14-18Hebdo

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134e semaine de guerre - Lundi 19 février au dimanche 25 février 1917

LUNDI 19 FEVRIER 1917 - SAINT GABIN - 932e jour de la guerre

MARDI 20 FEVRIER 1917 - MARDI GRAS - SAINT ELEUTHERE - 933e jour de la guerre

MERCREDI 21 FEVRIER 1917 - CENDRES - 934e jour de la guerre

JEUDI 22 FEVRIER 1917 - CHASSE DE SAINT PIERRE A ANTIOCHE - 935e jour de la guerre

VENDREDI 23 FEVRIER 1917 - SAINT PIERRE DAMIEN - 936e jour de la guerre

SAMEDI 24 FEVRIER 1917 - SAINT MATHIAS - 937e jour de la guerre

DIMANCHE 25 FEVRIER 1917 - 1ER DIMANCHE DE CAREME - 938e jour de la guerre

Revue de presse

-       Sur le front britannique - Violentes contre-attaques allemandes brisées - Le nombre de prisonniers s'élève à 778 dont 12 officiers

-       En Mésopotamie - Les Turcs en déroute près de Kut-el-Amara - Les Anglais capturent 2,000 prisonniers et un important butin

-       Etats-Unis et Allemagne - Le président Wilson demandera de nouveaux pouvoirs au Congrès

-       Guynemer capitaine

-       Le blocus de la Grèce

-       L'emprunt de guerre britannique

-       L'ouverture du parlement sud-africain

-       La guerre sous-marine - Une nouvelle étape - M. Wilson met l'Autriche en demeure de se déclarer

-       Nouvelles tactiques du "Sinn Feinisme" - Suppression des sièges parlementaires - Agitation agraire

-       Le blocus allemand aboutit partout à un échec complet

-       Le Reichstag entre la famine et l'espoir

-       L'explosion de Dresde aurait fait plusieurs milliers de victimes

-       Le torpillage de l'"Athos", courrier de Chine - 1,450 personnes ont été sauvées

-       Le Reichstag vote un crédit de 15 milliards

-       Les troupes britanniques occupent le Petit-Miraumont

-       L'armée anglaise aura un effectif de cinq millions d'hommes

-       Les pirates allemands attaquent et torpillent sept navires hollandais malgré les promesses du gouvernement allemand

-       L'Autriche n'est pas pressée de répondre aux Etats-Unis

-       Le service militaire obligatoire pour les Polonais

 

Morceaux choisis de la correspondance

La fameuse GOP n’a pas l’air de se déclencher très vite et il faut bien espérer que les boches ne prendront pas les devants en nous forçant à modifier tous nos plans. Quoi qu’il en soit, on sent quand même que la guerre ne pourra plus durer très longtemps.

21 février - LUI.- J’ai reçu tes deux bonnes lettres du 16 et du 17 février. Je suis bien ennuyé que mes lettres ne te parviennent plus régulièrement comme autrefois, mais ne dis pas que je te néglige. Je t’écris tout aussi souvent qu’autrefois et c’est probablement en effet la censure qui subtilise mes lettres.

 

Nous avons eu deux journées fatigantes pour arriver ici où tout le monde est tellement serré qu’on est en somme fort mal. Mais je ne crois pas que ce soit pour longtemps et, lorsque les travaux que nous effectuons seront finis, il est probable qu’on nous enverra dans un autre coin un peu plus confortable.

 

Je suis content d’apprendre que ton rhume va mieux et que Maman se repose. Elle a tout à fait raison d’arrêter sa 2ème machine. Il vaut bien mieux marcher un peu plus longtemps avec une seule.

 

Je suis content que Maurice ait pu revenir en permission avant la GOP comme tu dis. Mais la fameuse GOP n’a pas l’air de se déclencher très vite et il faut bien espérer que les boches ne prendront pas les devants en nous forçant à modifier tous nos plans. Quoi qu’il en soit, on sent quand même que la guerre ne pourra plus durer très longtemps. Pour ma part je suis convaincu que l’an prochain je serai rentré, bienheureux, comme tu penses ma Mie, d’être avec toi et avec nos chéris.

