14-18Hebdo

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141e semaine de guerre - Lundi 9 avril au dimanche 15 avril 1917

LUNDI 9 AVRIL 1917 - SAINTE MARIE EGYPTIENNE - 981e jour de la guerre

MARDI 10 AVRIL 1917 - SAINT FULBERT - 982e jour de la guerre

MERCREDI 11 AVRIL 1917 - SAINT LEON - 983e jour de la guerre

JEUDI 12 AVRIL 1917 - SAINT JULES - 984e jour de la guerre

VENDREDI 13 AVRIL 1917 - SAINT HERMENEGILDE - 985e jour de la guerre

SAMEDI 14 AVRIL 1917 - SAINT JUSTIN - 986e jour de la guerre

DIMANCHE 15 AVRIL 1917 - QUASIMODO - 987e jour de la guerre

Revue de presse

-       Entre Somme & Aisne & en Champagne la lutte d'artillerie a été violente

-       Le repli de Guillaume II - Il promet après la guerre une réforme électorale en Prusse

-       Un repaire de zeppelins bombardé par des avions anglais

-       Victoire anglaise - Arras dégagé - La crête de Vimy enlevée

-       En Espagne on prévoit d'importants événements

-       Toute l'Amérique se dresse contre les empires centraux

-       Le soulèvement des Serbes contre les Bulgares

-       On parle à Madrid d'une crise ministérielle

-       Le Brésil a rompu avec l'Allemagne

-       La révolution russe - La proclamation du gouvernement provisoire - Le sort du tsar, l'Angleterre serait disposée à l'accueillir - La liquidation de l'ancien régime en Russie

-       L'offensive russe continue au Caucase - Nos alliés ont occupé Kizilraba

-       Les Anglais s'emparent de la voie ferrée de Bagdad à Samara

-       L'offensive anglaise continue

-       Graves émeutes à Aix-la-Chapelle - 200 personnes tuées ou blessées

-       Splendide avance anglaise - Vimy, Petit-Vimy, Bailleul, Willerval, Angres, Givenchy-en-Gohelle enlevés - Le butin de la victoire anglaise comprend à ce jour : 13,000 prisonniers, dont 285 officiers, 181 canons et obusiers, 84 mortiers, 250 mitrailleuses

-       Le bâton de maréchal est remis au maréchal Joffre

-       Le ravitaillement de Paris - Les deux jours sans viande

-       Prise de Liévin - Les Anglais aux faubourgs de Lens - Nouvelle progression dans la direction de Cambrai

-       Grande activité de l'artillerie en Champagne

-       L'Univers contre l'Allemagne

 

Morceaux choisis de la correspondance

9 avril - LUI.- Je n’avais rien reçu hier mais aujourd’hui je suis comblé, trois lettres à la fois, je ne dirai pas que c’est trop car elles me font toutes les trois plaisir. D’abord tu m’y parles de mes enfants chéris. Je suis content qu’ils soient sages et bien portants. Ce sont de bonnes natures et nous pouvons remercier Dieu de nous avoir donné ce bonheur. Dans une de tes dernières lettres, ma Mie, tu semblais un peu découragée. Mais enfin nous ne pouvons pas avoir tous les bonheurs, ce ne serait pas juste. Acceptons donc courageusement cette épreuve et nous serons sûrs d’en éviter d’autres peut-être plus dures à supporter.

 

Je suis absolument de l’avis de Maman en ce qui concerne Marie Beaumont. On a de la pitié pour de braves gens qui se sont laissé une fois entraîner mais elle ne mérite aucune pitié. Ne réponds pas à sa lettre, je t’assure cela vaut mieux.

 

Reçu la lettre de Paul au sujet de Dedovo. Le brave Paul est toujours le même. Il raconte à son conseil des choses que celui-ci aurait pu deviner facilement, car il est évident que cette révolution russe va donner des espérances aux ouvriers, qui éprouveront certainement plus tard des désillusions. Mais quand il s’agit de choses importantes à décider, il décide sans consulter personne. Il est vrai que cela vaut quelquefois mieux. Quant à Schlestadt et bien que veux-tu ma petite Mie, je t’avoue que cela ne me cause aucun souci. Que nous ayons cent mille francs de plus ou de moins, qu’est-ce que cela peut nous faire. Nous en aurons toujours assez et, puisque nos enfants sont élevés simplement, ils en auront eux aussi bien assez.

 

Les Prononce sont amusants pour les Lederlin. Malgré tous leurs défauts, je les crois bons Français.

 

Sinon rien de nouveau de notre côté, nous tirons beaucoup mais c’est tout. Mon ancien commandant m’écrit qu’il vient d’être promu lieutenant-colonel. Je voudrais le voir, il doit être rudement content car voilà deux ans qu’il attend sa promotion.

