toujours que le malheur ne vous atteindra pas vous, mais le voisin… On m’a assuré que Gogo était fiancée officieusement avec P. Michaut, mais qu’on ne le fera officiellement qu’après la guerre. As-tu des renseignements ? Compte sur mon entière discrétion. Je savais par Paul que Maurice était en Italie. P. Lanique y est aussi.

 

Gravures du Petit Journal - Supplément illustré - 11/11/1917 (N° 1403)

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Le grand inventeur américain Edison

Une information venue récemment d’Amérique met au premier plan de l’actualité la grande figure de l’inventeur américain Edison, à qui nous consacrons aujourd’hui notre « Variété ». Il s’agissait de la défense contre les sous-marins.

 

Déjà, il y a quelques mois, les Etats-Unis annonçaient qu’Edison et les autres inventeurs américains concentraient leurs efforts pour trouver les moyens nécessaires permettant de neutraliser la campagne sous-marine. D’après le journal la ‘Tribune’, Edison avait, en mai dernier, sous ses ordres, soixante-quinze ingénieurs qui ne travaillaient qu’à cela. « Ils cherchent, disait ce journal, à découvrir un moyen de produire l’électricité à bord des navires de façon à faire dévier les torpilles lancées par les sous-marins ou de les faire exploser avant qu’elles atteignent leur but. Des instructions ont été données pour que toutes les inventions soumises soient étudiées et même essayées. Un grand nombre ont été déjà examinées, parmi lesquelles certaines ont été reconnues comme ayant quelque valeur, mais la solution complète du problème n’a pas encore été trouvée. On espère néanmoins découvrir sous peu le moyen de rendre les sous-marins inoffensifs ou tout au moins de grandement limiter leur efficacité. »

 

Comme suite à cette information, les journaux américains, ces jours derniers, annonçaient : « Le monde maritime est vivement intéressé par l’annonce que les premiers essais de la nouvelle invention d’Edison, « le navire invisible », ont parfaitement réussi. Cette invention procède d’une conception très simple ; elle consiste uniquement dans un camouflage créant un steamer sans ligne d’horizon ; tout navire peut être facilement et rapidement camouflé et rendu invisible à une courte distance. La difficulté qu’offrait jusqu’à présent la visibilité de la fumée noire est supprimée par l’usage du charbon dur : 300 tonnes de ce charbon suffisent pour passer la zone dangereuse. De nombreux navires munis de ce camouflage sont revenus d’Europe sans être aperçus par les sous-marins. Une dépêche de Washington confirme, d’autre part, que les épreuves préliminaires du « navire invisible » d’Edison ont eu lieu avec un plein succès, elle exprime l’espoir que son adoption générale paralysera effectivement la piraterie boche. »

 

 

 

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Le front de Lunéville

Nous offrons aujourd’hui à nos lecteurs le quatorzième grand plan de la série du front français, celui de la région de Lunéville. Ils pourront revivre en l’étudiant tous les événements qui eurent pour théâtre ces territoires si profondément français qui forment les confins de la Lorraine et de l’Alsace. Nous publierons prochainement les deux derniers plans de la série, ceux des régions de Saint-Dié et de Thann.

 

 

Les instantanés de la guerre (photos)

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Ambulancier américain passant sous la tondeuse française

Calvaire à quelques centaines de mètres des boches (tranchée de Calonne)

Un camp belge - En sentinelle

Près de Wytschaete - Tommies dans un trou d'obus

Chapelle construite par les poilus à un poste de secours (Chemin des Dames)

Le parachute touche le sol

Dans les tranchées conquises. Examen des trophées

Feu !

Gargousse pour le gros canon américain dénommé "Oncle Sam"

Poste d'observation blindé et camouflé

Pervyse - Sortie du village

Le cerf-volant avec son observateur s'élève du bord du navire de guerre

 

 

Thèmes qui pourraient être développés

  • Mésopotamie - Succès anglais en Mésopotamie
  • Etats-Unis - Les premiers soldats américains tués sur notre front
  • Russie - La quatrième crise de la révolution russe - Les maximalistes triomphent à Petrograd - Kerensky renversé par Lénine - Le soviet de Petrograd est toujours maître de la situation mais un vif mouvement d'opposition se manifeste
  • Palestine - Gaza est pris - Les Anglais à 50 kilomètres de Jérusalem
  • Généraux - Pour l'unité d'action - Les généraux Foch, Wilson et Cadorna formeront le comité militaire interallié
  • Italie - Les armées italiennes ont terminé leur repli - Les Italiens ont reculé jusqu'à la Piave
  • Palestine - Désastre turc en Palestine - Prise d'Askalon - L'ennemi a perdu plus de 10,000 hommes et 70 canons
  • Généraux - Confiance des soldats dans le généralissime Pétain
  • Enfants - Veste américaine rouge vif
  • Religion - La contrition
  • Armée - Le service des sursis - Des pots-de-vin à donner
  • Le grand inventeur américain Edison (Portrait dans LPJ Sup) - Edison, le sorcier de Menlo-Park
  • Le front de Lunéville (LPJ Sup)
  • Les instantanés de la guerre (Photos dans LPJ Sup)
  • Religion - Fête religieuse - Dédicace des Eglises de France - 6 novembre


03/11/2017
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