14-18Hebdo

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155e semaine de guerre - Lundi 16 juillet au dimanche 22 juillet 1917

LUNDI 16 JUILLET 1917 - NOTRE-DAME DU MONT CARMEL - 1079e jour de la guerre

MARDI 17 JUILLET 1917 - SAINT ALEXIS - 1080e jour de la guerre

MERCREDI 18 JUILLET 1917 - SAINT CAMILLE DE LELLIS - 1081e jour de la guerre

JEUDI 19 JUILLET 1917 - SAINT VINCENT DE PAUL - 1082e jour de la guerre

VENDREDI 20 JUILLET 1917 - SAINT JEROME EMILIEN - 1083e jour de la guerre

SAMEDI 21 JUILLET 1917 - SAINTE PRAXEDE - 1084e jour de la guerre

DIMANCHE 22 JUILLET 1917 - SAINTE MARIE-MADELEINE - 1085e jour de la guerre

Revue de presse

-       Le roi Alexandre de Grèce fait des difficultés

-       Les souverains anglais sur le front - Ils se rencontrent avec le roi et la reine des Belges et M. Poincaré

-       En voulant reprendre nos gains du 14 en Champagne les Allemands subissent un échec meurtrier

-       Du 1er au 13 juillet les Russes ont fait plus de 36,000 prisonniers

-       Ce que sera la carte de charbon à Paris

-       Les grèves en Portugal

-       En Russie changements ministériels et la question de l'Ukraine

-       Une escadrille anglaise capture quatre bâtiments allemands

-       Les changements du ministère anglais - Entrée de M. Winston Churchill

-       A la Chambre le projet d'impôt sur le revenu est voté - L'ensemble est adopté par 442 voix contre 1

-       Les Etats-Unis et le ravitaillement des Alliés

-       La tranquillité règne en Catalogne

-       La furieuse bataille entre Hurtebise et Craonne s'est terminée par une défaite sanglante de l'ennemi - Les troupes de la garde n'ont pas renouvelé hier leurs attaques

-       La répression est complète à Petrograd - Un attentat contre Kerensky - Le scandale de Lénine

-       Bruit d'attentat contre le Kaiser

-       Proclamation de l'indépendance en Finlande

-       Dans ses attaques sur le Chemin des Dames l'ennemi a échoué avec de lourdes pertes

-       La lutte d'artillerie reste violente entre Cerny et Craonne

-       Kerensky premier ministre

 

Morceaux choisis de la correspondance

16 juillet - ELLE.- Je te demande pardon de t’avoir écrit une lettre si noire hier, j’ai eu bien tort, j’aurais dû laisser passer un jour sur mes impressions fâcheuses et surtout ne pas t’en faire part puisque tu ne peux rien y changer. Nous ne pouvons que déplorer ensemble.

 

Nous avons vu tante Marie Geny mais, en nous entendant sonner, elle est venue à la porte pour nous dire de ne pas entrer, car son petit-fils a eu une rougeole très forte en arrivant de Paris, compliquée de bronchite avec 41 de fièvre le soir du voyage, ce qui a bien ému sa grand’mère. Elle veut faire désinfecter l’appartement. Nous avons causé un moment puis nous sommes repartis bien vite.

 

Les enfants ont cueilli du tilleul jusque 7 heures pour des infusions. Quand il sera sec, je t’en enverrai car il est très odorant, et cela vaudrait mieux pour vous de prendre de l’infusion le soir que du café.

 

Dédé va servir la messe de Mr l’Abbé Hamant, qui nous est arrivé hier soir, toujours le même, depuis bientôt vingt ans que je le connais il n’est pas changé, le célibat conserve les hommes, il faut croire. Il m’a dit tout le plaisir que leur a causé ta visite.

 

Nos artilleurs sont toujours ici. Alfred Geny est arrivé à St-Nicolas-du-Port avec ses canons lourds, il attend l’ordre de prendre un secteur. J’ai vu la photo d’un canon qui me semble extraordinairement long, je me demande quel en est le calibre, ce n’est pas énorme comme largeur.

 

Quand tu quitteras ton secteur, tu me diras où tu vas. N’est-ce pas de votre côté qu’il y a eu une attaque ces jours-ci, j’ai vu Fey-en-Haye dans les communiqués, vous devez en être très proches.