 

9 avril - ELLE.- C’est en regardant tomber la neige par gros flocons comme de vrais paquets de ouate que je t’écris. Voilà un triste temps pour toi, mon pauvre chéri, pour vos tirs, pour vos séjours à l’observatoire. Je pense bien à toi, et suis navrée de ce froid et de ce mauvais temps persistants qui doivent vous être si pénibles. Les vieilles gens d’ici prétendent n’avoir jamais vu un hiver et un printemps aussi détestables, et c’est d’autant plus navrant qu’il y a tant de gens hors de chez eux et que le bois est si cher pour tous les pauvres gens. Si les usines continuent à en acheter, il ne fera que monter de plus en plus.

 

Nous sommes allés ce matin conduire Maman et André à la gare d’Epinal. André, qui au début avait montré beaucoup d’hostilité pour les projets de départ, semblait s’y être rallié hier soir. Il faisait ses préparatifs avec entrain, cherchait dans ses petites publications de la guerre celles qui lui plaisaient le plus pour les emporter comme lecture. Il a pris un carnet pour inscrire ce qu’il verra et entendra et ce matin il était rayonnant.

 

Les deux autres ont demandé comme une grâce de venir avec moi à Epinal ce matin, il faisait pourtant bien froid et ventilé. Ils ont fait quelques courses avec moi, à l’épicerie, chez l’horloger, chez la modiste. Finalement nous sommes entrés chez un confiseur, où je leur ai offert une brioche et où ils t’ont acheté de leur petite bourse un œuf de Pâques avec de bons petits grains de café dedans. Ils sont ravis de penser que cela te fera plaisir. Nous t’en ferons l’expédition demain ainsi que d’une boîte de bergamotes qu’on leur a donnée et qu’ils veulent aussi t’envoyer.

 

Avant de rentrer, nous sommes passés chez les Tantes, qui nous ont invités tous les trois à déjeuner vendredi. Maman pense revenir ce jour-là et j’irai la chercher. Comme il n’y a pas moyen de se prévenir, si elle n’y est pas, tant pis.

 

Tante Marie est bien ennuyée pour ses enfants, qui craignaient depuis longtemps que les Allemands aient abattu leurs forêts. Mais maintenant que le décret de liquidation des propriétés françaises en Alsace a été voté, ils n’ont plus aucun espoir et, comme Pierre avait eu l’ingénieuse idée de laisser dans des banques belges les titres de sa femme, qui étaient d’ailleurs presque tous d’industries belges, il n’en retrouvera plus guère. En ce moment il gagne 9 à 10 mille francs qui lui suffisent à vivre, mais Tante trouve que depuis sa blessure sa santé est bien amoindrie, et le docteur qui l’a soigné longtemps à l’hôpital dit aussi que Pierre a gardé le cœur très faible, qu’il ne lui faut pas d’émotions. Mais ce qui m’étonne de tante Marie, puisqu’elle se plaint de la situation précaire de ses enfants, c’est qu’elle pourrait à mon avis dépenser beaucoup moins qu’elle ne le fait, elle n’est pas comme notre pauvre mère, qui économisait tant pour ses enfants.

 

J’ai reçu ton paquet de lettres hier et l’ai rangé comme d’habitude.

 

J’ai reçu une lettre de Madame Joseph Chagué en réponse à la lettre que je lui avais écrite à l’occasion de la mort de Mademoiselle Stéphanie. Elle me dit qu’elle a été très souffrante, son mari aussi a passé un mauvais hiver, elle gémit sur le mauvais climat des Vosges et va partir à la fin du mois à Paris pour se remettre de son spleen avec sa sœur et sa nièce qui sont chez elle depuis la guerre.

 

J’ai aussi cet imprimé de Renauld qui va payer 15fr. par actions, je vais donc lui envoyer ses coupons.

 

Je regrette bien aussi je t’assure de ne pas pouvoir passer cette fête de Pâques en famille. Je suis persuadé que l’an prochain nous serons de nouveau tous réunis.

11 avril - LUI.- J’ai reçu tes deux bonnes lettres du jour de Pâques et de la veille et regrette bien aussi je t’assure de ne pas pouvoir passer cette fête en famille. Je suis persuadé que l’an prochain nous serons de nouveau tous réunis. Je maintiens que la guerre ne peut plus durer bien longtemps et j’espère bien pour les boches encore moins que pour nous. J’aurais bien voulu t’écrire ce matin afin que le vaguemestre pût prendre ma lettre et qu’elle fût mise à la poste demain. Mais je n’en ai pas eu le temps et avant d’aller dormir je veux te dire bonsoir. Ma lettre partira après-demain.

