14-18Hebdo

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128e semaine de guerre - Lundi 8 janvier au dimanche 14 janvier 1917

 

LUNDI 8 JANVIER 1917 - SAINTE GUDULE - 890e jour de la guerre

MARDI 9 JANVIER 1917 - SAINT HONORE - 891e jour de la guerre

MERCREDI 10 JANVIER 1917 - SAINT MARCIEN - 892e jour de la guerre

JEUDI 11 JANVIER 1917 - SAINT HYGIN - 893e jour de la guerre

VENDREDI 12 JANVIER 1917 - SAINT ARCADE - 894e jour de la guerre

SAMEDI 13 JANVIER 1917 - BAPTEME DE N.-S. - OCT. DE L’EPIPHANIE - 895e jour de la guerre

DIMANCHE 14 JANVIER 1917 - SAINT HILAIRE - 896e jour de la guerre

Revue de presse

-       La résistance du roi Constantin

-       Prise de Focsani - Les Russes avaient dû évacué la ville menacée d'enveloppement

-       Les difficultés de l'alimentation croissent en Allemagne

-       Un nouvel ultimatum des Alliés à Constantin

-       Le rationnement du sucre - 750 grammes de sucre par personne et par mois

-       Le comte de Romanones offre la démission du Cabinet - Alphonse XIII la refuse

-       Changement ministériel en Russie - Le prince Galitzine remplace M. Trépof à la présidence du conseil

-       Des attaques allemandes échouent sur le Bas Sereth

-       Réponse des Alliés au président Wilson - Nos buts de guerre :

-       Restitution des terres conquises par la force ou contre le vœu des populations.

-       Libération des Italiens, des Slaves, des Roumains et des Tchéco-Slovaques.

-       Rejet hors d’Europe de l’empire ottoman décidément étranger à la civilisation occidentale.

-       Reconstitution de la Pologne suivant les termes de la proclamation du Tsar

-       Hommage de Nancy aux généraux Lyautey et Foch

-       Le "Regina Margherita", navire de guerre italien, a heurté une mine et a coulé - 675 victimes

-       Une nouvelle proclamation du Kaiser - Il incite, son peuple à la colère en réponse à la note des Alliés

 

Morceaux choisis de la correspondance

9 janvier 1917 - 17 janvier 1917 - Permission de Georges Cuny à Docelles

 

Nous voulons toujours espérer une fin prochaine à nos misères et un terme à nos angoisses morales !

11 janvier - A. Vautrin (Nancy) à Georges Cuny, son neveu.- Dieu veuille que cette fois nos vœux de bonne année soient exaucés, et que la Victoire nous favorise enfin ! Nous voulons toujours espérer une fin prochaine à nos misères et un terme à nos angoisses morales ! Combien je désire pour vous, qui luttez au premier rang, le courage, la patience et la santé. Nous vous devrons beaucoup, nous les vieux, mais ceux qui vous devront le plus, ce seront nos petits-enfants pour lesquels vous préparez une existence radieuse dans une paix définitive.

 

Que 1917 voie notre retour dans nos foyers, et la Victoire couronner les efforts de nos braves soldats. Je crois que cette année sera celle de la paix, mais combien encore de combats pénibles et sanglants. Combien de deuils encore apporteront la douleur dans les familles.

12 janvier - Louis Gaillemin (Armées) à Georges Cuny.- Je rentre de permission, c’est vous dire que je m’excuse pour ce motif d’être si tardif pour vous adresser mes vœux les meilleurs pour 1917. Malgré mon grand retard, mes vœux n’en sont pas moins bien sincères et c’est de tout cœur que je demande à Dieu de vous accorder à vous, à madame Cuny et à vos chers enfants, la santé, la réalisation de vos désirs, et le bonheur. Que 1917 voie notre retour dans nos foyers, et la Victoire couronner les efforts de nos braves soldats. Je crois que cette année sera celle de la paix, mais combien encore de combats pénibles et sanglants. Combien de deuils encore apporteront la douleur dans les familles. Peut-être êtes-vous encore dans la même région qu’il y a quatre mois, pour moi je suis à la même place. Je m’attends à aller passer 3 mois à l’arrière, j’aimerais beaucoup aller à Toul, je ne sais si cela sera possible

 

Ma femme et mes enfants sont en bonne santé, j’ai trouvé mon père assez bien portant, sa santé nous avait inquiétés il y a trois mois.