 

Je t’embrasse, mon Geogi aimé, de tout mon cœur. Ta Mi.

 

Ci-joint deux photos des enfants qui ont été ratées au visage mais qui te les rappelleront quand même.

 

16 juillet - LUI.- J’ai reçu tes deux bonnes lettres du 11 et du 12 juillet avec la petite carte de Noëlle qui m’a fait plaisir. Je vois en effet qu’elle est un peu en retard, car elle me parle de ses leçons et de ses devoirs et tu m’as écrit depuis qu’elle avait discontinué car tu la trouvais un peu fatiguée. Comment va-t-elle la bonne chérie et ce petit repos lui a-t-il fait du bien ?

 

Vous avez bien raison de vous distraire un peu et je souhaite que vous ayez souvent de la troupe à Docelles. D’abord Maman s’en arrange pour son usine et de plus il peut y avoir de temps à autre quelques officiers aimables, qui peuvent faire un quatrième au bridge ou vous inviter à une représentation comme celle dont tu me parles. Evidemment ces braves gens qui ont passé tout le printemps en Alsace dans un secteur très calme ont beaucoup de chance de rester si longtemps complètement au repos et surtout assez loin du front pour que leurs femmes puissent venir les voir de temps à autre.

 

Nous, nous sommes arrivés hier ici mais c’est assez près du front puisque une des fenêtres de la chambre que j’occupe n’a plus de carreau, la maison est abandonnée et, comme il y a eu quelques obus il y a quelque temps, la plupart des fenêtres n’existent plus. Nous sommes ici pour huit jours. Mes batteries reprendront le secteur. Pour moi j’irai dans un petit village à cinq kilomètres d’ici mais tout aussi près du front où je continuerai le peloton de sous-officiers qui m’est confié et que je commence ici demain. Cela durera quatre semaines. Après quoi je rejoindrai ma batterie. Mais serons-nous encore ici dans quatre semaines, je ne le crois pas.

 

Je t’avais prévenue du beau résultat mais je ne croyais pas tout à fait autant. Félicitations à qui de droit qui s’est donné tant de mal. Je te retourne la lettre de Paul. Tu feras le nécessaire pour l’envoi des coupons réclamés. Paul m’a d’ailleurs envoyé une convocation pour la Filature de la Vologne et pour Roville. Je lui envoie mon pouvoir. J’ai rencontré Troucnitram qui va toujours très bien.

 

L’Abbé a la conviction que la guerre finira cet automne, je me demande sur quoi se base cette confiance, je n’y crois guère, hélas !

17 juillet (marquée 17 février)- ELLE.- Tu sauras que j’ai un laissez-passer permanent pour Nancy-Paris. Donc si tu vois un beau jour poindre une occasion pour aller à Nancy ou une mission qui t’y amène, envoie-moi vite un télégramme pour que je puisse t’y rejoindre. Donne-moi de tes nouvelles, as-tu un peu grossi et ne te sens-tu plus fatigué.

 

Nous avons passé l’après-midi d’hier à causer avec Monsieur l’Abbé. Je travaillais en causant, puis on a goûté et vers cinq heures, il est parti avec Robert faire une visite à Thérèse et à Monsieur le Curé de Cheniménil avec lequel il voulait s’entendre pour ses messes. Pendant ce temps Mr Bigaut est venu avec Maman et moi pour s’entendre au sujet des pâtes qu’il faut faire évaporer. J’ai donc eu une bonne après-midi de repos passée toute entière sur une chaise longue, ce qui m’a fait du bien.

 

Les enfants ont tenu à se montrer sous leur mauvais jour, ils n’ont jamais été plus méchants qu’hier, se faisant prier dix fois avant de remonter en classe, peu dociles et respectueux, remuants et diables, je n’en étais pas fière et n’ai pu être coupable de péché d’orgueil, j’en fais assez en pensant à mon mari aimé, il faut que la modestie me vienne par et au sujet de mes enfants.

 

Nous irons cet après-midi chez Marie Krantz entendre le violoniste. Maman a été si contente de l’écouter à la messe dimanche, elle se réjouit de recommencer aujourd’hui.

 

Mon Geogi chéri, j’ai le temps long quand je pense à vous, je voudrais tant te revoir et revivre à tes côtés. L’Abbé a la conviction que la guerre finira cet automne, je me demande sur quoi se base cette confiance, je n’y crois guère, hélas !