 

J’étais sûr que Dédé ne serait pas très content d’aller en Suisse. Le brave Dédé aimerait beaucoup mieux, puisqu’il est en vacances, s’amuser à Docelles que d’aller en chemin de fer surtout avec les goûts rustiques et simples qu’il montre depuis quelque temps. Mais enfin il sera bon en effet qu’un oculiste voie ses yeux. Je sais qu’il avait un tic désagréable mais j’espère qu’il n’en souffre pas.

 

Depuis quelques jours, il fait assez froid de nos côtés mais heureusement il ne pleut pas et c’est ce que nous désirions avant tout car quelque temps avant Pâques nous avons bien pataugé dans la boue et c’est tout à fait désagréable.

 

La lecture de tes lettres est le meilleur moment de la journée.

Je suis étonné que tu n’aies pas reçu mon mandat. J’ai conservé le reçu mais je pense qu’il va te parvenir. Je t’ai également accusé réception de ma culotte, qui va bien, ainsi que des paquets de tabac que tu as été assez bonne pour m’envoyer. Je vois que tu ne reçois pas toutes mes lettres et cela m’ennuie car pour moi la lecture de tes lettres est le meilleur moment de la journée. A l’occasion, envoie-moi encore quelques paquets de Maryland.

 

13 avril - LUI.- Depuis deux jours je n’ai pas de nouvelles et je me demande si la lettre que je t’écris aujourd’hui te parviendra. Je crois qu’à cause de ce qui se passe en avant de nous et surtout à gauche, les correspondances vont être supprimées pendant quelque temps. Ne t’inquiète donc pas si d’ici à quelque huit ou quinze jours tu ne reçois plus de nouvelles. Je tâcherai de t’écrire comme d’habitude, on trouve toujours un moment dans la journée pour dire bonjour à sa Mie. D’ailleurs nous ne sommes pas tout à fait en avant.

 

Maman est-elle partie en Suisse et a-t-elle emmené notre petit Dédé ? Tu me disais qu’elle devait partir après Pâques et pensait être rentrée pour le dimanche de Quasimodo. Ce serait donc après-demain.

 

Le temps s’est heureusement amélioré ces jours-ci et j’espère qu’il va continuer ainsi. Nous voici au milieu d’avril et il serait grandement temps qu’il fasse tout à fait beau. D’ici le 26 avril prochain j’espère que tu recevras mes lettres mais j’aime autant te dire de suite combien je me rappelle le grand jour où tu es devenue ma petite femme chérie. Déjà onze ans, ma petite Mie, je ne dirai pas onze ans de bonheur parfait puisqu’il y a eu la guerre mais huit ans de complet bonheur et onze ans pendant lesquels le bon Dieu nous a bénis et protégés. Je songerai bien à toi le 26 prochain.

 

Je t’embrasse ma chérie avec Robert et Noëlle de tout cœur. Ton Geogi.

 

Cela tonne fort depuis quelques jours de notre côté, il va se passer quelque chose d’ici peu.

15 avril - LUI.- J’ai reçu ta bonne lettre et en même temps les cahiers des enfants. Je les trouve très bien et je leur écris à tous les trois que je suis bien content. Les cahiers sont très propres et les appréciations de Mademoiselle à la fin des cahiers me montrent que nos chéris se donnent du mal et font tout leur possible. J’ai reçu aussi en même temps les bergamotes et l’œuf de Pâques des enfants, malheureusement brisé mais le chocolat n’en était pas moins bon et a été apprécié par tous les camarades à la popote.

 

Tu me dis que mes correspondances t’arrivent en retard. Je crois que c’est un peu fait exprès et que les chefs se rendant compte que les lettres seront peut-être arrêtées pendant une quinzaine ou que nous ne pourrons même pas écrire, préfèrent espacer les correspondances actuelles, de façon que vous n’en soyez pas trop privés et que vous n’ayez aucune inquiétude.

 

Cela tonne fort depuis quelques jours de notre côté et je crois qu’il va se passer quelque chose d’ici peu. Heureusement que nous aurons le beau temps car avec la boue et la pluie cela doit être bien désagréable de se déplacer. J’espère d’ailleurs que d’ici une quinzaine nous irons au repos et que les permissions reprendront avec un pour cent qui me permettra de venir vous voir vers le milieu de mai. Je m’en réjouis comme tu penses ma Mie.

 

Donne-moi des détails sur le voyage de Maman. A-t-elle pu réussir pour Georges ? Et les yeux de Dédé, qu’en a dit l’oculiste ? Je vous embrasse tous comme je vous aime. Ton Geogi.

