14-18Hebdo

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139e semaine de guerre - Lundi 26 mars au dimanche 1er avril 1917

LUNDI 26 MARS 1917 - SAINTE EUGENIE - 967e jour de la guerre

MARDI 27 MARS 1917 - SAINT JEAN DAMASCENE - 968e jour de la guerre

MERCREDI 28 MARS 1917 - SAINT JEAN DE CAPISTRAN - 969e jour de la guerre

JEUDI 29 MARS 1917 - SAINT HUGUES - 970e jour de la guerre

VENDREDI 30 MARS 1917 - NOTRE-DAME DES SEPT DOULEURS - 971e jour de la guerre

SAMEDI 31 MARS 1917 - SAINT BENJAMIN DE PONT - 972e jour de la guerre

DIMANCHE 1ER AVRIL 1917 - RAMEAUX - 973e jour de la guerre

Revue de presse

-       Notre mouvement offensif s'accentue

-       Le général Alexeieff commandant en chef

-       Les Etats-Unis vont équiper 500,000 volontaires

-       Le Kaiser félicite Hindenburg pour son "repli"

-       Réaction allemande brisée entre Somme et Oise

-       Mille kilos de projectiles sur les usines de Thionville et Briey - Cinq avions boches abattus - Les 7e et 8e de l'adjudant Ortoli

-       Les Anglais occupent Longuavesnes, Liéramont, Equancourt

-       La révolution russe - La constituante se tiendra à Petrograd

-       Encore un crime allemand - Le navire-hôpital "Asturias" torpillé sans avertissement

-       La bataille au sud de l'Oise - La prise de Coucy-le-Château

-       Le droit de vote des femmes soutenu par MM. Asquith et Lloyd George à la Chambre des communes

-       L'Allemagne veut à tout prix éviter la guerre avec les Etats-Unis

-       Victoire anglaise au seuil de la Palestine

-       L'Amérique tout entière derrière le président Wilson

-       La révolution russe - Proclamation du Gouvernement provisoire aux Polonais

-       Le département de la Somme reconquis - Avance britannique vers St-Quentin

-       En Russie la grande-duchesse Maria Pavlovna arrêtée

 

Morceaux choisis de la correspondance

La pluie est bien désagréable et très ennuyeuse pour notre offensive qui va être ralentie.

27 mars - LUI.- J’ai reçu ta bonne lettre du 21. Si je ne te parle pas souvent de ma santé, c’est que je vais très bien malgré les temps froids et pluvieux que nous avons eus ces derniers temps. Il faisait cependant beau il y a quelques jours, mais le vent a de nouveau changé et la pluie est bien désagréable et très ennuyeuse pour notre offensive qui va être ralentie. Nous n’en sommes pas encore à la poussée de notre côté, cependant nous sommes tout près de la limite droite de notre offensive et je pense que de notre côté cela se déclenchera aussi. Il est fort probable que les correspondances vont devenir très irrégulières. Déjà les correspondances provenant de l’intérieur, les tiennes, n’arrivent pas régulièrement. Les journaux nous font également défaut de temps à autre. Ne t’inquiète pas si d’ici un mois les correspondances étaient brusquement supprimées et que tu ne reçoives pas de lettres pendant une huitaine.

 

Je n’ai aucune confiance dans le sieur Boussac. J’espère que Paul aura pris toutes ses précautions avec un pareil homme d’affaires, qui m’a l’air d’entreprendre beaucoup de choses à la fois.

 

Pour la feuille de déclaration d’impôt sur le revenu, tu as vu qu’on pouvait attendre jusqu’à fin mai. Néanmoins il vaut mieux s’y prendre à l’avance.

Pour la feuille de déclaration d’impôt sur le revenu, tu as vu qu’on pouvait attendre jusqu’à fin mai. Néanmoins il vaut mieux s’y prendre à l’avance. Quand on attend au dernier moment, on oublie. Envoie-moi donc une feuille que je remplirai et que j’enverrai au directeur des contributions directes.

 

Nous quittons notre position de batterie ce soir pour aller occuper la nouvelle. Elle n’est pas encore complètement terminée et nous y serons certainement moins bien qu’ici, mais je pense que d’ici huit jours nos hommes vont donner un bon coup de collier et que nous serons suffisamment bien. Le froid d’ailleurs ne peut pas encore durer longtemps.