 

Bonnes et chaudes tendresses. Ta Mimi.

 

On dit que la 11e division dans le Bois le Prêtre a eu de lourdes pertes par des gaz, j’espère que ce n’est pas la tienne.

 

18 juillet - ELLE.- Je suis contente de penser que tu vas être à l’abri pendant quelque temps et avec moins d’occupations ce qui te permettra de te reposer un peu.

 

Ici nous allons bien. Monsieur l’Abbé nous est arrivé dimanche et semble heureux de se reposer, il lit le matin pendant que je ne suis pas descendue ou que je donne les leçons de piano aux enfants. L’après-midi nous causons ensemble. Hier nous sommes allés prendre le thé chez Marie Krantz et entendre de la musique. Le commandant y était, toujours très aimable. Puis entre six et sept, je suis allée avec Mr l’Abbé et Robert me promener au Haut-du-Saut.

 

Les enfants vont bien, mais les vacances leur feront plaisir, ils commencent à trouver leur travail pénible et s’en lassent un peu. Noëlle a meilleure mine, je lui fais laisser quelques devoirs et les 3 jours du 14 juillet l’ont reposée. Ils prennent des douches tous les matins et quand ils seront en congé je leur donnerai des bains de sel marin.

 

Mr l’Abbé est en admiration devant Noëlle, son intelligence, sa vivacité d’esprit. Hier, paraît-il, il lui demandait si elle avait été se confesser souvent et comment elle fait son examen de conscience. « C’est bien facile, répond-elle, je dis mes commandements de Dieu, et je fais des péchés dans presque tous, il n’y a guère que l’œuvre de chair en mariage seulement, puisque c’est du mariage, c’est pour les Messieurs et les Dames ». L’Abbé trouvait la réponse très amusante. Il trouve que nos enfants sont plus forts en calcul que ceux de ses classes, mais que je devrais faire commencer le latin à André cette année, que cela me serait facile en lui faisant donner une leçon par un professeur d’Epinal tous les jeudis. Sans quoi il se trouvera trop en retard. Il faudrait qu’il en fasse à peu près une heure par jour.

 

Heureux Monsieur Bodenreider qui a appris qu’on ne veut plus de père de 4 enfants sur le front, il va donc falloir aller à l’arrière, mais où cet arrière le mènera-t-il.

 

Les Allemands tiennent surtout à nous agacer avec les avions.

18 juillet - LUI.- J’ai reçu ta bonne lettre du 14 où tu me racontes ta promenade à Remiremont. Je devrais gronder ma petite Mie de s’embarquer ainsi toute seule. C’est cependant si simple, puisque vous avez Voinson qui sait tout au moins remonter un pneu et pourrait vous éviter toute fatigue ma Mimi et aussi autre chose, puisque paraît-il vous faites des rencontres si compromettantes.

 

Rien de nouveau de nos côtés depuis que nous sommes au repos. Les boches, paraît-il, sont un peu plus actifs sur notre front. Mais je crois que les Allemands tiennent surtout à nous agacer avec les avions. Ils vont très souvent du côté de Frouard et on voit toutes les nuits des projecteurs fouiller le ciel et des éclatements d’obus provenant probablement des batteries de défense de Nancy ou de Toul.

 

On redoute tellement ces fameux gaz.

Autre chose, les Allemands utilisent paraît-il assez souvent dans ce secteur les gaz asphyxiants. Hier encore dans la nuit nous avons eu une alerte. Les cloches ont sonné et un klaxon qui est au poste de police nous a tous réveillés mais sans objet. Enfin on redoute tellement ces fameux gaz que nous sommes tous entrés dans la chambre chlorée ce matin avec nos masques. C’est le meilleur et même le seul moyen de constater que les masques sont bien ajustés et que l’on peut être tranquille. Mes pelotons sont commencés. J’ai pris mes deux meilleurs lieutenants que tu ne connais pas d’ailleurs pour faire l’instruction. Je crois que cela marchera bien et que nous aurons ainsi de bons gradés.