 

Comment va notre petit Robert. Notre Dédé travaille-t-il bien ? J’espère que Noëlle est tout à fait sage maintenant. Embrasse-les bien pour moi ma chérie. Je te serre sur mon cœur comme je t’aime. Ton Geogi.

 

22 février - LUI.- Je m’aperçois que je suis bien en retard pour penser à l’anniversaire de ta naissance mais je suis sûr que tu n’en voudras pas à ton Geogi, car il a été bien occupé et un peu fatigué tous ces jours-ci. Tu sais d’ailleurs qu’il t’aime et qu’il pense souvent à toi. Bien qu’il soit en retard, il veut te redire encore à cette occasion combien tu l’as rendu heureux et remercie le bon Dieu d’avoir mis sur la terre sa petite mie si adorable et si adorée. Je suis sûr qu’il nous continuera sa protection et nous permettra de nous retrouver dans peu de temps.

 

Je t’écrirai plus longuement demain et j’espère que d’ici quelques jours nous ne serons pas toujours par monts et par vaux et que nous trouverons un endroit où nous puissions nous installer un peu confortablement pour écrire une lettre.

 

23 février - LUI.- J’ai reçu tes deux bonnes lettres du 18 et du 19. Oui c’est bien regrettable que nous ne soyons pas ensemble pour ton anniversaire car j’aurais voulu te redire mieux que par écrit combien je t’aime. Mais ne dis pas que tu es trop heureuse et que le bon Dieu t’a comblée. Tu méritais tout ce bonheur et si je te l’ai donné je n’ai fait que ce que je devais faire. Tu ne parles pas du bonheur que tu m’as donné à moi et cependant si tu réfléchis bien c’est moi qui ai surtout été comblé. Enfin ma chérie nous nous aimons tous deux tant, que le bon Dieu nous permettra de revivre encore longtemps ensemble.

 

J’ai reçu également la petite lettre de Noëlle. Je lui répondrai demain et lui dirai combien je suis content qu’elle se soit corrigée de son vilain défaut. Je lui dirai aussi que je suis sûr qu’elle n’y retombera plus et qu’elle sera maintenant tout à fait sage. J’aurais voulu les voir jouer au Nain Jaune avec l’oncle Maurice et tante Thérèse. Certains yeux que tu connais bien devaient briller et je suis sûr qu’on aurait voulu continuer à jouer et que l’heure de la retraite a dû sonner trop tôt. Je suis content que Maurice soit un peu moins maigre que lorsque je l’avais vu au Moulleau. Je ne sais plus du tout de quel côté il se trouve. L’essentiel est qu’il s’entende bien avec son colonel, afin de pouvoir rester à l’état-major jusqu’à la fin de la guerre. Et Maman, que fait-elle ? Si elle va mieux, tâche qu’elle ne retourne pas si souvent à l’usine et qu’elle se repose une bonne partie de la journée.

 

J’ai reçu également la lettre que tu me transmets de la part de Paul. Prends des bons de la Défense nationale si tu veux, mais ne fais pas de placements à longue échéance et arrange-toi pour avoir toujours quelque chose en banque et surtout au moins cinq mille francs sur toi. Il vaut mieux être prudent.

 

Bonnes amitiés à Maman, Maurice et Thérèse. Je t’embrasse avec les chéris de toute mon âme. Ton Geogi. Réflexion faite, j’écris aujourd’hui à Noëlle. Veux-tu lui remettre ma lettre.

 

25 février - LUI.- J’ai reçu ta bonne lettre du 21. Je crois bien qu’il n’y a pas grand chose à faire pour la houille. Toutes les pétitions du monde ne feront pas sortir de terre ce qui n’existe pas. C’est évidemment dommage pour Cheniménil, qui marche en effet très bien.

 

Mon commandant est toujours malade, c’est-à-dire qu’il ne se presse pas puisque nous ne faisons que construire des batteries et qu’une fois les reconnaissances faites sa présence n’est plus absolument nécessaire. Il a d’ailleurs eu le pied gelé et est obligé de se soigner.