 

Nous voici déjà bientôt au 1er avril et dans un mois ma Mie je serai bien prêt de revenir en permission. Je m’en réjouis fort car je suis fort en mal de ma petite mie chérie et de mes chers petits.

 

On nous change le n° de notre régiment et de notre batterie, question d’organisation je suppose. A partir du 1er avril notre nouvelle adresse sera 260e Régt d’Art – 25e batterie - S.P.165. Prends-en note. Le secteur postal n’étant pas changé, aucune de tes lettres ne s’égarera, mais il vaut mieux mettre la nouvelle adresse.

 

L’avance réalisée est en effet importante et j’espère bien que, lorsque le beau temps sera revenu et lorsque nous aurons pu faire avancer notre artillerie lourde, elle continuera sans interruption.

29 mars - LUI.- Je reçois ta bonne lettre me racontant ton voyage à Epinal. Nos chéris sont comme tous les enfants qu’on ne gâte pas trop, la moindre chose leur fait plaisir et je suis sûr qu’ils ont été ravis d’aller à Epinal avec vous.

 

L’avance réalisée est en effet importante et j’espère bien que, lorsque le beau temps sera revenu et lorsque nous aurons pu faire avancer notre artillerie lourde, elle continuera sans interruption. L’avance du côté de Soissons nous intéresse surtout. Les communiqués parlent de villages que nous connaissons bien, que nous avons même bombardés et qui doivent être dans un triste état. Il est probable que Paul Boucher vient par ici et qu’il va relever les troupes engagées depuis le début. Cela doit être très dur pour elles et je crois qu’on ne peut guère laisser les mêmes troupes plus d’une quinzaine. Les ravitaillements doivent être difficiles. On est obligé très probablement de manger froid. On ne sait trop où trouver un abri pour dormir et, bien que les pertes paraît-il ne soient pas considérables, il est nécessaire de reformer les unités.

 

Les Allemands se conduisent en effet comme des barbares. Je t’ai dit bien souvent qu’il ne fallait pas compter sur leur pitié. Tout ce qu’ils abandonneront volontairement sera brûlé ou pillé. Je suis bien sûr qu’ils ne reviendront plus dans les Vosges, mais n’hésitez pas dans le cas contraire à vous en aller le plus tôt possible. As-tu comme je te l’avais recommandé pris la précaution de toujours avoir au moins sur toi cinq mille francs ? Ce n’est même pas beaucoup et si tu pouvais prendre un peu plus, cela n’en vaudrait que mieux.

 

Dans un mois et demi ma Mi nous serons ensemble. Tu seras venue certainement me chercher à la gare d’Epinal. Il fait si bon revenir ensemble, te rappelles-tu.

 

L’été n’aura pas assez de jours pour vous permettre de refouler les Allemands assez loin pour les décider à traiter. Faudra-t-il donc recommencer un quatrième hiver ? Quel ennui et tristesse pour nous et quelles nouvelles souffrances pour vous.

29 mars - ELLE.- Je n’ai pas beaucoup dormi cette nuit à cause de cette tempête, de ce vent qui souffle avec rage, et je pensais à toi qui peut-être étais dehors et qui en tout cas n’avais pas un bon lit. Nous ne sommes encore qu’en mars mais pourtant il me semble que l’été n’aura pas assez de jours pour vous permettre de refouler les Allemands assez loin pour les décider à traiter. Faudra-t-il donc recommencer un quatrième hiver ? Quel ennui et tristesse pour nous et quelles nouvelles souffrances pour vous ?

 

Nous avons eu hier la visite de tante Marthe, Suzanne et Gogo et les deux petits Annette et Jean, qui sont de délicieux enfants, gais et gentils. Tante Marthe est moins triste, moins éteinte qu’elle ne l’était jusqu’alors, elle se mêle plus à la conversation. Suzanne n’avait pas eu de nouvelles de Paul depuis son départ et ne savait donc pas vers quelle région on l’avait embarqué. Le Kertoff est toujours arrêté. A part cela, elles ne nous ont rien dit de neuf.

 

J’ai reçu la feuille de déclaration. Je crois que tu as un peu tiré sur la corde ma Mie.