 

Nous donnons 30 hommes pour la culture mais ici c’est l’administration qui s’en occupe et il y aurait bien des choses à dire. Quelques prés sont laissés de côté qui pourraient donner d’excellent fourrage. D’ailleurs c’est un lieutenant qui s’en occupe pour tout le corps d’armée et, dans chacun des villages occupés par les troupes, il y a un malheureux sergent qui s’en f—t.

 

Donne-moi des nouvelles de notre petite Noëlle.

 

19 juillet - Pauline Ringenbach (Cornimont) à Mimi Cuny, sa patronne.- Il y a passablement des mariages, qu’on ne dirait pas que l’on est en guerre, quoique cela devient plutôt ennuyeux de vivre depuis trois ans toujours la même chose, les femmes en sont bien lasses, car elles ont vraiment du mal avec les enfants sans père depuis si longtemps.

 

Est-ce que Madame a appris l’accident arrivé vendredi ici : une bombe qui est tombée dans un pré où fanaient une femme et deux soldats du régiment qui était à Cornimont. La femme a été tuée sur le coup, un soldat a été sain et sauf car il a eu l’idée de se coucher par terre, l’autre a encore vécu quelques minutes et est mort.

 

20 juillet - ELLE.- Je t’envoie la copie du pouvoir pour la vente de Bou-Thadi.

 

J’ai eu la visite du major de l’ambulance. « Vous devriez prendre de l’eau de Vals 3 étoiles c’est ce qu’il y a de meilleur ». Je croyais que l’eau de Vals était surtout pour les enfants, j’en donnais aux miens après leurs biberons pour qu’ils digèrent bien. « Comment Madame, vous donniez le biberon, vous auriez bien mieux fait de leur donner le sein, mais je connais les jeunes femmes, elles ne veulent pas se déformer ». Je commençais à m’agacer de toutes ses réflexions quand tout d’un coup il me dit : « Madame, c’est vous qui commandez dans votre ménage, votre mari ne doit pas être le maître, je vois cela dans vos yeux et dans votre manière de conduire l’auto » (nous avions en effet rencontré toute l’ambulance en allant déjeuner à Cheniménil à midi). Je n’ai pas pu m’empêcher d’éclater de rire, et finalement comme il semblait s’incruster dans son fauteuil, je me suis levée incivilement et ai prétexté une lettre à porter pour le quitter. Il m’a dit qu’il soignait des fous à Castres, il a dû le devenir un petit peu. Quand j’ai raconté cela à l’Abbé le soir, il se tordait.

 

Noëlle va très bien, elle travaille le matin. A partir d’aujourd’hui André ne fera pas plus non plus, car il était trop énervé et nous hurlait toutes les nuits dans des cauchemars terribles, j’ai été le demander à Mademoiselle Marchal sans le leur dire, car j’aime mieux qu’ils croient que cela vient d’elle.

 

Ils sont revenus enchantés hier soir de leur leçon bien avant sept heures, Mlle avait fait semblant de les récompenser de leur bon travail en les laissant partir plus tôt et il est entendu qu’on doit aujourd’hui porter les devoirs à onze heures à Mlle et, si elle en est contente, elle leur laissera l’après-midi jusque 4 heures pour s’amuser. Les vacances commencent le 4 août.

 

20 juillet - LUI.- J’ai reçu tes deux bonnes lettres du 15 et du 16 et suis très peiné de ce que tu me dis de Paul. Sans doute Dedovo et Schlestadt lui causent beaucoup de souci et je le comprends.

 

En effet le pays dont tu parles est tout à fait de notre côté. J’y suis passé il y a une quinzaine. C’est au milieu des lignes. Le village est évidemment démoli mais l’attaque en question n’a pas été importante. Il y en a souvent comme cela dont on ne parle pas.

 

Avant-hier un ciné de l’armée est venu nous donner une représentation et j’ai retrouvé parmi les employés Aubin de Cornimont. Tu te rappelles celui qui apportait le pain. Je ne le reconnaissais pas sous son uniforme et c’est lui qui s’est présenté. Il a d’abord été à Epinal pendant très longtemps. Depuis quelques mois il parcourt les cantonnements de repos pour amuser un peu les soldats. Quand je dis amuser c’est beaucoup dire. Malheureusement les programmes ne sont pas toujours bien choisis et au lieu de ne donner que des scènes comiques, on vous représente des drames qui intéressent très peu les poilus.