 

13 janvier - Paul Perrin (Nancy) à Georges Cuny, son neveu.- Nous passons par des alternatives bien angoissantes, notre petite Alice est atteinte d’une maladie qui ne pardonne pas, ce n’est plus qu’une affaire de mois d’après le docteur, c’est atroce pour moi de perdre mes enfants à la fleur de l’âge, heureusement que Marguerite est en bonne santé. Nous sommes bien désolés, aussi pardonne-moi ce laconique petit mot.

 

13 janvier - Commandant Giraud (Armées) à Georges Cuny.- J’ai bien reçu votre aimable lettre et j’y suis très sensible, je ne suis pas encore Lt Colonel, quoique par ordre du G.Q.G. une proposition en ma faveur ait été faite d’urgence il y a une dizaine de jours. Je commande effectivement le 40e. C’est un beau régiment, il participa à toutes les affaires, Champagne, Verdun, la Somme, etc. Tout le monde en dit le plus grand bien, même les fantassins, j’en suis donc très fier, mais ce commandement demande autant de tact que de fermeté, car si nos artilleurs sont épatants, ils le savent. Ce qui ne m’empêche pas dans bien des détails de relever les quelques imperfections que je puis rencontrer, avec la bienveillance que vous me connaissez. En arrivant on ne m’a pas caché qu’on ne m’attendait pas, que la place était presque promise au chef d’escadron Breselé qui faisait fonction de Lt colonel. Le commandant de l’artillerie du corps d’armée m’a dit, au cours de ma visite d’arrivée, qu’il était très dur, qu’il n’avait pas hésité à faire renvoyer un de ses camarades de promotion quand il commandait son régiment. Je lui ai répondu du tac au tac qu’il ne serait jamais trop dur s’il était bienveillant. Depuis, je l’ai revu 4 ou 5 fois, ça a l’air de bien marcher. Quand on a servi sous les ordres de Lepidé, Julien, Wukel, et qu’on a eu que des compliments grâce à vous tous mes chers amis, on ne craint personne. Pendant 8 jours, j’ai circulé à cheval matin et soir aux batteries, aux observatoires, aux échelons, j’ai fait quelques observations sur la tenue des uns et des autres, j’ai exposé de quelle façon je comprenais le commandement, et je pense que la sorte de méfiance qu’on pourrait avoir vis-à-vis d’un colonel ne tardera pas à disparaître. Et puis, je crois que j’aurai bonne tenue quand ça chauffera et c’est encore l’action qui a toujours un bon effet sur la troupe. Enfin je ferai de mon mieux.

 

Depuis cinq jours, je tousse sans arrêter, j’ai pris ça dans la neige et la boue, mais je ne veux pas me reposer, du moment qu’on m’a donné ce commandement, je ferai en sorte de m’en montrer digne. Je parle souvent de vous tous et parmi eux vous êtes mon préféré, vous le savez, jamais je n’oublierai la preuve de dévouement que vous avez donné à tout le monde, donc toutes les fois que vous me donnerez de vos nouvelles, j’en serai ravi et ma réponse ne se fera pas attendre. Au revoir, mon cher ami, je vous serre bien affectueusement les deux mains. Giraud.

 

Ne m’oubliez pas auprès de tous les camarades. Quand je serai Lt Colonel, je vous en ferai part. Le 40e a été cité à l’ordre de l’armée, il a une proposition de 2ème citation à la suite de la Somme, ce qui lui donnera la fourragère ; si ça arrive, je tâcherai de ne pas faire trop mauvaise figure au milieu de tous ces héros.

 

Gravures du Petit Journal - Supplément illustré - 14/01/1917 (N° 1360)

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Le général Passaga - Commandant la division « la Gauloise »

La division « La Gauloise » est celle qui, le 24 octobre, reprit Douaumont ; c’est encore elle qui, le 15 décembre, enleva les hauteurs d’Hardaumont et l’ouvrage de Bezonvaux. Après cette journée fameuse, le général Passaga, qui commande ces troupes d’élite, leur adressa ce vibrant ordre du jour.