 

Voilà le beau temps revenu et, maintenant que tous nos chantiers sont organisés (nous construisons 7 batteries), j’ai un peu plus de temps à moi. J’en profite pour me promener, aller dans les observatoires, tout en allant visiter mes travailleurs. Le malheur est que nous ne sommes pas très confortablement installés. Quoi qu’il en soit, mon ordonnance m’a arrangé un lit avec mes couvertures et des draps et c’est l’essentiel. Quand on peut se déshabiller, on repose mieux.

 

J’espère que nos chéris vont très bien et sont sages. Je les embrasse de tout cœur et je te serre dans mes bras ma petite mie comme je t’aime.

 

Gravures du Petit Journal - Supplément illustré - 25/02/1917 (N° 1366)

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M. Woodrow Wilson - Président de la République des Etats-Unis

Le Président Wilson, dont l’attitude énergique en face de l’Allemagne a recueilli l’approbation du monde civilisé, est né le 28 décembre 1855 à Staunton, en Virginie, où son père était pasteur. Après avoir fait d’excellentes études de droit, il s’établit avocat à Atlanta. En 1888, il était nommé professeur d’économie politique à la Wesleyan University. Deux ans plus tard, il passait à l’université de Princeton ; et, en 1902, on le choisissait comme président de cette université.

 

Entre temps, M. Wilson avait publié divers ouvrages qui avaient attiré l’attention sur son nom : notamment un traité de science politique qui est devenu un manuel classique aux Etats-Unis, et une Histoire du peuple américain également très populaire

 

L’un des Français qui connaissent le mieux les hommes et les choses de l’Amérique contemporaine, notre excellent collaborateur François de Tessan, à qui nous empruntons maints éléments de cette notice, observe que c’est à partir de ce moment que M. Wilson se lança réellement dans la vie active. « Il connut, dit-il, des heures décisives pour sa carrière d’homme public. En effet, il fut amené à répandre parmi les étudiants confiés à sa garde les principes démocratiques qu’ils méconnaissaient. Sa première tentative consista à briser ces clubs de jeunes millionnaires qui constituaient autant de petites chapelles. Contre ces tendances de l’aristocratie ploutocratique il protesta de toutes ses forces. « Laisserons-nous ces influences qui maintenant dominent notre vie commerciale s’emparer de nos collèges ? s’écria-t-il avec indignation. La grande voix de l’Amérique ne vient pas des temples du savoir. Elle arrive comme un murmure des collines et des bois, des fermes, des usines, des moulins. En se propageant, elle gagne en volume jusqu’à ce qu’elle atteigne la demeure des hommes du peuple… » Et il ajoutait : « Toute mon énergie je l’emploierai désormais à la régénération de l’esprit démocratique dans la jeunesse. »

 

M. Woodrow Wilson tint parole et il réussit. Sa propagande démocratique triompha. En 1910, les électeurs de New-Jersey l’élurent gouverneur. Bientôt on commença à parler de lui pour la présidence. En 1912, il fut élu à la plus haute magistrature du pays. « Il arrivait au pouvoir, dit encore M. de Tessan, avec la confiance générale, confiance justifiée par son intégrité, sa distinction intellectuelle et l’étendue de ses connaissances juridiques. M. Wilson est un maître de la prose anglaise ; il a le style fleuri d’expressions délicates, de sentences émouvantes ; il conte aussi l’anecdote d’une façon charmante et fait les délices de ses amis dans l‘intimité. Il a, ajoute son biographe, une tête très anglo-saxonne, longue, osseuse, dont la mâchoire est très prononcée. Ses yeux gris pétillent derrière les lorgnons avec malice et son sourire découvre une denture tout à fait britannique. M. Woodrow Wilson avoue qu’il n’a rien de la beauté classique. » Et M. de Tessan reproduit quelques vers empreints d’humour que M. Wilson a écrits sur lui-même. En voici la traduction :

« Certes, en fait de beauté je ne suis pas une étoile

Il y en a d’autres plus beaux et de beaucoup

Mais de ma figure je ne me soucie guère, car je suis derrière elle

Ce sont les gens qui sont en face de moi qui peuvent être émus. »

 

Et, en effet, les Allemands qui se trouvent en ce moment en face de M. Wilson doivent être quelque peu émus.