31 mars - LUI.- Sais-tu combien j’ai reçu de lettres de toi hier ? Cinq à la fois, sans compter la lettre de notre petite Noëlle, qui m’a fait plaisir et à qui je répondrai demain. Tu penses bien que j’étais heureux comme un roi de lire tes bonnes lettres si tendres et qui me rappellent des moments si doux. Tu m’y parles de notre voyage de noces, de Brescia, de Vérone. Quels bons souvenirs ma Mie et te rappelles-tu combien ton Geogi était heureux de te faire des torta. C’est déjà bien loin et j’allais dire que je voudrais bien que tout cela recommençât. Mais..., il y a la guerre et ces trois années de séparation qui nous sont si dures, n’est-ce pas ma Mie. Il est vrai qu’après elles, nous allons avoir de longues années de bonheur et je crois que le bon Dieu ne nous fera plus attendre bien longtemps.

 

Je suis enchanté de ce que tu me dis de nos trois chéris. Ce sont de bons enfants qui avaient une bonne nature et qui de plus ont été bien élevés. Continue, ma Mie, à les élever ainsi. Pas de brusqueries, pas de faiblesses non plus, pas trop de plaisirs et déjà apprends-leur ce que c’est que le devoir et l’honneur. Vois-tu nous avons été gâtés par le bon Dieu. Je ne cesserai de répéter que le sacrifice que nous avons fait pendant la guerre nous vaudra beaucoup de bonheur plus tard.

 

J’ai reçu une nouvelle culotte, que j’ai d’ailleurs étrennée aujourd’hui, car hier j’avais été trempé. Elle va très bien. J’ai reçu aussi tes chocolats et le tabac. Merci beaucoup de toutes ces gâteries. J’ai dû envoyer une de mes cantines à l’usine de Déon à Fismes qui est à l’arrière de nos côtés. On nous oblige à n’avoir qu’une cantine. Je t’ai fait envoyer un paquet de lettres, l’histoire de France et quelques Revues des Deux Mondes. Aujourd’hui je t’envoie trois cents francs.

 

J’ai reçu également la feuille de déclaration. Je crois que tu as un peu tiré sur la corde ma Mie. Enfin je vais voir cela.

 

Dis aux enfants combien je suis content d’apprendre qu’ils sont bien sages. Je les embrasse avec toi de tout tout mon cœur. Ton Geogi. Ci-joint une photo prise récemment.

 

 

Gravures du Petit Journal - Supplément illustré - 01/04/1917 (N° 1371)

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Le général Gough

Le général sir Hubert de la Poer Gough, le vainqueur de la bataille de l’Ancre, de Bapaume, le chef des forces anglaises qui déterminèrent si activement le recul des Allemands, appartient à la vieille famille des « Fightings Goughs » (« les Goughs combattants »), du Wiltshire, qui, depuis de nombreuses générations, n’a jamais cessé de donner des soldats à l’Empire britannique. Son père, sir Charles Gough, gagna la Victoria Cross pendant la révolte des Cipayes, en sauvant la vie de son propre frère, également décoré de la Victoria Cross. Le cadet du général sir Hubert, le colonel John Gough, gagna à son tour la Victoria Cross au Somaliland, il y a peu d’années. Aucune autre famille du Royaume-Uni ne put battre un si glorieux record.

 

Né en 1872, le général Gough, élevé à Eton, puis à Sandhurst, entre à dix-huit ans au 16e lanciers, et avança avec une rapidité prodigieuse. Décoré en 1897 pendant la campagne de Tirat, il fut blessé grièvement lors de la délivrance de Ladysmith, et reçut à la fois la ‘Queen’s medal’ et la ‘King’s medal’.