 

Nous sommes partis de très bonne heure ce matin pour aller faire des exercices de réglage en plein bled. Nous avions 350 obus à tirer sur les boches. J’avais un peu peur qu’ils ne répondissent et comme il n’y avait aucune casemate je craignais un peu les accidents. Enfin tout s’est bien passé. Les boches nous ont laissés tranquilles et nous sommes revenus sans encombre.

 

Merci des deux photos que tu m’as envoyées. En effet elles ne sont pas très réussies mais je reconnais quand même mes chéris.

 

Quel bonheur si nous pouvions nous retrouver définitivement à l’automne prochain, mais il ne faut pas trop y compter, on ne peut guère envisager cette éventualité sans une intervention miraculeuse à laquelle je ne crois pas pour ma part.

22 juillet - LUI.- J’ai reçu tes deux bonnes lettres du 18 juillet et du 17 « février » : tu retardes ma Mie, heureusement que nous n’en sommes plus là, nous aurions encore cinq mois de guerre en plus. Je ne crois pas possible d’aller à Nancy du moins pour le moment. C’est toujours la même chose. Il est évident qu’actuellement malgré mon peloton de sous-officiers je pourrais très facilement faire une fugue de ce côté, mais on ne me donnera jamais la permission parce qu’il faudrait la donner à tout le monde, officiers, sous-officiers et canonniers. Que veux-tu c’est l’égalité. Quant à des missions je ne vois pas bien laquelle on me pourrait donner de ce côté.

 

Je quitte le petit patelin où nous sommes actuellement demain, pour aller dans un autre petit patelin à quinze kilomètres d’ici mais toujours dans le même secteur. J’y resterai trois semaines à moins que d’ici là on nous embarque pour une autre destination, ce que je ne crois pas. Mes batteries remontent demain en secteur, toujours du même côté. Il est exact que la 11e division a un peu souffert des gaz mais pas tant qu’on l’a dit. Ce n’est pas la nôtre, la nôtre est plus à droite dans l’endroit que tu dis.

 

Tant mieux si l’abbé Hamant ne se trompe pas. Quel bonheur si nous pouvions nous retrouver définitivement à l’automne prochain, mais il ne faut pas trop y compter, vois-tu ma Mie et l’on ne peut guère envisager cette éventualité sans une intervention miraculeuse à laquelle je ne crois pas pour ma part.

 

Je suis content des bonnes nouvelles que tu me donnes de Noëlle. J’espère que les vacances vont bien la reposer. Elle est très en avance et l’an prochain je crois que tu pourras un peu diminuer ses heures de leçon. Si tu suis les conseils de l’abbé Hamant et que notre Dédé commence le latin, tu seras forcée de demander à Mlle Marchal qu’elle ne leur donne pas tant de devoirs et, pendant que Dédé fera du latin, Noëlle se reposera. Je n’aime pas beaucoup les leçons le jeudi, tu trouveras bien à Epinal un professeur qui pourra venir un autre jour. Il est essentiel lorsque les enfants travaillent bien en semaine qu’ils se reposent le jeudi et le dimanche.

 

Je pense que Mr l’abbé est parti. Si non, fais-lui mes amitiés.

 

22 juillet - Maguy Laroche-Joubert (Luchon) à Mimi Cuny, sa sœur.- Je viens d’avoir la délicieuse joie d’avoir Paul pendant deux jours. Il pensait en rester 3 mais a reçu un avis du ministère de s’y trouver demain matin, notre 3ème jour de permission se trouve donc supprimé. Je t’assure que nous avons de plus en plus la volonté d’être heureux et de nous aimer et d’avoir beaucoup d’enfants, et quoi qu’il arrive, séparations, chagrins, soucis, cette volonté énergique résistera. J’espère que Maman n’aura pas eu d’empêchement pour joindre Paul à Paris. Ce dernier mijote une affaire assez intéressante pour Docelles si celle-ci peut réussir.

 

Je pense que tes chéris vont se trouver en vacances. J’aurais voulu trouver ici quelque gentille petite chose pouvant les réjouir. Hélas, rien, rien que des bérets basques qui je crois n’ont rien de bien séduisants. J’ai changé de domicile et suis maintenant Villa Corneille. C’est une grande et confortable habitation appartenant à l’ancien directeur de l’opéra, Mr Gaillard, qui la loue afin de se faire quelques rentes.