 

« Bravo ! soldats des régiments de Nouvron-Douaumont et de Vedegrange-Hardaumont. Bravo ! chasseurs des bataillons de Seppois, du Bois-Volant, de Navarin et du Schonholz. Bravo ! artilleurs et sapeurs de Marceau. La journée du 15 décembre, après celle du 24 octobre, assure à vos drapeaux et à vos fanions une gloire impérissable. En quelques instants, d’un seul élan, vous avez conquis les hauteurs retranchées d’Hardaumont, d’où l’ennemi semblait encore menacer Verdun, et porté vos baïonnettes là où on vous l’avait demandé. Vous avez anéanti près de deux divisions allemandes ; ceux qui vous ont résisté sont morts ou sont à l’ambulance ; trois mille ennemis valides, dont cent trois officiers, sont restés entre vos mains. Vous avez pris dix-sept pièces de campagne, vingt-trois pièces de gros calibre, deux pièces d’artillerie à grande puissance, de nombreux canons de tranchée, un matériel de guerre considérable. Camarades ! saluons fièrement ceux des nôtres dont le sang généreux a payé ce triomphe ! Ces héros ne sont pas morts ! Nobles martyrs de la plus juste des causes, leur âme généreuse, dans les luttes futures, fera rayonner sur nous l’amour sacré d’une patrie chérie, indignement souillée… »

 

Honneur au chef qui, après avoir conduit ses soldats à la victoire, sait leur parler un aussi noble langage, et célèbre si éloquemment leur héroïsme !

 

 

 

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Les soldats laboureurs

On sait que la zone des armées va être mise en culture avec le concours des soldats eux-mêmes. L’armée sera divisée en secteurs de culture. Le soldat-laboureur est un des sujets qui émurent le plus vivement l’imagination et la sensibilité de nos pères.

 

Après les guerres de l’Empire, le soldat-laboureur figurait partout, avait place à tous les foyers ; on le rencontrait sous cadre doré dans les salons libéraux, le bourgeois et le boutiquier l’honoraient d’une bordure de bois peint ; suspendu par quatre clous, il avait sa place marquée à la muraille de l’ouvrier et du paysan. Puis, les enseignes profitèrent de sa vogue, et les devants de cheminée se disputèrent sa moustache grise, son bonnet de police, sa croix d’honneur et sa bêche.

 

On joua, aux Variétés, en 1821, un vaudeville sous ce titre qui eut le plus retentissant succès. Le soldat-laboureur, le principal personnage, portait le nom significatif de Francoeur. Son costume se composait d’un pantalon et de guêtres de toile grise, d’un bonnet de police, d’une veste d’uniforme avec la croix d’honneur. Lorsqu’il entrait en scène, il tenait une bêche sur son épaule. Et il chantait :

 

Au beau pays qui m’a vu naître,

Utile jusqu’au dernier jour,

Apprenez que Francoeur veut être

Soldat, laboureur tour à tour.

Les champs qui nourrissent ma mère,

Je dois savoir, en bon Français,

Les défendre pendant la guerre,

Les labourer pendant la paix.

 

Nos soldats d’aujourd’hui savent même les labourer pendant la guerre ; et, ainsi, ils assurent doublement la sauvegarde de leur pays.

 

 

Les instantanés de la guerre (photos)

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Front italien - Patrouilleur en ski

Poste d'écoute à quelques mètres des tranchées ennemies

Poilus revenant du front

Nos tranchées en 1914

Nos tranchées en 1917

Le Tzarevitch étudiant la carte de guerre

"Jack" sanglier apprivoisé par nos soldats

Dans une église de la Somme

Chute d'une saucisse allemande enflammée par un avion français

Soldats roumains dans les tranchées

Sur le front roumain - Les premiers secours aux blessés

Sur le front italien - Sentinelle invisible dans la neige

 

 

Thèmes qui pourraient être développés

  • Grèce - Un nouvel ultimatum des Alliés à Constantin
  • Le rationnement du sucre - 750 grammes de sucre par personne et par mois
  • Paix - Réponse des Alliés au président Wilson
  • Marine - Le "Regina Margherita", navire de guerre italien, a heurté une mine et a coulé - 675 victimes
  • Le général Passaga, commandant la division "La Gauloise" (Portrait dans LPJ Sup)
  • Les soldats laboureurs (LPJ Sup)
  • Princesses allemandes en  France : les deux Autrichiennes, la Palatine… (LPJ Sup)
  • Les instantanés de la guerre (Photos dans LPJ Sup)
  • Conseils pratiques - Economies et avarice (LPJ Sup)
  • Décoration - La fourragère
  • Religion - Fête religieuse - Baptême de Notre-Seigneur - 13 janvier
  • Religion - Fête religieuse - Octave de l'Epiphanie - 13 janvier


06/01/2017
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