 

Rappelons en quelques lignes les phases de l’offensive du général Gough. Après la prise d’Irles, le 10 mars, il était manifeste que les Allemands ne pourraient tenir longtemps sur les hauteurs formant à l’Ouest les défenses naturelles de Bapaume. La prise du bois Loupart le 13, portait un premier coup à la défense de la ville. Dès lors, le général décida de prononcer son grand mouvement sur toute la ligne Bapaume-Le Transloy. Et il eut raison de cette ligne défensive. Le 17 mars au matin, l’ordre fut donné à l’infanterie de marcher en avant. Depuis Achiet-le-Petit, jusqu’au sud du Transloy, les grenadiers britanniques, utilisant les boyaux, hier encore allemands, partirent dans la direction de l’ennemi. A midi, la première patrouille britannique faisait son entrée dans Bapaume. Une heure après, la ville était solidement occupée et les canons anglais, allongeant leur tir, poursuivirent l’ennemi en retraite sur la route de Cambrai. Dans le même moment, les troupes britanniques s’emparaient de toute la ligne d’Achiet-le-Petit-Le Transloy, et leur succès s’étendait jusqu’au voisinage immédiat de Péronne. « C’est le châtiment de l’Allemagne qui commence », disait un des généraux de l’armée dont on a le plus parlé. Un témoin écrivait : « La marche des troupes britanniques, sur un front d’au moins une douzaine de milles, prend l’aspect d’une battue. »

 

Il faut admirer la rapidité de l’offensive anglaise, la sûreté avec laquelle elle fut dirigée et accomplie, et rendre un éclatant hommage au général Gough qui l’a conduite.

 

 

 

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Les premières étapes de la victoire

Tandis que nos Alliés enlevaient aux boches Bapaume, Péronne, et occupaient dans une seule journée de victoire soixante-trois villes et villages, l’avance de notre armée se produisait avec une vigueur non moins irrésistible dans le secteur de Roye et Lassigny. (Voir le grand plan panoramique publié par le ‘Supplément illustré du Petit Journal’, le 4 mars). C’étaient les points les plus rapprochés de Paris de l’occupation allemande. Ils tombèrent en un seul jour aux mains des nôtres. Les Allemands, en quittant précipitamment Roye, n’avaient pas eu le temps d’évacuer huit cents habitants, qui se sont trouvés là au moment de l’entrée victorieuse de nos troupes. Lorsque nos pointes d’avant-garde pénétrèrent dans Roye, des femmes, des vieillards et des enfants apparurent soudain, courant au-devant de nos soldats. Un seul cri sortait de leur bouche : « Vive la France ! » Les soldats pleuraient d’émotion ; enfants, femmes, vieillards les embrassaient, leur serraient les mains. Un gamin de douze ans entonna soudain la ‘Marseillaise’. Le chant fut repris aussitôt par tous.

 

Mais il s’agissait de poursuivre l’ennemi en retraite, et c’est aux accents de notre hymne national que nos pointes d’avant-garde, après un arrêt de quelques minutes, continuèrent leur marche en avant, hors de Roye. C’était une formule communément employée, pour rappeler à ceux qui eussent été tentés de l’oublier la présence de l’ennemi à une centaine de kilomètres de Paris : « Les Allemands sont à Noyon », disait-on. Eh bien, depuis le 18 mars, les Allemands ne sont plus à Noyon, et leur fuite précipitée de cette ville et des villes de Roye et de Lassigny a marqué pour eux le début de la défaite définitive. Tout le monde sait quel martyre ont subi pendant deux ans et demi ces villes occupées par les boches. Mais ce triste souvenir s’effacera vite dans la joie de leur retour à la patrie. Bapaume, Péronne, du côté de nos alliés britanniques ; Roye, Lassigny, Noyon de notre côté, ce sont les premières étapes de la victoire.

 

 

Les instantanés de la guerre (photos)

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Bagdad - Vue générale

Un poste de commandement sur l'Hartmannswillerkopf

Bagdad - Les ruines de la forteresse

Après le torpillage de l'"Ivernia"

Après le torpillage de l'"Ivernia"

En Mésopotamie - Campement dans les palmeraies

"Mireille" au travail

Bagdad - Les bords du Tigre

Appareil de signalisation optique

Bagdad - Barques persanes dans le port

Bagdad - Le port sur le Tigre

Chevalet lance-fusées et pistolet à signaux

 

Thèmes qui pourraient être développés

  • Russie - Le général Alexeieff commandant en chef
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  • Le général Gough, le chef de l'offensive britannique (Portrait dans LPJ Sup)
  • Russie - Le tchin, c'est l'administration en Russie (LPJ Sup)
  • Les instantanés de la guerre (Photos dans LPJ Sup)
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24/03/2017
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