 

Gravures du Petit Journal - Supplément illustré - 22/07/1917 (N° 1387)

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Le général Hugh L. Scott - Chef de l’état-major des armées américaines

Nous avons donné dernièrement à nos lecteurs le portrait du général Pershing, commandant des premiers contingents américains envoyés par le gouvernement des Etats-Unis sur le front français. A l‘heure où ces vaillantes troupes viennent prendre leur part de périls et conquérir leur part de gloire dans la grande guerre, il nous paraît opportun de publier le portrait du grand chef des armées américaines, le général Hugh L. Scott, chef de l’état-major des Etats-Unis.

 

Il y a plus de quarante ans que le général Scott est entré au service de son pays. Suivant la méthode américaine, il ne s’est pas spécialisé dans une seule branche, mais a servi, au contraire, dans toutes les armes. Il a fourni la carrière la plus variée et a rendu, dans les guerres coloniales, les plus éminents services à son pays.

 

C’est avec lui et le ministre Baker que le maréchal Joffre, dans son récent voyage, a discuté les problèmes les plus immédiats de la guerre, les moyens de coopération militaire des Etats-Unis, le plan d’action le plus favorable. A la fin de l’entretien, le major-général Scott disait au vainqueur de la Marne : « Je n’ai jamais douté de la victoire de la France et j’ai de nouvelles raisons d’y croire. »

 

Et la France aussi y croit plus que jamais, maintenant que les admirables troupes organisées par l’état-major auquel préside le grand général américain lui apportent le concours triplement précieux de leur nombre, de leur organisation guerrière et de leur vaillance.

 

 

 

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Le front de Saint-Mihiel et des côtes de Meuse - Vue panoramique

Nous avons publié déjà dix grands plans panoramiques comprenant tout le front, depuis la mer du Nord jusqu’à la région de Verdun inclusivement. Nous continuons aujourd’hui cette publication si appréciée de nos lecteurs, si utile à ceux qui sont au front, si nécessaire à ceux qui veulent suivre sur un plan aussi exact que complet la marche des événements de la guerre. Le plan panoramique que nous publions aujourd’hui est le onzième, il comprend toutes les localités, tous les points aujourd’hui célèbres des côtes de Meuse et de la plaine de la Woëvre que nos soldats ont naguère illustrés par leur héroïsme.

 

 

Les instantanés de la guerre (photos)

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Un rat apprivoisé

Officier au télémètre

Renard apprivoisé

Une attaque au Mont-Haut

Maison-abri construite par nos poilus

Transport des munitions dans les montagnes de Macédoine par téléfers

Lancement de liquides enflammés

Un sous-marin italien

Equipement d'un soldat américain sur le front français

On adapte le masque contre les gaz à la vache du régiment

Les premiers soldats américains sur le front français

Sur le front italien - Soldats en vedettes dans un arbre

 

Thèmes qui pourraient être développés

  • Russie - Du 1er au 13 juillet les Russes ont fait plus de 36,000 prisonniers
  • Portugal - Les grèves en Portugal
  • Angleterre - Les changements du ministère anglais - Entrée de M. Winston Churchill
  • Les Etats-Unis et le ravitaillement des Alliés
  • Espagne - La tranquillité règne en Catalogne
  • Russie - La répression est complète à Petrograd - Un attentat contre Kerensky - Le scandale de Lénine - Kerensky premier ministre
  • Finlande - Proclamation de l'indépendance en Finlande
  • Religion - Les 10 commandements de Dieu
  • Front - On ne veut plus de pères de 4 enfants sur le front
  • Arme - Gaz asphyxiants
  • Bombardement - Une bombe à Cornimont
  • Enfants - Les vacances commencent le 4 août
  • Soldat - Le ciné de l'armée
  • Santé - Luchon - Rien que des bérets basques
  • Le général Hugh L. Scott, chef de l'état-major de l'armée américaine (Portrait dans LPJ Sup)
  • Saint-Mihiel - Le front de Saint-Mihiel et des côtes de Meuse (LPJ Sup)
  • Etats-Unis - Un peuple qui n'oublie pas (LPJ Sup)
  • Les instantanés de la guerre (Photos dans LPJ Sup)
  • Religion - Fête religieuse - Notre-Dame du Mont Carmel - 16 juillet


14/07/2017
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