 

 

 

 

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Les Lilloises refusent de signer une pétition allemande en faveur de la paix

On sait de quelle âme énergique, avec quelle résignation sublime les femmes des pays envahis ont subi toutes les vexations, toutes les tortures de l’occupation allemande. Certes, s’il est des Françaises qui doivent désirer la paix, ce sont bien ces femmes, qui depuis deux ans et demi vivent sous la botte teutonne et tremblent sans cesse pour leur liberté et pour la vie des leurs. Mais la paix qu’elles veulent, c’est la paix française, la paix imposée par la victoire des Alliés et par le triomphe du droit. Les Allemands en ont fait ces temps derniers l’expérience.

 

« Nous apprenons de la source la plus sérieuse, dit le ‘Journal des Réfugiés du Nord’ que l’autorité allemande a, tout récemment, invité avec insistance les femmes des mobilisés de Lille à signer une protestation en faveur de la paix. Nos compatriotes s’y sont énergiquement refusé ». Et notre confrère ajoute : « Il faut voir dans ce geste héroïque une nouvelle preuve de la confiance inébranlable que les Lilloises n’ont cessé d’opposer contre les pires épreuves. »

 

 

 

Les instantanés de la guerre (photos)

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Prisonniers allemands conduits à l'arrière

Batterie de fusils lance-grenades

A Paris, les tramways conduits par des femmes

Gourbi de téléphonistes

Ruines sous la neige dans les Vosges

Camp de Zeitenlick - Petits blessés bulgares guéris

Périscope allemand capturé

Camp de Zeitenlick - Arrivée de grands blessés bulgares

La relève des troupes par la neige dans les Vosges

Chiens de l'Alaska, employés au transport des munitions

Dans l'Est égyptien - Convoi de chameaux transportant des munitions

Mineur au travail

 

Thèmes qui pourraient être développés

  • En Mésopotamie - Les Turcs en déroute près de Kut-el-Amara - Les Anglais capturent 2,000 prisonniers et un important butin
  • Aviation - Guynemer capitaine
  • Grèce - Le blocus de la Grèce
  • Angleterre - L'emprunt de guerre britannique
  • Afrique du Sud - L'ouverture du parlement sud-africain
  • Irlande - Nouvelles tactiques du "Sinn Feinisme" - Suppression des sièges parlementaires - Agitation agraire
  • Allemagne - L'explosion de Dresde aurait fait plusieurs milliers de victimes
  • Marine - Le torpillage de l'"Athos", courrier de Chine - 1,450 personnes ont été sauvées
  • Allemagne - Le Reichstag vote un crédit de 15 milliards
  • Angleterre - L'armée anglaise aura un effectif de cinq millions d'hommes
  • Marine - Les pirates allemands attaquent et torpillent sept navires hollandais malgré les promesses du gouvernement allemand
  • Pologne - Le service militaire obligatoire pour les Polonais
  • Impôt - La suppression des vieilles contributions - Les impôts cédulaires
  • Angleterre - Un programme de M. Lloyd George - Restreindre les importations, développer la production
  • Etats-Unis - M. Woodrow Wilson, président de la République des Etats-Unis (Portrait dans LPJ Sup)
  • Les Américains et la France (LPJ Sup)
  • Occupation - Les Lilloises refusent de signer une pétition allemande en faveur de la paix (LPJ Sup)
  • Les instantanés de la guerre (Photos dans LPJ Sup)
  • Conseils pratiques - La femme au foyer (LPJ Sup)
  • Religion - Fête religieuse - Mardi Gras
  • Religion - Fête religieuse - Cendres
  • Religion - Fête religieuse - Châsse de Saint-Pierre à Antioche - 22 février
  • Religion - Fête religieuse - 1er dimanche de Carême


17/02/2017
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