 

Gravures du Petit Journal - Supplément illustré - 15/04/1917 (N° 1373)

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Le général Alexeief - Généralissime des armées russes

On sait que le général Alexeief, chef d’état-major des armées russes, a été désigné par le gouvernement provisoire comme généralissime.

 

« L’opinion française, dit un de nos plus éminents critiques militaires, connaît la haute valeur du général Alexeief. Elle n’a pas oublié dans quelles conditions critiques ce chef est entré en scène. C’était aux heures les plus sombres de l’été 1915. Varsovie, Brest-Litovsk, Kovno étaient tombées. Vilna allait succomber. Riga était menacée. Quelques centaines de mille hommes démunis d’armes et de munitions opposaient à l’invasion la barrière d’héroïques sacrifices. A ce moment critique, le tsar vint se placer à la tête de ses troupes et désigna pour le suppléer dans les fonctions de généralissime effectif, le général Alexeief. L’arrêt de l’offensive d’Hindenburg a été le premier résultat singulièrement réconfortant de cette collaboration. Puis, après un hiver de laborieux efforts réparateurs vinrent les jours glorieux de l’attaque de Broussiloff, avec la conquête de la Bukovine et 600 000 prisonniers. Il n’a, certes, pas tenu au chef du grand état-major russe que cette brillante opération n’eût un autre lendemain que l’épreuve roumaine. A la fin de janvier 1917, on apprenait que le général Alexeief était obligé de prendre un repos prolongé pour raisons de santé. Le 10 mars, remis de ses fatigues, il reprenait ses fonctions. »

 

Partisan dévoué du nouveau régime, le général Alexeief s’efforce de substituer une discipline raisonnée à la discipline automatique de l’ancien régime. Il est décidé à pousser vigoureusement les opérations jusqu’à la victoire définitive. Ajoutons que la popularité du général Alexeief est considérable dans l’armée russe et que son choix comme généralissime a été accueilli partout avec le plus vif enthousiasme.

 

 

 

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Le front de Reims - Vue panoramique

Nous avons l’an dernier (numéro du 15 octobre 1916) donné à nos lecteurs une grande vue panoramique du front de Champagne. Le grand plan du front de Reims que nous publions aujourd’hui, comprend toute la partie du front située entre ce panorama de la Champagne et le front de Soissons que nous avons publié le 28 janvier dernier. C’est le huitième grand plan panoramique que nous publions. De la région d’Arras jusqu’à celle de Verdun inclusivement, nos lecteurs peuvent ainsi suivre les opérations sur des cartes faites avec le plus grand soin, et dont nombre d’officiers eux-mêmes apprécient la précision et la netteté.

 

 

Les instantanés de la guerre (photos)

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Noyon

Téléphoniste à son poste d'écoute

Nos troupes défilent dans Noyon pavoisé de drapeaux

La place de l'Hôtel de Ville à Noyon

Une rue de Lassigny

Inscriptions allemandes à Noyon

L'enfant mascotte d'un régiment russe

Eglise de Ribécourt

Un dépôt d'obus de 400 m/m

Noyon vu de la campagne

Troupes françaises entrant dans Roye

Le guetteur au fusil-périscope

 

 

Thèmes qui pourraient être développés

  • Allemagne - Le repli de Guillaume II - Il promet après la guerre une réforme électorale en Prusse
  • La Somme - Victoire anglaise
  • Le Brésil a rompu avec l'Allemagne
  • Russie - La révolution russe - La proclamation du gouvernement provisoire - Le sort du tsar, l'Angleterre serait disposée à l'accueillir - La liquidation de l'ancien régime en Russie
  • Mésopotamie - Les Anglais s'emparent de la voie ferrée de Bagdad à Samara
  • Allemagne - Graves émeutes à Aix-la-Chapelle - 200 personnes tuées ou blessées
  • Le bâton de maréchal est remis au maréchal Joffre
  • Rationnement - Le ravitaillement de Paris - Les deux jours sans viande
  • Allemagne - L'Univers contre l'Allemagne
  • Alsace - Décret de liquidation des propriétés françaises en Alsace
  • Chemin des Dames - Ordre du général Nivelle : « Officiers et soldats de l’armée française : l’heure est venue. Vive la France »
  • Général Alexeief, généralissime des armées russes (Portrait dans LPJ Sup)
  • Reims - Le front de Reims (LPJ Sup)
  • La « Société des Nations » (LPJ Sup)
  • Les instantanés de la guerre (Photos dans LPJ Sup)
  • Religion - Fête religieuse - Quasimodo - Premier dimanche après Pâques


07/04/2017
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